Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
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Archive for the ‘Environnement’

Journée mondiale des oiseaux migrateurs

mai 13, 2011 By: Dar Rehla Category: Environnement

Ces 14 et 15 mai 2011, de par le monde, sera célébrée la journée mondiale des oiseaux migrateurs.
L'affiche de la journée des oiseaux migrateurs

La région de Tétouan et le Nord du Maroc devraient être particulièrement concernés  par le sujet.  En effet, c’est par ici et via le Détroit de Gibraltar séparant de quelques kilomètres à peine les deux continents,  que l’essentiel des migrations entre l’Europe et l’Afrique se font.  L’importance de la région est incontestable et en 2006, l’UNESCO va d’ailleurs intégrer et classer une grande partie de la région dans la Réserve de la Biosphère Intercontinentale de la Méditerranée (RBIM),  dont la superficie couvre plus d’un million d’hectares répartis sur l’Andalousie espagnole et le territoire marocain.
Carte de la réserve de la biosphère intercontinentale de la Méditerranée
Mais si l’on regarde bien la carte, on doit malheureusement constater que, hormis une frange très limitée sur le  Détroit, aucune zone de littoral n’est incluse à cette réserve.   Pourtant c’est souvent en bordure du littoral que se retrouve un type d’écosystème des plus recherchés : celui des zones humides et des marais.

Cette année, le thème de la journée est dédié aux « changements d’usage des terres « Land Use Changes from a Bird’s-Eye View » et à ce point de vue la région n’est pas en reste et cela mérite réflexion…  La pression démographique, le tourisme (de masse) et les aménagements qui y sont associés ont déjà remodelé une grande partie du littoral méditerranéen entre Ceuta et Martil.  Plus au Sud, vers Oued Laou et au-delà, la côte reste encore peu bétonnée et la nature respectée… Mais cette situation privilégiée est probablement due aux difficultés d’accès de la région :  jusqu’à peu, la route était limitée à deux bandes et comptait quelques 60 virages jusqu’à Oued Laou… mais qu’en sera-t-il une fois le tracé de la corniche méditerranéenne terminé… Il faut s’attendre à un développement immobilier important – il existe déjà des projets – et sachant que la zone ne s’inscrit pas dans une réserve quelconque, il faut s’attendre au pire…  De toute façon, être classé réserve ou pas, est-ce un problème ?  Pas sûr quand on voit les travaux qu’entreprend le groupe RITZ-CARLTON sur le site de la lagune de SMIR classée SIBE.  Classée ? Enfin c’est ce que tout le monde s’accorde à dire alors que je ne trouve point de trace de ce statut sur le site du Centre d’Echange d’Information sur la Biodiversité du MAROC et la liste des 160 sites SIBE qui y est reprise…

Quoiqu’il en soit, le site est menacé et je vous renvoie aux articles que j’ai déjà publiés sur le sujet :
- http://tourisme-tetouan.darrehla.com/journee-mondiale-des-zones-humides-et-la-lagune-de-smir/dar-rehla

http://tourisme-tetouan.darrehla.com/va-t-on-assister-a-la-destruction-de-la-lagune-de-smir/dar-rehla

Le dernier en date retrace en photos une balade réalisée il y a peu autour de la lagune :

http://tourisme-tetouan.darrehla.com/autour-lagune-smir/dar-rehla

Lors de cette dernière balade, nous avons pu constater l’état d’avancement des travaux et en particulier celui des remblais (200.000 m3) dont les responsables du chantier se félicitent.  Il y a même une petite présentation ici.

Mais rassurez-vous, l’incidence sur les espèces est sous contrôle affirme dans sa communication la société en charge du projet…

Sur un autre registre, suite à un accord avec les autorités locales, une équipe d’ingénieurs de NOVEC (filiale groupe CDG), surveille régulièrement l’équilibre environnemental du site et les travaux afin de veiller au respect de la lagune, de sa faune et de sa flore.
source http://www.maghress.com/fr/lematin/150123

Ben oui, sachant que le bureau d’étude en question NOVEC est celui qui a également réalisé l’étude de la faisabilité du projet intitulée alors « Etude environnementale du projet de l’ECOPARC« , ne devrait-on pas quand même se poser des questions sur l’objectivité de l’étude ?

Comme on peut le constater, dans la région, les menaces existent bien sur les habitats naturels propices aux oiseaux migrateurs. Certaines zones restent cependant encore peu soumises à la pression humaine et urbaine et il serait grand temps qu’elles bénéficient d’un statut de réserve.  Je pense plus particulièrement à un zone située au Sud de Martil, dans les anciens méandres de l’oued Martin que mon ami Rachid surveille régulièrement et dans laquelle il y fait de nombreuses observations.  Rachid est un ornithologue autodidacte passionné auteur déjà de quelques publications.  Dans l’une d’elles dont je ferai prochainement la traduction, il traite des zones humides dans la zone du Détroit de Gibraltar et fait un état des lieux intéressant.  La publication s’est  faite via le COCN, le Collectif Ornithologique de la Cigogne Noire de Tarifa.

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Des nouvelles de BMCRif

mai 04, 2011 By: Dar Rehla Category: Education, Environnement

Dans le Nord du Maroc, montagnes et forêts sauvages offrent au macaque de Barbarie des espaces encore relativement préservés où il pourrait vivre en paix. Toutefois la pression démographique et les activités humaines qui y sont associées menacent de plus en plus la survie de cette espèce de singe. Certaines associations et autres projets s’intéressent depuis quelques années à cette espèce menacée et tentent de sensibiliser les populations locales à l’intérêt et à la richesse que peut représenter la présence de ces animaux. Ici à Tétouan, c’est l’association « Barbary Macaque Conservation in the Rif » du docteur Sian Waters qui assure ce travail de sensibilisation depuis 2004.
Le logo de BMCRif

Régulièrement le docteur Sian Waters nous informe au travers d’une newsletter instructive sur les avancées du projet et les activités qu’elle met en place. Sa dernière newsletter est arrivée et comme à chaque fois depuis notre installation à Tétouan, je vais en assurer la traduction en français, une langue qu’elle ne maîtrise pas. L’avantage de ma traduction est également de lui fournir un document de travail qu’elle peut remettre aux différentes autorités locales avec lesquelles elle est en relation constante.

Voilà ce que nous  dit  Sian :

Le premier tournoi de football organisés par BMCRif

Ce fut un automne chargé pour l’équipe de BMCRif, que celui de l’année passée au cours duquel fut organisé son premier tournoi de football.  L’évènement qui s’est déroulé en octobre a rencontré un vif succès.  Quatre équipes ont pris part à la compétition et c’est l’équipe de Moulay Abdleslam qui l’a remportée.  Le trophée remis a été offert par l’association tétouanaise de football.  Les T-shirts proposés par BMCRIf rencontrèrent un tel succès que rapidement les tailles enfants ont été épuisées et il a fallu distribuer les tailles adultes même aux plus jeunes.

Le tournoi fut l’occasion de lancer une campagne de sensibilisation auprès des enfants et adultes présents.  Chaque participant et supporter a reçu ainsi un T-Shirt, un sac et un flyer présentant le projet.  Cette information est dirigée essentiellement vers les habitants de Bouhachem qui sont en contacts réguliers avec les populations de singes présentes dans ces forêts, mais pas seulement. Les informations du flyer ont été lues dans les différentes mosquées de la zone et quelques individus ont déjà changé leur comportement.

Cette campagne a été financée en 2010 par le Zoo de Barcelone qui réitère en 2011 son soutien à l’équipe de BMCRif par l’envoi d’une nouvelle recrue Sonia Moles en tant qu’agent de sensibilisation et d’éducation.

Le programme sanitaire pour les chiens de Bouhachem animé par Tamlin Watson

L’une des premières actions de ce programme, démarré l’année passée,  a été la campagne de vaccinations des chiens de bergers des trois villages de la région de Bouhachem : Lahcen, Talyamen et Tayensa. Lhacen et Talyamen sont deux villages typiques de la région d’une quarantaine de maisons et dont les habitants possèdent majoritairement des chiens pour garder leurs troupeaux.  Tayensa est un ensemble de petits hameaux dispersés sur une vaste étendue et la vaccination des chiens de ce village a nécessité plus de temps pour son accomplissement.

Malgré le soutien des maîtres, tous les chiens n’ont pu être vaccinés : certains chiens ont fait l’objet de mauvais traitement de la part de leur maître et ne se laissent donc plus facilement approcher et maîtriser… D’autres chiens ont également été écartés : les malades, les trop jeunes, les trop vieux ou encore les femelles portantes ainsi que quelques animaux qui ne sont plus utilisés comme gardiens de troupeaux et qui n’ont donc plus ou peu de contacts avec des animaux sauvages porteurs éventuel du virus.

Les animaux vaccinés étaient marqués au moyen d’un spray de couleur et leur maître ont été invités à leur mettre un collier de couleur permettant d’identifier leur village d’origine.
Conjointement à la vaccination, un traitement anti-parasitaire a été administré aux chiens.  Contrairement à la vaccination, ici, tous les chiens ont pu être traités : le traitement se faisant au moyen d’une boulette dans laquelle était placé le traitement.

Du matériel didactique expliquant comment réagir face aux morsures a été distribué dans les écoles et mosquées de la région ainsi que des informations sur le programme de prévention que BMCRIf était en train de réaliser.

Un programme important pour cette région car une semaine à peine avant le début de la campagne, une femme appartenant à l’un des villages visés est encore décédée de la rage.

Pour la réalisation de cette campagne, BMCRIf a travaillé de concert avec le département vétérinaire local qui a fourni les doses de vaccin anti-rabique nécessaires.  Le programme a été rendu possible grâce à l’aide financière de Lush Charity Pot UK.

 

Mais pourquoi travailler sur les chiens et le football ?

BMCRif est un projet de conservation globale qui identifie et essaie de traiter la cause d’un problème et pas seulement les symptômes. Nous pensons que cette approche nécessite plus de temps pour obtenir des résultats mais que ces résultats, une fois acquis, dureront plus longtemps.
Au cours de notre travail, nous avons découvert que les chiens sont les principaux prédateurs des macaques. Ils forment des meutes et partent chasser en forêt pour se nourrir. De nombreuses personnes pensent que ces chiens sont sauvages, alors qu’en fait, ils ont des propriétaires, mais qui les nourrissent mal. Leur principale proie dans la région sont les singes mais ils peuvent également s’attaquer à d’autres animaux tels que des vaches qui pâturent en montagne. Le programme de santé pour chiens a donc commencé par une tentative de convaincre les populations locales à revoir leurs attitudes à l’égard de leurs chiens et d’améliorer leur « bien-être ».
Mais au cours de ce projet, nous avons découvert que la rage constitue un très gros problème dans la région, de sorte que le
programme de vaccination contre la rage a été mis en place. Ses effets bénéfiques tant pour les chiens que pour les populations locales est incontestable.
Quant au football, il nous permet de transmettre d’une manière agréable notre message pour la préservation des singes. Depuis ce tournoi, les enfants sont fiers de porter notre T-shirt à l’école et ne manquent pas de nous interpeller quand ils ont vu des singes. Bon nombre de ces enfants iront probablement travailler comme berger plus tard et il est important que les singes soient associés à une image, à quelque chose qu’ils aiment comme le football qui reste l’une des activités les plus prisées des enfants…
Les T-shirts adultes ont été distribués à des bergers et régulièrement, maintenant, nous sommes abordés par leurs amis qui en veulent un aussi. Ces T-Shirts sont désormais vus comme un symbole de statut social et cela malgré l’illustration du singe sur le devant. Lorsque nous avons débuté notre travail, les singes étaient considérés comme une source, un objet d’amusement. Cette attitude est en train de changer !
Toutes les activités et programmes que nous développons ont un point commun : celui de montrer à la population que leur bien-être est également notre source d’intérêt. Ce que nous proposons est simple et relativement peu coûteux mais les résultats sont très précieux. Par ailleurs, les populations sont invitées à participer : elles apprécient et s’approprient maintenant le projet.
Pour l’avenir, nous espérons trouver et mettre en place d’autres activités similaires bénéfiques tant pour la population locale que pour la sauvegarde du macaque de Barbarie.

Qu’en est-il de la population et de nos groupes de singes ?

L’automne 2010 a été une bonne année pour la production des glands qui constituent l’une des sources principales de l’alimentation des singes avant l’hiver.  Ils ont pu ainsi faire de bonnes réserves et prendre du poids.

Malheureusement de nombreux jeunes macaques nés au printemps n’ont déjà pas survécu à l’été.  C’est peut-être une situation normale pour la population de Bouhachem, toutefois des études complémentaires doivent être menées afin de savoir si cette mortalité n’est pas due aux conditions climatiques exceptionnellement chaudes et sèches de l’été passé.

Depuis janvier 2011, BMCRif a étendu son territoire d’étude qui compte désormais les massifs calcaires du djebel Kelti et de El-ghorhiz.  Nous avons récemment découvert qu’il existait dans cette zone un trafic de jeunes macaques et il est donc important que nous assurions une présence sur le terrain afin d’y mettre fin.  Heureusement, Ahmed est bien connu et apprécié dans cette région où il a passé pas mal de temps.

Ce mois d’avril fut également le mois des premières naissances de l’année.  Il s’agit d’une période très délicate pour les groupes qui doivent s’occuper des nouveaux-nés mais également surveiller et protéger les jeunes de l’année passée  contre les menaces des prédateurs tels que chiens et humains ou autres menaces telles que les feux…

Des feux de forêt.

Les feux sont l’une des pires choses qui puissent arriver dans la forêt de Bouhachem car ils peuvent détruire toute la végétation sur de vastes étendues dont le reboisement sera difficile et long.  Durant le mois d’avril, lors d’une sortie d’étude sur le terrain, Ahmed et Mohamed ont vu de la fumée s’élevant au dessus des arbres.  Il se sont rendus aussitôt dans la zone d’où elle provenait pour constater le départ d’un feu.  Ils l’ont rapidement attaqué après avoir appelé du renfort auprès des Eaux et Forêts qui leur a envoyé quelques agents auxquels se joindront des proches villageois   Il leur faudra six heures de lutte pour en venir à bout et empêcher la destruction d’un grande zone.

Barbary Macaque Conservation in the Rif dispose de sa page Facebook.  Merci de la rejoindre et d’apporter votre soutien ne fut-ce que moral – cela ne coûte rien – à ce projet !

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La propreté de la médina : un défi de tous les jours

avril 29, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Culture, Environnement, travaux

Voici un article que j’aurais préféré ne pas devoir écrire… C’est un coup de gueule par rapport à une situation que nous vivons tous les jours au sein de la médina. LE PROBLEME DE LA PROPRETE DES RUES.  Non pas que le problème se situe uniquement dans l’enceinte de la vieille ville, il suffit de voir l’état des rues de la ville moderne et des campagnes avoisinantes… mais dans la médina, on atteint le summum.  La situation donne l’impression, enfin non, MONTRE le désengagement des autorités locales « responsables ».

Après plus d’un an passé dans la médina, notre expérience est fondée sur des constats réels… La première chose que nous pouvons dire est que tous les quartiers de la médina ne sont pas égaux et que le problème se situe plus particulièrement dans les quartiers plus pauvres, plus populaires et autour des axes principaux où viennent s’établir des « commerçants » dont une grande majorité le sont de manière informelle.  Sur certains de ces axes et Nyiarin en particulier, ce sont les vendeurs de « puces », dont les « stocks » proviennent pour certains de l’Europe via Ceuta et pour d’autres, de produits récupérés dans les poubelles des quartiers plus nantis, qui occupent l’espace public et rendent par ailleurs la circulation compliquée… En fin de journée, comme bon nombre d’entre eux n’habitent même pas les lieux, ces vendeurs abandonnent sur place leurs « stocks » sans même prendre la peine de les mettre dans les (trop rares) containers…

A certaines entrées de la vieille ville, telles que Bab El-Okla, Bab Nouader, Bab Tout, passages obligés et où l’affluence est grande,  ce sont les vendeurs de fruits et légumes, de poissons et autres femmes djiblia qui viennent écouler les produits de leurs exploitations.  Mais ici aussi les déchets vont rester tard dans la nuit jusqu’à ce que les ouvriers de TECMED, la société chargée de la collecte et gestion des déchets, passent.  Nous avons eu l’occasion de les voir à l’oeuvre et je leur tire mon chapeau car cela ne doit pas être une sinécure : les déchets jonchent le sol et les poubelles des maisons sont déposées simplement au centre des ruelles, souvent éventrées…. Pourtant, après leur passage, les rues ont repris un aspect civilisé et tôt le matin voilà l’aspect qu’elles peuvent avoir.
Nyiarin en début de journée
Et il ne faudrait donc pas beaucoup pour qu’elles gardent cet aspect si tout le monde avait un minimum de civisme… sans parler du respect des préceptes du Coran dans lequel de nombreux versets incitent au respect de l’environnement…

L’Islam a ordonné de se préoccuper de la propreté des rues et de les préserver de tout ce qui les nuit. Mieux, il a établi cela comme une branche de la foi.
Le Compagnon Abou Houreïra a rapporté que le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a dit : « La foi comporte un peu plus de soixante dix ou de soixante branches. Le plus élevée est la proclamation qu’il n’y a de dieu que Dieu et la moindre est le fait d’ôter de la voie publique ce qui peut nuire aux passants. »
rapporté par Boukhari et Muslim.

Pour le dépôt des déchets , il existe pourtant des containers mais la majorité de ceux-ci sont dissimulés dans des cours intérieures ou dans les ruelles voisines, parfois difficilement accessibles durant la journée.  Ils ne sortiront en général dans les rues que vers 22h00 alors que les « commerçants » ont déjà quitté les lieux depuis longtemps.  Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des containers à moitié vides alors que les abords sont jonchés de déchets… Des fois aussi, c’est la fainéantise des gens qui ne prennent même pas la peine de lever le couvercle…

Dans la médina je vous mets également au défi de trouver des poubelles pour les petits déchets, où l’on pourrait y mettre ne fut-ce que les papiers, emballages , paquets de cigarettes, canettes… qui dès lors se retrouvent au sol.

Un autre aspect du problème est celui des travaux entrepris par les habitants.  Ceux-ci se font souvent la nuit et de manière illégale… et le matin par-ci par-là des tas de gravats ont fait leur apparition.
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina
Au départ, ces tas sont constitués de sacs de déchets inertes et donc relativement propres… Très rapidement pourtant, ils vont se dégrader et constituer des tas immondes où se mélangeront les déchets domestiques.
Ces tas vont parfois ainsi perdurer près d’un mois avant qu’ils ne disparaissent totalement !  Récemment j’ai fait le test et pris, pendant plusieurs jours les photos de tas proches de la maison…
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Quand je prends la première photo, le tas est déjà là depuis plus d’une semaine…  Comme on peut le voir, le tas évolue.  Je pense que TECMED fait relativement bien son boulot en ramassant, le cas échéant, les sacs de déchets domestiques qui s’y trouvent, mais les sacs de gravats vont rester… Il faudra quand même près de trois semaines avant que le tas ne disparaisse mais rapidement un autre prendra sa place.

Et les inscriptions sur le mur de ce derb récemment chaulé par ses habitants ne sont même pas dissuasifs…
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Mais il y aurait peut-être une lueur d’espoir !

Il y a quelques jours, nous avons trouvé le matin dans la rue un tas énorme de déchets que le propriétaire du « foundouk »  voisin avait sorti de je ne sais où…
Tas de saletés dans la médina
Notre voisin Abdelslam, à qui nous devons le chaulage et l’entretien du derb, s’est alors rendu rapidement auprès du caïd pour l’informer.  Celui-ci, accompagné du mokadem de notre quartier est venu sur place et a exigé l’évacuation du tas.
Et ce matin, nous avons croisé plusieurs ouvriers de TECMED en train de nettoyer et évacuer des tas proches de la maison.
Ouvriers en train de nettoyer Nyiarin
Seraient-ce les signes précurseurs d’une prise de conscience ?  On veut y croire mais afin de maintenir la pression, nous pensons constituer un dossier-rapport photo que nous transmettrons ultérieurement à qui de droit si la situation ne s’améliore pas et en attendant, je compte publier régulièrement sur les différents groupes et pages à ma disposition les témoignages de cette situation.  Et de la matière, il y en a !!!

N’oubliez pas Messieurs les élus que la vieille médina est la vitrine de la ville de Tétouan.   Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997,  sachez qu’elle est considérée par les spécialistes comme l’une des plus belles du monde et les touristes que nous avons eu déjà le plaisir de recevoir à Dar Rehla, notre maison d’hôtes, nous ont confirmé ce constat.

Honte à vous alors de la laissez se dégrader ainsi de jour en jour…

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Autour de la lagune de Smir

avril 27, 2011 By: Dar Rehla Category: A voir, Environnement

Voici une petite promenade, enfin 17 kilomètres quand même, du côté de M’Diq-Rincon.  Le trajet est facilement accessible et à la portée de tous.  Seule la dernière partie, du côté des travaux du futur complexe Ritz-Carlton, est rendue maintenant très difficile par le passage des camions et autres engins du chantier…  D’après les photos satellite, il doit cependant exister un évitement qui raccourcirait le parcours tout en traversant une partie de la lagune.  A tester prochainement…

Découvrez une partie des paysages qui pourraient s’offrir à vous si vous optez pour le Nord du Maroc pour vos prochaines vacances, tout  en espérant que vous choisiriez  Dar Rehla, notre maison d’hôtes à Tétouan pour votre hébergement… Contrastes garantis !




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PROTESA invité à la semaine culturelle du Lycée Moulay Hassan

mars 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Education, Environnement, Non classé

Ce lundi 28 mars, j’ai eu le plaisir de participer en compagnie de Jawad Dfouf et de Rachid El Kamlichi, deux autres membres de notre groupe PROTESA à une activité de communication et de sensibilisation dans une école de Tétouan.  Pour rappel, PROTESA est l’acronyme de « Protejamos Tetouan Y Sus Alrededores » le nom d’un groupe initialement créé sur Facebook et dont les objectifs sont la « protection » de Tétouan et des ses environs.  Un domaine bien large qui peut englober de nombreux aspects tels que le patrimoine, la biodiversité, la Nature, les déchets, etc…

Les premières actions concrètes entreprises par le groupe ont été des nettoyages de sites situés à proximité de Tétouan et envahis de déchets de toutes sortes : Zarka, Aïn Bouanen, Cabo Negro, Amsa, etc… Ces opérations ont recueilli un certain succès et la participation y a souvent été importante, mais si l’on veut apporter une réelle amélioration à l’environnement de Tétouan, notre action ne peut pas et ne doit pas se limiter à ces opérations « réparatrices » qu’il faudrait alors renouveler régulièrement.   Il faut également s’attaquer à la source du problème qui est le comportement individuel vis-à-vis des déchets car on aura beau mettre des moyens importants en oeuvre, c’est cause perdue si la population ne participe pas : il suffit de voir la situation dans les rues de la médina où se tient le commerce informel de la ville… tous les soirs, TECMED nettoie et évacue des quantités de déchets importantes mais chaque jour il faut remettre en oeuvre ces moyens parce que les commerçants n’ont aucun respect de la ville et de l’espace public.  Dans les campagnes et les villages la situation doit être nuancée car le problème principal est fort probablement l’absence de collecte des poubelles.   Alors, on jette dans la nature…

Ce lundi donc, nous avons pu aller à la rencontre des élèves du lycée Moulay Hassan de Tétouan, dans le cadre de la semaine culturelle que l’établissement organise chaque année.  Pour moi ce fut une découverte intéressante : j’y ai ainsi appris que pratiquement tous les établissements scolaires de Tétouan et du Maroc certainement disposaient de « clubs de l’environnement ».  Une opportunité de communiquer et sensibiliser cette tranche d’âges de citoyens à l’avenir de leur environnement direct.

Pour ce faire, nous avons disposé de deux heures de parole devant un auditoire bien rempli et attentif.   L'auditoire du jour
Après une brève présentation de la part du responsable du « club », Jawad a fait une présentation de PROTESA et des ses objectifs au travers d’un montage vidéo réalisé par Omar Khattabi, présent également avec nous dans l’assistance.

Sa présentation porta ensuite sur quelques problèmes environnementaux qui se posent à Tétouan.  Ont ainsi été abordés :

la pollution de l’Oued Martil

que l’on peut espérer voir solutionnée (en partie) par la mise en service prochaine d’une nouvelle station d’épuration.  Je dis en partie car si cette nouvelle station traitera les effluents de la ville, il restera encore de nombreuses sources de polluants industriels rejetés directement dans l’oued et non encore contrôlées…  Le sujet à lui seul mérite un article que j’essayerai de rédiger prochainement, une fois que j’aurai plus d’infos techniques et des chiffres.

la situation de la décharge

Ce fut l’occasion de parler ainsi du :

  • recyclage des plastics qui se fait là-bas mais dans des conditions de travail assez rudimentaires…
  • des problèmes sanitaires que cette décharge peut poser : on y trouve des carcasses de chiens abattus et/ou empoisonnés et laissés en état de putréfaction sans être enterrés… alors que du bétail s’y trouve également à la recherche de nourriture parmi les déchets présents.

Rem : il serait cependant injuste de ne pas signaler ici les travaux entrepris au niveau de cette décharge.  La zone  a été réhabilitée et traitée de manière à imperméabiliser la couche inférieure. Mais reste encore, à mon avis, le problème des eaux de percolation et de ruissellement.  En effet, lors de la visite que nous avons réalisée sur les lieux, je n’ai pas remarqué d’unité de traitement spécifique.  Ces eaux représentent pourtant une source de contamination potentielle de la nappe phréatique et de l’oued tout proche, dans la vallée.

l’unité de traitement des déchets hospitaliers

Située dans la zone industrielle de Tétouan, cette installation mise en service récemment est destinée à « banaliser » les déchets hospitaliers et médicaux.  Après un traitement en autoclave destiné à éliminer tout risque pathogène, les déchets sont broyés et mis en décharge traditionnelle.   Lors d’une visite dans les installations, j’avais eu une discussion avec le responsable de l’unité sur le problème des contrôles, du tracking et du tracing des déchets… et la notion de risque « zéro »… qu’il voulait à tout prix me « vendre » pour justifier l’absence d’une zone tampon – en attente des résultats d’analyses bactériologiques – avant la mise en décharge.

La présentation suivante sera faite par Rachid El Kamlichi, notre spécialiste ornithologiste et portera sur la Jawad et Rachid lors de la présentation

la lagune de Smir, sa richesse et sa diversité  faunique

Un site qu’il affectionne particulièrement et qu’il m’a ait découvrir d’une manière attractive par sa connaissance des nombreuses espèces qui y sont présentes.  Son exposée sera d’ailleurs illustré par des très belles photos de quelques espèces rares que l’on peut y trouver.  Cela c’est le beau côté de la lagune de Smir mais il fallait également aborder lors de cette présentation la menace que représente pour cet éco-système le projet Ritz-Carlton dont les travaux avancent (trop) bien… alors que la zone est classée SIBE (Site d’Intérêt Biologique et Ecologique).

Quant à moi, vous direz-vous ? Et bien, ayant été informé un peu tardivement de l’évènement et sans connaître les moyens dont disposaient le lycée, je n’avais pas de support médiatique spécifique et je dois le dire peu préparé mon intervention que je ne souhaitais pas faire sous une forme « ex-cathedra ».  Alors, sur base des exposés de Jawad et Rachid,  j’ai préféré essayer d’engager un dialogue et un débat sur l’environnement afin d’en savoir un peu plus sur la motivation de ces étudiants et leur perception du sujet.  Malheureusement, est-ce par timidité ou par méconnaissance de la langue française mais toujours est-il que les questions furent limitées et ce fut plutôt un monologue de ma part…  J’espère cependant que nous aurons l’occasion de remettre cela à l’avenir et sur base de cette première expérience, je pourrai certainement apporter plus.

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Journée mondiale des zones humides… et la lagune de Smir

février 01, 2011 By: Dar Rehla Category: Environnement

Dans un précédent article, Va-t-on assister à la destruction de la lagune de Smir,  j’avais déjà abordé le problème de la construction d’un nouveau complexe touristique de luxe par la chaîne Ritz Carlton et des menaces qui pèsent dorénavant sur cette lagune, qui fait pourtant partie du réseau des sites d’intérêt biologique et écologique du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification

Demain 2 février sera la Journée mondiale des zones humides instaurée par la Convention de Ramsar, du nom de la ville iranienne au bord de la mer Caspienne dans laquelle elle s’est tenue en 1971 pour la première fois.

La Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) — connue sous le nom de « Convention de Ramsar » — est un traité intergouvernemental qui incarne les engagements de ses États membres à maintenir les caractéristiques écologiques de leurs zones humides d’importance internationale et à planifier « l’utilisation rationnelle », ou utilisation durable, de toutes les zones humides se trouvant sur leur territoire. La Convention de Ramsar n’est pas affiliée au système d’Accords multilatéraux sur l’environnement des Nations Unies, à la différence des autres conventions mondiales du domaine de l’environnement, mais elle travaille en étroite collaboration avec les autres AME et elle est un partenaire à part entière du groupe de traités et d’accords « relatifs à la biodiversité ».

La convention de RAMSAR est unique dans l’histoire des traités internationaux en faveur de la protection de l’environnement. Si elle est le premier acte international en faveur de la protection de l’environnement, elle reste surtout aujourd’hui le seul accord international sur la gestion et l’utilisation d’une catégorie d’éco-systèmes précis.

Signée donc le 2 février 1971, elle regroupe aujourd’hui 159 pays dont le Maroc qui a d’ailleurs désigné 24 sites humides au niveau national, représentant, selon les sources, des superficies fort différentes : 14 350 hectares à 272.010 ha.  Par ailleurs, j’ai eu beau chercher sur le net je n’ai trouvé que cet article donnant une liste des sites Ramsar mais il n’y en a pas 24…

Cela me fait penser que je n’ai pas non plus trouver de liste des SIBE et de leur classification… si quelqu’un a un lien merci de le partager.

Sur le site de RAMSAR - www.ramsar.org - on peut naturellement trouver toutes les informations relatives à la convention et ses objectifs…

En cherchant un peu, on a également accès aux rapports annuels nationaux.

Parmi ceux-ci je suis tombé sur le rapport « Rapport national à l’occasion de la 7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) »

On peut y lire entre autre

Conscient du besoin urgent de la conservation de la biodiversité des écosystèmes naturels, y compris les zones humides, le Ministère Chargé des Eaux et Forêts a réalisé une étude pour l’identification d’un réseau de Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE). Cette étude a permis d’identifier un réseau de 84 zones humides (43 sites continentaux et 41 littoraux).

Ces SIBE sont classés selon trois niveaux de priorité, définis par le degré de nécessité et l’urgence de la protection qui leur est proposée.

et un peu plus loin

Dans l’optique dassurer la valorisation du réseau des aires protégées et de rehausser le niveau de vie des communautés locales, le Ministère Chargé des Eaux et Forêts a eu l’initiative de promouvoir un écotourisme qui vise à long terme l’amélioration des économies locales, sans toutefois porter préjudice aux équilibres bioécologiques des écosystèmes naturels et à la préservation des coutumes locales traditionnelles.

Voilà peut-être ce qui justifie les travaux d’aménagement dont fait l’objet la Lagune de Smir ! l’ECOTOURISME !!!

Comment n’y avait on pas pensé . D’autant que le slogan du panneau publicitaire ne laissait pas vraiment de doute « LE LUXE AU SERVICE DE L’ENVIRONNEMENT »….
Au service de l'environnement....

Suite à mon premier article, Rachid m’a proposé de l’accompagner sur le site que je n’avais plus visité depuis quelque temps et samedi nous sommes allés faire quelques photos.

Nous sommes allés directement du côté où les travaux sont en cours.  Nous avons pris un peu d’élévation sur une colline toute proche et quel paysage !
La lagune de Smir avant les travaux...

Profitez-en car même si le chantier n’était pas en activité ce jour, la  présence des engins de chantier ne laisse aucun doute et d’ailleurs le remblayage a déjà commencé.
Engins du chantier Ritz-Carlton

Sur cette photo, issue d’un montage
Vue panoramique de la lagune
on se rend compte de l’étendue de la lagune mais il faut savoir que toute la partie située au devant de la photo est vouée à disparition au profit des appartements, villas, hôtel du projet… sans parler du terrain de golf tracé par M. J. Nicklaus… vous avez dit écotourisme ?

Un peu plus loin, on peut constater que des décharges de matériaux de construction ont dû déjà avoir eu lieu auparavant et probablement qu’elles continuent au profit du chantier…
Décharge sauvage
Un peu plus loin, on arrive à un embranchement et Rachid m’informe que c’est par cette routes que les camions vont décharger les remblais au centre du périmètre à aménager….
Route

Rachid m’emmène ensuite dans une partie que je n’avais pas encore visitée via une route qui contourne la lagune par l’arrière alors que généralement on se limite à la partie qui fait face à la côte, la plus facile d’accès et bordée par une jolie promenade.

Mais franchement, si vous passez un jour par ici et que vous appréciez la balade, je vous invite à faire le parcours…  On est en bordure de collines parsemées d’oliviers et de chênes-lièges où pâturent, disséminés, des troupeaux de bovins et de caprins.  Sur le plan d’eau ce sont de nombreuses espèces aquatiques que vous pourrez observer.

Mais attention certains passages peuvent être difficiles par temps de pluie…
Passage difficile Innondation

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Va-t-on assister à la destruction de la lagune de Smir ?

janvier 28, 2011 By: Dar Rehla Category: Environnement

De part sa position géographique, le Nord du Maroc constitue pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs une zone de transit importante dans leurs longues migrations intercontinentales.  Que ce soit à l’aller ou au retour, de nombreuses espèces s’arrêtent dans le secteur où elles vont trouver refuge dans différents ecosystèmes caractéristiques.  Parmi ces écosystèmes figurent les zones humides dont les superficies et le nombre ont été déjà fortement réduits au profit d’aménagements touristiques et de constructions.   En effet, bon nombre de ces zones se situent en bordure du littoral et sont soumises dès lors à la pression immobilière croissante.

Dans un article précédent, j’avais déjà parlé de la zone humide de Martil et du souhait de Rachid que cette zone soit reconnue rapidement comme zone protégée.  En effet, tant que ces zones ne bénéficieront pas d’un statut officiel, on peut s’attendre au pire… Mais bon, de toute manière, est-ce suffisant ?  Pas si sûr…

Ces zones restent fragiles et surtout insuffisamment protégées (http://ma.chm-cbd.net/manag_cons/esp_prot)

Ce constat se voit confirmé dorénavant par une nouvelle menace qui pèse sur une site tout proche de Tétouan : la lagune de Smir…

Reconnue depuis 1995 par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification comme SIBE (site d’intérêt biologique et écologique) on aurait pu penser que la lagune de Smir serait à l’abri de toute destruction ou d’aménagements qui nuiraientt à sa pérennité et à la préservation des espèces.  Des aménagements ont même été faits en son pourtour aménagé en promenade et qui apportent des explications sur les espèces qui s’y réfugient et y séjournent.
Panneau didactique
Parmi ces espèces, certaines sont rares et d’autres sont même considérées comme menacées de disparition et la lagune est un des rares sites où l’on peut encore les observer.

La lagune se situe par ailleurs en bordure de la partie marocaine de la réserve de la biosphère intercontinentale de Méditerranée et fait ainsi partie depuis le 25 octobre 2006 de la liste mondiale des réserves de la biosphère approuvée par le programme MAB de l’UNESCO .  Il est même étonnant qu’elle n’en fasse pas partie car son biotope est relativement unique.

En mai 2010, j’avais eu l’occasion de visiter les lieux avec Rachid. Ce fut notre premier contact et il s’était fait dans le cadre d’une journée de sensibilisation aux problèmes de la lagune.  De nombreux experts étaient alors venus s’exprimer sur différents sujets relatifs à la lagune :

  • son hydrologie
  • sa diversité floristique
  • la diversité des insectes qui s’y trouvent
  • sa position stratégique sur les chemins migratoires
  • la richesse de sa population ornithologique
  • etc..

Pour terminer, nous avions eu droit à une présentation d’un projet qui s’intitulait ECOPARC…. Cette présentation avait suscité pas mal d’inquiétude et de questions pertinentes quant à la finalité réelle du projet mais peu de réponses convaincantes avaient été données. La journée s’était terminée sur la promesse de mettre en place une commission de suivi…

Rachid m’avait alors amené sur le site de la lagune qu’il visitait régulièrement et dont il voyait presque quotidiennement les dégradations.

Pour arriver au bord de la zone, nous avions alors traversé des zones urbanisées qui se sont développées depuis quelques années sur des parties asséchées de la lagune réduisant ainsi son étendue sans parler des nuisances qu’elles engendrent en terme de rejets…
Zone urbanisée sur la lagune de Smir

Un peu plus loin nous atteignons l’endroit que Rachid souhaitait me montrer. Et là, surprise, une route en construction en plein milieu de la zone !
Aménagement de la lagune de Smir Travaux dans le périmètre de la lagune de Smir

Rachid m’informe par ailleurs qu’en cette période de nombreuses espèces devraient nicher par ici… Et cette route s’inscrit pourtant dans le cadre de l’ECOPARC.

Peu après, les travaux ont été arrêtés – je sais que des lettres ont été adressées à de hautes instances – et les panneaux annonçant le projet ECOPARC ont disparu.  On aurait pu penser alors que le projet avait été abandonné, mais quelque temps plus tard un nouveau panneau est venu remplacer le précédent.
Au service de l'environnement....

On ne parle plus d’ECOPARC mais maintenant il s’agit de la construction d’un complexe RITZ-CARLTON… Le projet se composera de 131 villas et 83 appartements et d’un hôtel cinq étoiles qui sera le premier du groupe en Afrique. Le domaine couvrira quelques 130 hectares et comprendra un glof 18 trous…  L’ouverture est prévue pour 2013 et tout semble aller pour le mieux pour les promoteurs car il n’aura pas fallu un mois pour que le projet soit vendu… Comme quoi la crise n’existe pas pour tout le monde…

Mais bon, ce n’est pas la raison de cet article mais plutôt l’impact qu’auront ces nouvelles constructions sur la lagune car c’est au détriment de celle-ci que se feront les aménagements.  Il suffit de regarder la vidéo présentant le projet pour en être convaincu… Et la « communication » qui parle de « service à l’environnement »… On ne doit pas avoir la même interprétation du service et de l’environnement.

Depuis quelque temps les travaux ont repris sur le site et auront une influence certaine sur l’écosystème. Dès cette année de nombreuses espèces ne pourront plus ni hiverner ni nidifier ici…

Quelques associations se sont rassemblées récemment à M’diq pour dénoncer le projet.  Depuis, une page facebook  Non à la destruction des marais et lagune de Smir a été créée pour une sensibilisation tant locale qu’à l’étranger et de nombreux groupes ornithologistes ont déjà relayé l’information sur leur blog car la destruction de la lagune sera une perte considérable pour la biodiversité de la zone.  Rachid a aussi été invité à parler du problème sur un média national et on parle également d’une manifestation prochaine sur le site.

Mais est-il encore temps ?

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Nettoyage des dunes de Cabo Negro par PROTESA

janvier 25, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Environnement

Ce dimanche 30 janvier 2011 aura lieu le premier ramassage de déchets de 2011 organisé par le groupe PROTESA de Tétouan.

L’opération se focalisera cette fois sur les dunes de Cabo Negro, une zone située aux limites de Martil au delà de l’oued Mellah.  Ce site que je considère personnellement comme un site assez exceptionnel se caractérise par des espèces végétales spécifiques et un paysage que l’on ne trouve pratiquement pas ailleurs sur la côte.  Malheureusement, par manque de conscience et de connaissance quant à cette richesse biologique, le site sert, comme de nombreux autres endroits de la région, à des décharges sauvages et les déchets s’y accumulent et dégradent l’environnement.  En été, il n’est même pas rare de trouver derrière les premières dunes qui constituent alors un écran visuel bien « pratique » des tas de sacs poubelles issus des collectes réalisées sur la plage toute proche…  J’avais déjà soulevé ce problème dans un article précédent traitant des nouveaux aménagements de la corniche de Martil.

On ne peut donc que se réjouir de cette opération de nettoyage mais celle-ci devra être accompagnée ou suivie d’une sensibilisation des utilisateurs potentiels de la zone.

A noter que pour cette sensibilisation, PROTESA pourra compter sur les publications de SURFRIDER FOUNDATION MAROC avec qui le groupe concrétisera très prochainement un contrat de partenariat.  Depuis peu, SURFRIDER FOUNDATION dispose en effet d’une antenne au Maroc, SURFRIDER FOUNDATION MAROC que je vous invite à découvrir via leur page FACEBOOK ou leur blog.

Par ailleurs, si la défense de l’environnement vous intéresse et que vous souhaitez vous associer à ce style d’initiatives, je vous conseille le site http://www.initiativesoceanes.org/ sur lequel vous pourrez retrouver cet évènement mais aussi bien d’autres !

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Du nouveau du côté de l’hôtel Dersa.

janvier 10, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Environnement

Situé dans une rue parallèle à l’Avenue Mohamed V, non loin de Bab Tout, l’hôtel Dersa fut pendant de nombreuses années l’un des fleurons de l’hôtellerie locale.
L'hôtel Dersa
Construit dans les années 50 cet hôtel accueillit des personnalités majeures dans ses salons mais cessa de fonctionner dans les années 80.  Je n’ai pas réussi à trouver beaucoup d’informations ni de photos d’époque. A peine une copie d’affiche.
sticker_dersa

Depuis le bâtiment est à l’abandon, dans un état de décrépitude lamentable indigne et est régulièrement squatté.  A l’entrée s’accumulaient souvent des ordures et des déchets de tous genres, dégageant parfois des odeurs particulièrement désagréables…
L'entrée de l'hôtel Dersa

Il y a quelques mois, en septembre 2010, le terrain vague jouxtant l’immeuble principal a été clôturé par des barrières et, depuis la semaine passée, on y dénote la présence d’une équipe d’ouvriers et une activité de démolition et nettoyage. Hier j’ai sollicité le chef d’équipe afin qu’il me laisse pénétrer dans l’immeuble et, partir à la découverte de cet ancien palace dans lequel j’espérais trouver quelques vestiges de sa magnificence passée… Mais très rapidement, je vais déchanter car l’endroit a été vandalisé quoique quelques détails permettent encore de se faire une idée… Appréciez !

Une fois passé le portail de la clôture, j’ai accédé au terrain qui borde l’immeuble principal.
Travaux de démolition
C’est à ce niveau que les ouvriers s’activent pour l’instant et d’après les explications recueillies, le sol devrait être creusé sur une profondeur de plus ou moins quatre mètres !  On me parle d’une discothèque !  Quoiqu’il en soit, j’espère pour eux que pour réaliser cela, ils disposeront d’engins… car pour le moment toute la démolition se fait au burin, à la pioche et le dégagement des déblais à la pelle et à la brouette ! Courage les amis…

Une fois entré dans le bâtiment, on accède à l’ancienne réception dont on voit encore les restes de la vieille porte d’entrée.
L'ancienne porte d'entrée de l'hôtel Dersa
De là on accède à une pièce immense légèrement en surplomb, parsemée de quelques colonnes de soutien.
L'ancien salon de l'hôtel Dersa
L’espace était aux dires de mon « guide », un salon et malgré la pénombre qui baigne l’endroit on peut remarquer que les plafonds étaient tout travaillés.

Vu le manque de clarté du rez-de chaussée, il m’est difficile de poursuivre ma visite à ce niveau.  Je noterai quand même que sur un côté il y a un escalier qui doit mener vers un sous-sol mais celui-ci est encombré et s’y engager serait risqué… L’odeur qui s’en dégage n’est pas non plus très avenante.

Pour accéder aux étages supérieurs, l’hôtel disposait d’un ascenseur…
La cage d'ascenseur de l'hôtel Dersa
mais j’utiliserai les escaliers…

Au premier étage, paradoxalement certaines chambres sont encore en « bon état »…
Une des chambres de l'hôtel Dersa Une petite chambre Une petite chambre
Ok, tout est relatif mais quand vous verrez les photos des parties supérieures, vous comprendrez… On remarquera quand même le travail des moulures et dans certaines chambres, il reste encore quelques traces de la déco.
Un ancien décor de l'hôtel Dersa Détail de la décoration

Les couloirs sont immenses et desservent les nombreuses chambres que comptait chaque étage et plus on monte, plus l’état de dégradation est important.
Un couloir de l'hôtel Dersa Un des couloirs de l'hôtel Dersa

Chaque chambre semblait disposer de son placard et de sa salle de bain, mais plus rien ne subsiste : tout a été vandalisé et probablement brûlé comme le laissent supposer les traces noircies dans certaines pièces des niveaux supérieurs
Cuisine, salle de bain ?
D’ailleurs, parmi les restes calcinés, on peut encore trouver quelques archives de l’hôtel :
Un vieux ticket de caisse de l'hôtel Dersa Une ancienne fiche

Et c’est amusant, les fiches hôtel n’ont pas changé par rapport à celles que nous devons toujours remplir à Dar Rehla lorsque nous accueillons de nouveaux hôtes.

Seuls quelques meubles ont échappé au désastre…
Une vieux fauteuil de l'hôtel Dersa Une ancienne chaise de l'hôtel Dersa Une vieille table de l'hôtel Dersa

Allez, encore quelques marches et on accède à la terrasse !
La terrasse de l'hôtel Dersa

D’ici, tout comme des terrasses de Dar Rehla, notre maison d’hôtes, on a une vue exceptionnelle sur Tétouan.
La vieille médina vue de l'hôtel Dersa
Vue sur l'Ensanche La vieille médina vue de l'hôtel Dersa La vieille médina vue de l'hôtel Dersa

Maintenant, en ce qui concerne de loger à Tétouan, je pense que d’ici que la rénovation de l’hôtel Dersa soit achevée, vous admettrez que Dar Rehla est probablement l’un des meilleurs choix.  Et pour vous en convaincre je vous suggère de lire les avis que nos clients ont déjà laissé sur Tripadvisor

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Une exposition sur l’olivier en Méditerranée à l’Institut français de Tétouan

novembre 15, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Environnement

Ce week-end, avec le groupe PROTESA, nous avons organisé une journée « picnic » dans la propriété d’un ami tétouanais. Cette propriété proche de Tétouan couvre une superficie de quelques quatre hectares plantés principalement d’oliviers. La plantation est récente, de deux à trois ans tout au plus. Plantation d'oliviers

Nous avons pu assister à la récolte des olives. Pour ce faire on couvre le sol d’une bâche autour des pieds de l’olivier et on le secoue, les olives mûres tombent et il suffit de ramasser. Facile, non ? La récolte des olives

Ensuite, les olives sont mises dans des sacs et puis seront acheminée vers le lieu de traitement : pressage et extraction de l’huile ou simplement désamérisation et préparation de conserves. La récolte des olives

C’est assez succinct, j’en conviens mais cette petite introduction me permet de vous faire part de l’exposition « L’olivier en Méditerranée » qui se tient depuis le 1er novembre et jusqu’au 30 novembre 2010 dans la médiathèque de l’Institut français de Tétouan.

Oliviers Cette exposition interactive présente au travers de panneaux et manipulations, les origines de cet arbre, mais également l’amélioration des modes de productions associée à la notion de paysage et de développement durable.
Enfin, elle permet grâce à quelques objets de découvrir le patrimoine lié à cet arbre mythique.

Si vous voulez en savoir plus, c’est là-bas qu’il faut vous rendre ou bien sur ce site olivierdeprovence.com d’où j’ai déjà tiré quelques informations intéressantes dont la manière de traiter et préparer les olives que nous avons ramenées de chez notre ami.   Des olives tétouanaises fraîchement cueillies

J’espère pouvoir les lui faire goûter prochainement, une fois préparées, à Dar Rehla.

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