Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

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Archive for the ‘Histoire’

Tamouda, le site archéologique est ouvert au public

octobre 14, 2011 By: Dar Rehla Category: Histoire

A proximité de Tétouan, sur la route qui mène à Chefchaouen se situe un site archéologique, Tamuda, sur lequel se trouvent les vestiges d’une ville romaine.  Depuis ce 10 octobre 2011, le site qui a fait l’objet de travaux d’aménagement est officiellement ouvert et accessible au public comme le signale la MAP, Agence Marocaine de Presse.

 Le ministre de la Culture, M. Bensalem Himmich , accompagné notamment du wali de la région Tanger-Tétouan, Mohamed Yacoubi, et d’autres personnalités civiles et militaires, préside la cérémonie d’ouverture du site archéologique « Tamuda » au public, Lundi 10 Octobre 2011 près de Tétouan. Le site Tamuda, dont le nom berbère « Tamda » signifie « Marais », est situé sur la rive droite de l’Oued Martil à 4 Kilomètres du sud-ouest de la ville de Tétouan. Les fouilles anciennes et récentes entreprises sur le site de Tamuda ont apporté des données archéologiques importantes sur cette ville. La présence, parmi le matériel provenant des fouilles du site, de deux vases de tradition phénico-punique datant de la fin du VIIème ou début du VIème siècle avant J-C pose la question de l’origine de l’occupation préromaine du site (…) Vers la fin du 1er siècle avant J-C, la ville de Tamuda subit une destruction liée à un incendie. Cette destruction attestée sur plusieurs sites du nord du Maroc, est liée, « certainement », aux faits historiques qui ont marqué la Maurétanie à cette époque, à savoir les luttes contre le roi Bogud, allié d’Antoine, et le roi Bocchus allié d’Octave lors de la révolte des habitants de Tanger en 38 avant J-C. Tamuda fut détruite définitivement vers 40 après J-C, lors de l’intervention des troupes romaines en Maurétanie et la révolte d’Aedemon.

Dans la région tingitane, les vestiges de l’occupation romaine restent encore relativement peu étudiés et n’ont pas transmis toute leur histoire.  Les études et fouilles les plus significatives sont certainement celles qui ont porté sur le site de Lixus, près de Larache duquel ont été extraites les quelques superbes mosaïques exposées au musée archéologique de Tétouan parmi d’autres vestiges.
Mosaïque romaine de Lixus

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Le Moussem de Moulay Abdelslam reporté

juin 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Histoire

Se tenant traditionnellement le 1er juillet, le moussem de Moulay Abdelslam sera reporté cette année au 9 juillet en raison du référendum sur la nouvelle constitution qui se déroulera le 1er.

L’année passée, je m’étais rendu à Moulay Abdelsam en compagnie de Mohamed qui y possède une charmante maison et j’avais relaté cette expérience dans cet article.  Malheureusement, nous étions arrivés trop tard et les festivités étaient terminées, à ma grande déception.

Cette année, je m’y rendrai à nouveau mais à la bonne date… Enfin je l’espère, car comme toujours les informations restent difficilement vérifiables (cherchez vous-même)… Ce sera en compagnie de Manolo, un ami photographe qui souhaite également y aller et en rapporter quelques clichés pleins d’authenticité.  Voilà plusieurs années qu’il attend cette opportunité et à chaque fois, son emploi du temps ne cadrait pas.

Manolo est un passionné du Maroc et de randonnées : il tient d’ailleurs également un blog intitulé « Randonnées dans le Rif » dans lequel il a  fait un article sur Moulay Abdelslam qu’il m’a autorisé d’utiliser.  J’en ai tiré l’essentiel de cet article mais y ai apporté d’autres informations complémentaires.

Après publication de l’article, Manolo m’a informé que le blog auquel je faisais référence ne lui appartenait pas…  Cette information m’a ensuite été confirmée par les propriétaires du blog qui m’ont envoyé un petit message afin de préciser les choses.  Voilà qui est fait.

J’en profite pour donner le lien du site que tient toutefois Manolo : il s’agit d’un site de photographie dont il est également passionné et probablement plus que de randonnées, d’ailleurs… http://www.espaliu.com/  Un vrai plaisir…

Mais revenons à notre ami Moulay Abdessalam  ben M’chich…

Sa biographie

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh vécut au VII siècle de l’Egire (560-625) soit entre 1165 et 1228 de l’ère chrétienne mais la réalité de sa vie se mélange toutefois avec la légende.
Dès son plus jeune âge l’enfant suit l’enseignement coranique et à l’âge de 12 ans, il connait déjà le Coran dans sept versions phonétiques. Cet enseignement sera complété par une initiation spirituelle qu’il recevra à Bagdad du maître Abd al-Rahman al-Madanî al-Hassanî surnommé al-Zayyât.  C’est au cours de ce même séjour qu’il fera la connaissance de son futur disciple Alî al Ghumâri que l’on connaît aussi sous le patronyme de Abû-l-Hasan  al-Shâdhilî et qui contribuera à la diffusion de sa doctrine.

A son retour et à la demande des habitants de l’endroit qui reconnaissent en lui un certain nombre de vertus et de pouvoirs, il s’installe au sommet du mont La’Lâm, dans une grotte, à proximité d’une source.

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sera assassiné à l’âge de 32 ans par Ibn Abî al-Taouâjin al Kutâmi, alors gouverneur de Sebta,  à proximité de la source où il pratiquait ses ablutions.  Un texte de la plume d’un père franciscain espagnol relate que l’assassinat fut commandité par le sultan Moulay Ismaïl, en raison de la propagande négative qu’il lui faisait.  Pour d’autres, ce serait Ibn Abî al-Taouâjin qui serait le seul responsable car il voyait en sa personne une menace réelle pour ses projets (cf. wikipedia)

On est au sommet du Djebel !
By Dar Rehla - Maison d'hôtes à Tétouan  |  View on Facebook

L’endroit où il va s’installer revêtissait une importance spirituelle incontestable car il était déjà associé à un culte solaire par les anciennes populations berbères et il devint donc naturellement un lieu spirituel et purificateur : un « pôle » pour les soufis.

 

Mais par ailleurs le lieu est stratégiquement important car du sommet du djebel on domine les côtes méditerranéennes de Tétouan jusqu’à Ceuta, atlantiques de Tanger à Larache mais également toute la région intérieure de Chefchaouen et Ouezzane.

Sa doctrine (Shâdhilia)

On ne saurait parler de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sans évoquer le soufisme (Tasawwuf) qui, en peu de mots,  représente le mysticisme  de l’Islam “c’est son aspect intérieur, sa substance, son âme, son essence ».  Il attribue un sens profond au texte coranique, occulte aux non-initiés et se développera pendant les trois premiers siècles de l’islam à Bagdad.

Moulay Abdessalam fut donc l’un des précurseurs du soufisme au Maroc et le fondateur de l’ordre mystique “al Tarîqa al-Shâdhiliyya” .  Parmi ses disciples figure Abu-l-Hasan al Shâdhili (1258) né à Ghumara et qui diffusera sa doctrine dans des contrées éloignées telles que la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et l’Iraq. On estime à quelques 12 millions les adeptes qui se prévalent de la Tarîqa al-Shâdhiliyya , rien qu’en Egypte…

Cette doctrine, qui n’exige ni monastères ni pratiques ostentatoires, se transmet oralement de générations en générations. La seule pièce écrite est une prière “Al Salât al-Mashîshiyya”qui est connue dans les recoins du monde islamique. Cette prière possède une grande valeur lyrique, d’une grande musicalité qui la rend unique.

Par ailleurs sa doctrine avait une portée politique également et ses disciples incitaient au Jihad chaque fois que la souveraineté du Maroc était menacée.  Ils devinrent les agents mobilisateurs de la guerre sainte contre les colonisateurs portugais et espagnols.

rem. : Pour en savoir un peu plus sur le soufisme, je vous renvoie à cet article « Soufismo no gharb Al-Andalus » de mon ami Frederico Mendes Paula.  L’article est en portugais et si vous ne pouvez comprendre cette langue, il faudra attendre que j’en fasse une traduction. (je pense que Frederico ne verra pas d’objections à cela,car on avait déjà procédé de la sorte pour un précédent article qu’il m’avait soumis « Contrastes » que vous pouvez lire en portugais ou en français.  Le blog « aventar.eu » est par ailleurs une source précieuse d’informations : sur la culture arabo-andalouse, mais pas seulement…

Le Moussem ou pélerinage

Après sa mort, la tombe de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh deviendra un lieu de pélerinage et de mémoire mais il faudra attendre quelques siècles (1519-1510) et le retour de la Shâdhiliyya au Maroc sous la dynastie des Mérinides pour que sa vénération soit à jamais reconnue.

Depuis, chaque année, le site est visité par de nombreux pèlerins et donnent lieu à de nombreuses manifestations hautes en couleurs.

Le sanctuaire et le site avoisinant acquerront même un statut d’espace inviolable “hurm mashishien”  où peuvent se réfugier ceux qui le souhaitent.  C’est d’ailleurs au pied du mont, aux abords du village de Dar Lahcen, que s’est réfugié fin du XVIIIème siècle Moulay Yasid, un sultan de la dynastie alaouite dont on préfère oublier l’existence… On n’en voudra pour preuve, que les ruines abandonnées du palais qu’il occupa ici.

Les ruines de Moulay Yasid - Dar Lahcen
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« El tiempo entre costuras », les premières images

juin 17, 2011 By: Dar Rehla Category: A voir, Histoire, spectacles

Il y a peu j’avais signalé sur notre page Facebook la présence à Tétouan d’une équipe de tournage pour la réalisation d’un long métrage basé sur le roman « El tiempo entre costuras » de Maria Dueñas et j’en avais même fait un article.

Je viens de trouver, via le mur d’un ami, qu’un montage vidéo réalisé avec des séquences du tournage est visible sur le site de Antena 3, la chaîne qui produit le film. Voici le lien vers la version de meilleure qualité,  mais vous pouvez déjà avoir ici un aperçu de l’ambiance du film.

El tiempo entre costuras

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Le rôle de l’héroïne est tenu par Adriana Ugarte.  Je me rends compte que j’ai raté quelques occasions de faire des belles photos… :=)

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Le tournage de « El Tiempo entre costuras » à Tétouan

juin 08, 2011 By: Dar Rehla Category: Histoire, spectacles

Pendant deux semaines, les rues de L’Ensanche ont été le cadre du tournage d’un film, « El tiempo entre costuras », dont le scénario est tiré d’un roman en espagnol de María Dueñas qui est sorti en 2009.  Le roman a déjà connu un beau succès littéraire (14 rééditions) et le film est attendu.

« El Tiempo entre costuras », c’est l’histoire de Sira Quiroga, une jeune couturière poussée par le destin dans une aventure mouvementée et risquée dans laquelle les modèles et les tissus de sa mercerie deviendront une façade derrière laquelle se dérouleront des activités plus troubles…

Selon la lecture que l’on en fait, cette trame schématique, peut se révéler sous différents aspects : Pour certains, ce sera le roman d’une évolution personnelle, pour d’autres, un roman colonial, une histoire d’amour, un roman de conspirations politiques et historiques, ou un roman d’espionnage. Il s’agit d’un roman d’un rythme implacable où se suivent les rebondissements faits de rencontres et ruptures inattendues, où se mêlent identités secrètes et connues, tendresse, trahison et anges déchus.
Ecrire ce roman fut un réel plaisir et j’espère que sa lecture vous apportera autant de plaisir que son écriture m’en a apporté comme auteur.
nous dit María Dueñas sur son blog.

Il aurait été dommage de ne pas profiter de ce tournage pour aller faire quelques « photos d’époque » et nous replonger dans le Tétouan des années trente et quarante, période mouvementée de l’histoire espagnole mais aussi mondiale durant laquelle se déroule l’histoire.

L’histoire débute vers 1936, peu avant que n’éclate la guerre civile d’Espagne qui opposa nationalistes et républicains.  Sira Quiroga va alors quitter Madrid et suivre amoureusement à Tanger un homme qu’elle connait pourtant à peine.  Tanger une ville exotique et vibrante où tout peut arriver y compris la trahison… Rapidement, elle va se retrouver seule et quittera Tanger pour Tétouan, capitale du Protectorat espagnol où elle va ouvrir une boutique de couture.  Durant cette période tétouanaise Sira Quiroga, personnage de fiction,  côtoiera  des personnages ayant réellement existé tels Juan Luis Beigbeder, Alan Hillgarth… personnages charismatiques de l’époque mêlant diplomatie et espionnage.

Au cours de ces deux semaines de tournage, nous avons croisé plusieurs acteurs et certains nous ont même fait le plaisir de nous rendre visite à Dar Rehla.  Ils nous ont confié par après qu’ils auraient bien aimé que notre maison d’hôtes eut été choisie pour leur séjour et leur hébergement durant le tournage… Nous aussi, mais bon,  la production en avait décidé autrement.  :=)
Nous avons partagé, plus particulièrement, quelques moments avec Francesc Garrido , l’acteur qui joue le personnage du commissaire Marques qui prendra Sira sous sa protection pendant son séjour à Tétouan.  Lors de notre conversation, nous apprendrons que parmi les rôles qu’il a déjà interprétés  figure celui de Marc, le mari de l’avocate dans le film « The Sea Inside » de Alejandro Amenábar.

Francesc était accompagné de Tristán Ulloa, l’acteur qui joue le rôle de Juan Luis Beigbeder, Haut Commissaire espagnol  à Tétouan de 1937 à 1939 et qui devint Ministre des Affaires Extérieures sous Franco dont il a accompagné l’ascension au pouvoir.  Germanophile convaincu, sa nomination à ce poste ne fut pourtant pas appréciée des Allemands, car cet homme, grand amateur de femmes, fréquentait à l’époque Rosalinda Fox, une anglaise soupçonnée d’être une espionne à la solde des Alliés.

Il aurait été dommage de ne pas profiter de ce tournage pour aller faire quelques « photos d’époque » et nous replonger dans le Tétouan des années trente et quarante, période mouvementée de l’histoire espagnole mais aussi mondiale durant laquelle se déroule l’histoire.  Je vous laisse apprécier.

Parmi les « vedettes », vous aurez remarquer la Rolls Royce Phanton II.  Cette voiture fut celle de l’ancien glaoui de Marrakech et date de 1936.

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« Fantasías orientales en el cine español »

juin 03, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Histoire, spectacles

fantasias01df C’est sous ce titre qu’est organisé par l’Institut Cervantés de Tétouan, un cycle de projections cinématographiques au travers duquel on pourra se rendre compte de l’image du monde arabe véhiculée par le cinéma espagnol.






Au cours de ce cycle nous aurons droit aux réalisations suivantes :

- le 6 juin à 19h00, « La cancion de Aixia »

Un film de 1939 de Florian Rey

- le 13 juin à 19h00, « Los amantes del desierto »

Un film de 1958 et dirigé par Godofredo Alessandrini, Feruccio Cerio, León Klimovski, Gianni Vernucio

- le 20 juin à 19h00, « La esclava del paraiso »

Un film de 1967 réalisé par José María Elorrieta

- le 27 juin à 19h00, « Requiem por Granada »

Un film de 1990 réalisé par Vicente Escrivá

Au risque de passer pour un inculte, je dois avouer qu’aucun de ces films ne m’est connu…  Après en avoir lu les synopsis, le seul qui pourrait susciter mon déplacement à la salle de spectacle de l’Institut Cervantés de Tétouan serait peut-être le dernier « Requiem por Granada ».  En effet, ce film évoque une époque à laquelle l’histoire de Tétouan est directement liée.  Pour rappel, c’est de Grenade qu’était issu Sidi Mandri, à qui est attribuée la reconstruction de la médina, accompagné de ses moudjahidines dont on peut encore trouver les mausolées dans le vieux cimetière musulman. Un des surnoms de la ville est d’ailleurs : « Tétouan, la fille de Grenade ».

Au départ ce film est une série de 8 épisodes co-produite par la TVE et la RAI et est considérée comme une des plus ambitieuses réalisations de la télévision espagnole de l’époque. En voici un extrait.

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Hommage à Ramon Lourido

mai 24, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Histoire

Ce jeudi 26 mai 2011, l’Institut Cervantés de Tétouan présentera un livre intitulé « RAMÓN LOURIDO Y EL ESTUDIO DE LAS RELACIONES HISPANO-MARROQUÍES ».

La couverture du livre dédié à Ramon Lourido Ce livre rend hommage à feu Ramon Lourido (1929-2009), un père franciscain, historien, professeur et chercheur qui vécut au Maroc dans les années 50. Installé à Tanger où sont conservées, dans la cathédrale, toutes les archives des différentes missions franciscaines du pays, il contribua à leur inventaire et leur classement.  Tout au long de l’histoire du Maroc, l’ordre franciscain au travers de ses représentants a tenu un rôle important.  Nombre d’entre-eux ont été historiens, traducteurs, grammairiens, ambassadeurs ou médiateurs entre les mondes musulmans et chrétiens et leurs écrits et témoignages sont d’une importance historique incontestable.
Ramon Lourido travaillera plus particulièrement sur l’histoire du Maroc du XVIIIème siècle dont il fera le sujet de sa thèse de doctorat et devient le spécialiste de l’époque.  Il s’intéressera par ailleurs à l’histoire du Rif et à la langue arabe : il est en ce sens dans la lignée du Père Lerchundi, un autre père franciscain qui a laissé sa marque dans la région et, en 1996, il dirigera le congrès qui se tiendra à Tanger dans le cadre de la célébration du centenaire de la disparition du-dit père.

Le XVIIIème siècle, c’est l’époque du sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah considéré comme le monarque marocain le plus ouvert à l’Europe. Il mettra fin à l’esclavage des chrétiens en terres du Maghreb mais aussi, grâce à ses ambassades auprès de Charles III, à la libération de nombreux prisonniers musulmans.  Ce sultan contribua également à la fin de la piraterie dont Salé et Tétouan constituaient des bases importantes et ouvrit des relations diplomatiques et commerciales avec des états tels que la Russie, le Danemark, la Suède, la République de Venise mais aussi les empires turc et autrichiens.

Dans son livre qu’il dédie aux relations extérieures de ce sultan alaouite, Ramon Lourido s’attache plus particulièrement aux relations avec l’Espagne et son travail témoigne d’une période de coopération hispano-marocaine fructueuse durant laquelle furent signés des traités importants entre les deux pays.

Le livre qui sera présenté retrace différents aspects de sa vie et de son travail mais intègre par ailleurs un certain nombre de publications parues dans des revues spécialisées dont la majorité sont inconnues du grand public mais aussi de nombreux spécialistes.  Il constitue dès lors un ouvrage de référence qui viendra grossir la bibliothèque de Dar Rehla, notre maison d’hôtes dans la médina de Tétouan.

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Bruno mène l’enquête dans le cimetière juif et le mellah…

mai 18, 2011 By: Dar Rehla Category: Culture, Histoire, Religions et Cultes

Dimanche est arrivé à Dar Rehla, notre maison d’hôte, Bruno, un monsieur qui a découvert récemment qu’une partie de ses origines provenaient de Tétouan… L’histoire mérite d’être racontée car c’est une situation quelque peu exceptionnelle même si de nombreuses familles ont encore leurs petits ou gros secrets… Moi-même, j’ai eu récemment la surprise d’apprendre que j’avais des cousins et cousines, enfants d’un demi-frère « oublié » de mon papa défunt. Et c’est grâce à facebook que j’ai fait cette découverte suite à la démarche de l’une de ces cousines, Brigitte avec qui nous avons déjà eu l’occasion d’échanger par mail mais que j’espère avoir l’occasion de rencontrer un jour.
La découverte de Bruno, quant à elle, s’est faite, d’après les discussions que nous avons eues depuis son arrivée, suite au décès de sa maman et à la découverte d’un certain nombre de vieux documents qui l’ont poussé à mener une enquête et voyager dans le maghreb. Bruno savait depuis qu’il était plus jeune qu’il y avait dans ses origines une pièce nord-africaine, à savoir un grand-père né à Oran et d’origine juive, mais le sujet était tabou dans la famille et il s’en  était accommodait, sans plus.  Cet ancêtre ne le turlupinait pas plus que cela, mais la lecture des documents qu’il trouve chez sa maman va relancer son intérêt.  Dans un premier temps il va essayer de reconstituer le puzzle généalogique et rentrera en contact avec des membres de la famille plus éloignée. Parmi ces personnes une grand-tante qui a connu son arrière grand-père et qui va lui remettre d’autres documents qui lui permettront d’avancer et d’en savoir encore un peu plus.   Un premier voyage va ainsi l’emmener à Oran et il retrouvera l’immeuble dans lequel une branche de sa famille est passée. Il ira consulter les archives locales mais trouvera très peu d’informations dans les registres de l’état.  Il apprendra cependant que la famille n’a pas toujours habité à Oran mais qu’elle vient de Tétouan !  De fil en aiguille, il remonte l’histoire et découvre que c’est en 1862, que son trisaïeul quitte Tétouan pour l’Algérie et Oran.

A cette époque les juifs représentent une grosse communauté : on cite des chiffres de 10.000 âmes soit près du tiers d’une population tétouanaise estimée à 35.000 habitants ! D’autres chiffres sont plus faibles, on parle alors de 3.000 juifs… Quoiqu’il en soit cela représente quand même une  proportion non négligeable de la population totale.

Quant  à 1862, c’est une date clé pour Tétouan, elle correspond à la fin de la première occupation de la ville par les troupes espagnoles du Général Léopoldo ‘O’Donnel au terme de la campagne d’Afrique.  Le Sultan de l’époque veut récupérer sa ville et va négocier un traité dans lequel les conditions exigées par l’Espagne pour la restitution de Tétouan et le départ des troupes sont très dures.   L’indemnité de guerre exigée par l’Espagne est de 20 millions de duros, l’équivalent de deux années de revenus du Makzen de l’époque…  Ce traité imposera également l’agrandissement des présides de Ceuta et Melilla, la réinstallation de missionnaires et de consuls espagnols à Fès ainsi que l’engagement du maroc de signer un traité de commerce avec l’Espagne.

Pendant cette occupation espagnole, les juifs bénéficieront d’une situation plus favorables, les sortant même de leur statut de « Dhimmi ».   Alors, avec le départ des troupes espagnoles,  de nombreux juifs craignant d’être accusés de « collaboration » vont choisir l’exil…

L’Espagne, où l’Edit d’expulsion de l’Inquisition de 1492 reste toujours d’application, va refuser toutes les demandes. De nombreuses familles juives vont alors fuir la ville et se déplacer vers Tanger, Ceuta ou Oran mais aussi vers des destinations outre-atlantiques telles que que le Vénézuela, l’Argentine et ou le Brésil. Vers l’Algérie, l’émigration est favorisée par les Autorités françaises qui vont accorder aux juifs des papiers et la nationalité française. Judas fait ainsi partie du lot de ces futurs oranais et sur le bateau qui l’emmène, il fera la connaissance de sa future épouse Yaccout, elle-même originaire de Tétouan.

Bruno a quelques informations sur ces ancêtres : il sait déjà que Judas aura avec Yaccout 9 enfants qui viennent s’ajouter à 9 autres frères et soeurs qu’il a déjà eu avec une première épouse.  Sur ces enfants, par  contre aucun élément ne lui a été transmis.  Il connait par ailleurs le patronyme de cet ancêtre, que l’on retrouve assez communément, mais sous une orthographe quelque peu modifiée.  Au cours de notre visite on apprendra que les derniers représentants de ce patronyme sont actuellement installés en Espagne, du côté de Torremolinos.  Une prochaine destination de voyage pour Bruno, peut-être ?

En venant à Tétouan, Bruno ne fonde pas l’espoir de retrouver des traces particulières de ces ancêtres, mais il aspire à connaître le mellah, le quartier dans lequel ses ancêtres ont vécu.   Des informations, il aurait pu en trouver si la communauté juive de Tétouan avait été encore suffisamment importante que pour justifier la présence d’un ou plusieurs rabbins. Il aurait pu alors s’adresser à l’un d’eux, lesquels conservent les registres de naissance mais aussi de circoncision de la communauté.  Malheureusement, si 1862 fut une date qui induit une première émigration importante juive, les années 1960 constituèrent le départ de la quasi totalité de la population juive restante de Tétouan. Actuellement sont encore présentes 3 familles ne totalisant plus que 7 individus…
Les derniers rabbins et les fameux registres ont également quitté les lieux et sont retournés majoritairement en Israël.  Il faut savoir que dans la religion juive, selon la Halakha, c’est la mère qui transmet la « notion » de judaïsme  et contrairement à de nombreuses autres religions,  les juifs considérant qu’ils sont un peuple « élu », ils ne recherchent pas particulièrement à « recruter »… on naît juif et cela, de par sa mère.   L’importance des registres est donc primordiale pour tout candidat à l’émigration en Israël où tout dossier est longuement et minutieusement examiné par les autorités religieuses pour déterminer la judaicité du candidat.  C’est en quelque sorte le pendant des registres des Mormons que tout candidat à la généalogie sera amené un jour à consulter.

Bruno est déjà venu dans la région, c’était il y a dix ans mais à l’époque il ne savait point que Tétouan faisait partie de ses origines.  Cette nouvelle visite, il veut la faire sous un autre angle et la consacrer plus particulièrement à la judaicité de la ville que l’on peut appréhender à travers le mellah, la synagogue et le cimetière juif.   Il est clair que les influences juives se retrouvent certainement sous d’autres aspects et en ce sens font partie même du patrimoine immatériel de Tétouan, reconnu ou pas.  Je ne suis pas un spécialiste de la question,  mais depuis la reconstruction de Tétouan vers 1492, mais déjà auparavant quand ils étaient en Andalousie,  musulmans et juifs ont vécu côte-à-côte et ont traversé des épreuves communes qui ont nécessairement laissé des traces…  La coexistence  des populations juives et musulmanes étaient d’ailleurs telles que dans les premiers temps il n’y avait pas à proprement parler de « mellah » : ce n’est qu’en 1808, sous le règne de Moulay Slimane et par sa volonté de construire la Grande Mosquée, que les juifs sont déplacés dans le nouveau mellah.  Certains écrits laissent supposer que ce nouveau mellah dont l’urbanisme a été confié à un architecte portugais aurait également été construit pour assurer la protection des juifs : le mellah ne possédait ainsi qu’une seule porte d’accès qui était constamment gardée comme on peut encore même le voir sur cette photo…
L'entrée du mellah de Tétouan

Cet aspect de Tétouan mérite bien que j’y consacre un peu de mon temps et j’avoue que l’occasion est trop belle… Comme il n’y a pas d’autres hôtes à la maison, je propose donc à Bruno de l’accompagner et de lui faire profiter en contre-partie de ma connaissance de la ville et de certaines connections que je possède auprès d’amis tétouanais qui pourraient lui être utiles dans sa quête.

Quand on quitte la maison, il est encore tôt et je n’ai pas encore reçu de réponse d’un ami proche de la communauté juive que j’ai contacté et qui devrait nous mettre en contact avec Elias Benchimol l’un des derniers membres de la communauté tétouanaise qui s’occupe des visites de la synagogue.  On va donc démarrer notre visite par les hauteurs de la médina de Tétouan, et suivre en partie le circuit que j’avais déjà décrit dans cet article : dans les hauteurs de la médina, un circuit négligé.  J’espère avoir des nouvelles en cours de route.

Une fois arrivés à hauteur de l’ancienne caserne des Regulares dont l’accès est normalement interdit, nous avons été invités par un groupe d’enfants à visiter les lieux… On, enfin moi, je ne me suis pas fait prier car depuis notre arrivée à Tétouan, cet espace m’intrigue et je souhaite le visiter.  Les bâtiments ont des aspects architecturaux intéressants et certains détails méritent d’être fixés : je n’ai pas été déçu mais cette visite fera l’objet d’un autre article…

Le temps était bruineux et la visibilité mauvaise.  On n’a donc pas pu profiter du panorama que l’on peut apprécier par temps dégagé et ensoleillé.
On ne s’est pas attardé non plus car l’étape suivante est le cimetière juif.  On va donc redescendre via les escaliers récemment aménagés et dont des ouvriers terminent les murets de sécurité.  Des nouvelles plantations ont déjà été réalisées dans la partie haute et la zone devient charmante. C’est vraiment un endroit à visiter si vous passez par Tétouan.

En bas de l’escalier et en face se trouve le portail du cimetière juif.
La porte du cimetière juif (04/2010)
Nous poussons la grille et le franchissons : normalement, les lieux sont surveillés par un gardien que nous verrons plus tard quand nous quitterons les lieux.  Je m’étais déjà rendu dans le cimetière car j’avais lu que certaines des pierres tombales que l’on y trouve sont très particulières, portant des signes dont l’origine est encore controversée. A l’époque, par déduction sur les formes et l’état des pierres j’en avais déduit que les plus anciennes se trouvent dans les hauteurs du cimetière qui est très étendu.  Mais là-haut, bon nombre de pierres ont pratiquement disparu sous la végétation. Alors, même si les tombes des ancêtres de Bruno sont fort probablement sur ces hauteurs, nous allons commencer par les tombes plus récentes sur lesquelles les inscriptions et parfois des dates sont encore visibles.  Mais pas évident, car les inscriptions sont souvent écrites en hébreu et les dates ne correspondent pas à notre calendrier… Heureusement Bruno a appris à déchiffrer l’hébreu et sur certaines tombes les dates sont gravées selon les deux calendriers : le grégorien que l’on connait tous et le juif sur lequel vous pouvez trouver plus d’explications ici.  D’après ce que j’ai pu lire, les conversions ne sont pas aisées car plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte dans le calcul …  Quoiqu’il en soit toutes les pierres que nous regardons sont récentes et il y a peu de chances de trouver le patronyme de Judas que nous recherchons, tant elles sont nombreuses. Néanmoins Bruno va trouver sur certaines tombes le patronyme d’origine de Yaccout, l’épouse de Judas.

Lors de ma première visite au cimetière juif, je m’étais principalement concentré vers les hauteurs à la recherche des pierres plus anciennes et des inscriptions originales et étranges dont parlent certains guides.  En fait ces pierres ont été transférées, je le pense,  au niveau du musée d’archéologie et sont disposées désormais dans sa cour.  Cependant bon nombre de pierres tombales présentes dans le cimetière sont encore assez exceptionnelles de par leur état de conservation et présentent aussi des formes anthropomorphiques particulières.  Il y a certainement une symbolique et des explications relatives aux dessins qui y sont présents.  En cherchant d’ailleurs sur le web, j’ai trouvé trace de deux études abordant le sujet.  J’espère avoir l’occasion de me les procurer afin d’éclairer ma lanterne. En attendant d’en savoir plus, je vous laisse apprécier quelques unes de ces sépultures.

Parmi ces sépultures se trouvent celle du rabbin Ishak Bengualid, un saint homme auquel on attribue un certain nombre de « miracles » : sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage pour de nombreux juifs originaires de Tétouan.  Récemment, les 11, 12 et 13 mars 2011, a d’ailleurs eu lieu à Tétouan une grande fête, une « hilloula » en son honneur.  Y étaient présents des juifs venus de tout le monde.

On trouve aussi sur le net quelques photos prises dans le cimetière juif de Tétouan.  A l’époque, le pourtour des tombes était régulièrement chaulé.
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Maintenant, cette tradition a disparu et le cimetière est entretenu par son gardien qui y travaille depuis plus de cinquante ans.  Son salaire est assuré par la communauté juive de Casablanca,  sans laquelle le cimetière serait probablement complètement dégradé car de nos jours, rares sont les visiteurs qui y viennent encore pour l’entretenir.

Après le cimetière, nous nous sommes rendus dans le mellah et rapidement nous nous sommes trouvés face à la porte de la synagogue Bengualid, la seule qui existe toujours et qui a été rénovée récemment (2005) grâce à l’intervention et aux fonds de la Junta d’Andalucia sous la présidence de Manuel Chavez.  La porte est fermée mais une bande de jeunes nous demande si nous souhaitons la visiter.  On acquiesce et ils nous emmènent vers une boutique où l’on nous donnera le numéro de téléphone de Elias.  Pas de réponse à notre appel mais les jeunes nous proposent alors de les suivre jusqu’au domicile d’Elias qui se situe maintenant dans l’Ensanche.  Jusqu’à peu, Elias et ses parents vivaient encore dans le mellah mais des problèmes de santé du papa puis de la maman ont contraint la famille à quitter la médina et occuper un appartement dans la nouvelle ville.  Nous attendrons quelque temps avant que Elias nous rejoigne.  Nous lui expliquons la raison de notre visite et Elias nous invite à retourner à la synagogue.  Normalement Elias est présent le matin dans le mellah où régulièrement des touristes d’origine juive le sollicitent pour une visite des lieux dont la réputation a dépassé largement les limites du pays et du continent.  Pour l’anecdote Tétouan a été longtemps appelée la « Petite Jérusalem » et démontre ainsi l’importance de la ville aux yeux de la communauté juive.

La visite des lieux est franchement émouvante : comme tous les lieux où se déploie la spiritualité, la synagogue dégage un charme fort. Pénétrer dans une synagogue constitue pour moi une première et suscite beaucoup d’interrogations sur le culte. J’ai donc posé à Elias de nombreuses questions sur le sujet mais aussi sur la communauté. Je ne les retranscrirai pas ici : ce serait trop long et nécessite un autre article.  Et puis, il faut quand même bien que je garde certaines informations pour moi afin de vous donner envie de séjourner à Dar Rehla plutôt que dans un des autres établissements de Tétouan…non ?
D’autant que des questions, j’en ai encore bien d’autres à poser à Elias et j’espère en avoir l’occasion assez rapidement.  En attendant, j’ai fait l »acquisition d’un ouvrage intéressant  ’La communidad judia de Tetuan – 1881-1940′ une étude de Ana Maria Lopez Alvarez basée sur le registre des circoncisions du rabin Yishaq Bar Vid Haserfaty.  De ce que j’ai déjà pu en lire, l’ouvrage s’annonce  plein d’informations intéressantes et fait état d’une bibliographie qui pourra encore occuper pas mal de mes loisirs futurs…

En ce qui vous concerne et en attendant les prochains articles consacrés au sujet, profitez toujours de la visite en photos…

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Semaine de l’Architecture

avril 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Architecture, Histoire

Même si l’école nationale d’Architecture de Tétouan n’a programmé aucun évènement dans le cadre de la journée internationale des Monuments et Sites de l’UNESCO, elle n’en a pas moins organisé une autre manifestation qui aurait pu s’inscrire dans le contexte : il s’agit de la première édition de la   »Semaine de l’Architecture« .

Celle-ci se déroulera du 2 au 6 mai 2011, dans les tout nouveaux locaux de l’antenne tétouanaise de cette école nationale dont l’école mère est sise à Rabat.  L’antenne de Tétouan est ouverte depuis 2009 et, cette année, elle inaugure enfin ses nouvelles installations situées sur l’avenue Mohamed Daoud dans le quartier Soukna wa Taamir à proximité de la Délégation Provinciale de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace de Tétouan.
Les nouveaux bâtiments de l'ENA de Tétouan

Cette inauguration se fera le jeudi 5 mai et constituera un des moments importants de cette Semaine de l’Architecture.

Le programme auquel on pourra assister est le suivant :

Lundi 2 mai à 19h30 : « Tétouan et le défi de la modernité.  La question du logement de 1912 – 1956″

La présentation sous forme de table ronde d’une « étude relative à l’évaluation de l’action de développement urbain et de la production de logement dit de la promotion officielle, réalisée dans les villes au Nord du Royaume du Maroc, lors de la colonisation espagnole – L’histoire particulière de deux villes : Tétouan et Larache ». Les interventions traiteront plus particulièrement de :

  • Villes et gestion urbaine dans la zone du protectorat espagnol au Maroc.
    par M. Mimoun AZIZA.
  • Larache et Tétouan coloniales : de la modernité architecturale et de la construction du territoire.
    par M. Mohamed BEN ATTOU
  • D’une cité a l’autre, ou les mécanismes régissant l’évolution du système spatial des villes du nord marocain.
    par M. Taha BOUHASSOUN
  • Le logement pour marocains en période coloniale. Etude comparative.
    par M. Hakim CHERKAOUI
  • La construction communautaire de la périphérie urbaine au XXe siècle. Une expérimentation au Maroc en face d’une expérience en occident.
    par M. Plácido GONZÁLEZ MARTÍNEZ
  • Tétouan et le défi de la modernité. La question du logement.
    par M. Alejandro MUCHADA SUÁREZ

Mardi 3 mai à 19h00 :   »Urbanisme et colonisation : le cas du Maghreb »

Une conférence par M. Mimoun AZIZA dont voici un abstract

L’étude des liens entre urbanisme et colonisation au Maghreb s’avère intéressante. Surtout qu’elle permettra de comprendre l’impact de  la colonisation en matière de l’organisation de l’espace urbain.  Les villes du Maghreb découlent d’une tradition citadine ancienne. Elles ont connu durant la période coloniale, des bouleversements spectaculaires et rapides. Certaines villes  ont été transformées dans leur structure initiale, d’autres sont dédoublées et ont vu leur partie ancienne s’altérer.  Ce qui fait la colonisation a provoqué la crise des médinas : au modèle de la médina s’oppose alors le modèle de la ville européenne. Des familles riches quittent leur demeure en médina pour habiter la ville nouvelle.  En même temps la promotion des quartiers « européens » comme pôle économique des villes, porte un coup dur aux activités commerciales et artisanales de ces vieux noyaux. C’est la difficulté d’accessibilité, alors que la motorisation devient nécessaire avec l’extension démesurée des villes, qui a certainement le plus contribué à la marginalisation des médinas par abandon de celles-ci par les familles aisées qui y garantissaient ordre et entretien.

Mercredi 4 mai
à 17h00 :   »Corps et histoire de l’Art »

Une conférence par M. Saïd BOUTFASS dont voici un abstract

De la préhistoire au XXème siècle, le corps n’a pas cessé de nous étonner et de nous déstabiliser. Il se réinvente son statut continuellement. A travers la production artistique il est le reflet de l’histoire de l’humanité.

L’omniprésence du corps en histoire de l’art est incontestable. Nous suivrons, à travers l’histoire de l‘art, les métamorphoses du corps humain  tout en dévoilant la pensée des civilisations.

à 19h00 : « Spécificité et authenticité du patrimoine de la vielle de Tétouan »

Une conférence par M. Mohamed BENABOUD

Jeud 5 mai
à 13h00 : « L’enseignement de l’architecture »

Une table ronde animée par M. Daniel Pinson, Pierre Colboc, Chaoui Mohamed, Adil Edfouf, Hakim Cherkaoui.

à 16h00 : « Présentation d’un projet de chapiteau en matériaux recyclabes »

par Carlos Pérez Marin

Vendredi 6 mai à 16h00 : « L’urbanisme et l’architecture espagnole dans le Nord du Maroc »

par Antonio Bravo

Pas mal de sujets sont intéressants et les intervenants de qualité.   J’ai en particulier épinglé :

M. Pierre Colboc : un des architectes ayant participé à l’aménagement de l’ancienne gare d’Orsay en l’actuel Musée d’Orsay.  Il a également travaillé sur la réhabilitation des anciens ateliers des frères Lumière. C’est un ardent défenseur du patrimoine, y compris industriel.   En février 2010, il avait donné à l’Institut Français une conférence fort intéressante sur le « patrimoine durable : un concept basé sur le dialogue qui doit s’établir entre existant et nouveaux usages ».

M. Daniel Pinson, professeur à Aix en Provence : il a été le coordinateur d’un atelier de design urbain qui s’est déroulé en avril à Tétouan associant les universités d’Aix-Marseille, de Gênes, de Lisbonne et de Séville Projet EURMED.
Il faut d’ailleurs que je traite encore toutes les informations que j’ai eu la possibilité de recueillir lors de la présentation finale de cet atelier…. Pas mal de choses intéressantes et d’idées y avaient été émises…

M. Mohamed Benaboud : au sein de l’association TétouanAsmir, il a contribué en tant qu’historien à la reconnaissance de la médina sur la liste de l’UNESCO.  Il a publié par ailleurs de nombreux ouvrages sur les spécificités de la ville de Tétouan.

M. Hakim Cherkaoui : il est, entre autres, le Directeur de l’ENA de Tétouan.

Les autres intervenants m’excuseront mais j’ai eu la paresse de ne pas chercher leurs références…

Comme certains intervenants sont d’origine espagnole, j’espère cependant que les publications se feront plutôt en français… ceci, afin d’en tirer toute la substantifique moelle… que je pourrai vous transmettre si vous choisissez de passer par Tétouan, visiter son Ensanche, sa vieille médina et ses alentours tout en séjournant à Dar Rehla, notre maison d’hôtes.

 

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Première édition de la Journée du Patrimoine à Tétouan ce 27 avril 2011

avril 26, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Architecture, Culture, Histoire

Il y a peu, je m’étais étonné, dans cet article, que Tétouan dont la Médina est inscrite depuis 1997 sur la liste de Patrimoine mondial de l’UNESCO n’organise aucune activité ou visite dans le cadre de la journée internationale des sites et monuments de l’UNESCO qui se déroule le 18 avril.

Or, ce dimanche j’ai vu parmi mes notifications sur Facebook, que l’antenne tétouanaise de l’Ecole Nationale d’Architecture organisait ce mercredi 27 avril 2011,  la première édition d’une Journée du Patrimoine de la ville, présentée comme suit :

A l’occasion de la Journée Mondiale du patrimoine, l’ENSA de Tétouan organise la 1ère édition de la Journée du patrimoine le Mercredi 27 Avril 2011, sous le thème:   »Tétouan: Des pierres et des Hommes »

Le 27 Avril 2011, l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Tétouan ouvre ses portes au patrimoine de la ville de Tétouan. Aux quatre coins du monde, une journée est entièrement dédiée au patrimoine; journée qui impose de profondes réflexions sur le devenir de l’héritage légué à l’humanité.

L’ENSA de Tétouan acceuille chaque année des promotions des élèves ingénieurs venant de différentes régions du royaume. Pour certains, la découverte de la ville de Tétouan est inédite. Pour d’autres, les côtes et plages de sable fin semblent être l’unique symbole de la Colombe Blanche.

Soucieux de faire découvrir tout un pan du patrimoine de Tétouan, enseignants et élèves ingénieurs se sont solidarisés pour célébrer la Journée du patrimoine, faire découvrir un bijou architectural et culturel qu’est l’ancienne médina de Tétouan classée en 1997 « patrimoine mondial de l’Humanité ».
L'affiche de la première édition de la journée du patrimoine de Tétouan

Le programme

De 14h30-18h30, auront lieu trois présentations de :

  1. M. Bouabid BOUZAID,
     » Zellij de Tétouan « 
  2. M. Mehdi ZOUAK,
     » La politique culturelle et régionalisation, exemple de réhabilitation des monuments historiques « 
  3. Mme Meftaha SENHAJI,
     » Femmes de Tétouan : entre ici et ailleurs « 

Simultanément se tiendra dans les locaux de l’école une exposition de photos et de produits artisanaux de Tétouan.

Le programme prévoit également trois circuits « découverte »

  • - Ancienne médina
  • - Musée
  • - Maison de l’artisanat

Cette première édition est organisée par Amel NEJJARI, enseignante à l’ENSA de Tétouan et coordinatrice assistée d’un comité composé de :

  • Otman AGHZOUT (enseignant-chercheur)
  • Mohammed CHERKAOUI (enseignant-chercheur)
  • Abderrahim TAHIRI (enseignant-chercheur)
  • Youssef BERRIGA (élève ingénieur GSTR)
  • Bouchaib EL-GHOREFY (élève ingénieur GSTR)
  • Lahcen KACI (élève ingénieur GSTR)
  • Abderrazzak AIT ZIAD (élève ingénieur GSTR)
  • Ayoub HASSOU (élève ingénieur Génie Informatique)
  • Yassine SAID (élève ingénieur Génie Informatique)
  • Ghita KHATTABI (cycle préparatoire)
  • Oualae LAGRAIOUI (cycle préparatoire)
  • Rajae BELABBAS (cycle préparatoire)

Il va sans dire que je me réjouis de cette première organisation. Toutefois, je me pose quelques questions quant à la préparation et l’organisation d’un tel évènement :

Premièrement : le choix de la date et du jour.  La journée internationale est le 18 avril depuis 1987.  Je peux admettre que la journée ne puisse être organisée à cette date fixe, et en général on lui préférera un jour non oeuvré.   Jusqu’ici d’accord, mais alors, si on a le choix,  pourquoi la faire un mercredi ?  Il y a fort à parier que beaucoup de personnes susceptibles d’y participer ne pourront le faire pour des raisons professionnelles.

Deuxièmement : l’annonce de l’évènement : à ma connaissance, l’information n’a été publiée que :

  • le dimanche 24 avril via Facebook au travers d’une page modeste… avec peu de contenu et où l’information principale quant au programme n’est pas facilement accessible :  l’avez-vous trouvée ?
  • le lundi 25 avril sur le site de l’école

Cela me parait d’une part très court comme délai pour donner à une telle journée des chances de réussite et l’affluence de visiteurs qu’on peut lui souhaiter et d’autre part la visibilité est plus que réduite…

Or voilà un évènement qui pourrait intéresser également des touristes de passage, et en attirer d’autres, pour lesquels la découverte de Tétouan aurait pu avoir un attrait particulier dans ce contexte.

Puissent ces remarques servir pour l’organisation de la prochaine édition en 2012 ! Inch Allah.

 

 

 

 

 

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Tétouan en 1935

avril 14, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Histoire

Il n’y a pas à dire mais les réseaux sociaux et les plateformes d’échange permettent de découvrir des choses intéressantes.  Ce matin, j’ai trouvé sur le mur d’un ami, Abderrahim, un montage vidéo sur Tétouan datant de  1935.

Le film provient certainement des archives d’un voyageur de l’époque.  Arrivée en bateau sur Tanger et ensuite parcours de la médina de Tétouan.

Pour moi qui connais maintenant relativement bien la médina, j’y reconnais un tas de lieux qui tout compte fait n’ont pas vraiment changé depuis.  Le changement le plus significatif, à mon sens, est celui que présente l’évolution des tenues vestimentaires portées.  Les jeans et tenues modernes occidentales (surtout pour les hommes) remplacent de plus en plus les tenues traditionnelles que l’on voit dans ce documentaire, même si la djellabah reste quand même fort utilisée, surtout en hiver (les maisons ne sont pas chauffées)…

Les femmes aux longs voiles de couleur blanche ont quasiment disparu.   Leur tenue est dorénavant remplacée par la djellabah droite et le foulard (hijab).  Depuis quelque temps, on voit également apparaître les tenues plus austères que sont le voile intégral ou burqua, de couleur grise ou noire, significatives de la montée d’un certain islam plus radical…

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