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Archive for the ‘Religions et Cultes’

Bruno mène l’enquête dans le cimetière juif et le mellah…

mai 18, 2011 By: Dar Rehla Category: Culture, Histoire, Religions et Cultes

Dimanche est arrivé à Dar Rehla, notre maison d’hôte, Bruno, un monsieur qui a découvert récemment qu’une partie de ses origines provenaient de Tétouan… L’histoire mérite d’être racontée car c’est une situation quelque peu exceptionnelle même si de nombreuses familles ont encore leurs petits ou gros secrets… Moi-même, j’ai eu récemment la surprise d’apprendre que j’avais des cousins et cousines, enfants d’un demi-frère « oublié » de mon papa défunt. Et c’est grâce à facebook que j’ai fait cette découverte suite à la démarche de l’une de ces cousines, Brigitte avec qui nous avons déjà eu l’occasion d’échanger par mail mais que j’espère avoir l’occasion de rencontrer un jour.
La découverte de Bruno, quant à elle, s’est faite, d’après les discussions que nous avons eues depuis son arrivée, suite au décès de sa maman et à la découverte d’un certain nombre de vieux documents qui l’ont poussé à mener une enquête et voyager dans le maghreb. Bruno savait depuis qu’il était plus jeune qu’il y avait dans ses origines une pièce nord-africaine, à savoir un grand-père né à Oran et d’origine juive, mais le sujet était tabou dans la famille et il s’en  était accommodait, sans plus.  Cet ancêtre ne le turlupinait pas plus que cela, mais la lecture des documents qu’il trouve chez sa maman va relancer son intérêt.  Dans un premier temps il va essayer de reconstituer le puzzle généalogique et rentrera en contact avec des membres de la famille plus éloignée. Parmi ces personnes une grand-tante qui a connu son arrière grand-père et qui va lui remettre d’autres documents qui lui permettront d’avancer et d’en savoir encore un peu plus.   Un premier voyage va ainsi l’emmener à Oran et il retrouvera l’immeuble dans lequel une branche de sa famille est passée. Il ira consulter les archives locales mais trouvera très peu d’informations dans les registres de l’état.  Il apprendra cependant que la famille n’a pas toujours habité à Oran mais qu’elle vient de Tétouan !  De fil en aiguille, il remonte l’histoire et découvre que c’est en 1862, que son trisaïeul quitte Tétouan pour l’Algérie et Oran.

A cette époque les juifs représentent une grosse communauté : on cite des chiffres de 10.000 âmes soit près du tiers d’une population tétouanaise estimée à 35.000 habitants ! D’autres chiffres sont plus faibles, on parle alors de 3.000 juifs… Quoiqu’il en soit cela représente quand même une  proportion non négligeable de la population totale.

Quant  à 1862, c’est une date clé pour Tétouan, elle correspond à la fin de la première occupation de la ville par les troupes espagnoles du Général Léopoldo ‘O’Donnel au terme de la campagne d’Afrique.  Le Sultan de l’époque veut récupérer sa ville et va négocier un traité dans lequel les conditions exigées par l’Espagne pour la restitution de Tétouan et le départ des troupes sont très dures.   L’indemnité de guerre exigée par l’Espagne est de 20 millions de duros, l’équivalent de deux années de revenus du Makzen de l’époque…  Ce traité imposera également l’agrandissement des présides de Ceuta et Melilla, la réinstallation de missionnaires et de consuls espagnols à Fès ainsi que l’engagement du maroc de signer un traité de commerce avec l’Espagne.

Pendant cette occupation espagnole, les juifs bénéficieront d’une situation plus favorables, les sortant même de leur statut de « Dhimmi ».   Alors, avec le départ des troupes espagnoles,  de nombreux juifs craignant d’être accusés de « collaboration » vont choisir l’exil…

L’Espagne, où l’Edit d’expulsion de l’Inquisition de 1492 reste toujours d’application, va refuser toutes les demandes. De nombreuses familles juives vont alors fuir la ville et se déplacer vers Tanger, Ceuta ou Oran mais aussi vers des destinations outre-atlantiques telles que que le Vénézuela, l’Argentine et ou le Brésil. Vers l’Algérie, l’émigration est favorisée par les Autorités françaises qui vont accorder aux juifs des papiers et la nationalité française. Judas fait ainsi partie du lot de ces futurs oranais et sur le bateau qui l’emmène, il fera la connaissance de sa future épouse Yaccout, elle-même originaire de Tétouan.

Bruno a quelques informations sur ces ancêtres : il sait déjà que Judas aura avec Yaccout 9 enfants qui viennent s’ajouter à 9 autres frères et soeurs qu’il a déjà eu avec une première épouse.  Sur ces enfants, par  contre aucun élément ne lui a été transmis.  Il connait par ailleurs le patronyme de cet ancêtre, que l’on retrouve assez communément, mais sous une orthographe quelque peu modifiée.  Au cours de notre visite on apprendra que les derniers représentants de ce patronyme sont actuellement installés en Espagne, du côté de Torremolinos.  Une prochaine destination de voyage pour Bruno, peut-être ?

En venant à Tétouan, Bruno ne fonde pas l’espoir de retrouver des traces particulières de ces ancêtres, mais il aspire à connaître le mellah, le quartier dans lequel ses ancêtres ont vécu.   Des informations, il aurait pu en trouver si la communauté juive de Tétouan avait été encore suffisamment importante que pour justifier la présence d’un ou plusieurs rabbins. Il aurait pu alors s’adresser à l’un d’eux, lesquels conservent les registres de naissance mais aussi de circoncision de la communauté.  Malheureusement, si 1862 fut une date qui induit une première émigration importante juive, les années 1960 constituèrent le départ de la quasi totalité de la population juive restante de Tétouan. Actuellement sont encore présentes 3 familles ne totalisant plus que 7 individus…
Les derniers rabbins et les fameux registres ont également quitté les lieux et sont retournés majoritairement en Israël.  Il faut savoir que dans la religion juive, selon la Halakha, c’est la mère qui transmet la « notion » de judaïsme  et contrairement à de nombreuses autres religions,  les juifs considérant qu’ils sont un peuple « élu », ils ne recherchent pas particulièrement à « recruter »… on naît juif et cela, de par sa mère.   L’importance des registres est donc primordiale pour tout candidat à l’émigration en Israël où tout dossier est longuement et minutieusement examiné par les autorités religieuses pour déterminer la judaicité du candidat.  C’est en quelque sorte le pendant des registres des Mormons que tout candidat à la généalogie sera amené un jour à consulter.

Bruno est déjà venu dans la région, c’était il y a dix ans mais à l’époque il ne savait point que Tétouan faisait partie de ses origines.  Cette nouvelle visite, il veut la faire sous un autre angle et la consacrer plus particulièrement à la judaicité de la ville que l’on peut appréhender à travers le mellah, la synagogue et le cimetière juif.   Il est clair que les influences juives se retrouvent certainement sous d’autres aspects et en ce sens font partie même du patrimoine immatériel de Tétouan, reconnu ou pas.  Je ne suis pas un spécialiste de la question,  mais depuis la reconstruction de Tétouan vers 1492, mais déjà auparavant quand ils étaient en Andalousie,  musulmans et juifs ont vécu côte-à-côte et ont traversé des épreuves communes qui ont nécessairement laissé des traces…  La coexistence  des populations juives et musulmanes étaient d’ailleurs telles que dans les premiers temps il n’y avait pas à proprement parler de « mellah » : ce n’est qu’en 1808, sous le règne de Moulay Slimane et par sa volonté de construire la Grande Mosquée, que les juifs sont déplacés dans le nouveau mellah.  Certains écrits laissent supposer que ce nouveau mellah dont l’urbanisme a été confié à un architecte portugais aurait également été construit pour assurer la protection des juifs : le mellah ne possédait ainsi qu’une seule porte d’accès qui était constamment gardée comme on peut encore même le voir sur cette photo…
L'entrée du mellah de Tétouan

Cet aspect de Tétouan mérite bien que j’y consacre un peu de mon temps et j’avoue que l’occasion est trop belle… Comme il n’y a pas d’autres hôtes à la maison, je propose donc à Bruno de l’accompagner et de lui faire profiter en contre-partie de ma connaissance de la ville et de certaines connections que je possède auprès d’amis tétouanais qui pourraient lui être utiles dans sa quête.

Quand on quitte la maison, il est encore tôt et je n’ai pas encore reçu de réponse d’un ami proche de la communauté juive que j’ai contacté et qui devrait nous mettre en contact avec Elias Benchimol l’un des derniers membres de la communauté tétouanaise qui s’occupe des visites de la synagogue.  On va donc démarrer notre visite par les hauteurs de la médina de Tétouan, et suivre en partie le circuit que j’avais déjà décrit dans cet article : dans les hauteurs de la médina, un circuit négligé.  J’espère avoir des nouvelles en cours de route.

Une fois arrivés à hauteur de l’ancienne caserne des Regulares dont l’accès est normalement interdit, nous avons été invités par un groupe d’enfants à visiter les lieux… On, enfin moi, je ne me suis pas fait prier car depuis notre arrivée à Tétouan, cet espace m’intrigue et je souhaite le visiter.  Les bâtiments ont des aspects architecturaux intéressants et certains détails méritent d’être fixés : je n’ai pas été déçu mais cette visite fera l’objet d’un autre article…

Le temps était bruineux et la visibilité mauvaise.  On n’a donc pas pu profiter du panorama que l’on peut apprécier par temps dégagé et ensoleillé.
On ne s’est pas attardé non plus car l’étape suivante est le cimetière juif.  On va donc redescendre via les escaliers récemment aménagés et dont des ouvriers terminent les murets de sécurité.  Des nouvelles plantations ont déjà été réalisées dans la partie haute et la zone devient charmante. C’est vraiment un endroit à visiter si vous passez par Tétouan.

En bas de l’escalier et en face se trouve le portail du cimetière juif.
La porte du cimetière juif (04/2010)
Nous poussons la grille et le franchissons : normalement, les lieux sont surveillés par un gardien que nous verrons plus tard quand nous quitterons les lieux.  Je m’étais déjà rendu dans le cimetière car j’avais lu que certaines des pierres tombales que l’on y trouve sont très particulières, portant des signes dont l’origine est encore controversée. A l’époque, par déduction sur les formes et l’état des pierres j’en avais déduit que les plus anciennes se trouvent dans les hauteurs du cimetière qui est très étendu.  Mais là-haut, bon nombre de pierres ont pratiquement disparu sous la végétation. Alors, même si les tombes des ancêtres de Bruno sont fort probablement sur ces hauteurs, nous allons commencer par les tombes plus récentes sur lesquelles les inscriptions et parfois des dates sont encore visibles.  Mais pas évident, car les inscriptions sont souvent écrites en hébreu et les dates ne correspondent pas à notre calendrier… Heureusement Bruno a appris à déchiffrer l’hébreu et sur certaines tombes les dates sont gravées selon les deux calendriers : le grégorien que l’on connait tous et le juif sur lequel vous pouvez trouver plus d’explications ici.  D’après ce que j’ai pu lire, les conversions ne sont pas aisées car plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte dans le calcul …  Quoiqu’il en soit toutes les pierres que nous regardons sont récentes et il y a peu de chances de trouver le patronyme de Judas que nous recherchons, tant elles sont nombreuses. Néanmoins Bruno va trouver sur certaines tombes le patronyme d’origine de Yaccout, l’épouse de Judas.

Lors de ma première visite au cimetière juif, je m’étais principalement concentré vers les hauteurs à la recherche des pierres plus anciennes et des inscriptions originales et étranges dont parlent certains guides.  En fait ces pierres ont été transférées, je le pense,  au niveau du musée d’archéologie et sont disposées désormais dans sa cour.  Cependant bon nombre de pierres tombales présentes dans le cimetière sont encore assez exceptionnelles de par leur état de conservation et présentent aussi des formes anthropomorphiques particulières.  Il y a certainement une symbolique et des explications relatives aux dessins qui y sont présents.  En cherchant d’ailleurs sur le web, j’ai trouvé trace de deux études abordant le sujet.  J’espère avoir l’occasion de me les procurer afin d’éclairer ma lanterne. En attendant d’en savoir plus, je vous laisse apprécier quelques unes de ces sépultures.

Parmi ces sépultures se trouvent celle du rabbin Ishak Bengualid, un saint homme auquel on attribue un certain nombre de « miracles » : sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage pour de nombreux juifs originaires de Tétouan.  Récemment, les 11, 12 et 13 mars 2011, a d’ailleurs eu lieu à Tétouan une grande fête, une « hilloula » en son honneur.  Y étaient présents des juifs venus de tout le monde.

On trouve aussi sur le net quelques photos prises dans le cimetière juif de Tétouan.  A l’époque, le pourtour des tombes était régulièrement chaulé.
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Maintenant, cette tradition a disparu et le cimetière est entretenu par son gardien qui y travaille depuis plus de cinquante ans.  Son salaire est assuré par la communauté juive de Casablanca,  sans laquelle le cimetière serait probablement complètement dégradé car de nos jours, rares sont les visiteurs qui y viennent encore pour l’entretenir.

Après le cimetière, nous nous sommes rendus dans le mellah et rapidement nous nous sommes trouvés face à la porte de la synagogue Bengualid, la seule qui existe toujours et qui a été rénovée récemment (2005) grâce à l’intervention et aux fonds de la Junta d’Andalucia sous la présidence de Manuel Chavez.  La porte est fermée mais une bande de jeunes nous demande si nous souhaitons la visiter.  On acquiesce et ils nous emmènent vers une boutique où l’on nous donnera le numéro de téléphone de Elias.  Pas de réponse à notre appel mais les jeunes nous proposent alors de les suivre jusqu’au domicile d’Elias qui se situe maintenant dans l’Ensanche.  Jusqu’à peu, Elias et ses parents vivaient encore dans le mellah mais des problèmes de santé du papa puis de la maman ont contraint la famille à quitter la médina et occuper un appartement dans la nouvelle ville.  Nous attendrons quelque temps avant que Elias nous rejoigne.  Nous lui expliquons la raison de notre visite et Elias nous invite à retourner à la synagogue.  Normalement Elias est présent le matin dans le mellah où régulièrement des touristes d’origine juive le sollicitent pour une visite des lieux dont la réputation a dépassé largement les limites du pays et du continent.  Pour l’anecdote Tétouan a été longtemps appelée la « Petite Jérusalem » et démontre ainsi l’importance de la ville aux yeux de la communauté juive.

La visite des lieux est franchement émouvante : comme tous les lieux où se déploie la spiritualité, la synagogue dégage un charme fort. Pénétrer dans une synagogue constitue pour moi une première et suscite beaucoup d’interrogations sur le culte. J’ai donc posé à Elias de nombreuses questions sur le sujet mais aussi sur la communauté. Je ne les retranscrirai pas ici : ce serait trop long et nécessite un autre article.  Et puis, il faut quand même bien que je garde certaines informations pour moi afin de vous donner envie de séjourner à Dar Rehla plutôt que dans un des autres établissements de Tétouan…non ?
D’autant que des questions, j’en ai encore bien d’autres à poser à Elias et j’espère en avoir l’occasion assez rapidement.  En attendant, j’ai fait l »acquisition d’un ouvrage intéressant  ’La communidad judia de Tetuan – 1881-1940′ une étude de Ana Maria Lopez Alvarez basée sur le registre des circoncisions du rabin Yishaq Bar Vid Haserfaty.  De ce que j’ai déjà pu en lire, l’ouvrage s’annonce  plein d’informations intéressantes et fait état d’une bibliographie qui pourra encore occuper pas mal de mes loisirs futurs…

En ce qui vous concerne et en attendant les prochains articles consacrés au sujet, profitez toujours de la visite en photos…

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Un jour de la « Semana Santa » à Ceuta

avril 23, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Religions et Cultes

Mercredi passé, profitant de l’absence de clients à Dar Rehla, notre maison d’hôtes à Tétouan, nous avons décidé de nous rendre à Ceuta, à peine distante de 40 kilomètres afin d’y assister à une des processions qui y ont lieu au cours de cette semaine particulière qu’est la « Semana Santa ». Cette semaine qui représente la fin du carême est célébrée un peu partout par les chrétiens mais en Andalousie et à Séville particulièrement, cette fête religieuse constitue l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. Ceuta n’est pas en reste et les activités prévues sont également nombreuses.
Affiche des activités de la Semana Santa 2011
La semaine sainte commence ainsi par le dimanche des Rameaux, célébrant l’entrée du Christ à Jérusalem, mais qui marque aussi le début de sa passion, laquelle constitue le fil conducteur des cérémonies qui s’achèveront par le dimanche de Pâques célébrant sa résurrection.

Tout au long de cette semaine, diverses « cofradrias et hermandades » effectueront des processions de pénitence entre leur quartier et siège et la cathédrale de Ceuta
La cathédrale de Ceuta
Chacune de ses confréries dont les pénitents ou « nazarenos » portent des tenues et une coiffe « capirote » caractéristiques sont identifiables à leurs couleurs.
Statue représentant un nazareno portant son capirote
Lors de la procession, elles sont souvent accompagnées par des fanfares dans leur cheminement.
Fanfares
L’attrait de ces processions reste cependant constitué par les « pasos », ces autels richement décorés, portés à dos d’homme et sur lesquels sont représentés des scènes de la passion.

Paso dsc_4563
Chaque confrérie possède de un à trois « pasos » mais plus souvent deux : le premier ou « misterio » est celui où figure le Christ et le second ou « palio », celui de la Vierge. Pour déplacer ces lourds « pasos », les confréries font appel aux « costaleros » : chaque « paso » nécessite 30 porteurs minimum, mais le nombre total requis est plus important car ils vont se relayer tout au long du cortège. Celui-ci va en effet durer plus de quatre heures et on estime de quarante à cinquante kilos le poids supportés par les épaules.

Comme les « costaleros » n’ont aucune visibilité sur le trajet, toutes les manoeuvres sont dirigées par les voix du « capataz » et de ses assistants les « contraguias » . Les ordres d’arrêt ou de levée (impressionnante) sont transmis, eux, au moyen d’un heurtoir communément appelé le « llamador » ou « martillo » et situé à l’avant du paso.
Fronton d'un paso
A Ceuta, lors de la semaine sainte, les rues qu’empruntera le cortège sont dégagées dès l’après-midi et régulièrement nettoyées : il faut préciser que certains pénitents parcourront le trajet à pied nus…
Les pieds des costaleros
Au siège des confréries réparties dans les différents quartiers, les rassemblements se font déjà tôt dans l’après-midi.
Musique dans les rues de Ceuta Rassemblement en vue de la procession
Ils rejoindront la cathédrale en passant pas les ruelles de la ville pour y arriver vers 20h30, heure à laquelle débute la procession « officielle ».  Celle-ci emprunte alors la calle de Alcade Antonio L. Sanches Prado où sont installés les tribunes des officiels.  Tout le long du trajet, vous pourrez alors acheter auprès de vendeurs ambulants les « pirulines » en forme de « capirote ».
Vendeur de pirulines dsc_4400
Cette année, la pluie n’a malheureusement pas permis le déroulement normal de la procession et nous n’avons eu droit qu’au passage de deux pasos devant nous. La foule s’est alors rapidement dispersée et il nous faudra donc attendre l’année prochaine pour nous rendre compte de la liesse qui accompagne généralement cette fête.  J’ai quand même pu prendre quelques photos de la procession que je partage avec vous ci-dessous.


Et au fait, j’espère que ce genre de situation n’est pas de mauvaise augure comme l’est en Belgique, l’impossibilité du « car d’or » de notre célèbre Doudou à gravir la pente de la rampe Sainte Waudru !

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En route vers Moulay Abdelslam et son moussem

août 01, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Art et artisanat, Environnement, Religions et Cultes

Dernièrement Abdelatif, une connaissance travaillant à l’Institut français de Tétouan, est passé par la maison. Ce monsieur, randonneur confirmé avait fait la semaine précédente une sortie dans la région de Moulay Abdelslam en compagnie de quelques uns de ses collègues de l’Institut mais aussi de Mohamed, un de ses amis d’enfance originaire de l’endroit qui les a hébergés pour l’occasion.
Lors de ce séjour, Abdelatif a eu l’occasion de parler de notre maison « Dar Rehla » et Mohamed qui de son côté veut développer une activité de tourisme rural dans cette zone a manifesté son souhait de faire ma connaissance.  Comme vous aurez pu le constater, faire connaître Tétouan et sa région font partie de mes préoccupations quotidiennes et l’objet de ce blog : l’occasion était donc trop belle de découvrir cette région montagneuse toute proche et pourtant encore fort méconnue, hors des sentiers battus…  Qui plus est j’avais entendu parler de l’endroit car il s’y déroule en juillet un « moussem » et on est donc dans la période.  Un moussem est un fête annuelle régionale en l’honneur d’un saint et ici en l’occurrence c’est celui de Moulay Abdelslam Ibn Mchich considéré le père de la chadilya une des branches du soufisme. Assassiné en 1228, son mausolée se situe au somment du Djebel Alam (1362m) et l’endroit est devenu un lieu de pèlerinage où viennent se concentrer de nombreuses tribus de la région. Il semblerait que deux dates soient l’occasion de festivités : le 1er juillet et une autre date, variable, fonction des mois lunaires. A fur et à mesure des années ces dates se rapprochent et, cette année, la deuxième date se situe le 28 juillet. Ce sera cette date que nous choisirons pour notre visite.

Le village de Moulay Abdelslam se situe dans les montagnes entre Tétouan, Chechaouen et Larache, ses habitants sont les Chorfas des Beni Arous, descendants du prophète Mahomet par sa fille Fatima. Pour accéder au village qui se situe en haut du Djebel Alam il existe plusieurs routes selon la ville d’où l’on part. En partant de Tétouan, on emprunte la route vers Chefchaouen, on dépasse Zinat et on bifurque à droite pour emprunter une petite route dont les premiers kilomètres sont fort dégradés. Prochainement quand le barrage de Martil sera terminé et mis sous eau, cette route n’existera plus. Ici, la bifurcation n’est pas indiquée et il faut connaître.
A partir de là on s’engage sur une route sinueuse qui traverse des paysages parsemés de champs et de quelques récentes plantations d’oliviers.
La route vers Moulay Abdeslam Paysage du rif
On y pratique aussi l’élevage : bovins, ovins et caprins.
Bovins en pâture Ovins en quête de pâturage

La prudence s’impose sur ce type de route étroite, peu balisée et dont les bas-côtés portent bien leur nom… Certains jours et en particulier le mardi, le trafic peut être important sur ce premier tronçon car il existe un souk dans un village un peu plus haut.

Les constructions sont rares mais d’une architecture typique : murs traditionnels en pisé et toitures « modernes » en tôle qui prennent des nuances très variées en fonction de leur état d’oxydation.
Habitat traditionnel Habitat rifain
Au départ, ces toits étaient en chaume et constituaient une « sur-toiture » délimitant un espace de type grenier où l’on entreposait des denrées. Le plafond des maisons est normalement composé de cannes de roseau, de feuilles de fougères que l’on trouve en abondance dans les massifs forestiers tout proches et d’un mortier, le tout constituant un isolant efficace.
Plafond d'une habitation rifaine
Plus haut le paysage change et la forêt prend progressivement le dessus.
Le paysage change progressivement La chêneraie sur la route de Moulay Abdelslam
Ce sont principalement des chênes-liège dont l’écorce est utilisée à la fabrication de divers objets d’usage courant tels que tables et tabourets et à certains endroits sur la route,  des enfants vous les proposeront.

Sur le chemin, il se pourrait également que vous rencontriez un ou deux « cantonniers »  mais ne vous laissez pas prendre au piège de leur sollicitation et ne leur donner pas une pièce. Ils n’entretiennent nullement la route. Ils sont au même endroit depuis longtemps et se contentent de jeter quelques pelletés de terre dès qu’ils entendent le bruit d’un moteur…Enfin libre à vous.

La région est riche en eau et lors de votre ascension vous pourrez voir de nombreuses sources reconnaissables aux constructions qui les protègent.  L’eau y est d’une fraicheur et encore de qualité car il n’est fait ici aucun usage de pesticides.
Une source

Plus haut sur la route mais en contrebas de Moulay Abdelslam, à quelques centaines de mètres se trouve une autre source autour de laquelle divers établissements et constructions se sont installés.  C’est à mon sens une halte indispensable !
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L’endroit dispose également d’une aire de prière très sobre, propre au recueillement .
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A proximité, vous ne pourrez manquer quelques constructions modernes en pierre dont l’architecture tranche avec les maisons traditionnelles que vous aurez vues sur le chemin.  Toutefois,  je les trouve réussies, s’intégrant bien au paysage.
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Mais, d’après mes informations, ces constructions sont l’objet d’un litige car construites « irrégulièrement » sur un terrain appartenant aux Chorfas, les habitants du lieu… Il faut espérer que ce litige trouve rapidement une solution et que ces constructions puissent trouver une utilisation au profit des membres de la communauté locale dont les ressources sont maigres.

Nous y avons laissé la voiture et en avons profité pour déjeuner dans un des établissements du lieu.  Reconnaissable à sa décoration, l’endroit est coloré, plein de détails qui méritent de s’y attarder.  De plus tout y est impeccable : thé, tagines, grillade, musique, accueil, propreté, authenticité

A lui seul cet établissement mérite déjà le déplacement ! En attendant d’y aller, profitez des photos !

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Le cimetière chrétien de Tétouan.

décembre 14, 2009 By: Dar Rehla Category: Histoire, Religions et Cultes

Lors d’un précédent séjour, nous avions visité le cimetière juif de Tétouan dont l’origine est contemporaine à l »édification de la ville et caractérisé par des pierres tombales très anciennes, certaines portant des inscriptions inhabituelles rappelant des caractères aztèques précolombiens et se trouvant maintenant dans l’enceinte du musée archéologique de Tétouan. Je pensais avoir rédigé un article sur le cimetière juif, lieu historique mais en recherchant parmi mes publications je constate qu’il n’en est rien et qu’il me faudra remédier à cette lacune…

Quoiqu’il en soit, parmi les traces laissées par l’occupation espagnole, se compte un cimetière chrétien duquel nous nous sommes mis à la recherche.  Par rapport à la vieille médina, il se situe à l’extrême opposé des deux autres cimetières, à savoir à l’Ouest de la ville du côté de Bab Nouader, sur les contre-forts du Djebel Dersa, légèrement en contre-bas des anciennes casernes des « regulares » qui dominent la ville. Compte tenu de la proximité du quartier de l’Ensanche, de l’église catholique et des anciens cantonnements espagnols, cette implantation est justifiée.
La carte ci-dessous reprend la position des différents cimetières de Tétouan par rapport à la situation de notre maison « Dar Rehla ».

Afficher Les cimetières de Tétouan sur une carte plus grande

Peu d’indications pour y accéder ; l’ancienne entrée est dorénavant fermée et condamnée.   L'ancienne porte du cimetière de Tétouan L’accès se fait au Nord de l’enceinte qui entoure le cimetière (gardé la nuit par un chien en liberté… ) par une cour où sont installés quelques artisans et au fond de laquelle une porte en fer forgé s’ouvre sur une grande allée bétonnée que l’on doit emprunter avant d’accéder aux cimetières proprement dits.   dsc_7738_0 Cimetières au pluriel car à gauche s’ouvre le cimetière « civil » chrétien et sur la droite l’espace est réservé aux militaires espagnols et à leur famille.

C’est en compagnie du gardien des lieux que nous ferons notre visite.  Contrairement au cimetière juif, ce cimetière est mieux entretenu ; les allées mieux délimitées et les tombes mieux conservées.   dsc_7757_0 Maintenant il faut savoir que ce cimetière est plus récent : 1860 environ et a fait déjà l’objet d’aménagements et remaniements confirmés par l’existence de plusieurs murs constitués de niches mortuaires, regroupées parfois en ilots et où ne peuvent être conservés, vu leurs dimensions réduites que les restes d’ossements. Ilot de niches

Le gardien ne peut me dire où se trouve la plus ancienne tombe du cimetière mais m’indique les plus récentes qui remontent à août 2008.

Contrairement à celles des cimetières européens, les tombes sont ici assez uniformes. Peu de signes ostentatoires de richesse… a moins que ce ne soient les céramiques qui ne fassent la différence ?
Tombe Tombe   Tombe

Seule exception, et encore très sobre, le monument de la famille Carrion. Probablement celle à qui l’on doit les célèbres et meilleurs cafés de Tétouan. Le monument funéraire Carrion

Comme on peut s’y attendre le cimetière est essentiellement occupé par des tombes d’espagnols mais d’autres nationalités y sont également présentes, mais en nombre plus restreint.  En atteste cette tombe d’une française décédée en 1960 à lâge de 32 ans.   Tombe d'une ressortissante française Ici l’âge du décès est souvent mentionné sur les stèles et est souvent relativement jeune mais des cas de longévité importante existent aussi ; on peut aussi mourir vieux à Tétouan : 93 ans ! 97 ans !

Dans la partie militaire qui bénéficie de fonds espagnols pour son entretien, il peut exister de grandes différences entre les tombes…

Celle d’un général. Tombe d'un général espagnol

Et celles de simples soldats. Tombes militaires

Le gardien nous donne également quelques explications sur certaines sépultures.  Ici ce sont les corps de deux aviateurs décédés dans un accident qui sont enterrés. Tombe de deux aviateurs espagnols

Ici c’est la tombe d’un enfant de la famille royale espagnole mort à l’âge de 6 ans. Tombe d'un membre de la famille royale espagnole

Dans une autre partie du cimetière, la plus ancienne, l’espace a été réaménagé et les restes des cimetières chrétiens des villes proches ont été ramenés ici. Plaque commémorative Comme en témoigne cette plaque, les restes et ossements des vieilles tombes de Tétouan ont été déplacés ici en 1998 et replacés soit dans des niches pour les tombes clairement identifiées soit dans des fosses communes, civils et militaires confondus. Stèle de la fosse de Tétouan

En août 1998, ce sont les ossements du cimetière de Fnideq qui ont été transférés. Stèle de la fosse de Fnideq

En mars 1999 ceux du cimetière de Chaouen. Monument de la fosse de Chaouen

Par-ci par-là, quelques tombes sont encore fleuries.   Une tombe fleurie Il semblerait que chaque année, au 1er novembre comme il se doit, nombreuses sont encore les familles qui font le déplacement pour fleurir les tombes de leur famille.

Peut-être qu’un jour ce sera sur la mienne que l’on viendra déposer un bouquet…

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Les mosquées de Tétouan : la mosquée Hassan II

décembre 06, 2009 By: Dar Rehla Category: A voir, Religions et Cultes

Inaugurée en 1973, la mosquée Hassan II de Tétouan est désormais la mosquée au plus haut minaret de la ville et devance dorénavant celui de la Grande Mosquée « Jamaa El Kebir ».

La mosquée Hassan II de Tétouan

C’est au sein de cette mosquée que régulièrement le Roi Mohammed VI qui porte également le titre de « commandeur des croyants » officie quand il est présent à Tétouan.

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L’Aïd, la fête du mouton se prépare.

novembre 26, 2009 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Religions et Cultes

La fête de l’Aïd se prépare depuis quelques semaines et verra son aboutissement ce samedi avec le sacrifice des moutons qui perpétue le lointain sacrifice d’Abraham.  Chaque famille se doit pour l’occasion de sacrifier un ovidé ou éventuellement un capridé, mâle naturellement.

Cela fait maintenant un mois environ que les rues de la médina ont vu leurs étalages évoluer et de nouveaux faire même leur apparition.

On a ainsi vu progressivement apparaître :

les marchands de moutons et chèvres dsc_6831 même si l’essentiel des transactions se fait à l’extérieur de Tétouan sur la route qui mène à Chefchaouen car les prix y sont plus intéressants ;

suivis de près par les marchands de fourrages, paille, et herbe…  et de grains,
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éléments indispensables au maintien des moutons en bonne santé jusqu’à la date fatidique… et dire que c’est leur fête ! Lol

Un peu plus tard arrivèrent sur les étals les barbecues, pics à brochettes, allume-feus et le charbon de bois
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De quoi faire cuire les brochettes et merguez qui seront préparées à cette occasion !

Plus récemment c’étaient les vendeurs de l’attirail du parfait boucher-dépeceur, accompagnés des aiguiseurs-rémouleurs qui firent leur apparitions avec un assortiment impressionnant de haches, coutelas, couteaux, esses,… dsc_6899

Pour terminer comme il se doit par les articles nécessaires à la cuisine avec les épices, fruits secs, le sel, etc, etc dsc_7109

mais aussi avec tout ce qu’il faut pour le dressage des tables ! dsc_7217 et pour accompagner la fête dsc_7108

Tout pour passer un bon Aïd ! ce que je souhaite à tous mes amis musulmans ! Aïd Moubarak !

En ce qui nous concerne, nous avons fait quelques réserves pour passer sans problèmes les quelques jours qui suivront l’Aïd et pendant lesquels les activités commerciales seront fort ralenties voire inexistantes, semblerait-il… On verra.

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