Ce vendredi 24 décembre, en fin de journée, nous avons eu la visite de Rachid accompagné de sa future épouse, de ses enfants et de deux amis belges dont il m’avait déjà parlé précédemment et qui souhaitent faire l’acquisition d’une maison dans la région dont ils sont tombés amoureux, attirés par sa nature contrastée et encore sauvage. Originaires de la région de Tournai, ils souhaitent trouver une maison pour leurs vacances et c’est du côté de la côte qu’ils ont porté leur attention. Non pas la zone « touristique » très urbanisée située entre M’Diq et Fnideq et où les prix sont souvent excessifs mais une zone encore peu développée touristiquement, à la sortie de Tétouan sur la route de Oued Laou. C’est Rachid qui s’est chargé de la recherche du bien et leur projet est en voie de finalisation. Disposant de quelque temps libre dans l’attente de la négociation finale, qui se fera en Belgique car le propriétaire habite Bruxelles, ils souhaitaient nous rencontrer pour discuter de choses et d’autres et voir notre maison d’hôtes, petit riad de la médina dont Rachid leur a vanté la rénovation. Nous avons ainsi passé une soirée de réveillon imprévue mais très agréable.
Le lendemain, Marianne et Philippe ont prévu d’aller à Zarka où ils se sont déjà rendus lors de leur précédent séjour. Sensibilisés par Rachid au problème de la pauvreté de la population, ils ont apportés avec eux deux valises de vêtements qu’ils souhaitent distribuer aux plus démunis de la commune. Cette action s’inscrit dans la continuité de celles réalisées précédemment par notre groupe PROTESA et des projets que nous prévoyons de mener prochainement là-bas.
Comme cela fait un certain temps que je ne suis pas rendu à Zarka – la dernière fois, c’était en été, en compagnie de mon fils Robby, au terme d’une longue promenade par la route de l’eau – je leur ai donc demandé si l’on pouvait les accompagner et ils ont fort aimablement accepté.
Philippe, Marianne et Alex leur fils viendront nous chercher le lendemain vers 11h00, avant de retrouver Rachid, sa future et ses deux enfants. On emprunte alors la route de Oued Laou jusqu’au pont au-dessus de l’oued Martil et une fois passé le pont, on bifurque à droite et on longe l’oued sur quelques centaines de mètres avant d’emprunter une route sur la gauche.
On peut constater que de nombreuses plantations de roseaux situées en bordure ont été rasées et le paysage s’en trouve tout changé. Seraient-ce les premiers signes des travaux d’aménagement de la route vers Zarka ? En effet, parallèlement aux travaux de réfection de la piscine, est prévue une enveloppe budgétaire pour la construction d’une nouvelle route vers celle-ci. Il faut rappeler que dès le printemps et que les beaux jours reviennent, Zarka devient un lieu privilégié de détente pour de nombreux tétouanais : cette nouvelle route ne peut être que bénéfique pour la localité et son essor.
A cette période de l’année et suite aux nombreuses pluies qui se sont déjà abattues, le paysage prend une dominante verte et la rivière au bas est déjà bien vive.
Plus haut dans la montagne, on note même la présence d’une cascade inexistante en d’autres saisons.
Arrivés à Zarka, on constate que les travaux de la piscine ont bien été réalisés, mais au centre de la piscine on peut déjà constater un tas de pierres de plus ou moins gros calibres qui ont été amenées de l’amont par les eaux abondantes.
La force de la cascade est bien perceptible et on peut s’imaginer que lors des orages impétueux que l’on peut avoir dans la région, le débit et la puissance doivent être très importants.
C’est d’ailleurs suite à de telles pluies qu’en 2008, la piscine avait été emportée…
Nous espérions profiter de la visite pour prendre un thé à la terrasse de l’un des établissements qui se trouvent à Zarka mais ce sera pour une prochaine fois car ils sont fermés. Pas grand monde, si ce ne sont quelques femmes qui lavent leur linge au bord de l’eau.
Avant d’appeler les responsables de l’Association Amal Yarghit auxquels nous confierons les valises pour la distribution des vêtements, nous décidons d’aller nous promener du côté de la mosquée et le long des champs situés en contrebas du village.
Sur le chemin, nous croisons quelques femmes djiblia chargées d’herbes ou de bois. Dans la région, ces femmes sont appelées « femmes-mulets » et on peut comprendre pourquoi…
Un peu plus loin, nous trouvons quelques enfants jouant au foot sur un terrain de fortune que rejoindront Philippe et les enfants pour quelques échanges et dribbles.
Sur le côté passe un autre cours d’eau venant de la montagne. C’est de la source de ce cours d’eau que provient une partie de l’eau qui alimente Tétouan.
En revenant vers la piscine, Rachid appellera Aziz le responsable de l’association Amal Yarghit que nous retrouvons peu après.
Il est très heureux de nous retrouver et décide de faire immédiatement profiter de la générosité de Philippe et Marianne, une famille toute proche.
Il aimerait nous amener dans les différentes familles qu’il sait être dans le besoin et auxquelles il destine les colis mais cela risque de prendre du temps et nous souhaiterions nous rendre dans les bâtiments de l’école afin d’en évaluer leur état : en effet, une des prochaines actions de PROTESA est la réfection de l’école et sa dotation en matériel.
Il y a des choses à faire : la toiture est défectueuse et laisse passer la pluie, quelques vitrages sont à remplacer et les murs apprécieraient un bon coup de peinture, quoique les fresques réalisées sur les murs sont assez sympathiques et la créativité artistique doit être encouragée.
Dans la cour quelques plantations et placer une poubelle afin de conscientiser les enfants aux problèmes de l’environnement ne feraient pas non plus de mal.
Dans un coin de la cour, traînent quelques carcasses de bancs que l’on pourrait peut-être réparer.
A notre grande surprise, notre visite coïncide avec un cours d’alphabétisation destiné aux femmes de la commune.
L’initiative vient de l’association qui ne bénéficie d’aucune aide financière ni matérielle pour ce faire. Les cours sont dispensés par une étudiante bénévole à raison de 8 heures par semaine à quelques 50 femmes dont l’âge varie de 25 à 45 ans. Chapeau Mesdames !
Il existe également une demande de la part de la gente masculine mais à ce jour, l’association n’a pas pu trouver de bénévole pour assurer l’enseignement.
En redescendant sur Tétouan, nous sommes invités par Aziz à visiter les locaux de l’association Amal Yarghit et à y prendre le thé.
Sur les murs sont affichés quelques photos des réalisations de l’Association telles que la réfection d’un canal d’irrigation permettant d’alimenter de parcelles situées plus bas dans la vallée.
J’en profite pour demander quelques explications sur les cultures et élevages réalisés dans le périmètre. Les réponses me confortent dans un projet de développement intégré auquel je pense depuis quelque temps et dont je voudrais faire bénéficier cette vallée dans laquelle on trouve un réel désir de changement au sein de la population. Je suis certain que les ressources de la zone restent encore sous-exploitées et qu’il existe un réel potentiel pour élever le niveau de vie de ces populations par l’introduction de nouvelles cultures, leur diversification, des techniques culturales plus adaptées et voire même des petites unités de transformation de produits. Je me mets à rêver à une petite parcelle d’essai au sein de cette vallée.
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