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Journée Internationale des Monuments et des sites de l’Unesco à Tétouan : « walou »

avril 13, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Culture, Histoire

Depuis 1987, le 18 avril est reconnu comme la Journée Internationale des Monuments et  Sites de L’UNESCO. Par la mise en place de cette journée, l’UNESCO offre une occasion de sensibiliser le public à la diversité du patrimoine dans le monde et aux efforts que requièrent sa protection et sa conservation ainsi que de permettre d’attirer l’attention sur sa vulnérabilité.

Au Maroc ce sont huit sites historiques qui sont inscrits sur cette liste :

  1. La médina de Fès (1981)
  2. La médina de Marrakech (1983)
  3. Le Ksar d’Aït-Ben-Haddou (1987)
  4. La ville historique de Meknès (1996)
  5. Le site archéologique de Volubilis (1997)
  6. La médina de Tétouan (1997)
  7. La médina d’Essaouira (2001)
  8. La ville portugaise de Mazagan (El Jadida) (2004).

La place Jama El-Fna de Marrakech (2001) et le moussen de Tan-Tan (2005) sont également reconnus par l’UNESCO mais dans la catégorie Patrimoine oral et immatériel.

Ainsi depuis 1997, la médina de Tétouan fait partie de cette liste prestigieuse. A voir la situation dégradée qui prévaut dans l’ensemble des quartiers qui la constituent, on peut s’étonner du peu de cas que les autorités compétentes font de celle-ci pour la valoriser…  Au contraire, et d’après ce que l’on peut constater sur des photos d’archive, un certain laxisme a certainement permis des modifications du cadre bâti incompatibles avec son statut de « site historique ».  Non pas qu’il faille fixer les choses dans le temps, la ville doit bien évoluer mais des normes architecturales sur les façades, les portes, les fenêtres, matériaux, etc… devraient être imposées pour les travaux d’aménagement ou de rénovation.  La réglementation semble pourtant exister comme le montre cette photo.

rem : cette image a été présentée récemment suite à un travail réalisé par des étudiants dans le cadre d’un atelier EURMED portant sur l’aménagement de la médina.  J’en reparlerai dans un autre article car des analyses intéressantes ont été faites et des idées originales proposées même si certaines d’entre-elles auraient peu de chances de se réaliser dans le contexte culturel qui prévaut à Tétouan.

Mais alors, si la réglementation existe, comment peut-on expliquer les violations nombreuses et persistantes de ces règles ?

Tétouan dispose d’un atout touristique évident en sa médina mais il est indispensable que des aménagements y soient apportés et surtout que son entretien soit suivi !

En 2002, le journal L’économiste titrait  « TÉTOUAN: LA RÉHABILITATION DE LA MÉDINA SUR LE TAPIS. » et on pouvait lire

La médina de Tétouan a souffert depuis longtemps d’une anarchie au niveau des interventions, ce qui a partiellement dénaturé le caractère historique de cette ville. D’autant que la forte pression démographique, ajoutée au manque d’entretien, a entraîné une dégradation visible de cette médina.

Le constat était déjà là mais 10 ans plus tard, où en est-on ?  Allez je ne vais pas être chien… il y a quand même eu des réalisations, jugez-en :

-  des travaux d’assainissement (égouttage) ont été entrepris (+/- 2008) du côté de Bab Saida mais à ce jour le revêtement se limite toujours à une dalle de béton mal finie d’où les bouches d’égout dépassent et constituent des entraves à la circulation…
- du côté de Souk-El-Fokki, la situation est identique et par temps de pluie il vaut mieux avoir des bottes car les écoulements et évacuations ne se font pas : Souk-el-Fokki devient alors une grande mare…
- dans certaines rues du quartier des artisans, on a ravalé les façades et refait les « marquises ».  Normalement, ces aménagements auraient dû se poursuivre tout le long de la rue Niyarin et de l’Ayun mais ils se sont arrêtés il y a quelque temps déjà…
- depuis peu, on a de nouvelles plaques signalétiques pour le nom des rues
Plaque signalétique
- et encore plus récemment, des plaques signalétiques sur les bâtiments intéressants et historiques ont fait leur apparition.
Plaque signalétique
Par ailleurs et c’est à mon sens le chantier le plus significatif ou du moins le plus abouti, plusieurs maisons historiques et prestigieuses telles celles de l’Adarve Chorffa Uazzani ont fait l’objet,dans les années 90, d’une restauration complète dans le cadre d’un programme de coopération avec la Junta d’Andalucia.  Cependant ces bâtiments ne sont pas ouverts au public et restent inaccessibles ?   A ma connaissance certains d’entre eux sont encore occupés et habités… et l’un a même été revendu depuis !  L’argent de la coopération servirait-il donc aux propriétaires à réaliser des plus-values immobilières ?  J’aimerais que l’on m’explique d’autant que ces maisons sont souvent la propriété de riches familles bourgeoises reconnues qui ne sont pas démunies de moyens financiers, croyez-moi…

On peut citer également la rénovation de la médersa Loukach qui devrait abriter un musée… Depuis que l’on est arrivés à Tétouan, on nous en parle mais à ce jour on reste dans l’attente impatiente car l’architecture du site est exceptionnelle, comme en témoigne cette photo tirée d’un livre que vous pourriez consulter à Dar Rehla, notre petit riad maison d’hôtes si vous nous faites le plaisir de nous choisir pour votre hébergement.
La médersa Loukach

Des sites intéressants au sein de la médina, il en existe bien d’autres :  mosquées,  zaouias, hammams, foundouks, fours collectifs, etc… Certains sont dans un état de ruine avancé et menacent d’effondrement.  En ce qui concerne la situation des mosquées et zaouias, suite à l’effondrement en février 2010 du minaret de la mosquée  Berdieyinne de  Meknès qui avait provoqué 41 morts, un état des lieux avait été demandé par le souverain aux services concernés et un vaste programme de restauration s’en est suivi.  A Tétouan, plusieurs mosquées ont déjà été restaurées et actuellement c’est la grande mosquée (1808) qui fait l’objet de travaux : pourtant elle ne semblait pas vraiment menacée.
dsc_3349 La grande mosquée
Le patrimoine de Tétouan est inestimable et se révèle même dans des maisons plus modestes comme celle que j’ai eu le plaisir de visiter et que je vous dévoile dans cet album.  Un véritable bijou, plein de détails architecturaux mais qui menace comme bien d’autres maisons dont certaines ont déjà même été pillées de leurs zelliges et boiseries et même vandalisées…

Alors si l’organisation d’une Journée Internationale des Monuments et  Sites vise la sensibilisation du public à la diversité de son patrimoine et aux efforts que requièrent sa protection et sa conservation mais aussi à mettre le point sur sa vulnérabilité, on peut regretter qu’aucune initiative n’ait été prise par une association telle que Tétouan-Asmir à qui l’on doit les efforts de classement de la ville sur la liste de l’UNESCO mais aussi par l’antenne tétouanaise de l’Ecole Nationale d’Architecture qui devrait être le garant de la sauvegarde de ce patrimoine.

Alors, à quand l’organisation d’un programme tel que celui proposé par l’association Casamémoire de Casablanca qui profite de la médiatisation de la journée pour faire Les Journées du Patrimoine (Casa ne fait pas partie de la liste UNESCO) au cours des quelles elle lancera un guide architectural de la ville et organisera des visites dans une vingtaine de bâtiments dont vous pouvez  télécharger le programme complet.
Les Journées du Patrimoine de Casablanca

En attendant une prochaine édition et la concrétisation d’un programme pour Tétouan, je vous invite à découvrir dans le slideshow ci-dessous quelques intérieurs de maisons tétouanaises.

 

 

 

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L’Ensanche – témoin de l’occupation espagnole

août 20, 2009 By: Dar Rehla Category: Non classé

1956, le Maroc accède à l’indépendance.  Alors que le territoire est essentiellement sous Protectorat français, le Nord et en particulier Tétouan est sous la domination espagnole.  Le quartier de l’Ensanche est le témoin de cette période.

Dans cette partie de la ville, à la limite sud de la médina le tracé des rues est rectiligne.  Les immeubles sont des constructions à  trois ou quatre étages et dans un style architectural particulier mélangeant modernité et style arabe.

De nombreux immeubles sont malheureusement dans un état de délabrement avancé et mériteraient un effort de rénovation pour mettre en valeur ce patrimoine.   

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