L’ancienne église de Martil et José Maria Lerchundi
La publication sur Facebook d’une ancienne photo de l’église de Martil
par nos amis Claire et Christian m’a donné envie d’en connaître un peu plus sur l’histoire de ce beau bâtiment. C’est dans le petit guide « TangerPocket », que vous trouverez gratuitement dans de nombreux établissements touristiques de la région et qui dispose aussi d’une version web, que j’ai démarré mon investigation. Par la suite, j’ai dû constater qu’il existe très peu d’informations sur l’église elle-même.
Peut-être que des futurs lecteurs pourront apporter des précisions et d’autres photos. Je les en remercie d’avance.
Bâtie à la fin des années 40 sous le Protectorat espagnol, l’église de Martil, vu sa taille donne une idée de l’importance de la présence espagnole et du culte catholique à cette époque dans la région.
L’édifice restera dédié au culte catholique jusque dans les années 70 pour être ensuite abandonné. En 1996, le bâtiment est restauré par la Junta de Andalucia et sera reconverti en un espace culturel.
On lui donnera le nom d’un père franciscain qui oeuvra au XIX ème siècle dans le Nord du Maroc « José Maria Lerchundi ».
A ce jour cependant, le centre semble plus connu sous le patronyme de centre culturel « Al Andalous »…
Né en 1836, le père José Maria Lerchundi rejoint l’ordre franciscain en 1856 et sera ordonné en 1859. En 1862, il rejoint la Mission catholique du Maroc dont il deviendra le Préfet apostolique de 1877 jusqu’à sa mort en 1896. Il est enterré dans la crypte de la cathédrale de Tanger.
Il résidera de 1862 à 1877 à Tétouan et entretiendra des liens forts avec différents acteurs de la vie tétouanaise lui permettant d’acquérir une connaissance approfondie de la langue arabe. A cette époque Tétouan est la capitale diplomatique du Maroc et il sera l’interprète officiel entre les rois d’Espagne et le sultan Hassan I du Maroc.
Cette connaissance de la langue parlée aboutira à la rédaction de plusieurs livres qui font encore référence et qu’il serait intéressant de me procurer :
- « Rudimentos del arabe vulgar que se habla en el imperio de Marruecos » (1872) ;
- « Crestomatía Árabe » (1881) ;
- « Vocabulario español-arábico del dialecto de Marruecos » (1893).
Parmi ses nombreuses autres réalisations on peut citer :
- la création à Tanger de la première imprimerie hispano-arabe du Maroc ;
- la création et la rénovation de nombreuses écoles paroissiales et un centre de formation professionnelle ;
- la création d’un complexe d’habitations pour sans-abris ;
- l’ouverture à Tétouan d’une école pour l’espagnol et l’arabe.
Par ailleurs, il a contribué à plusieurs initiatives visant à moderniser Tanger dans des domaines très variés : l’électricité, les horloges publiques, les chambres de commerce, les compagnies maritimes, les postes de traite, etc.
Si l’histoire de ce père vous intéresse, vous pourrez trouvez plus d’infos en suivant ce lien sur ce site dédié à l’ordre des franciscains


Dar Rehla – Casa de hôspedes
Dar Rehla – Guesthouse
Dar Rehla – Maison d'hôtes
Erratum.
1Depuis la rédaction de cet article, et quelques visites à Martil, j’ai appris que le centre « Al Andalous » était situé à un autre endroit de Martil.