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Des nouvelles de BMCRif, l’association de Protection du Macaque de Barbarie

novembre 07, 2010 By: Dar Rehla Category: Environnement

Le logo de BMCRif Encore un sujet et une association dont j’aurais dû vous parler depuis quelque temps mais j’aurais aimé profiter d’une visite sur le terrain pour vous donner mon ressenti sur le travail important réalisé par Siân Waters, Ahmed EL Harrad, Mohamed Karmoun et depuis peu Tamlin Watson tous membres de l’Association BMC Rif, « Barbary Macaque Conservation in the Rif ».    Mais les contraintes et obligations des uns et des autres ne m’ont pas encore permis de faire cette expérience… Et pourtant cela se passe principalement dans le cadre des montagnes et forêts de Bouhachem.
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Quoiqu’il en soit j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer tous ces membres et au travers de la page facebook du groupe, je suis régulièrement leur travail en faveur de la protection des singes macaques des Barbarie qui occupent encore de vastes espaces dans les montagnes rifaines proches de Tétouan.  Ces populations sont cependant menacées et le projet que mène Siân est important pour cette espèce.  D’autres associations et ONG s’occupent aussi du problème et c’est ainsi que j’avais déjà parlé dans un précédent article de la « Moroccan Primate Conservation Foundation » – MPC de Els Van Lavieren. Singe Macaque

Je profite de la parution de la dernière newsletter de BMCRif  pour vous donner quelques informations sur le déroulement et l’avancée des travaux menés par le groupe pendant ces derniers mois.  J’apporte ma modeste contribution à ce projet en traduisant en français cette newsletter tout en y apportant parfois ma touche personnelle quant aux tournures des phrases.   Cette version française permet toutefois à Siân de remettre aux autorités une version plus conforme à leurs attente car le français est quand même la deuxième langue après l’arabe la plus utilisée dans l’administration marocaine même si, ici dans le Nord, l’espagnol reste encore prépondérant.

Voici ce que nous dit Siân :

Ce mois BMCRif célèbre son premier anniversaire d’une année complète de présence sur le terrain et remercie la Société Royale de Zoologie d’Ecosse pour son soutien qui a permis un meilleur encadrement des populations locales lesquelles  nous apportent maintenant et, comme jamais auparavant, leurs connaissances sur la distribution et le nombre des macaques de Barbarie dans la région de Bouhachem.
Collecte de données sur les macaques par BMCrif
C’est ainsi que notre intérêt personnel pour ces singes a éveillé auprès des populations locales un intérêt de leur part et elles nous transmettent dorénavant des informations sur les macaques.  Par ailleurs maintenant, de nombreux villageois voient dans les singes quelque chose dont ils peuvent être fiers !  Bien entendu, tout le monde n’a pas encore rejoint cette vision des singes mais nous fondons l’espoir que dans un an, la majorité des personnes vivants dans cette région autour de Bouhachem regarderont la forêt et la vie sauvage qu’elle abrite d’un autre oeil et se rendront compte de l’intérêt que la présence des singes en particulier peut leur apporter.

L’un des premiers objectifs de BMCRif est de faire découvrir ces bénéfices.  Ainsi récemment Tamlin Watson a démarré une campagne de vaccination anti-rabique des chiens de trois villages de Bouhachem.  Un aperçu de cette activité se trouve développée plus loin et plus d’informations suivront dans les newsletters suivantes. Il suffit de dire que les villageois sont particulièrement intéressés par ce programme qui a été aussi bien accueilli par les autorités locales.

Par ailleurs l’été s’est caractérisé par :

1. la visite de Els Van Laverien

Durant le mois de juin, BMCRif a en effet accueilli Els Van Laverien de la fondation “Moroccan Primate Conservation” (MPC) une ONG néerlandaise travaillant plutôt du côté de Fès et Ifrane.  Tout comme BMCRif et d’autres ONG, MPC essaye de mettre fin au trafic illégal des macaques dans les montagnes du Moyen Atlas.  Pour faire une comparaison, il y a en liberté moins de macaques de Barbarie que d’Orang-Outangs de Sumatra et que de Gorilles des plaines !

Même si la capture pour l’élevage est relativement faible au sein des populations du Nord, BMCRif reste vigilant sur ce sujet et est souvent appelé par ses contacts locaux en cas de situations suspectes.

2. la réintroduction d’un bébé macaque dans son groupe

C’est ainsi qu’un villageois trouva un jour un bébé macaque sur le bord de la route qu’il recueillit afin de le vendre dans un des marchés du coin.  Un des contacts de BMCRif présent ce jour-là au marché  alerta Ahmed qui se rendit aussitôt sur les lieux : il y trouva le villageois en train de présenter l’animal à des touristes sur le marché.  A voir la photo prise ce jour-là, on peut se rendre compte que ce villageois n’avait aucune idée de la manière dont il fallait s’occuper du jeune et celui-çi serait sûrement mort peu de temps après si BMCRif n’était intervenu.
Un jeune macaque présenté à la vente
L’homme indiqua à Ahmed l’endroit où il avait trouvé le singe et comme BMCRif  dispose désormais d’informations précises sur les différents groupes présents dans cette partie,  Ahmed a pu rendre le jeune à son groupe.  Le fait qu’un habitant des lieux nous informe de l’incident prouve que désormais certaines personnes se considèrent responsables des singes et démontre aussi l’importance de notre présence suivie dans la région ainsi que le bien-fondé de notre philosophie qui est d’impliquer la population dans notre projet.

L’année prochaine, nous espérons commencer à travailler sur les populations des macaques des montagnes situées plus à l’Est.  Ahmed connait bien ces montagnes et dispose de nombreux contacts dans la population.  Ces régions se caractérisent par un degré de pauvreté élevé et nous savons que des jeunes singes  y sont capturés pour être vendus ensuite aux touristes.  Certains de ces singes seront exportés illégalement mais d’autres restent au Maroc.  Tant à l’étranger qu’au Maroc, cette situation présente, outre l’aspect illégal de ce trafic, un autre grave problème car ces animaux une fois adulte, sont souvent abandonnés en forêts par leur propriétaire.  Bien souvent ces singes se laissent mourrir ou tentent de se rapprocher des lieux habités.  Ils peuvent même devenir agressifs et présentent alors un danger pour l’homme.  Cette proximité relative laisse penser  à certaines personnes peu informées que les singes augmentent leur territoire suite à l’augmentation de leur population et peut mener à des actes inutiles. Une fois, nous avons assisté ainsi à une scène inacceptable : des jeunes ont tué un de ces singes en le percutant à plusieurs reprises avec leur voiture.   Une sensiblisation et une communication vers ces populations pourraient éviter d’autres captures à l’avenir.

3. une chaleur et une sécheresse importante

Durant l’été chaud et sec, les macaques doivent parcourir de longues distances à la recherche de nourriture et d’eau.  Certains des groupes que nous étudions ont parfois été dérangés par le passage de véhicules traversant leur territoire et plus particulièrement par ceux se rendant à Moulay Abdelslam pour le Moussem.
Transport de pélerins vers Moulay Abdelsalam
Les personnes qui viennent des autres régions du Maroc sont souvent très excitées à la vue des singes et leur lancent souvent des projectiles qui stressent ces animaux à la recherche d’eau.  Ces voyageurs  campent également souvent à proximité directe du seul point d’eau où les singes viennent s’abreuver.  Heureusement, notre intervention et quelques explications sur le problème conduisent souvent les campeurs à laisser les lieux aux singes.  Néanmoins, nous fûmes heureux quand le Moussem prit fin et que tout le monde rentra chez soi.

4. La mise en place du programme de santé pour les chiens de Bouhachem -Tamlin Watson

Après avoir assuré les sources de financement, Siân est de retour au Maroc au milieu du mois de septembre.  Assistée par Mohamed Karmoun, elle s’est entretenue avec tous les habitants des villages de Lahcen, Taliam et Tayenza et tous, sauf un, ont manifesté leur souhait de voir leurs chiens vaccinés et traités contre les parasitoses internes. Des examens d’excréments canins ont montré la présence importante de parasites et le traitement devrait apporter alors une meilleure valorisation de leur nourriture et assurer une meilleure santé des chiens.  Tout en réalisant ces premiers examens, de nombreuses données ont aussi été récoltées sur la population des chiens et les conditions de leur élevage tel qu’il se présente actuellement.  Ces données nécessitent des études plus approfondies qui seront menées ultérieurement.
Tamlin a aussi commencé l’étude des déplacements des chiens de bergers au moyen de la photographie et de la géolocalisation afin de déterminer leur rayon d’activité et leurs habitudes de déplacements.
Elle a également accompagné les bergers et leurs troupeaux de chèvres à travers la forêt afin de mieux connaître leur vie mais aussi pour entamer des discussions d’informations sur les conditions d’élevage des chiens et enfin pour gagner leur confiance.

Suite au décès dans un des villages d’une femme mordue par un chien enragé, la conduite de la campagne de vaccination anti-rabique a pris toute son importance et a démarré un peu plus tôt que prévu.  Les chiens sont l’un des vecteurs les plus communs de cette maladie et ici, ils sont en contact permanent avec la vie sauvage et sont importants dans la conduite des troupeaux, l’une des seules sources de revenus de ces populations.
La campagne de vaccination se déroulera cet automne sur trois semaines et, en fonction des financements, sera reconduit l’année prochaine.  Pour ce programme, nous avons reçu l’appui des Directeurs Vétérinaires de Tétouan et Larache, les docteurs Rachid Belyasmine et El Aoini ben Aissa et nous pouvons compter sur l’aide bénévole d’une infirmière vétérinaire Sonia Moles Poveda de Barcelone.  Plus d’informations sur le programme suivront dans notre prochaine newsletter.

5. BMCRif à la conquête du Mont Toubkal

Soulayman El Harrad au sommet du Mont Durant cet été, Soulayman El Harrad, fils de Ahmed et âgé de 13 ans est devenu le plus jeune membre de l’Association royale marocaine d’alpinisme à avoir atteint le plus haut sommet du Nord de l’Afrique, le mont Toubkal qui culmine à 4165 m.  Souleyman est un fan de BMCRif et a porté au sommet les couleurs de l’association en portant le T-shirt de l’Association. Soulayman est aussi membre du groupe Facebook “Barbary Macaque Conservation in the Rif”.

6. BMCRif et Facebook

BMCRif dipsose de son groupe Facebook “Barbary Macaque Conservation in the Rif”. Nous sommes déjà plus de 450 membres et vous pouvez vous joindre à nous.  Et si c’est déjà fait, invitez alors vos amis à rejoindre le groupe afin de lui donner plus de visibilité et sensibiliser un maximum de personnes au problème du Macaque de Barbarie dont l’espèce est menacée.

Tamlin Watson a également créé une page dédiée à son programme Moroccan Dog Welfare Project.

Pour en savoir un peu plus sur les membres de l’équipe de BMCRif

Siân Waters de BMCRif Siân Waters est la directrice du projet.  Elle nous vient de South Wales (UK) et travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la vie sauvage se spécialisant dans la protection des primates et des carnivores.  Siân prépare également une thèse de doctorat à l’Université de Durham.



Ahmed El Harrad de BMCRif Ahmed El Harrad est le directeur technique du projet, il y travaille depuis 2004.  Grand amateur de randonnées et de sports de montagnes, il est le fondateur et président de l’association des Amis de la Montagne et des Activités Extérieures de Tétouan.  Sa femme Samira et ses enfants Kinza et Soulayman lui apportent leur soutien dans son travail.

SONY DSC Mohamed Karmoun habite le village de Lahcen.  Il explique notre projet aux habitants, organise des évènements et visite les écoles afin de sensibiliser la population aux menaces qui pèsent sur le macaque de Barbarie et son habitat.





Tamlin de BMCRif Tamlin Watson est la responsable du programme pour la santé des chiens.  Elle est une spécialiste du comportement animal.  Cette spécialité elle l’a travaillée au Royaume Uni au sein de divers programmes mais aussi en Egypte dans un programme dédié aux ânes et chevaux.





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