Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
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Semaine de l’Architecture

avril 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Architecture, Histoire

Même si l’école nationale d’Architecture de Tétouan n’a programmé aucun évènement dans le cadre de la journée internationale des Monuments et Sites de l’UNESCO, elle n’en a pas moins organisé une autre manifestation qui aurait pu s’inscrire dans le contexte : il s’agit de la première édition de la   »Semaine de l’Architecture« .

Celle-ci se déroulera du 2 au 6 mai 2011, dans les tout nouveaux locaux de l’antenne tétouanaise de cette école nationale dont l’école mère est sise à Rabat.  L’antenne de Tétouan est ouverte depuis 2009 et, cette année, elle inaugure enfin ses nouvelles installations situées sur l’avenue Mohamed Daoud dans le quartier Soukna wa Taamir à proximité de la Délégation Provinciale de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace de Tétouan.
Les nouveaux bâtiments de l'ENA de Tétouan

Cette inauguration se fera le jeudi 5 mai et constituera un des moments importants de cette Semaine de l’Architecture.

Le programme auquel on pourra assister est le suivant :

Lundi 2 mai à 19h30 : « Tétouan et le défi de la modernité.  La question du logement de 1912 – 1956″

La présentation sous forme de table ronde d’une « étude relative à l’évaluation de l’action de développement urbain et de la production de logement dit de la promotion officielle, réalisée dans les villes au Nord du Royaume du Maroc, lors de la colonisation espagnole – L’histoire particulière de deux villes : Tétouan et Larache ». Les interventions traiteront plus particulièrement de :

  • Villes et gestion urbaine dans la zone du protectorat espagnol au Maroc.
    par M. Mimoun AZIZA.
  • Larache et Tétouan coloniales : de la modernité architecturale et de la construction du territoire.
    par M. Mohamed BEN ATTOU
  • D’une cité a l’autre, ou les mécanismes régissant l’évolution du système spatial des villes du nord marocain.
    par M. Taha BOUHASSOUN
  • Le logement pour marocains en période coloniale. Etude comparative.
    par M. Hakim CHERKAOUI
  • La construction communautaire de la périphérie urbaine au XXe siècle. Une expérimentation au Maroc en face d’une expérience en occident.
    par M. Plácido GONZÁLEZ MARTÍNEZ
  • Tétouan et le défi de la modernité. La question du logement.
    par M. Alejandro MUCHADA SUÁREZ

Mardi 3 mai à 19h00 :   »Urbanisme et colonisation : le cas du Maghreb »

Une conférence par M. Mimoun AZIZA dont voici un abstract

L’étude des liens entre urbanisme et colonisation au Maghreb s’avère intéressante. Surtout qu’elle permettra de comprendre l’impact de  la colonisation en matière de l’organisation de l’espace urbain.  Les villes du Maghreb découlent d’une tradition citadine ancienne. Elles ont connu durant la période coloniale, des bouleversements spectaculaires et rapides. Certaines villes  ont été transformées dans leur structure initiale, d’autres sont dédoublées et ont vu leur partie ancienne s’altérer.  Ce qui fait la colonisation a provoqué la crise des médinas : au modèle de la médina s’oppose alors le modèle de la ville européenne. Des familles riches quittent leur demeure en médina pour habiter la ville nouvelle.  En même temps la promotion des quartiers « européens » comme pôle économique des villes, porte un coup dur aux activités commerciales et artisanales de ces vieux noyaux. C’est la difficulté d’accessibilité, alors que la motorisation devient nécessaire avec l’extension démesurée des villes, qui a certainement le plus contribué à la marginalisation des médinas par abandon de celles-ci par les familles aisées qui y garantissaient ordre et entretien.

Mercredi 4 mai
à 17h00 :   »Corps et histoire de l’Art »

Une conférence par M. Saïd BOUTFASS dont voici un abstract

De la préhistoire au XXème siècle, le corps n’a pas cessé de nous étonner et de nous déstabiliser. Il se réinvente son statut continuellement. A travers la production artistique il est le reflet de l’histoire de l’humanité.

L’omniprésence du corps en histoire de l’art est incontestable. Nous suivrons, à travers l’histoire de l‘art, les métamorphoses du corps humain  tout en dévoilant la pensée des civilisations.

à 19h00 : « Spécificité et authenticité du patrimoine de la vielle de Tétouan »

Une conférence par M. Mohamed BENABOUD

Jeud 5 mai
à 13h00 : « L’enseignement de l’architecture »

Une table ronde animée par M. Daniel Pinson, Pierre Colboc, Chaoui Mohamed, Adil Edfouf, Hakim Cherkaoui.

à 16h00 : « Présentation d’un projet de chapiteau en matériaux recyclabes »

par Carlos Pérez Marin

Vendredi 6 mai à 16h00 : « L’urbanisme et l’architecture espagnole dans le Nord du Maroc »

par Antonio Bravo

Pas mal de sujets sont intéressants et les intervenants de qualité.   J’ai en particulier épinglé :

M. Pierre Colboc : un des architectes ayant participé à l’aménagement de l’ancienne gare d’Orsay en l’actuel Musée d’Orsay.  Il a également travaillé sur la réhabilitation des anciens ateliers des frères Lumière. C’est un ardent défenseur du patrimoine, y compris industriel.   En février 2010, il avait donné à l’Institut Français une conférence fort intéressante sur le « patrimoine durable : un concept basé sur le dialogue qui doit s’établir entre existant et nouveaux usages ».

M. Daniel Pinson, professeur à Aix en Provence : il a été le coordinateur d’un atelier de design urbain qui s’est déroulé en avril à Tétouan associant les universités d’Aix-Marseille, de Gênes, de Lisbonne et de Séville Projet EURMED.
Il faut d’ailleurs que je traite encore toutes les informations que j’ai eu la possibilité de recueillir lors de la présentation finale de cet atelier…. Pas mal de choses intéressantes et d’idées y avaient été émises…

M. Mohamed Benaboud : au sein de l’association TétouanAsmir, il a contribué en tant qu’historien à la reconnaissance de la médina sur la liste de l’UNESCO.  Il a publié par ailleurs de nombreux ouvrages sur les spécificités de la ville de Tétouan.

M. Hakim Cherkaoui : il est, entre autres, le Directeur de l’ENA de Tétouan.

Les autres intervenants m’excuseront mais j’ai eu la paresse de ne pas chercher leurs références…

Comme certains intervenants sont d’origine espagnole, j’espère cependant que les publications se feront plutôt en français… ceci, afin d’en tirer toute la substantifique moelle… que je pourrai vous transmettre si vous choisissez de passer par Tétouan, visiter son Ensanche, sa vieille médina et ses alentours tout en séjournant à Dar Rehla, notre maison d’hôtes.

 

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Les mosquées de Tétouan : la mosquée Hassan II

décembre 06, 2009 By: Dar Rehla Category: A voir, Religions et Cultes

Inaugurée en 1973, la mosquée Hassan II de Tétouan est désormais la mosquée au plus haut minaret de la ville et devance dorénavant celui de la Grande Mosquée « Jamaa El Kebir ».

La mosquée Hassan II de Tétouan

C’est au sein de cette mosquée que régulièrement le Roi Mohammed VI qui porte également le titre de « commandeur des croyants » officie quand il est présent à Tétouan.

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Configuration des maisons traditionnelles de Tétouan

juillet 14, 2009 By: Dar Rehla Category: Non classé

Que la maison soit une grande demeure patricienne, un palais, ou une maison modeste ou populaire, elle appartient généralement à une seule famille typologique caractérisée par un patio ou un jardin (riad) central, généralement de forme carrée, autour desquels sont distribuées et s’articulent les pièces d’habitation.

Les façades intérieures deviennent ainsi les façades principales des maisons qui ne possèdent aucune véritable ouverture sur la rue. On peut parler d’une architecture à l’envers.

L’entrée de la maison au travers de la porte principale ou « bab el dar  » se fait via un corridor ou setwan dont la configuration en chicane permet de ménager l’intimité visuelle de la famille. Ce corridor débouche sur la cour centrale qui est entourée sur plusieurs de ses côtés (quelquefois les quatre) par des pièces d’habitation, dont chacune occupe un côté entier. Les pièces ne communiquent pas entre elles et sont peu profondes, entre deux et trois mètres, mais très larges. On y pénètre par une porte centrale, très haute qui contrairement aux portes européennes, n’est pas montée sur paumelles, gonds ou charnières mais sur pivot. De part et d’autre de cette porte sont percées dans l’épaisseur du mur des fenêtres munies d’une grille en fer forgé. Le motif des grilles est généralement différent pour chacune des pièces de la maison.

Dans les maisons aux dimensions plus importantes, la cour est souvent délimitée par un ensemble de portiques composés d’arcade(s) et délimitant une galerie périphérique plus ou moins étroite. Lorsque la maison possède un étage, les portiques du niveau supérieur sont identiques à ceux du rez-de-chaussée. Les galeries ainsi créées permettent de protéger les différentes chambres du soleil et de la pluie.

C’est au niveau du rez-de-chaussée que se trouvent la cuisine et la salle d’eau, raccordées au réseau d’égouttage tout proche au moyen de canalisations en terre cuite. L’évacuation des fumées se fait quant à elle par des cheminées aménagées dans l’épaisseur des murs et qui débouchent au niveau du toit-terrasse.

A Tétouan où le parcellaire est plus limité, les maisons et à fortiori les patios sont souvent de dimensions plus réduites et les maisons se sont développées à la verticale. L’étage est alors consacré aux appartements privés mais s’organise comme au rez-de-chaussée : toutes les chambres s’ouvrent sur le patio central.

L’accès à l’étage se fait par des escaliers assez raides, construits dans l’une des ailes de la maison. Sur le pan de mur correspondant, vient souvent alors se placer au rez de chaussée une fontaine murale en mosaïque. Ces fontaines sont raccordées à un réseau souterrain appelé « sekundu » alimenté par des sources naturelles venant du djebel Dersa.

Les maisons traditionnelles se caractérisent également par leurs hauteurs sous plafond toujours importantes, trois, quatre mètres voire plus et qui contribuent certainement à maintenir la fraicheur des pièces même pendant les périodes les plus chaudes de l’année et de la journée. Les plafonds sont construits en bois de cèdre : ce bois originaire des montagnes de l’Atlas, aux caractéristiques techniques indéniables, est reconnu comme imputrescible et résiste aux attaques des insectes xylophages. En prime, il exhale une senteur caractéristique persistante de nombreuses années.
Les plafonds font également l’objet d’une attention particulière en terme de décoration : sculptés mais plus souvent peints à Tétouan, ce sont souvent de réelles oeuvres d’art pleines de finesse.

Les constructions dépassent rarement deux niveaux de hauteur. Au dessus des chambres, le toit plat ceint d’un muret parfois orné de merlons constitue une terrasse au niveau de laquelle se concentrent de nombreuses activités domestiques et les festivités qui jalonnent et agrémentent la vie quotidienne. Pendant les fortes chaleurs, bon nombre de familles dorment également sur ces terrasses à la recherche de plus de fraicheur. Plus récemment, des aménagements ont vu leur apparition à ce niveau et rehaussé le cadre bâti.

A Tétouan, compte tenu des dimensions réduites des bâtiments et du climat relativement pluvieux, le puits de lumière donnant sur le patio est généralement muni d’une grille en fer forgé (sécurité) et surplombé d’une coupole en verre qui protège les étages inférieurs des intempéries. On peut néanmoins encore voir des habitations dont l’ouverture n’est pas couverte.

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