Le cimetière chrétien de Tétouan.
Lors d’un précédent séjour, nous avions visité le cimetière juif de Tétouan dont l’origine est contemporaine à l »édification de la ville et caractérisé par des pierres tombales très anciennes, certaines portant des inscriptions inhabituelles rappelant des caractères aztèques précolombiens et se trouvant maintenant dans l’enceinte du musée archéologique de Tétouan. Je pensais avoir rédigé un article sur le cimetière juif, lieu historique mais en recherchant parmi mes publications je constate qu’il n’en est rien et qu’il me faudra remédier à cette lacune…
Quoiqu’il en soit, parmi les traces laissées par l’occupation espagnole, se compte un cimetière chrétien duquel nous nous sommes mis à la recherche. Par rapport à la vieille médina, il se situe à l’extrême opposé des deux autres cimetières, à savoir à l’Ouest de la ville du côté de Bab Nouader, sur les contre-forts du Djebel Dersa, légèrement en contre-bas des anciennes casernes des « regulares » qui dominent la ville. Compte tenu de la proximité du quartier de l’Ensanche, de l’église catholique et des anciens cantonnements espagnols, cette implantation est justifiée.
La carte ci-dessous reprend la position des différents cimetières de Tétouan par rapport à la situation de notre maison « Dar Rehla ».
Afficher Les cimetières de Tétouan sur une carte plus grande
Peu d’indications pour y accéder ; l’ancienne entrée est dorénavant fermée et condamnée.
L’accès se fait au Nord de l’enceinte qui entoure le cimetière (gardé la nuit par un chien en liberté… ) par une cour où sont installés quelques artisans et au fond de laquelle une porte en fer forgé s’ouvre sur une grande allée bétonnée que l’on doit emprunter avant d’accéder aux cimetières proprement dits.
Cimetières au pluriel car à gauche s’ouvre le cimetière « civil » chrétien et sur la droite l’espace est réservé aux militaires espagnols et à leur famille.
C’est en compagnie du gardien des lieux que nous ferons notre visite. Contrairement au cimetière juif, ce cimetière est mieux entretenu ; les allées mieux délimitées et les tombes mieux conservées.
Maintenant il faut savoir que ce cimetière est plus récent : 1860 environ et a fait déjà l’objet d’aménagements et remaniements confirmés par l’existence de plusieurs murs constitués de niches mortuaires, regroupées parfois en ilots et où ne peuvent être conservés, vu leurs dimensions réduites que les restes d’ossements.
Le gardien ne peut me dire où se trouve la plus ancienne tombe du cimetière mais m’indique les plus récentes qui remontent à août 2008.
Contrairement à celles des cimetières européens, les tombes sont ici assez uniformes. Peu de signes ostentatoires de richesse… a moins que ce ne soient les céramiques qui ne fassent la différence ?
Seule exception, et encore très sobre, le monument de la famille Carrion. Probablement celle à qui l’on doit les célèbres et meilleurs cafés de Tétouan.
Comme on peut s’y attendre le cimetière est essentiellement occupé par des tombes d’espagnols mais d’autres nationalités y sont également présentes, mais en nombre plus restreint. En atteste cette tombe d’une française décédée en 1960 à lâge de 32 ans.
Ici l’âge du décès est souvent mentionné sur les stèles et est souvent relativement jeune mais des cas de longévité importante existent aussi ; on peut aussi mourir vieux à Tétouan : 93 ans !
Dans la partie militaire qui bénéficie de fonds espagnols pour son entretien, il peut exister de grandes différences entre les tombes…
Le gardien nous donne également quelques explications sur certaines sépultures. Ici ce sont les corps de deux aviateurs décédés dans un accident qui sont enterrés.
Ici c’est la tombe d’un enfant de la famille royale espagnole mort à l’âge de 6 ans.
Dans une autre partie du cimetière, la plus ancienne, l’espace a été réaménagé et les restes des cimetières chrétiens des villes proches ont été ramenés ici.
Comme en témoigne cette plaque, les restes et ossements des vieilles tombes de Tétouan ont été déplacés ici en 1998 et replacés soit dans des niches pour les tombes clairement identifiées soit dans des fosses communes, civils et militaires confondus.
En août 1998, ce sont les ossements du cimetière de Fnideq qui ont été transférés.
En mars 1999 ceux du cimetière de Chaouen.
Par-ci par-là, quelques tombes sont encore fleuries.
Il semblerait que chaque année, au 1er novembre comme il se doit, nombreuses sont encore les familles qui font le déplacement pour fleurir les tombes de leur famille.
Peut-être qu’un jour ce sera sur la mienne que l’on viendra déposer un bouquet…


Dar Rehla – Casa de hôspedes
Dar Rehla – Guesthouse
Dar Rehla – Maison d'hôtes