Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
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Martil.

juin 06, 2009 By: Dar Rehla Category: Non classé

Hier, après avoir réglé quelques formalités administratives relatives à la création de la société, nous avons fait une pointe jusqu’à Martil, la plage la plus proche où nous n’étions plus allés depuis notre premier séjour à Tétouan en septembre 2008. Cette première visite qui s’était faite dans le contexte du ramadan ne nous avait pas spécialement convaincus et nous avions même trouvé la ville assez triste avec des constructions en front de mer fort hétérogènes et des façades en assez piteux état.
Après un trajet d’une petite demi-heure à bord d’un « grand taxi » dont la boîte de vitesse était manifestement dans un état d’usure assez avancé… nous sommes arrivés sur la corniche qui nous a semblé toute différente. Etait-ce la luminosité de ce mois juin plus ensoleillé, était-ce l’animation sur la plage et dans les rues, toujours est-il que la station avait un tout autre aspect.
Voici quelques photos parmi les nombreuses que vous pouvez trouver dans un des albums du site.
Le centre de Martil La corniche de Martil Maison du bord de plage Terrasses Complexe d'appartements La plage et les immeubles du bord de mer
Nous n’avions pas prévu de maillot de bain et par conséquent pas de baignade possible ; nous avons donc décidé de longer le bord de mer pour passer le temps. Nous n’avions rendez-vous qu’à 19h00 à Tétouan avec Taeib et Mohammed pour faire le point sur le chantier, cela nous laissait trois bonnes heures devant nous. Nous avons pu ainsi testé la température de l’eau qui nous a semblé bonne mais du bout des pieds seulement. La légère brise qui soufflait n’empêchait pas plusieurs baigneurs et baigneuses de goûter au plaisir de la trempette dans cette eau d’un bleu limpide. On a difficile à s’imaginer que d’ici un mois cette plage longue de quelques kilomètres sera remplie de monde !
Sur la plage nous avons trouvé un espace aménagé de paillotes assez sympathiques et d’un établissement annexe faisant fonction de buvette.
Buvette Paillotes
Une surveillance de la plage est assurée par plusieurs maîtres baigneurs.
Surveillance

Aux limites des constructions de la ville en direction de Cabo negro, nous avons rencontré une équipe d’ouvriers occupés à nettoyer la plage de Martil. Cette équipe ratisse la plage entre Martil et Cabo negro, une fois par semaine durant toute la période estivale.
Déchets Le travail de nettoyage L'équipe de nettoyage Nettoyage de la plage
Un travail considérable dont le résultat est concret : la plage que nous avons empruntée est vraiment très propre. Il en est de même de la corniche qui la longe.
La plage La plage de Martil
Avant de retourner sur Tétouan, nous avons dîner à l’une des nombreuses terrasses restaurants de la ville d’un plat de poulet au citrons confits et d’une salade pour un prix plus que modique.
Restaurants
Encore une journée bien agréable.

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La Médina de Tétouan – un peu d’histoire

avril 26, 2009 By: Dar Rehla Category: Histoire

La Médina de Tétouan Si vous souhaitez vous imprégner de l’ambiance particulière de la Médina de Tétouan, il vous faudra plus que les deux ou trois heures généralement consacrées à cette visite par les tour-opérateurs… La médina s’étend sur une superficie de 50 hectares et est entourée d’une muraille longue de 5 kilomètres et d’un aspect hétérogène car construite sur plusieurs époques. Ce mur d’enceinte dont l’édification ne s’est achevée qu’au début du XIX ème siècle était destiné à protéger les habitants de la cité des agressions tribales et rifaines qui se perpétraient encore au début du XX ème siècle.
Le mur d'enceinte à proximité de Bab Okla Un des bastions de la muraille de Tétouan

Inscrite depuis 1997 au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Médina de Tétouan est considérée par de nombreux spécialistes comme l’une des plus belles et des mieux conservées du Maroc et comprend une collection prodigieuse de monuments, d’édifices, de rues et de jardins racontant l’histoire tumultueuse de cette localité, faite de guerres et de paix, de djihhad et d’essor commercial, d’autonomie et de dépendance, de rivalités internes et de sérénité.

L’indifférence que lui manifestait encore jusqu’à peu les guides touristiques contraste avec son passé chargé d’histoire qui a marqué de son empreinte l’organisation spatiale et l’architecture du cadre bâti. .

Jusqu’au XV ème siècle, les informations concernant Tétouan sont rares et la chronologie reste indécise. La région a toutefois été romanisée et les vestiges de Tamuda à quelques huit kilomètres en attestent. On trouve trace de Tétouan dans certains écrits du IX ème siècle mais on ne peut pas encore parler de Médina, tout au plus Tétouan serait alors un bourg fortifié.

On estime au début du XIV ème siècle la fondation de la Médina en tant que telle mais elle subira un siècle plus tard (+/-1437) le saccage et sa destruction par les forces espagnoles de Henri III de Castille suite au nombre grandissant d’actes de pirateries menés au détriment des bateaux espagnols.

Un siècle plus tard (fin XV ème siècle), elle sera reconstruite par le grenadin Sidi Al-Madri et un groupe de réfugiés andalous chassés de Grenade et fuyant la reconquête espagnole.  Les barrières naturelles que constituaient les deux montagnes qui l’entourent au Sud et au Nord ainsi que l’ouverture sur la mer offraient à Tétouan une position stratégique indéniable. La cité fut recréée à l’image de celle qu’ils avaient quittée et cette origine valut à Tétouan d’être également désignée comme « fille de Grenade ».  Initialement forteresse destinée à protéger les émigrés andalous ou « mudéjars » bâtisseurs de la ville, la ville s’agrandira rapidement.

La casbah de Tétouan Quelques vestiges subsistent de cette époque, à savoir les murs extérieurs et trois bastions de la casbah ainsi que la mosquée Erzini caractérisée par un minaret aux allures modestes. C’est également à cette époque que remonterait le tracé des rues des quartiers originaux al-Blad et al-Mtamar. Dans ce dernier furent aménagés des silos souterrains qui servirent également de prisons où furent entassés quelques 20 000 prisonniers chrétiens qui contribuèrent à l’édification de la ville.

En 1609, le décret d’expulsion ordonné par Philippe III, provoque une arrivée massive de quelques 10 000 réfugiés « morisques » à Tétouan dont la superficie augmentera pour atteindre la taille de la ville fortifiée d’aujourd’hui. Débordant largement des fortifications initiales de la casbah, la ville dont la superficie quadruple sera entourée d’une nouvelle enceinte qui sera achevée à la fin du XVIII ème siècle.
L’illustration ci-dessous donne les limites de ce mur d’enceinte.
Le Plan de la Medina de Tétouan
La création des quartiers Tranquat, Ayun remonterait à cette époque.
La sobriété et l’absence de surfaces décorées caractérisent les monuments de cette période morisque. Les minarets sont reconnaissables à une décoration limitée à de simples bandes de briques et à des arches aveugles. Dans les bâtiments, les arcades sont souvent semi-circulaires et non pas en fer à cheval comme dans l’architecture traditionnelle héritée des Almoravides. Un témoin encore visible de l’architecture de cette époque est la médersa (terme arabe désignant une école) de Loukach construite en 1758.
Aux XVII ème et XVIII ème siècle, Tétouan connait un véritable essor économique, social et culturel lié au développement d’un commerce régional et international intense dû à sa situation unique. Seul port marocain n’étant pas sous l’occupation portugaise, Tétouan constitue alors la place de transit principale de nombreuses marchandises telles que la laine, la cire, le cuivre, les peaux, le blé, la gomme arabique, les armes et munitions ainsi que les esclaves à destination ou en provenance de Fès. Cette prospérité commerciale attira les consuls de plusieurs états occidentaux et la ville devint alors la capitale diplomatique du Maroc.

Le XIX ème siècle est une période sombre pour Tétouan : La peste en 1800 et 1818, la famine en 1825 et la guerre de 1859 à 1862 avec l’Espagne débouchant sur une occupation de deux années affaiblissent la cité.
Parallèlement, le développement du littoral atlantique débouche sur l’abandon de l’axe Tétouan-Fès au profit des axes reliant Tanger et Casablanca à Fès. Le port de Tanger plus ouvert et plus pratique peut accueillir les grands navires de l’ère moderne et connait une croissance importante. Les diplomates européens quittent alors Tétouan pour s’y établir et la ville perd alors son statut de capitale diplomatique au profit de Tanger. Cette dernière devient le pôle économique de la région et attire de nombreux commerçants juifs et musulmans tétouanais. Sous la concurrence des produits manufacturés, l’artisanat de Tétouan finit par s’écrouler.
C’est également de cette époque que date le déplacement de l’ancien mellah (quartier juif), jusqu’alors situé au Nord-Est de la médina, vers sa localisation actuelle au Sud. Cette décision qui impliqua un déplacement de milliers de personnes fut prise dans le cadre de la construction dans le quartier al-Blad de la Grande Mosquée et cette intervention volontaire d’urbanisme est un fait assez exceptionnel dans le développement des médina qui s’édifiaient sans plan préétabli. Il en résulta un nouveau mellah dont le plan est rectiligne et relativement insolite pour une médina dont le processus de construction était souvent le résultat d’une initiative individuelle ou familiale.

Tétouan connaitra encore quelques périodes fastes mais de courtes durées durant lesquelles des richesses considérables furent accumulées par certaines familles juives et musulmanes. Ces notables profitèrent de l’espace laissé par le déplacement du mellah pour y bâtir des demeures et des palais luxueux encore visibles aujourd’hui. Ce sont en particulier les palais des familles Erzini, Gharsia et Brisha caractérisés par des dimensions plus importantes que celles des maisons des époques précédentes ainsi que par une décoration abondante à base de zelliges de Tétouan.

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