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Un jour de la « Semana Santa » à Ceuta

avril 23, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Religions et Cultes

Mercredi passé, profitant de l’absence de clients à Dar Rehla, notre maison d’hôtes à Tétouan, nous avons décidé de nous rendre à Ceuta, à peine distante de 40 kilomètres afin d’y assister à une des processions qui y ont lieu au cours de cette semaine particulière qu’est la « Semana Santa ». Cette semaine qui représente la fin du carême est célébrée un peu partout par les chrétiens mais en Andalousie et à Séville particulièrement, cette fête religieuse constitue l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. Ceuta n’est pas en reste et les activités prévues sont également nombreuses.
Affiche des activités de la Semana Santa 2011
La semaine sainte commence ainsi par le dimanche des Rameaux, célébrant l’entrée du Christ à Jérusalem, mais qui marque aussi le début de sa passion, laquelle constitue le fil conducteur des cérémonies qui s’achèveront par le dimanche de Pâques célébrant sa résurrection.

Tout au long de cette semaine, diverses « cofradrias et hermandades » effectueront des processions de pénitence entre leur quartier et siège et la cathédrale de Ceuta
La cathédrale de Ceuta
Chacune de ses confréries dont les pénitents ou « nazarenos » portent des tenues et une coiffe « capirote » caractéristiques sont identifiables à leurs couleurs.
Statue représentant un nazareno portant son capirote
Lors de la procession, elles sont souvent accompagnées par des fanfares dans leur cheminement.
Fanfares
L’attrait de ces processions reste cependant constitué par les « pasos », ces autels richement décorés, portés à dos d’homme et sur lesquels sont représentés des scènes de la passion.

Paso dsc_4563
Chaque confrérie possède de un à trois « pasos » mais plus souvent deux : le premier ou « misterio » est celui où figure le Christ et le second ou « palio », celui de la Vierge. Pour déplacer ces lourds « pasos », les confréries font appel aux « costaleros » : chaque « paso » nécessite 30 porteurs minimum, mais le nombre total requis est plus important car ils vont se relayer tout au long du cortège. Celui-ci va en effet durer plus de quatre heures et on estime de quarante à cinquante kilos le poids supportés par les épaules.

Comme les « costaleros » n’ont aucune visibilité sur le trajet, toutes les manoeuvres sont dirigées par les voix du « capataz » et de ses assistants les « contraguias » . Les ordres d’arrêt ou de levée (impressionnante) sont transmis, eux, au moyen d’un heurtoir communément appelé le « llamador » ou « martillo » et situé à l’avant du paso.
Fronton d'un paso
A Ceuta, lors de la semaine sainte, les rues qu’empruntera le cortège sont dégagées dès l’après-midi et régulièrement nettoyées : il faut préciser que certains pénitents parcourront le trajet à pied nus…
Les pieds des costaleros
Au siège des confréries réparties dans les différents quartiers, les rassemblements se font déjà tôt dans l’après-midi.
Musique dans les rues de Ceuta Rassemblement en vue de la procession
Ils rejoindront la cathédrale en passant pas les ruelles de la ville pour y arriver vers 20h30, heure à laquelle débute la procession « officielle ».  Celle-ci emprunte alors la calle de Alcade Antonio L. Sanches Prado où sont installés les tribunes des officiels.  Tout le long du trajet, vous pourrez alors acheter auprès de vendeurs ambulants les « pirulines » en forme de « capirote ».
Vendeur de pirulines dsc_4400
Cette année, la pluie n’a malheureusement pas permis le déroulement normal de la procession et nous n’avons eu droit qu’au passage de deux pasos devant nous. La foule s’est alors rapidement dispersée et il nous faudra donc attendre l’année prochaine pour nous rendre compte de la liesse qui accompagne généralement cette fête.  J’ai quand même pu prendre quelques photos de la procession que je partage avec vous ci-dessous.


Et au fait, j’espère que ce genre de situation n’est pas de mauvaise augure comme l’est en Belgique, l’impossibilité du « car d’or » de notre célèbre Doudou à gravir la pente de la rampe Sainte Waudru !

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Vers Ceuta – la frontière et ses formalités

juin 26, 2009 By: Dar Rehla Category: Non classé

Située à quelques 50 kilomètres de Tétouan, Ceuta ou Sebta vaut certainement le détour. Nombreux sont les vestiges militaires portugais et espagnols que l’on peut y trouver et la mise en valeur de ce patrimoine par l’Espagne est remarquable.
Une journée complète doit lui être réservée compte tenu des formalités qu’il vous faudra accomplir au passage de la frontière et qui peuvent être longues en période estivale.
C’est au moyen d’un grand taxi que nous avons regagné la frontière. Le voyage s’est fait via une route à quatre bandes en excellent état le long de la côte.
La route à l'entrée de M'Diq M'Diq
De nombreux travaux d’aménagement sont encore en voie de finition sur cette route récente qui fait partie du projet global d’infrastructure routière concernant toute la côte méditerranéenne. Les abords directs font aussi l’objet de multiples plantations réalisées par une main d’oeuvre abondante presque exclusivement féminine.
Plantations Plantations
Les pelouses, palmiers, canas ainsi que de nombreuses autres espèces exotiques composent des parterres artistiquement composés et colorés.
La route longe quelques complexes touristiques luxueux équipés de marinas où sont accostés de nombreux yatchs imposants. Nombreux sont également les établissements et restaurants de luxe et c’est dans cette zone que sont regroupés les hôtels de chaînes renommées et les clubs de vacances tels que que Sofitel, Club Méditerranée, Kabila Beach…
L'entrée du SOFITEL Marina Smir
Marina Smir
Ces complexes sont superbes, bien aménagés mais personnellement, je trouve que l’architecture des bâtiments manque parfois d’originalité ou plutôt d’authenticité et rappelle trop celle des projets similaires que l’on trouve en Espagne ou au Portugal. L’intégration visuelle au paysage a toutefois le mérite d’être respectée et ne donne pas l’impression d’une urbanisation anarchique comme on peut la voir le long de certaines côtes très (trop?) touristiques. Les bâtiments, par exemple, restent encore ici à une hauteur raisonnable. Complexe touristique Complexe touristique de Tamuda Bay
Dans le cadre du plan Azur dont le Maroc s’est doté, de nombreux projets sont encore à l’étude dans cette région et il faut espérer que le respect de l’environnement encore fort sauvage à de nombreux endroits soit une priorité du gouvernement.  Une attention particulière devrait être portée au secteur occupé par la lagune de Smir, niche écologique particulière où transitent de nombreux oiseaux migrateurs dont des cigognes.
Cigognes
Après une bonne heure de route, nous arrivons à la frontière et nous quittons le taxi.  D’une part, notre chauffeur Mohammed n’est pas assuré pour circuler sur le territoire de Ceuta et d’autre part les contrôles douaniers pour les véhicules sont fort longs; il est donc préférable de rejoindre à pied le poste frontière parmi les nombreux marocains qui partent s’approvisionner en marchandises diverses de l’autre côté de la frontière. Beaucoup de ces marchandises passeront la frontière en contrebande et alimenteront les boutiques de Tétouan bien connue pour ces articles.

A la sortie du taxi, certains marocains essayeront de vous vendre, fort cher, la fiche administrative qu’il faut remplir pour passer la frontière. Ne vous laisser pas abuser par leurs boniments car ces fiches sont distribuées gratuitement plus loin au niveau des guichets.
Nous nous attendions à devoir subir des files interminables pour passer le poste frontière, certains chiffres annonçant un passage de +/- 20.000 personnes par jour !
Heureusement, aujourd’hui nous sommes un vendredi et nous apprenons que le transit est toujours moins important ce jour. Pour arriver de l’autre côté de la frontière nous empruntons l’une des allées grillagées destinées à canaliser le flux. Sans indication, nous suivons les files mais arrivés au bout, on nous signale que nous devons nous présenter à l’un des nombreux guichets situés sur la gauche du passage afin de faire viser notre passeport. Pour ce faire le douanier vous remettra la fiche administrative à remplir dont mention ci-dessus. Prévoyez de quoi écrire car au niveau du poste rien n’est prévu. Votre passeport visé, vous réintégrerez la file et le présenterez au policier en faction. Vous pénétrez alors dans le no man’s land avant d’arriver au poste frontière espagnol : ici les formalités sont plus rapides.
Pour rejoindre le centre de la ville distant de trois kilomètres environ, nous prendrons le bus jusqu’au terminus (0,7 euros) et notre attente sera très courte. Le terminus se situe dans une rue qui d’un côté débouche sur la côte méditerranéenne et de l’autre sur l’atlantique. On peut distinguer au loin le rocher de Gibraltar distant de quelques  kilomètres.

Au retour, en fin de journée il nous faudra repasser par le poste frontière.  Le poste frontière de Ceuta - côté espagnol
De nouveau, pas beaucoup d’indications quant au chemin à suivre et nous suivons le flux… Finalement, un marocain nous informera que pour les étrangers, le chemin est différent et que nous devons passer du côté des véhicules.   Dans un sens, tant mieux pour nous car il est fort probable que le passage de la douane au milieu des nombreux marocains rentrant au pays après une journée à Ceuta et chargés de nombreux colis doit durer…

Après quelques dizaines de mètres, on nous dirige vers un des nombreux containers qui servent de bureaux où nous devrons faire viser notre passeport, après avoir rempli la petite fiche indispensable.   Mais auparavant, « grippe mexicaine »  oblige, nous passerons une « visite médicale » qui au moyen d’une caméra thermographique devrait déterminer si nous sommes fièvreux et éventuellement porteurs du virus.  dsc_2538_0
Le moyen est plus sophistiqué que les portiques par lesquels nous avions déjà dû passer lors de notre entrée sur le territoire marocain à l’aéroport Ibn Battuta de Tanger mais je reste assez perplexe quant à la pertinence de ces moyens… Par curiosité, je demande au docteur chargé de l’examen quelle est la période d’incubation du virus : 10 jours est sa réponse.  Cela confirme mon septicisme sachant que durant cette période, le patient ne présente pas de symptômes.  Quel est l’intérêt de telles mesures de contrôle d’autnat qu’en avril 2009, Gregory Hartl, porte-parole de l’OMS disait déjà :

« Si une personne a été exposée au virus ou a été contaminée (…) cette personne peut ne pas présenter de symptômes à l’aéroport(). Les contrôles aux frontières ne marchent pas (). La surveillance de la fièvre (par des caméras thermiques) ne détectent pas les personnes qui sont encore en phase d’incubation de la maladie« 

On peut toutefois comprendre la crainte des autorités marocaines vis-à-vis de ce problème d’autant que l’Espagne avec laquelle le Maroc a beaucoup d’échanges est le pays le plus touché d’Europe.

A la sortie du poste frontière, nous retrouvons Mohamed, notre chauffeur, à qui nous avions téléphoné plus tôt et entamons le retour vers Tétouan.   Sur le bord de la route de nombreux taxis attendent les marocains qui ont passé la journée à Ceuta.
En attente d'un transport Taxis en attente au poste frontière
La visite de Ceuta  fera l’objet d’un autre article.

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