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Archive for the ‘Culture’

Le Moussem de Moulay Abdelslam reporté

juin 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Histoire

Se tenant traditionnellement le 1er juillet, le moussem de Moulay Abdelslam sera reporté cette année au 9 juillet en raison du référendum sur la nouvelle constitution qui se déroulera le 1er.

L’année passée, je m’étais rendu à Moulay Abdelsam en compagnie de Mohamed qui y possède une charmante maison et j’avais relaté cette expérience dans cet article.  Malheureusement, nous étions arrivés trop tard et les festivités étaient terminées, à ma grande déception.

Cette année, je m’y rendrai à nouveau mais à la bonne date… Enfin je l’espère, car comme toujours les informations restent difficilement vérifiables (cherchez vous-même)… Ce sera en compagnie de Manolo, un ami photographe qui souhaite également y aller et en rapporter quelques clichés pleins d’authenticité.  Voilà plusieurs années qu’il attend cette opportunité et à chaque fois, son emploi du temps ne cadrait pas.

Manolo est un passionné du Maroc et de randonnées : il tient d’ailleurs également un blog intitulé « Randonnées dans le Rif » dans lequel il a  fait un article sur Moulay Abdelslam qu’il m’a autorisé d’utiliser.  J’en ai tiré l’essentiel de cet article mais y ai apporté d’autres informations complémentaires.

Après publication de l’article, Manolo m’a informé que le blog auquel je faisais référence ne lui appartenait pas…  Cette information m’a ensuite été confirmée par les propriétaires du blog qui m’ont envoyé un petit message afin de préciser les choses.  Voilà qui est fait.

J’en profite pour donner le lien du site que tient toutefois Manolo : il s’agit d’un site de photographie dont il est également passionné et probablement plus que de randonnées, d’ailleurs… http://www.espaliu.com/  Un vrai plaisir…

Mais revenons à notre ami Moulay Abdessalam  ben M’chich…

Sa biographie

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh vécut au VII siècle de l’Egire (560-625) soit entre 1165 et 1228 de l’ère chrétienne mais la réalité de sa vie se mélange toutefois avec la légende.
Dès son plus jeune âge l’enfant suit l’enseignement coranique et à l’âge de 12 ans, il connait déjà le Coran dans sept versions phonétiques. Cet enseignement sera complété par une initiation spirituelle qu’il recevra à Bagdad du maître Abd al-Rahman al-Madanî al-Hassanî surnommé al-Zayyât.  C’est au cours de ce même séjour qu’il fera la connaissance de son futur disciple Alî al Ghumâri que l’on connaît aussi sous le patronyme de Abû-l-Hasan  al-Shâdhilî et qui contribuera à la diffusion de sa doctrine.

A son retour et à la demande des habitants de l’endroit qui reconnaissent en lui un certain nombre de vertus et de pouvoirs, il s’installe au sommet du mont La’Lâm, dans une grotte, à proximité d’une source.

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sera assassiné à l’âge de 32 ans par Ibn Abî al-Taouâjin al Kutâmi, alors gouverneur de Sebta,  à proximité de la source où il pratiquait ses ablutions.  Un texte de la plume d’un père franciscain espagnol relate que l’assassinat fut commandité par le sultan Moulay Ismaïl, en raison de la propagande négative qu’il lui faisait.  Pour d’autres, ce serait Ibn Abî al-Taouâjin qui serait le seul responsable car il voyait en sa personne une menace réelle pour ses projets (cf. wikipedia)

On est au sommet du Djebel !
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L’endroit où il va s’installer revêtissait une importance spirituelle incontestable car il était déjà associé à un culte solaire par les anciennes populations berbères et il devint donc naturellement un lieu spirituel et purificateur : un « pôle » pour les soufis.

 

Mais par ailleurs le lieu est stratégiquement important car du sommet du djebel on domine les côtes méditerranéennes de Tétouan jusqu’à Ceuta, atlantiques de Tanger à Larache mais également toute la région intérieure de Chefchaouen et Ouezzane.

Sa doctrine (Shâdhilia)

On ne saurait parler de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sans évoquer le soufisme (Tasawwuf) qui, en peu de mots,  représente le mysticisme  de l’Islam “c’est son aspect intérieur, sa substance, son âme, son essence ».  Il attribue un sens profond au texte coranique, occulte aux non-initiés et se développera pendant les trois premiers siècles de l’islam à Bagdad.

Moulay Abdessalam fut donc l’un des précurseurs du soufisme au Maroc et le fondateur de l’ordre mystique “al Tarîqa al-Shâdhiliyya” .  Parmi ses disciples figure Abu-l-Hasan al Shâdhili (1258) né à Ghumara et qui diffusera sa doctrine dans des contrées éloignées telles que la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et l’Iraq. On estime à quelques 12 millions les adeptes qui se prévalent de la Tarîqa al-Shâdhiliyya , rien qu’en Egypte…

Cette doctrine, qui n’exige ni monastères ni pratiques ostentatoires, se transmet oralement de générations en générations. La seule pièce écrite est une prière “Al Salât al-Mashîshiyya”qui est connue dans les recoins du monde islamique. Cette prière possède une grande valeur lyrique, d’une grande musicalité qui la rend unique.

Par ailleurs sa doctrine avait une portée politique également et ses disciples incitaient au Jihad chaque fois que la souveraineté du Maroc était menacée.  Ils devinrent les agents mobilisateurs de la guerre sainte contre les colonisateurs portugais et espagnols.

rem. : Pour en savoir un peu plus sur le soufisme, je vous renvoie à cet article « Soufismo no gharb Al-Andalus » de mon ami Frederico Mendes Paula.  L’article est en portugais et si vous ne pouvez comprendre cette langue, il faudra attendre que j’en fasse une traduction. (je pense que Frederico ne verra pas d’objections à cela,car on avait déjà procédé de la sorte pour un précédent article qu’il m’avait soumis « Contrastes » que vous pouvez lire en portugais ou en français.  Le blog « aventar.eu » est par ailleurs une source précieuse d’informations : sur la culture arabo-andalouse, mais pas seulement…

Le Moussem ou pélerinage

Après sa mort, la tombe de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh deviendra un lieu de pélerinage et de mémoire mais il faudra attendre quelques siècles (1519-1510) et le retour de la Shâdhiliyya au Maroc sous la dynastie des Mérinides pour que sa vénération soit à jamais reconnue.

Depuis, chaque année, le site est visité par de nombreux pèlerins et donnent lieu à de nombreuses manifestations hautes en couleurs.

Le sanctuaire et le site avoisinant acquerront même un statut d’espace inviolable “hurm mashishien”  où peuvent se réfugier ceux qui le souhaitent.  C’est d’ailleurs au pied du mont, aux abords du village de Dar Lahcen, que s’est réfugié fin du XVIIIème siècle Moulay Yasid, un sultan de la dynastie alaouite dont on préfère oublier l’existence… On n’en voudra pour preuve, que les ruines abandonnées du palais qu’il occupa ici.

Les ruines de Moulay Yasid - Dar Lahcen
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Le retour du jour E comme espagnol

juin 16, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture

Le saviez-vous ?
Dans le monde 500.000 personnes parlent l’espagnol qui représente ainsi la deuxième langue maternelle la plus parlée, la deuxième langue de communication internationale et la troisième langue utilisée sur internet.  Elle est par ailleurs la langue officielle de vingt et un pays et dispose depuis peu d’une nouvelle grammaire, fruit d’un travail de onze années auprès des différentes académies de langue espagnole existantes.

On estime qu’en 2030, 7,5% de la population sera hispanophone.

diae Afin de célébrer de par le monde la richesse de la culture espagnole, l’Institut Cervantés organise depuis 2009 une grande fête baptisée « El dia E », le jour E dans l’ensemble de son réseau dispersé sur les cinq continents.  Cette journée se tient le samedi le plus proche du solstice d’été et cette année, ce sera donc le 18 juin !

Tétouan ne sera pas en reste et pour cause, la ville fut quand même la capitale du Protectorat espagnol et reste imprégnée de cette culture.  Les traces sont encore nombreuses et récemment au sein de la Casa d’Espana se tenait d’ailleurs une exposition photographique dédiée aux vestiges de cette occupation.

L’année passée, nous avions assisté à une partie de la journée au cours de laquelle avait eu lieu un atelier de peintures murales dont j’ai parlé dans cet article.

Cette année les activités proposées seront :

Le jeu de l’espagnol :

Sur une grille de mots-croisés géante, vous et votre équipe testerez votre connaissance de l’espagnol.
Rem : vous pouvez déjà vous entraîner sur la version web du jeu !  http://www.eldiae.es/juego/jugar.  Le jeu s’ouvre sur une fenêtre « pop-up ». Il faudra peut-être donc  que vous autorisiez son ouverture selon la configuration de votre navigateur.

Hablapalabra :

Au travers de cette activité, ce seront les façades de l’Institut qui serviront à nouveau de support.  Elles seront décorées et illustreront les dix mots choisis par les internautes durant le mois de juin 2010 : ces mots sont  «infinito», «cachivache», «tiquismiquis», «magia», «bullicio», «alféizar», «libélula», «agua», «fraternidad» et «paz».

Cette année vous pouvez également voter pour l’un des trente mots proposés par un panel de personnalités hispanophones et votre choix sera peut-être retenu pour l’édition 2012. Qui sait ?

Moi, parmi les propositions,  j’ai choisi le mot « Alegria » proposé par Antonio Banderas  et qu’il définit comme “actitud de ir por el mundo aspirando a alcanzar la felicidad”.

La lluvia de palabras

C’est par cette activité que s’ouvrira la journée.

Rendez-vous donc à 11h00 précises, au plus tard, au risque de manquer cette pluie de mots ! Mais y serez-vous ?

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Une formation d’accordeur de piano à Tétouan avec MusicFund

juin 12, 2011 By: Dar Rehla Category: Culture, Education, Musique

Dar Rehla, notre maison d’hôte a accueilli ces derniers jours Lukas Pairon et Patrick Sinigaglia, deux voyageurs qui étaient à Tétouan dans le cadre d’un projet de l’ONG MusicFund, une ong belge oeuvrant dans le monde de la musique et des instruments.

musicfund L’idée originale de cette ONG revient à Lukas Pairon qui est par ailleurs le Directeur de l’ensemble ICTUS de Bruxelles.  Dans le cadre de cette activité,  Lukas Pairon a développé un programme d’ateliers internationaux.   Le premier projet  s’est réalisé en Palestine et sa genèse est expliquée dans cet article.  L’idée est d’utiliser la musique comme un instrument de développement.

Le projet a démarré tout d’abord par la formation d’enseignants et l’organisation d’ateliers à laquelle participent des musiciens de toutes nationalités et origines. S’est cependant posée rapidement la nécessité de fournir des instruments de musique et donc,  afin de remédier à ce problème, MusicFund a fait appel à la solidarité.  Depuis 2005, des collectes d’instruments sont organisées en Belgique et recueillent un franc succès.  Tous ces instruments seront réparés si besoin et expédiés dans les différents centres que MusicFund compte dorénavant en Palestine, en République démocratique du Congo, au Mozambique et en Afrique du Sud.

Mais à quoi bon fournir des instruments si il n’existe pas des compétences pour les réparer et les accorder ? Il fallait donc un prolongement et c’est en partenariat avec l’Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique (ITEMM) du Mans que des formations ont été progressivement mises en place.

L’ONG a fait son chemin et son travail a recueilli de nombreux témoignages.  Depuis peu, Cesaria Evora, la « diva aux pieds nus » est même devenue ambassadrice de MusicFund :

Lukas Pairon ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction et on peut le comprendre…

« Cesaria Evora just announced to Music Fund – www.facebook.com/musicfund - that she agrees to become artist-ambassador of the organisation and its projects! what an incredible present this is for us »
photo-cesaria-evora-ambassadrice-mf

Au Maroc, et en particulier à Tétouan, MusicFund va organiser prochainement un atelier de formation d’accordeur de piano.  Il part du constat que nombreux pianos existent ici, mais tant au sein des écoles de musique que dans les maisons privées, bon nombre d’entre-eux sont inutilisés et inutilisables car souvent défectueux… Personnellement, j’en connais au moins trois qui répondent aux critères…

La formation se déroulera fin novembre 2011 au sein de l’Ecole de musique de Tétouan.  La Délégation de la Culture est associée au projet et c’est elle qui se chargera de la sélection des candidats.

MusicFund et l’ITEMM apporteront également leur expertise à Rabat, d’une part dans l’organisation d’une formation similaire à celle dispensée à Tétouan mais d’autre part dans un atelier d’entretien et de réparation destiné aux instruments à vent.

Avant de clôturer cet article, je ne résiste pas à l’envie de vous solliciter à mon tour. Peut-être disposez-vous d’un instrument dont vous n’avez plus l’usage et ne sachez qu’en faire ? Alors pourquoi pas en faire profiter MusicFund ? Vous trouverez plus d’informations sur leur site.
Merci d’avance pour eux

En Belgique ont ainsi lieu maintenant depuis 2005 des collectes d’instruments de musique qui seront envoyés dans les différents centres que MusicFund a installé

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« Fantasías orientales en el cine español »

juin 03, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Histoire, spectacles

fantasias01df C’est sous ce titre qu’est organisé par l’Institut Cervantés de Tétouan, un cycle de projections cinématographiques au travers duquel on pourra se rendre compte de l’image du monde arabe véhiculée par le cinéma espagnol.






Au cours de ce cycle nous aurons droit aux réalisations suivantes :

- le 6 juin à 19h00, « La cancion de Aixia »

Un film de 1939 de Florian Rey

- le 13 juin à 19h00, « Los amantes del desierto »

Un film de 1958 et dirigé par Godofredo Alessandrini, Feruccio Cerio, León Klimovski, Gianni Vernucio

- le 20 juin à 19h00, « La esclava del paraiso »

Un film de 1967 réalisé par José María Elorrieta

- le 27 juin à 19h00, « Requiem por Granada »

Un film de 1990 réalisé par Vicente Escrivá

Au risque de passer pour un inculte, je dois avouer qu’aucun de ces films ne m’est connu…  Après en avoir lu les synopsis, le seul qui pourrait susciter mon déplacement à la salle de spectacle de l’Institut Cervantés de Tétouan serait peut-être le dernier « Requiem por Granada ».  En effet, ce film évoque une époque à laquelle l’histoire de Tétouan est directement liée.  Pour rappel, c’est de Grenade qu’était issu Sidi Mandri, à qui est attribuée la reconstruction de la médina, accompagné de ses moudjahidines dont on peut encore trouver les mausolées dans le vieux cimetière musulman. Un des surnoms de la ville est d’ailleurs : « Tétouan, la fille de Grenade ».

Au départ ce film est une série de 8 épisodes co-produite par la TVE et la RAI et est considérée comme une des plus ambitieuses réalisations de la télévision espagnole de l’époque. En voici un extrait.

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La foire du livre 2011

juin 03, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture

Chaque année depuis 1998, dans le courant du mois de juin, se tient à Tétouan une foire du livre à laquelle participent activement les centres culturels français et espagnols.  Cette année la foire se délocalise, quitte le Feddan et se tiendra à Bab El Okla du 6 au 12 juin.  L’entrée est libre.

L'affiche de la foire du livre 2011

Cette foire donne par ailleurs l’occasion d’organiser différentes animations et rencontres.

Cette année, l’Institut Cervantés proposera :

- le 7 juin à 19h00, une présentation du livre « El aroma del arrayán » de Marceliano Galiano des éditions reeditores
ISBN : 978-84-96672-68-0

La couverture du livre Il y a quelques années, lors des travaux de reconstruction d’une maison du quartier grenadin de l’Albaycin, ont été retrouvés cachés dans un mur 54 codex en langue arabe ainsi qu’un manuscrit sur parchemin écrit en cursives arabo-andalouses. Certains fragments du manuscrit étaient fortement dégradés par l’humidité et les insectes mais après avoir été soumis à un long travail de restauration puis classés et indexés ils ont permis la traduction du texte et sa transcription dans ce livre.
C’est par ses lignes que commence l’histoire…

La présentation se fera en présence de l’auteur

- le 8 juin à 20h00, une rencontre entre Andrés Sánchez Robayna y Khalid Raissouni.

Ces deux auteurs parleront de leur visions différentes sur le monde de la poésie et sa traduction.

- le 10 juin à 19h00, une présentation du livre « Trazos » de María José Menéndez Mayoral, Guillermo Ochoa Gómez et Roberto Ortí Teruel aux éditions Edinumen
ISBN : 978-84-9848-108-2

Plus qu’un livre « Trazos » est un nouveau manuel d’alphabétisation en espagnol développé dans le cadre d’une approche méthodologique visant à surmonter les difficultés de l’apprentissage pour les personnes peu alphabétisées en latin.

- le 11 juin à 19h00, une conférence « Cuentos para adultos » de Pepe Pérez.

Pepe Pérez D’origine de Malaga dont il parle l’idiome, Pepe Pérez s’est installé plus tard à Séville. Dès 1992 il devient conteur et animateur lecture dans divers établissements scolaires et tente de partager la puissance et le plaisir que recèlent les contes et histoires. Il fait partie du Réseau International des Conteurs.


Je suppose que l’Institut français a certainement préparé un programme similaire mais jusqu’à présent, je n’ai rien vu passer et rien n’est annoncé sur sa nouvelle page facebook

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L’école du cirque SHEMS’Y de Salé en représentation à Tétouan

juin 01, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Education, spectacles

Du 22 au 27 juin 2011, Tétouan accueillera le chapiteau de l’école du cirque Shems’y dont voici le lien vers la page Facebook.
L'affiche de la tournée .

Cette école du cirque est une expérience atypique et originale,  fruit de la volonté de Touraia Bouabid, présidente de l’AMESIP (association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire) dont voici une petit interview dans laquelle elle nous parle de cette école du cirque.

Installée depuis 12 ans dans un quartier pauvre et défavorisé de Salé, l’école encadre une trentaine d’élèves, enfants issus de la rue, en rupture scolaire, familiale et sociale et dont elle vise la réinsertion.  Pour atteindre cet objectif,  l’école du cirque Shems’y  fournit une formation au cours de laquelle les bénéficiaires apprendront à lire, à écrire mais pas seulement.  Ils développeront aussi une discipline accessible : le cirque.  Une discipline néanmoins exigeante au travers de laquelle ces enfants vont pouvoir se reconstruire  par les valeurs qu’elle permet d’inculquer :

La solidarité : une troupe doit être « soudée » et chacun doit exister par et pour le groupe.

La confiance en soi et en les autres : chacun dépend de l’autre pour effectuer les exercices

Le sentiment de sa dignité: à chaque présentation de numéro, le jeune est applaudi, donc « reconnu ». Il sent qu’il a une valeur par lui-même, une place dans la société.

Depuis 2009, l’école a été agrée comme l’Ecole Nationale de Cirque du Maroc et propose désormais une formation qui sera validée par un diplôme reconnu.  Dans ce contexte, l’encadrement et la formation spécifique aux techniques du cirque ont été confiées à Alain Laeron, un artiste français, ancien de l’école du cirque Fratellini avec laquelle l’école Shems’y collabore depuis ses origines.

Le spectacle qui sera proposé prochainement à Tétouan s’intitule « Isli et Tilsit », une légende populaire marocaine dont la mise en piste est la création de Jouad Essounani. Voici ce qu’il en dit :

C’est dans un contexte actuel d’amalgames entre authenticité et conservatisme, identité et Passé, réalité et vérité, virtuel et imaginaire que je choisis de mettre en scène une histoire d’amour « impossible » et « improbable ».
Tislit, une jeune étudiante de notre monde présent entend la voix de Isli, un beau jeune homme d’un espace-temps très loin.
De cette rencontre naît une grande histoire d’amour … »irréelle ».
Deux individus broyés par leurs sociétés cherchent à faire vivre leur amour, leur histoire et nous suggèrent un espace utopique où pourront exister – peut être – d’autres gens et d’autres histoires improbables mais vrais.
Seuls à s’entendre, s’écouter et se voir, ils doivent faire face à leurs communautés qui les rejettent de ce fait.
« Ma mère me rime un remède de Rien, Ma patrie me pète la poitrine et me piétine. Entre les deux, Lui, dans son Eden, s’endort . »
Un amour en quête de la bénédiction des « Autres », traduit scéniquement par la musicalité des corps en variation entre mouvements en duo et duel, alimenté avec des tensions de foules et de solos.
La musique vient accentuer le verbe du conte et rythme les transitions spatio-temporelles.
La danse et la lumière mettent en relief deux mondes parallèles qui se tressent et s’interrogent.
L’ensemble suggère la possibilité d’un autre monde : le rêve !

Pour l’anecdote, Isli et Tilsit (le mari et la mariée en Tamazight) sont les noms de deux lacs, qui seraient formés des larmes des amants de la légende : les Roméo et Juliette amazighs en quelque sorte.

Entre ces deux lacs  se tient depuis les temps les plus reculés, un festival appelé par les habitants « Agdud » ou la fête des fiançailles . Chaque années en septembre, les couples qui se sont formés pendant l’année viennent officialiser leur union par le passage devant « Agraw »  (la jmaâ ) par la formule rituelle : « je t’aime » . C’est là également que seront prononcés les divorces qui auront été décidés d’un commun accord.

Ainsi, ici, on laisse toute une année à la décision cruciale : celle de s’unir ou de se séparer.

PRATIQUEMENT

La tournée du cirque Shemz’y  s’inscrit dans le cadre de la saison culturelle France-Maroc 2011 qui propose quelques 120 manifestations dans 13 villes du Maroc.

A Tétouan, le cirque sera présent du 22 au 27 juin 2011 et le chapiteau de 540 places sera monté sur la parking situé à l’arrière de l’ancienne gare en face du Jardin des Amoureux.

Le prix des places est dérisoire : 20 dirhams et devrait permettre à un large public d’assister aux spectacles.

Sur Facebook, AMESIP c’est un groupe et une page.  N’hésitez pas à les rejoindre et diffuser leurs messages.

Et si vous voulez et pouvez faire plus, allez voir alors sur le site de l’association AMESIP sous l’onglet : « comment nous aider » !

Merci pour eux
amesip

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Hommage à Ramon Lourido

mai 24, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Histoire

Ce jeudi 26 mai 2011, l’Institut Cervantés de Tétouan présentera un livre intitulé « RAMÓN LOURIDO Y EL ESTUDIO DE LAS RELACIONES HISPANO-MARROQUÍES ».

La couverture du livre dédié à Ramon Lourido Ce livre rend hommage à feu Ramon Lourido (1929-2009), un père franciscain, historien, professeur et chercheur qui vécut au Maroc dans les années 50. Installé à Tanger où sont conservées, dans la cathédrale, toutes les archives des différentes missions franciscaines du pays, il contribua à leur inventaire et leur classement.  Tout au long de l’histoire du Maroc, l’ordre franciscain au travers de ses représentants a tenu un rôle important.  Nombre d’entre-eux ont été historiens, traducteurs, grammairiens, ambassadeurs ou médiateurs entre les mondes musulmans et chrétiens et leurs écrits et témoignages sont d’une importance historique incontestable.
Ramon Lourido travaillera plus particulièrement sur l’histoire du Maroc du XVIIIème siècle dont il fera le sujet de sa thèse de doctorat et devient le spécialiste de l’époque.  Il s’intéressera par ailleurs à l’histoire du Rif et à la langue arabe : il est en ce sens dans la lignée du Père Lerchundi, un autre père franciscain qui a laissé sa marque dans la région et, en 1996, il dirigera le congrès qui se tiendra à Tanger dans le cadre de la célébration du centenaire de la disparition du-dit père.

Le XVIIIème siècle, c’est l’époque du sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah considéré comme le monarque marocain le plus ouvert à l’Europe. Il mettra fin à l’esclavage des chrétiens en terres du Maghreb mais aussi, grâce à ses ambassades auprès de Charles III, à la libération de nombreux prisonniers musulmans.  Ce sultan contribua également à la fin de la piraterie dont Salé et Tétouan constituaient des bases importantes et ouvrit des relations diplomatiques et commerciales avec des états tels que la Russie, le Danemark, la Suède, la République de Venise mais aussi les empires turc et autrichiens.

Dans son livre qu’il dédie aux relations extérieures de ce sultan alaouite, Ramon Lourido s’attache plus particulièrement aux relations avec l’Espagne et son travail témoigne d’une période de coopération hispano-marocaine fructueuse durant laquelle furent signés des traités importants entre les deux pays.

Le livre qui sera présenté retrace différents aspects de sa vie et de son travail mais intègre par ailleurs un certain nombre de publications parues dans des revues spécialisées dont la majorité sont inconnues du grand public mais aussi de nombreux spécialistes.  Il constitue dès lors un ouvrage de référence qui viendra grossir la bibliothèque de Dar Rehla, notre maison d’hôtes dans la médina de Tétouan.

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Bruno mène l’enquête dans le cimetière juif et le mellah…

mai 18, 2011 By: Dar Rehla Category: Culture, Histoire, Religions et Cultes

Dimanche est arrivé à Dar Rehla, notre maison d’hôte, Bruno, un monsieur qui a découvert récemment qu’une partie de ses origines provenaient de Tétouan… L’histoire mérite d’être racontée car c’est une situation quelque peu exceptionnelle même si de nombreuses familles ont encore leurs petits ou gros secrets… Moi-même, j’ai eu récemment la surprise d’apprendre que j’avais des cousins et cousines, enfants d’un demi-frère « oublié » de mon papa défunt. Et c’est grâce à facebook que j’ai fait cette découverte suite à la démarche de l’une de ces cousines, Brigitte avec qui nous avons déjà eu l’occasion d’échanger par mail mais que j’espère avoir l’occasion de rencontrer un jour.
La découverte de Bruno, quant à elle, s’est faite, d’après les discussions que nous avons eues depuis son arrivée, suite au décès de sa maman et à la découverte d’un certain nombre de vieux documents qui l’ont poussé à mener une enquête et voyager dans le maghreb. Bruno savait depuis qu’il était plus jeune qu’il y avait dans ses origines une pièce nord-africaine, à savoir un grand-père né à Oran et d’origine juive, mais le sujet était tabou dans la famille et il s’en  était accommodait, sans plus.  Cet ancêtre ne le turlupinait pas plus que cela, mais la lecture des documents qu’il trouve chez sa maman va relancer son intérêt.  Dans un premier temps il va essayer de reconstituer le puzzle généalogique et rentrera en contact avec des membres de la famille plus éloignée. Parmi ces personnes une grand-tante qui a connu son arrière grand-père et qui va lui remettre d’autres documents qui lui permettront d’avancer et d’en savoir encore un peu plus.   Un premier voyage va ainsi l’emmener à Oran et il retrouvera l’immeuble dans lequel une branche de sa famille est passée. Il ira consulter les archives locales mais trouvera très peu d’informations dans les registres de l’état.  Il apprendra cependant que la famille n’a pas toujours habité à Oran mais qu’elle vient de Tétouan !  De fil en aiguille, il remonte l’histoire et découvre que c’est en 1862, que son trisaïeul quitte Tétouan pour l’Algérie et Oran.

A cette époque les juifs représentent une grosse communauté : on cite des chiffres de 10.000 âmes soit près du tiers d’une population tétouanaise estimée à 35.000 habitants ! D’autres chiffres sont plus faibles, on parle alors de 3.000 juifs… Quoiqu’il en soit cela représente quand même une  proportion non négligeable de la population totale.

Quant  à 1862, c’est une date clé pour Tétouan, elle correspond à la fin de la première occupation de la ville par les troupes espagnoles du Général Léopoldo ‘O’Donnel au terme de la campagne d’Afrique.  Le Sultan de l’époque veut récupérer sa ville et va négocier un traité dans lequel les conditions exigées par l’Espagne pour la restitution de Tétouan et le départ des troupes sont très dures.   L’indemnité de guerre exigée par l’Espagne est de 20 millions de duros, l’équivalent de deux années de revenus du Makzen de l’époque…  Ce traité imposera également l’agrandissement des présides de Ceuta et Melilla, la réinstallation de missionnaires et de consuls espagnols à Fès ainsi que l’engagement du maroc de signer un traité de commerce avec l’Espagne.

Pendant cette occupation espagnole, les juifs bénéficieront d’une situation plus favorables, les sortant même de leur statut de « Dhimmi ».   Alors, avec le départ des troupes espagnoles,  de nombreux juifs craignant d’être accusés de « collaboration » vont choisir l’exil…

L’Espagne, où l’Edit d’expulsion de l’Inquisition de 1492 reste toujours d’application, va refuser toutes les demandes. De nombreuses familles juives vont alors fuir la ville et se déplacer vers Tanger, Ceuta ou Oran mais aussi vers des destinations outre-atlantiques telles que que le Vénézuela, l’Argentine et ou le Brésil. Vers l’Algérie, l’émigration est favorisée par les Autorités françaises qui vont accorder aux juifs des papiers et la nationalité française. Judas fait ainsi partie du lot de ces futurs oranais et sur le bateau qui l’emmène, il fera la connaissance de sa future épouse Yaccout, elle-même originaire de Tétouan.

Bruno a quelques informations sur ces ancêtres : il sait déjà que Judas aura avec Yaccout 9 enfants qui viennent s’ajouter à 9 autres frères et soeurs qu’il a déjà eu avec une première épouse.  Sur ces enfants, par  contre aucun élément ne lui a été transmis.  Il connait par ailleurs le patronyme de cet ancêtre, que l’on retrouve assez communément, mais sous une orthographe quelque peu modifiée.  Au cours de notre visite on apprendra que les derniers représentants de ce patronyme sont actuellement installés en Espagne, du côté de Torremolinos.  Une prochaine destination de voyage pour Bruno, peut-être ?

En venant à Tétouan, Bruno ne fonde pas l’espoir de retrouver des traces particulières de ces ancêtres, mais il aspire à connaître le mellah, le quartier dans lequel ses ancêtres ont vécu.   Des informations, il aurait pu en trouver si la communauté juive de Tétouan avait été encore suffisamment importante que pour justifier la présence d’un ou plusieurs rabbins. Il aurait pu alors s’adresser à l’un d’eux, lesquels conservent les registres de naissance mais aussi de circoncision de la communauté.  Malheureusement, si 1862 fut une date qui induit une première émigration importante juive, les années 1960 constituèrent le départ de la quasi totalité de la population juive restante de Tétouan. Actuellement sont encore présentes 3 familles ne totalisant plus que 7 individus…
Les derniers rabbins et les fameux registres ont également quitté les lieux et sont retournés majoritairement en Israël.  Il faut savoir que dans la religion juive, selon la Halakha, c’est la mère qui transmet la « notion » de judaïsme  et contrairement à de nombreuses autres religions,  les juifs considérant qu’ils sont un peuple « élu », ils ne recherchent pas particulièrement à « recruter »… on naît juif et cela, de par sa mère.   L’importance des registres est donc primordiale pour tout candidat à l’émigration en Israël où tout dossier est longuement et minutieusement examiné par les autorités religieuses pour déterminer la judaicité du candidat.  C’est en quelque sorte le pendant des registres des Mormons que tout candidat à la généalogie sera amené un jour à consulter.

Bruno est déjà venu dans la région, c’était il y a dix ans mais à l’époque il ne savait point que Tétouan faisait partie de ses origines.  Cette nouvelle visite, il veut la faire sous un autre angle et la consacrer plus particulièrement à la judaicité de la ville que l’on peut appréhender à travers le mellah, la synagogue et le cimetière juif.   Il est clair que les influences juives se retrouvent certainement sous d’autres aspects et en ce sens font partie même du patrimoine immatériel de Tétouan, reconnu ou pas.  Je ne suis pas un spécialiste de la question,  mais depuis la reconstruction de Tétouan vers 1492, mais déjà auparavant quand ils étaient en Andalousie,  musulmans et juifs ont vécu côte-à-côte et ont traversé des épreuves communes qui ont nécessairement laissé des traces…  La coexistence  des populations juives et musulmanes étaient d’ailleurs telles que dans les premiers temps il n’y avait pas à proprement parler de « mellah » : ce n’est qu’en 1808, sous le règne de Moulay Slimane et par sa volonté de construire la Grande Mosquée, que les juifs sont déplacés dans le nouveau mellah.  Certains écrits laissent supposer que ce nouveau mellah dont l’urbanisme a été confié à un architecte portugais aurait également été construit pour assurer la protection des juifs : le mellah ne possédait ainsi qu’une seule porte d’accès qui était constamment gardée comme on peut encore même le voir sur cette photo…
L'entrée du mellah de Tétouan

Cet aspect de Tétouan mérite bien que j’y consacre un peu de mon temps et j’avoue que l’occasion est trop belle… Comme il n’y a pas d’autres hôtes à la maison, je propose donc à Bruno de l’accompagner et de lui faire profiter en contre-partie de ma connaissance de la ville et de certaines connections que je possède auprès d’amis tétouanais qui pourraient lui être utiles dans sa quête.

Quand on quitte la maison, il est encore tôt et je n’ai pas encore reçu de réponse d’un ami proche de la communauté juive que j’ai contacté et qui devrait nous mettre en contact avec Elias Benchimol l’un des derniers membres de la communauté tétouanaise qui s’occupe des visites de la synagogue.  On va donc démarrer notre visite par les hauteurs de la médina de Tétouan, et suivre en partie le circuit que j’avais déjà décrit dans cet article : dans les hauteurs de la médina, un circuit négligé.  J’espère avoir des nouvelles en cours de route.

Une fois arrivés à hauteur de l’ancienne caserne des Regulares dont l’accès est normalement interdit, nous avons été invités par un groupe d’enfants à visiter les lieux… On, enfin moi, je ne me suis pas fait prier car depuis notre arrivée à Tétouan, cet espace m’intrigue et je souhaite le visiter.  Les bâtiments ont des aspects architecturaux intéressants et certains détails méritent d’être fixés : je n’ai pas été déçu mais cette visite fera l’objet d’un autre article…

Le temps était bruineux et la visibilité mauvaise.  On n’a donc pas pu profiter du panorama que l’on peut apprécier par temps dégagé et ensoleillé.
On ne s’est pas attardé non plus car l’étape suivante est le cimetière juif.  On va donc redescendre via les escaliers récemment aménagés et dont des ouvriers terminent les murets de sécurité.  Des nouvelles plantations ont déjà été réalisées dans la partie haute et la zone devient charmante. C’est vraiment un endroit à visiter si vous passez par Tétouan.

En bas de l’escalier et en face se trouve le portail du cimetière juif.
La porte du cimetière juif (04/2010)
Nous poussons la grille et le franchissons : normalement, les lieux sont surveillés par un gardien que nous verrons plus tard quand nous quitterons les lieux.  Je m’étais déjà rendu dans le cimetière car j’avais lu que certaines des pierres tombales que l’on y trouve sont très particulières, portant des signes dont l’origine est encore controversée. A l’époque, par déduction sur les formes et l’état des pierres j’en avais déduit que les plus anciennes se trouvent dans les hauteurs du cimetière qui est très étendu.  Mais là-haut, bon nombre de pierres ont pratiquement disparu sous la végétation. Alors, même si les tombes des ancêtres de Bruno sont fort probablement sur ces hauteurs, nous allons commencer par les tombes plus récentes sur lesquelles les inscriptions et parfois des dates sont encore visibles.  Mais pas évident, car les inscriptions sont souvent écrites en hébreu et les dates ne correspondent pas à notre calendrier… Heureusement Bruno a appris à déchiffrer l’hébreu et sur certaines tombes les dates sont gravées selon les deux calendriers : le grégorien que l’on connait tous et le juif sur lequel vous pouvez trouver plus d’explications ici.  D’après ce que j’ai pu lire, les conversions ne sont pas aisées car plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte dans le calcul …  Quoiqu’il en soit toutes les pierres que nous regardons sont récentes et il y a peu de chances de trouver le patronyme de Judas que nous recherchons, tant elles sont nombreuses. Néanmoins Bruno va trouver sur certaines tombes le patronyme d’origine de Yaccout, l’épouse de Judas.

Lors de ma première visite au cimetière juif, je m’étais principalement concentré vers les hauteurs à la recherche des pierres plus anciennes et des inscriptions originales et étranges dont parlent certains guides.  En fait ces pierres ont été transférées, je le pense,  au niveau du musée d’archéologie et sont disposées désormais dans sa cour.  Cependant bon nombre de pierres tombales présentes dans le cimetière sont encore assez exceptionnelles de par leur état de conservation et présentent aussi des formes anthropomorphiques particulières.  Il y a certainement une symbolique et des explications relatives aux dessins qui y sont présents.  En cherchant d’ailleurs sur le web, j’ai trouvé trace de deux études abordant le sujet.  J’espère avoir l’occasion de me les procurer afin d’éclairer ma lanterne. En attendant d’en savoir plus, je vous laisse apprécier quelques unes de ces sépultures.

Parmi ces sépultures se trouvent celle du rabbin Ishak Bengualid, un saint homme auquel on attribue un certain nombre de « miracles » : sa tombe est même devenue un lieu de pèlerinage pour de nombreux juifs originaires de Tétouan.  Récemment, les 11, 12 et 13 mars 2011, a d’ailleurs eu lieu à Tétouan une grande fête, une « hilloula » en son honneur.  Y étaient présents des juifs venus de tout le monde.

On trouve aussi sur le net quelques photos prises dans le cimetière juif de Tétouan.  A l’époque, le pourtour des tombes était régulièrement chaulé.
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Maintenant, cette tradition a disparu et le cimetière est entretenu par son gardien qui y travaille depuis plus de cinquante ans.  Son salaire est assuré par la communauté juive de Casablanca,  sans laquelle le cimetière serait probablement complètement dégradé car de nos jours, rares sont les visiteurs qui y viennent encore pour l’entretenir.

Après le cimetière, nous nous sommes rendus dans le mellah et rapidement nous nous sommes trouvés face à la porte de la synagogue Bengualid, la seule qui existe toujours et qui a été rénovée récemment (2005) grâce à l’intervention et aux fonds de la Junta d’Andalucia sous la présidence de Manuel Chavez.  La porte est fermée mais une bande de jeunes nous demande si nous souhaitons la visiter.  On acquiesce et ils nous emmènent vers une boutique où l’on nous donnera le numéro de téléphone de Elias.  Pas de réponse à notre appel mais les jeunes nous proposent alors de les suivre jusqu’au domicile d’Elias qui se situe maintenant dans l’Ensanche.  Jusqu’à peu, Elias et ses parents vivaient encore dans le mellah mais des problèmes de santé du papa puis de la maman ont contraint la famille à quitter la médina et occuper un appartement dans la nouvelle ville.  Nous attendrons quelque temps avant que Elias nous rejoigne.  Nous lui expliquons la raison de notre visite et Elias nous invite à retourner à la synagogue.  Normalement Elias est présent le matin dans le mellah où régulièrement des touristes d’origine juive le sollicitent pour une visite des lieux dont la réputation a dépassé largement les limites du pays et du continent.  Pour l’anecdote Tétouan a été longtemps appelée la « Petite Jérusalem » et démontre ainsi l’importance de la ville aux yeux de la communauté juive.

La visite des lieux est franchement émouvante : comme tous les lieux où se déploie la spiritualité, la synagogue dégage un charme fort. Pénétrer dans une synagogue constitue pour moi une première et suscite beaucoup d’interrogations sur le culte. J’ai donc posé à Elias de nombreuses questions sur le sujet mais aussi sur la communauté. Je ne les retranscrirai pas ici : ce serait trop long et nécessite un autre article.  Et puis, il faut quand même bien que je garde certaines informations pour moi afin de vous donner envie de séjourner à Dar Rehla plutôt que dans un des autres établissements de Tétouan…non ?
D’autant que des questions, j’en ai encore bien d’autres à poser à Elias et j’espère en avoir l’occasion assez rapidement.  En attendant, j’ai fait l »acquisition d’un ouvrage intéressant  ’La communidad judia de Tetuan – 1881-1940′ une étude de Ana Maria Lopez Alvarez basée sur le registre des circoncisions du rabin Yishaq Bar Vid Haserfaty.  De ce que j’ai déjà pu en lire, l’ouvrage s’annonce  plein d’informations intéressantes et fait état d’une bibliographie qui pourra encore occuper pas mal de mes loisirs futurs…

En ce qui vous concerne et en attendant les prochains articles consacrés au sujet, profitez toujours de la visite en photos…

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Après Sultans of swing, El sultan de las Cuerdas

mai 07, 2011 By: Dar Rehla Category: Culture, Musique

Dans le cadre de la 13ème édition du Festival de Luth qui se déroule actuellement à Tétouan, se tenait ce samedi à   »Dar Sanaa » une matinée spéciale au cours de laquelle s’est tenue une Master Class animée par le joueur de luth de l’ensemble « Léon l’Africain » que l’on a pu écouter lors de soirée d’inauguration du festival.
Joueur de luth
Deux morceaux ont été interprétés devant une audience attentive et en présence des responsables de la Délégation de la Culture de Tétouan, Mme Samira Kadiri et M. Mehdi Zouak.
Samira Kadiri Mehdi Zouak

S’en sont suivies plusieurs interventions dont seule la dernière de M. Eduardo Paniagua, qui s’est faite en espagnol, m’a apporté quelques informations relatives à l’édition des CD qui sont réalisés depuis 2008 dans le cadre du festival.
Eduardo Paniagua

C’est à lui-même, Eduardo Paniagua, spécialiste en musique médiévale et arabo-andalouse mais aussi interprète, que l’on doit l’initiative et la concrétisation de cette entreprise qui s’apparente plus au mécénat qu’à un projet commercial…  Cette année était présenté le troisième CD enregistré l’année passée et intitulé « El Sultan de las Cuerdas ».
El sultan de las cuerdas - la pochette

Eduardo Paniagua nous a retracé rapidement les différentes phases et contraintes d’une telle opération.

La première étape est l’obtention d’un accord avec le Ministère de la Culture du Maroc ainsi que l’abandon de leurs droits par les musiciens et artistes qui figurent sur les CD.  On ne s’attardera pas sur le sujet…

Vient le travail à proprement parler et là commencent les difficultés techniques :

La phase d’enregistrement  :   il y a d’une part le caractère « life » qui engendre un certain nombre de « perturbations »… Sur le sujet, M. Paniagua a été cool car, au vu de nos expériences, il y a matière : le public est vraiment peu respectueux… sonneries de GSM actives, arrivées tardives peu discrètes, départs au milieu du spectacle, discussions particulières, pic-nic party…
Tous ces bruits, il va falloir ensuite essayer de les enlever, les atténuer au mieux et rééquilibrer l’ensemble de l’enregistrement.  Car, si lors d’un concert, l’intensité et la force des morceaux peuvent varier d’un orchestre à l’autre, il est important que sur CD, le volume reste relativement stable.
Vient ensuite le choix des morceaux qui seront gardés : il s’agit est également d’un grand dilemme : il doit refléter au mieux l’ambiance du moment, la virtuosité des musiciens mais doit aussi être de qualité technique.
Une fois la liste retenue, le pressage peut se faire mais il faudra encore travailler sur les pochettes, les illustrations, trouver un titre, rédiger les livrets qui accompagnent les CD.  A noter que ceux-ci sont rédigés en arabe, espagnol, français et anglais !

Ensuite la distribution !

Dans l’accord signé avec le Ministère de la Culture du Maroc, sont également prévues les dispositions relatives à la distribution des CD.  50% de ceux-ci sont destinés au Ministère de la Culture pour assurer la promotion du Festival.  Les autres 50% sont destinés à la vente, laquelle ne peut se faire par  M. Paniagua qu’en dehors du territoire marocain… Donc, si vous souhaitez obtenir l’un ou l’autre de ces CD et que vous habitez au Maroc, il vous faudra des relations… Sinon, ce sera via la vente par correspondance ou lors d’un voyage à l’étranger que vous pourrez les obtenir… Néanmoins vu le pressage limité de chacune des éditions, la vente en ligne me parait la solution la plus adéquate.  Les premiers CD furent pressés à 4000 exemplaire mais les derniers ne le sont plus qu’à 2000… Il faut dire que l’oud reste, je le pense, un instrument associé  à un style de musique assez « spécialisé » pour amateurs avertis et que le marché est donc limité…  Néanmoins, il serait faux de penser que l’usage du luth est limité aux seules oeuvres médiévales et/ou de musique arabo-andalouse.  Il y a de nouveaux courants musicaux et certains ensembles ont des approches intéressantes et modernes.

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Festival du luth 2011 – du 5 au 7 mai

mai 03, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Culture, Musique

Depuis 13 ans, le festival de luth de Tétouan met en valeur au travers de sa programmation, l’oud ou luth,  cet instrument aux sonorités particulières dont l’origine remonte à l’époque médiévale.
En Europe, cet instrument n’est plus vraiment utilisé et seuls quelques groupes musicaux spécialisés en font encore usage :  il faut dire que même si la musique arabo-andalouse a pu influencer certains compositeurs tels que Camille Saint-Saëns… ce n’est pas vraiment le genre musical dans lequel nous nous reconnaissons…
Depuis notre installation à Tétouan, dont les origines andalouses ne laissent aucun doute tant par sa culture que l’architecture de sa médina qui lui a d’ailleurs valu son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997, nous avons appris à découvrir cet instrument et le répertoire musical qui l’accompagne.  J’ai même, à un moment, envisagé de suivre un cours relatif à cette musique, le premier du genre donné au sein de l’Association Tétouan-Asmir par Amin Chachoo.  Musicologue averti, Amin doit publier prochainement un livre, déjà controversé, sur le sujet. : il a ses idées sur l’origine de cette musique et cela ne plairaitt pas à tout le monde…  Mais un évènement personnel m’a coupé dans mon élan et je n’ai pas poursuivi le cursus… Qui sait,  je le reprendrai peut-être un jour, car au-delà de l’histoire et de l’approche théorique de cette musique arabo-andalouse, l’apprentissage du luth pour lequel la majorité des pièces arabo-andalouses ont été composées, était abordé.  Je dis bien composées et non écrites car c’est l’une des particularités de cette musique que le répertoire se transmette principalement oralement de maîtres à élèves et peu de transcriptions existent encore à nos jours.  Les premiers corpus écrits remontent au XVIIIème  siècle et sont dus à un Tétouanais, Muhammed Ibn al-Hasan al-Hayik.  D’ailleurs,  pour la réalisation du spectacle associant l’orchestre Arabesque de Samira Kadiri et l’orchestre d’Harmonie de Chenôve, que l’on a eu la chance de voir récemment à Tétouan,  Thierry Weber avait dû patiemment retranscrire certaines partitions pour les instruments de son orchestre.

L’organisation du festival du luth trouve donc bien sa place ici, à Tétouan.  Mais le luth ce n’est pas seulement la musique arabo-andalouse de Grenade, Cordoue ou Séville.
Cet instrument se pratique encore dans de nombreux pays arabes au sein d’orchestres populaires et font toujours partie de leur culture  mais aussi dans d’autres coins du globe au sein d’ensembles auxquels on ne s’attend pas.   Le festival de luth de Tétouan nous en donne encore cette année un aperçu de cette diversité.  Il accueillera cette année des artistes provenant de Palestine,  du Liban,  de Jordanie, de Turquie, d’Iran, des Pays-bas, de Norvège,  de Tunisie et du Maroc, bien entendu.
N’ayant pas encore trouvé le programme détaillé, je vous propose néanmoins  quelques informations sur les différents artistes qui se produiront lors de cette édition.
Ensemble Zejel Mohamed Ahaddaf Ensemble Roha Nizar Majid Nazempour

Lofti Bouchnak Ensemble Léon L'Africain Driss Maloumi

Le festival du luth de Tétouan, c’est également l’occasion de mettre à l’honneur un artiste.  Cette année ce sera Mohamed Rouicha, le maître de l’Ouatra, un instrument apparenté au luth mais d’une facture plus rustique auquel il s’adonne depuis 1964 qui a été choisi.

Mohamed Rouicha

A noter également que,  parallèlement au festival,  sera organisée une Master Class encadrée par Thami Belhaouat.

Pour terminer, j’ai visionné quelques vidéos pour illustrer cet article musical.  J’ai choisi un solo de Driss Maloumi : le morceau s’intitule « Dialogue entre les mains » Allez savoir pourquoi…

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