Un jour de la « Semana Santa » à Ceuta
Mercredi passé, profitant de l’absence de clients à Dar Rehla, notre maison d’hôtes à Tétouan, nous avons décidé de nous rendre à Ceuta, à peine distante de 40 kilomètres afin d’y assister à une des processions qui y ont lieu au cours de cette semaine particulière qu’est la « Semana Santa ». Cette semaine qui représente la fin du carême est célébrée un peu partout par les chrétiens mais en Andalousie et à Séville particulièrement, cette fête religieuse constitue l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. Ceuta n’est pas en reste et les activités prévues sont également nombreuses.
La semaine sainte commence ainsi par le dimanche des Rameaux, célébrant l’entrée du Christ à Jérusalem, mais qui marque aussi le début de sa passion, laquelle constitue le fil conducteur des cérémonies qui s’achèveront par le dimanche de Pâques célébrant sa résurrection.
Tout au long de cette semaine, diverses « cofradrias et hermandades » effectueront des processions de pénitence entre leur quartier et siège et la cathédrale de Ceuta
Chacune de ses confréries dont les pénitents ou « nazarenos » portent des tenues et une coiffe « capirote » caractéristiques sont identifiables à leurs couleurs.
Lors de la procession, elles sont souvent accompagnées par des fanfares dans leur cheminement.
L’attrait de ces processions reste cependant constitué par les « pasos », ces autels richement décorés, portés à dos d’homme et sur lesquels sont représentés des scènes de la passion.
Chaque confrérie possède de un à trois « pasos » mais plus souvent deux : le premier ou « misterio » est celui où figure le Christ et le second ou « palio », celui de la Vierge. Pour déplacer ces lourds « pasos », les confréries font appel aux « costaleros » : chaque « paso » nécessite 30 porteurs minimum, mais le nombre total requis est plus important car ils vont se relayer tout au long du cortège. Celui-ci va en effet durer plus de quatre heures et on estime de quarante à cinquante kilos le poids supportés par les épaules.
Comme les « costaleros » n’ont aucune visibilité sur le trajet, toutes les manoeuvres sont dirigées par les voix du « capataz » et de ses assistants les « contraguias » . Les ordres d’arrêt ou de levée (impressionnante) sont transmis, eux, au moyen d’un heurtoir communément appelé le « llamador » ou « martillo » et situé à l’avant du paso.
A Ceuta, lors de la semaine sainte, les rues qu’empruntera le cortège sont dégagées dès l’après-midi et régulièrement nettoyées : il faut préciser que certains pénitents parcourront le trajet à pied nus…
Au siège des confréries réparties dans les différents quartiers, les rassemblements se font déjà tôt dans l’après-midi.
Ils rejoindront la cathédrale en passant pas les ruelles de la ville pour y arriver vers 20h30, heure à laquelle débute la procession « officielle ». Celle-ci emprunte alors la calle de Alcade Antonio L. Sanches Prado où sont installés les tribunes des officiels. Tout le long du trajet, vous pourrez alors acheter auprès de vendeurs ambulants les « pirulines » en forme de « capirote ».
Cette année, la pluie n’a malheureusement pas permis le déroulement normal de la procession et nous n’avons eu droit qu’au passage de deux pasos devant nous. La foule s’est alors rapidement dispersée et il nous faudra donc attendre l’année prochaine pour nous rendre compte de la liesse qui accompagne généralement cette fête. J’ai quand même pu prendre quelques photos de la procession que je partage avec vous ci-dessous.
Et au fait, j’espère que ce genre de situation n’est pas de mauvaise augure comme l’est en Belgique, l’impossibilité du « car d’or » de notre célèbre Doudou à gravir la pente de la rampe Sainte Waudru !


Dar Rehla – Casa de hôspedes
Dar Rehla – Guesthouse
Dar Rehla – Maison d'hôtes