Tétouan – Cité marocaine aux racines andalouses de Philip Abensur
Il y a quelque temps déjà, j’avais fait référence à la librairie Al Anwar de Tétouan, une librairie où j’avais eu la surprise de trouver un éventail important de livres en français, fait suffisamment rare à Tétouan que pour le mentionner. Je n’ai eu l’occasion de repasser par là qu’une fois ce qui avait abouti à l’acquisition d’un autre livre intitulé Brel au Maroc.
Depuis et à ma grande satisfaction, j’ai appris que mon premier article avait contribué à une rencontre intéressante : celle de M. Abdelaziz Sbai le propriétaire de la librairie avec M. Philip Abensur, auteur d’un livre sur Tétouan. Je n’ai eu connaissance de cette visite qu’à posteriori au travers du commentaire que M. Abensur a laissé sur le blog et je n’ai donc pas eu le plaisir de le rencontrer lors de son passage. Je le regrette car j’aurais certainement appris pas mal de choses sur la ville, son histoire et ses traditions. En effet la famille de M. Abensur a vécu près de quatre siècles dans les murs de la cité ! Ses ancêtres faisaient ainsi probablement partie de ces réfugiés venant d’Andalousie, dans la période comprise entre 1492, date de la chute de Grenade et 1609, date du décret d’expulsion des morisques de Philippe II. Et à Tétouan, c’est l’arrivée massive des réfugiés dus à ce décret qui est à l’origine de l’expansion de la ville vers l’Ouest et la création du quartier de l’Ayun dans lequel se trouve Dar Rehla, notre maison.
Ce livre (ISBN 978-2-8138-0114-2) que je me suis procuré aujourd’hui s’appelle « Tétouan, cité marocaine aux racines andalouses » et fait partie d’une collection « Mémoire en Images » aux Editions Alan Suiton.
Nous sommes, comme le nom de la collection l’indique, face à un ouvrage où le visuel prédomine et comme il existe déjà sur internet bon nombre de photographies sur Tétouan, j’avais peur d’y retrouver nombre d’entre elles. Heureusement pour moi et pour l’auteur aussi – car j’ai ainsi acheté un des exemplaires de la librairie -, ce n’est pas le cas : les photos sont originales et appuyées, en plus, par un texte qui se lit très facilement et plein d’informations.
Toutes les photos sont en noir et blanc et datent principalement de la période du Protectorat espagnol (1913-1956). Au travers de tous ces témoignages, on y découvre une ville nettement moins « grouillante », avec des espaces dégagés, des rues entretenues… Pour nous qui sommes maintenant familiers des lieux, il est amusant de comparer certains endroits… et leur évolution (?) et l’on se pose des questions, enfin une surtout. Est-ce que la population intra-muros de la médina de Tétouan a augmenté à tel point que circuler en soin sein est parfois très problématique ?
L’auteur donne quelques chiffres à ce sujet. On apprend ainsi que la population était de 20.000 personnes au début du siècle et qu’elle est passée à 100.000 âmes en 1956 pour dépasser actuellement les 300.000 habitants. La ville a donc subi une explosion démographique importante, mais l’absorption de cette population ne s’est quand même pas faite qu’au sein de l’ancienne médina, dont l’extension est limitée par les remparts Si c’était le cas, cela pourrait justifier cette foule que nous y connaissons maintenant, mais il y a d’une part l’extension au travers de l’Ensanche sous le Protectorat espagnol (1913-1956) et depuis, de nouveaux quartiers modernes périphériques ont encore vu le jour, comme du côté de Bab el-Okla. Certaines photos sont à ce point probantes. Toutes ces nouvelles constructions au dehors de la vieille médina doivent alors avoir quand même accueilli une part importante de ces « nouveaux » tétouanais.
Alors comment expliquer ce contraste de densité de population que l’on peut constater entre les photos présentées dans le livre et celles que l’on peut prendre actuellement ? L’heure de prise de vue ? C’est vrai que si l’on sort dans la ville avant 10 heures (du matin) le nombre de passants est plus que réduit…
Plaisanterie à part, existe-t-il des chiffres sur la population de l’ancienne médina ?
Quant à la structure du livre, elle est également très bien organisée et chacun des chapitres aurait pu constituer un article pour ce blog… Il y a de fortes chances que je m’en inspire…


Dar Rehla – Casa de hôspedes
Dar Rehla – Guesthouse
Dar Rehla – Maison d'hôtes