Il y a quelque temps déjà, nous avions partagé dans cet article intitulé « Autour de la lagune de Smir » un parcours que nous avions fait autour de la-dite lagune. La lagune est une zone déclarée SIBE pour le rôle important qu’elle représente pour les nombreuses espèces migratoires qui transitent dans la région et, en tant que telle, elle est une zone d’observation ornithologique intéressante d’autant que bon nombre d’espèces que l’on peut y observer sont rares, certaines même menacées voire en voie de disparition.
La balade en question faisait quand même quelques 17 kilomètres et n’est peut-être pas à la portée de tout le monde surtout que la fin du parcours que nous avions suivi était rendu dangereux et difficile par la présence des nombreux engins de chantier qui travaillaient à la réalisation du projet RITZ-CARLTON… Et oui, alors que ce site devait être protégé et son écosystème unique préservé, des promoteurs ont reçu le feu-vert pour un projet touristique d’envergure qui va modifier irrémédiablement cet environnement. J’en avais parlé une première fois dans cet article, et d’autres ont fait suite.
Mais que cela ne nous empêche pas de profiter encore des beautés du site et cela en empruntant la promenade qui longe la lagune du côté mer. La promenade démarre à hauteur des nouveaux bâtiments de la Willaya et se termine après 3 kilomètres à hauteur de la marina Kabila.
Tout au long de la promenade et à espaces réguliers se trouvent encore quelques postes d’interprétation où l’on peut trouver des informations sur les espèces que l’on peut observer sur la lagune, mais nombre d’entre-eux ne portent plus de plaque et ont même été dégradés…
Un des charmes de cette promenade, est probablement l’aménagement de part et d’autre du chemin de nombreuses plantations qui font l’objet de soins intensifs et tout amateur de macro-photographie peut y prendre son pied… Gazania multicolores, Strelitzia, cannas,… mais aussi tous les insectes que l’on peut y trouver sont des sources inépuisables et toujours renouvelées…
L’espace que l’on va longer sur la plus grande partie du parcours s’apparente plus à des marais qu’à une lagune.
Ce constat résulte probablement du fait que l’hydrologie du site a déjà été fortement modifiée avec l’implantation du barrage de M’diq, la création de la marina mais aussi l’urbanisation incontrôlée qui s’est faite dans la partie Est. La pression urbanistique est forte, les activités humaines jamais très éloignée : le site est ainsi souvent occupé par des troupeaux de bovidés en semi-liberté,
et autres animaux d’élevage voire des dromadaires…
Depuis peu, pour faciliter les déplacements, de nouvelles digues ont encore été aménagées mais limitent probablement la dispersion de l’eau. Dans cette première partie, l’observation d’oiseaux est plus délicate, rendue difficile par la nature de la végétation qui s’y développe naturellement. Il faudrait pouvoir s’aventurer plus à l’intérieur et se mettre à l’affût. Cependant, il n’est pas impossible qu’aux abords de l’une ou l’autre flaque qui parsème la zone et si la densité de la végétation le permet, on puisse avoir de la chance…
La chance mais aussi la persévérance, c’est ce qu’il a fallu à Rachid, pour observer en début de cette année l’une des premières nidifications de l’ibis falcinelle et de la spatule blanche dans la zone. L’observation a fait l’état d’un article sur le blog de Moroccan Birds.
Les photos sont de Rachid El Kamlichi.
La lagune en tant que telle se trouve au bout de la promenade.
C’est la zone où l’eau est plus profonde et en relation directe avec la mer via la marina de Kabila.
C’est l’un des endroits où l’on a le plus de chance d’apercevoir des oiseaux, et en particulier flamants roses, hérons, canards,…
C’est malheureusement cet endroit que Ritz-Carlton a choisi pour son projet.
Les travaux de remblaiement sont désormais terminés et la physionomie des lieux a changé : 200.000 m3 de remblais cela laisse évidemment une trace dans le paysage…
Dans cette plaquette, on peut se rendre compte déjà de l’ampleur des réalisations déjà effectuées. J’en ai extrait cette photo qui donne une idée de ce qu’il en sera à terme…
Via Google maps, il est encore aisé d’avoir une photo de la lagune avant les travaux de remblaiement. Dans un an ou deux, par comparaison, on pourra mieux se rendre compte des modifications.
Ici, on pourrait rester des heures à observer et essayer de faire un bon shot parmi les espèces présentes.
Pour retourner dans le centre de M’diq, nous emprunterons le même chemin mais le paysage offre de nouvelles perspectives.
La luminosité n’était pas optimale mais M’diq se dessine quand même bien sur les collines du fond.
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