Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
Subscribe

Archive for the ‘Coutumes’

Le Moussem de Moulay Abdelslam reporté

juin 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Histoire

Se tenant traditionnellement le 1er juillet, le moussem de Moulay Abdelslam sera reporté cette année au 9 juillet en raison du référendum sur la nouvelle constitution qui se déroulera le 1er.

L’année passée, je m’étais rendu à Moulay Abdelsam en compagnie de Mohamed qui y possède une charmante maison et j’avais relaté cette expérience dans cet article.  Malheureusement, nous étions arrivés trop tard et les festivités étaient terminées, à ma grande déception.

Cette année, je m’y rendrai à nouveau mais à la bonne date… Enfin je l’espère, car comme toujours les informations restent difficilement vérifiables (cherchez vous-même)… Ce sera en compagnie de Manolo, un ami photographe qui souhaite également y aller et en rapporter quelques clichés pleins d’authenticité.  Voilà plusieurs années qu’il attend cette opportunité et à chaque fois, son emploi du temps ne cadrait pas.

Manolo est un passionné du Maroc et de randonnées : il tient d’ailleurs également un blog intitulé « Randonnées dans le Rif » dans lequel il a  fait un article sur Moulay Abdelslam qu’il m’a autorisé d’utiliser.  J’en ai tiré l’essentiel de cet article mais y ai apporté d’autres informations complémentaires.

Après publication de l’article, Manolo m’a informé que le blog auquel je faisais référence ne lui appartenait pas…  Cette information m’a ensuite été confirmée par les propriétaires du blog qui m’ont envoyé un petit message afin de préciser les choses.  Voilà qui est fait.

J’en profite pour donner le lien du site que tient toutefois Manolo : il s’agit d’un site de photographie dont il est également passionné et probablement plus que de randonnées, d’ailleurs… http://www.espaliu.com/  Un vrai plaisir…

Mais revenons à notre ami Moulay Abdessalam  ben M’chich…

Sa biographie

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh vécut au VII siècle de l’Egire (560-625) soit entre 1165 et 1228 de l’ère chrétienne mais la réalité de sa vie se mélange toutefois avec la légende.
Dès son plus jeune âge l’enfant suit l’enseignement coranique et à l’âge de 12 ans, il connait déjà le Coran dans sept versions phonétiques. Cet enseignement sera complété par une initiation spirituelle qu’il recevra à Bagdad du maître Abd al-Rahman al-Madanî al-Hassanî surnommé al-Zayyât.  C’est au cours de ce même séjour qu’il fera la connaissance de son futur disciple Alî al Ghumâri que l’on connaît aussi sous le patronyme de Abû-l-Hasan  al-Shâdhilî et qui contribuera à la diffusion de sa doctrine.

A son retour et à la demande des habitants de l’endroit qui reconnaissent en lui un certain nombre de vertus et de pouvoirs, il s’installe au sommet du mont La’Lâm, dans une grotte, à proximité d’une source.

Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sera assassiné à l’âge de 32 ans par Ibn Abî al-Taouâjin al Kutâmi, alors gouverneur de Sebta,  à proximité de la source où il pratiquait ses ablutions.  Un texte de la plume d’un père franciscain espagnol relate que l’assassinat fut commandité par le sultan Moulay Ismaïl, en raison de la propagande négative qu’il lui faisait.  Pour d’autres, ce serait Ibn Abî al-Taouâjin qui serait le seul responsable car il voyait en sa personne une menace réelle pour ses projets (cf. wikipedia)

On est au sommet du Djebel !
By Dar Rehla - Maison d'hôtes à Tétouan  |  View on Facebook

L’endroit où il va s’installer revêtissait une importance spirituelle incontestable car il était déjà associé à un culte solaire par les anciennes populations berbères et il devint donc naturellement un lieu spirituel et purificateur : un « pôle » pour les soufis.

 

Mais par ailleurs le lieu est stratégiquement important car du sommet du djebel on domine les côtes méditerranéennes de Tétouan jusqu’à Ceuta, atlantiques de Tanger à Larache mais également toute la région intérieure de Chefchaouen et Ouezzane.

Sa doctrine (Shâdhilia)

On ne saurait parler de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh sans évoquer le soufisme (Tasawwuf) qui, en peu de mots,  représente le mysticisme  de l’Islam “c’est son aspect intérieur, sa substance, son âme, son essence ».  Il attribue un sens profond au texte coranique, occulte aux non-initiés et se développera pendant les trois premiers siècles de l’islam à Bagdad.

Moulay Abdessalam fut donc l’un des précurseurs du soufisme au Maroc et le fondateur de l’ordre mystique “al Tarîqa al-Shâdhiliyya” .  Parmi ses disciples figure Abu-l-Hasan al Shâdhili (1258) né à Ghumara et qui diffusera sa doctrine dans des contrées éloignées telles que la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et l’Iraq. On estime à quelques 12 millions les adeptes qui se prévalent de la Tarîqa al-Shâdhiliyya , rien qu’en Egypte…

Cette doctrine, qui n’exige ni monastères ni pratiques ostentatoires, se transmet oralement de générations en générations. La seule pièce écrite est une prière “Al Salât al-Mashîshiyya”qui est connue dans les recoins du monde islamique. Cette prière possède une grande valeur lyrique, d’une grande musicalité qui la rend unique.

Par ailleurs sa doctrine avait une portée politique également et ses disciples incitaient au Jihad chaque fois que la souveraineté du Maroc était menacée.  Ils devinrent les agents mobilisateurs de la guerre sainte contre les colonisateurs portugais et espagnols.

rem. : Pour en savoir un peu plus sur le soufisme, je vous renvoie à cet article « Soufismo no gharb Al-Andalus » de mon ami Frederico Mendes Paula.  L’article est en portugais et si vous ne pouvez comprendre cette langue, il faudra attendre que j’en fasse une traduction. (je pense que Frederico ne verra pas d’objections à cela,car on avait déjà procédé de la sorte pour un précédent article qu’il m’avait soumis « Contrastes » que vous pouvez lire en portugais ou en français.  Le blog « aventar.eu » est par ailleurs une source précieuse d’informations : sur la culture arabo-andalouse, mais pas seulement…

Le Moussem ou pélerinage

Après sa mort, la tombe de Moulay Abd.al-Salâm Ibn Mashîsh deviendra un lieu de pélerinage et de mémoire mais il faudra attendre quelques siècles (1519-1510) et le retour de la Shâdhiliyya au Maroc sous la dynastie des Mérinides pour que sa vénération soit à jamais reconnue.

Depuis, chaque année, le site est visité par de nombreux pèlerins et donnent lieu à de nombreuses manifestations hautes en couleurs.

Le sanctuaire et le site avoisinant acquerront même un statut d’espace inviolable “hurm mashishien”  où peuvent se réfugier ceux qui le souhaitent.  C’est d’ailleurs au pied du mont, aux abords du village de Dar Lahcen, que s’est réfugié fin du XVIIIème siècle Moulay Yasid, un sultan de la dynastie alaouite dont on préfère oublier l’existence… On n’en voudra pour preuve, que les ruines abandonnées du palais qu’il occupa ici.

Les ruines de Moulay Yasid - Dar Lahcen
By Dar Rehla - Maison d'hôtes à Tétouan  |  View on Facebook
Be the first to like.

Un jour de la « Semana Santa » à Ceuta

avril 23, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Religions et Cultes

Mercredi passé, profitant de l’absence de clients à Dar Rehla, notre maison d’hôtes à Tétouan, nous avons décidé de nous rendre à Ceuta, à peine distante de 40 kilomètres afin d’y assister à une des processions qui y ont lieu au cours de cette semaine particulière qu’est la « Semana Santa ». Cette semaine qui représente la fin du carême est célébrée un peu partout par les chrétiens mais en Andalousie et à Séville particulièrement, cette fête religieuse constitue l’une des fêtes les plus importantes du calendrier. Ceuta n’est pas en reste et les activités prévues sont également nombreuses.
Affiche des activités de la Semana Santa 2011
La semaine sainte commence ainsi par le dimanche des Rameaux, célébrant l’entrée du Christ à Jérusalem, mais qui marque aussi le début de sa passion, laquelle constitue le fil conducteur des cérémonies qui s’achèveront par le dimanche de Pâques célébrant sa résurrection.

Tout au long de cette semaine, diverses « cofradrias et hermandades » effectueront des processions de pénitence entre leur quartier et siège et la cathédrale de Ceuta
La cathédrale de Ceuta
Chacune de ses confréries dont les pénitents ou « nazarenos » portent des tenues et une coiffe « capirote » caractéristiques sont identifiables à leurs couleurs.
Statue représentant un nazareno portant son capirote
Lors de la procession, elles sont souvent accompagnées par des fanfares dans leur cheminement.
Fanfares
L’attrait de ces processions reste cependant constitué par les « pasos », ces autels richement décorés, portés à dos d’homme et sur lesquels sont représentés des scènes de la passion.

Paso dsc_4563
Chaque confrérie possède de un à trois « pasos » mais plus souvent deux : le premier ou « misterio » est celui où figure le Christ et le second ou « palio », celui de la Vierge. Pour déplacer ces lourds « pasos », les confréries font appel aux « costaleros » : chaque « paso » nécessite 30 porteurs minimum, mais le nombre total requis est plus important car ils vont se relayer tout au long du cortège. Celui-ci va en effet durer plus de quatre heures et on estime de quarante à cinquante kilos le poids supportés par les épaules.

Comme les « costaleros » n’ont aucune visibilité sur le trajet, toutes les manoeuvres sont dirigées par les voix du « capataz » et de ses assistants les « contraguias » . Les ordres d’arrêt ou de levée (impressionnante) sont transmis, eux, au moyen d’un heurtoir communément appelé le « llamador » ou « martillo » et situé à l’avant du paso.
Fronton d'un paso
A Ceuta, lors de la semaine sainte, les rues qu’empruntera le cortège sont dégagées dès l’après-midi et régulièrement nettoyées : il faut préciser que certains pénitents parcourront le trajet à pied nus…
Les pieds des costaleros
Au siège des confréries réparties dans les différents quartiers, les rassemblements se font déjà tôt dans l’après-midi.
Musique dans les rues de Ceuta Rassemblement en vue de la procession
Ils rejoindront la cathédrale en passant pas les ruelles de la ville pour y arriver vers 20h30, heure à laquelle débute la procession « officielle ».  Celle-ci emprunte alors la calle de Alcade Antonio L. Sanches Prado où sont installés les tribunes des officiels.  Tout le long du trajet, vous pourrez alors acheter auprès de vendeurs ambulants les « pirulines » en forme de « capirote ».
Vendeur de pirulines dsc_4400
Cette année, la pluie n’a malheureusement pas permis le déroulement normal de la procession et nous n’avons eu droit qu’au passage de deux pasos devant nous. La foule s’est alors rapidement dispersée et il nous faudra donc attendre l’année prochaine pour nous rendre compte de la liesse qui accompagne généralement cette fête.  J’ai quand même pu prendre quelques photos de la procession que je partage avec vous ci-dessous.


Et au fait, j’espère que ce genre de situation n’est pas de mauvaise augure comme l’est en Belgique, l’impossibilité du « car d’or » de notre célèbre Doudou à gravir la pente de la rampe Sainte Waudru !

Be the first to like.

Tétouan en 1935

avril 14, 2011 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Histoire

Il n’y a pas à dire mais les réseaux sociaux et les plateformes d’échange permettent de découvrir des choses intéressantes.  Ce matin, j’ai trouvé sur le mur d’un ami, Abderrahim, un montage vidéo sur Tétouan datant de  1935.

Le film provient certainement des archives d’un voyageur de l’époque.  Arrivée en bateau sur Tanger et ensuite parcours de la médina de Tétouan.

Pour moi qui connais maintenant relativement bien la médina, j’y reconnais un tas de lieux qui tout compte fait n’ont pas vraiment changé depuis.  Le changement le plus significatif, à mon sens, est celui que présente l’évolution des tenues vestimentaires portées.  Les jeans et tenues modernes occidentales (surtout pour les hommes) remplacent de plus en plus les tenues traditionnelles que l’on voit dans ce documentaire, même si la djellabah reste quand même fort utilisée, surtout en hiver (les maisons ne sont pas chauffées)…

Les femmes aux longs voiles de couleur blanche ont quasiment disparu.   Leur tenue est dorénavant remplacée par la djellabah droite et le foulard (hijab).  Depuis quelque temps, on voit également apparaître les tenues plus austères que sont le voile intégral ou burqua, de couleur grise ou noire, significatives de la montée d’un certain islam plus radical…

Be the first to like.

Les biens habous – une situation patrimoniale catastrophique…

juin 12, 2010 By: Dar Rehla Category: Architecture, Coutumes

« Habous » est un terme essentiellement utilisé dans le Magrheb et qui désigne en droit musulman un type de législation relative à la propriété foncière.  Les biens habous peuvent être classifiés en trois types : publics, privés ou mixtes.(Wikipédia)

On estime à près de 50.000 le nombre de biens immobiliers et à quelques 85.000 hectares de terres agricoles, le patrimoine marocain régi par ce droit et dont la gestion est confiée au « Ministère des Habous et des Affaires Islamiques ».

Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie à la lecture de l’article « La fortune des Habous » de Aniss Maghri publié en 2005.

Bien que datant maintenant, cet article met en évidence certaines situations encore bien réelles qui pénalisent la « rentabilité » de ce patrimoine : certains locaux peuvent ainsi être loués à 1 dirham le mois et si au départ le bien est destiné à des familles pauvres aux ressources limitées, les passe-droits semblent encore fréquents et les pas-de-porte et sous-locations font légion… Ces biens habous peuvent ainsi devenir des niches imprenables, à l’usufruit sans limites.

Une des caractéristiques principales de ces biens est leur inaliénabilité et la procédure éventuelle d’acquisition « qui est toujours une dérogation du ministre, est compliquée et longue. L’acheteur doit présenter une demande au « nader », sorte d’intendant représentant du département des Habous au niveau régional, qui la transmet au ministère. Ce dernier réunit une commission ad hoc (oulémas, architectes, juristes) qui statue sur l’opportunité ou non de cette cession et informe le ministre de sa décision. Après approbation ministérielle, le Roi, en sa qualité d’autorité de tutelle des Habous, est sollicité pour la promulgation d’un dahir. «Le Souverain suit de façon périodique les réalisations et insiste sur le respect de la sacralité de ce patrimoine» » selon le directeur des Habous.

Ces différents facteurs entraînent que de nombreux biens « habous » sont devenus de véritables taudis quand ils sont encore habités et bien souvent menacent d’écroulement quand ils restent inoccupés et sans aucun entretien.

Voici l’exemple d’un tel bien que nous avons été visité début de semaine ! Les photos parlent d’elles-mêmes…  Cette vaste maison a été pillée par les anciens locataires de toutes ses boiseries et aucuns travaux n’ont plus été engagés.  L’étanchéité de la terrasse est inexistante, entraînant la détérioration des plafonds de l’étage et le risque d’effondrement.   Pourtant cette demeure est le témoin d’un riche passé : il suffit de regarder le détail des zelliges, des arches, des bois peints qui ont été préservés du saccage.

Be the first to like.

Contrastes – version française

décembre 17, 2009 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture

Il y quelque temps, j’avais publié dans un article intitulé « contrastes » un texte que m’avait communiqué un ami portugais épris de culture arabe et marocaine que je remercie d’ailleurs pour sa contribution.

Il fait état des contrastes existants entre la culture et les coutumes européennes et celles de la culture « mauresque ». (Je profite de l’occasion pour rappeler que le terme « arabe » est inapproprié pour parler du Maroc même si celui-ci-ci a été fortement influencé pendant de nombreux siècles par cette culture venue de l’Est.)
Bon nombre des allégations reprises dans le texte sont toujours d’actualité.
C’est ce texte traduit en français que je propose aujourd’hui.

Paysage du Maroc

Paysage du Maroc

« L’image des Marocains dans les récits de voyage des Portugais (1870-1996) » est un ensemble de textes écrits par des voyageurs portugais dans ce pays du Nord de l’Afrique, rédigé sous l’autorité de Abdelmouneim Bounou et publié par l’Université Sidi Mohammed Ben-Abdella de Fès en 1998.

Dans ces textes, on constate la fascination qu’exercent les Marocains sur les voyageurs portugais, les sentiments qu’ils éveillent en eux, le mystère qui les entoure.
Le texte qui suit est un extrait des « Voyages au Maroc » de Rui da Câmara publié en 1876 par la Librairie Internationale de Porto.

CONTRASTES ENTRE EUROPEENS ET MAURES

Cette race, bien que séparée du continent par un étroit bras de mer, conserve les coutumes, les costumes, les traces de sa physionomie comme dans les premiers temps : ci-dessous on verra les différences relatives à toutes nos habitudes.

L’européen monte par la gauche et avec les étriers longs ; le maure par la droite, avec les étriers très courts.
L’européen ferre ses chevaux avec des fers à cheval ouverts ; le maure avec des fers fermés, qui ont la forme de la bouche d’une jarre.
L’européen monte en selle peu profonde et légère ; le maure en selles lourdes
L’européen maintient les flancs de ses chevaux serrées ; le maure très larges.
L’européen met ses sacoches en croupe de part et d’autre ; le maure les met au cou du cheval et d’un seul côté.
L’européen, si il monte un âne, le chevauche sur la croupe ; le maure, à l’avant entre les épaules.
L’européen utilise des armes courtes et de longue portée ; le maure des armes longues et de courte portée.
L’européen préfère la poudre fine ; le maure préfère une poudre à gros grains.
L’européen revêt un costume ajusté et de couleurs sombres ; le maure le porte large et de couleurs claires.
L’européen a les pieds bien chaussés et la tête peu couverte ; le maure les met complètement à l’air et a la tête bien couverte.
L’européen se lave les mains en premier lieu ; le maure, les pieds.
L’européen se rase la barbe et se coupe les cheveux ; le maure se rase les cheveux et se coupe la barbe.
L’européen s’assied sur des chaises et dort dans des lits hauts ; le maure s’assied sur le sol et dort d’ordinaire dans des lits bas. (…)
L’européen a des maisons avec des fenêtres, en général, grandes ; les maisons du maure n’a pas de fenêtres ou si elle en a, ce sont de petites ouvertures, seulement pour laisser passer l’air.
La plus grande porte de la maison de l’européen est celle d’entrée ; dans les maisons du maure, la porte d’entrée est généralement la plus petite de toutes, et parfois, à peine d’hauteur d’homme.
L’européen reçoit les visites à l’intérieur de la maison ; le maure les reçoit à l’extérieur, sur un banc qui se trouve à l’entrée. (…)
L’européen aime la société et la conversation ; le maure aime la solitude et quand il est accompagné peut passer des heures entières sans dire un mot.
La femme de l’européen prend part à ses réunions ; les femmes des maures se réunissent entre elles et n’apparaissent jamais quand il y a des hommes.
L’européen mange avec sa famille ; le maure mange seul
L’européen s’il a des invités leur demande de se servir avant lui ; le maure s’il a un quelconque invité ou hôte mange de tout avant lui. (…)
L’européen aime la variété dans la nourriture ; le maure pas.
L’européen boit durant le repas et à petites gorgée, sans faire de bruit ; le maure boit après le repas et en une seule fois, en imitant le bruit de l’eau tombant dans un puits.
L’européen considère le rot comme un manque d’éducation ; le maure commet une grande erreur vis-à-vis de son « hôte » qui se sentira très offensé si son invité ne l’a remercié par un rot de reconnaissance, ponctué généralement par des applaudissements. (…)
L’européen montre son respect en ôtant son chapeau, faisant le baisemain et passant par derrière ; le maure ôte ses babouches ou pantoufles, embrasse sa propre main et passe devant.
Le lieu de distinction pour l’européen est la droite ; celui du maure est la gauche (…)
L’européen s’il appelle quelqu’un de la main, il tourne ses doigts vers le bas ; le maure tourne les doigts vers le haut.
La langue des européens est généralement formée entre les lèvres ; celle du maure dans la gorge.
L’européen écrit de la gauche vers la droite ; le maure de droite vers la gauche.
L’européen écrit les voyelles et ponctue les phrases; le maure écrit seulement les consonnes, ne sépare pas les phrases et n’utilise pas de signes de ponctuation, hormis un signe équivalant à notre point et qui se rencontre quelques fois dans leurs écrits (…)

L’européen utilise les orchestres de musique devant les régiments ; le maure toujours après.
L’européen a seulement une femme, et celle-ci, très souvent, lui suffit ; le maure en a généralement plusieurs et on ne peut pas dire que cela lui suffise…
L’européen reçoit de l’argent come dot de la famille ou de sa propre femme ; le maure apporte à la famille de sa femme une quantité d’argent ou des valeurs. .
Il y a entre l’européen, qui très souvent cherche une femme parce qu’elle lui apporte l’argent, et l’arabe qui apporte une partie ou la totalité de ses biens, parce qu’il désire une femme, une certaine différence. (…)
L’européen apporte sa femme avec la figure découverte et le reste du corps couvert ; le maure apporte la femme avec la figure découverte et le reste du corps relativement nu.
La loi et les coutumes punissent l’européen qui bat sa femme ; chez les maures, la loi et les coutumes l’autorisent .
L’européen quand il veut se séparer de sa femme a certaines difficultés, vu le scandale et perd de l’argent s’il veut le faire légalement ; le maure se sépare de sa femme avec une très grande facilité. (…)
En Europe, les femmes constituent la majorité des fidèles dans les églises ; dans les mosquées des maures, les femmes ne peuvent pas entrer, et si parfois certaines entrent, elles se mettent dans les coins les plus obscurs et cherchent même à retenir leur respiration pour que leur présence ne puisse perturber la ferveur et le recueillement dans lesquels sont supposés être les hommes (…)
En Europe, les magasins sont spacieux, les acheteurs y entrent et généralement s’assoient pendant que le vendeur montre les articles debout ; chez les Marocains, les magasins sont très petits, les acheteurs ne s’assoient jamais car ils restent dans la rue et les vendeurs sont toujours assis.
C’est ainsi dans ce pays très original. Ainsi est cette très originale civilisation.

Be the first to like.

L’Aïd, la fête du mouton se prépare.

novembre 26, 2009 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Culture, Religions et Cultes

La fête de l’Aïd se prépare depuis quelques semaines et verra son aboutissement ce samedi avec le sacrifice des moutons qui perpétue le lointain sacrifice d’Abraham.  Chaque famille se doit pour l’occasion de sacrifier un ovidé ou éventuellement un capridé, mâle naturellement.

Cela fait maintenant un mois environ que les rues de la médina ont vu leurs étalages évoluer et de nouveaux faire même leur apparition.

On a ainsi vu progressivement apparaître :

les marchands de moutons et chèvres dsc_6831 même si l’essentiel des transactions se fait à l’extérieur de Tétouan sur la route qui mène à Chefchaouen car les prix y sont plus intéressants ;

suivis de près par les marchands de fourrages, paille, et herbe…  et de grains,
dsc_6897 dsc_6900 dsc_6904 dsc_6905   dsc_6832
éléments indispensables au maintien des moutons en bonne santé jusqu’à la date fatidique… et dire que c’est leur fête ! Lol

Un peu plus tard arrivèrent sur les étals les barbecues, pics à brochettes, allume-feus et le charbon de bois
dsc_7149 dsc_7218 dsc_6902 dsc_7049
De quoi faire cuire les brochettes et merguez qui seront préparées à cette occasion !

Plus récemment c’étaient les vendeurs de l’attirail du parfait boucher-dépeceur, accompagnés des aiguiseurs-rémouleurs qui firent leur apparitions avec un assortiment impressionnant de haches, coutelas, couteaux, esses,… dsc_6899

Pour terminer comme il se doit par les articles nécessaires à la cuisine avec les épices, fruits secs, le sel, etc, etc dsc_7109

mais aussi avec tout ce qu’il faut pour le dressage des tables ! dsc_7217 et pour accompagner la fête dsc_7108

Tout pour passer un bon Aïd ! ce que je souhaite à tous mes amis musulmans ! Aïd Moubarak !

En ce qui nous concerne, nous avons fait quelques réserves pour passer sans problèmes les quelques jours qui suivront l’Aïd et pendant lesquels les activités commerciales seront fort ralenties voire inexistantes, semblerait-il… On verra.

Be the first to like.

Perdu au fond d’une ruelle : un foundouk

octobre 29, 2009 By: Dar Rehla Category: Architecture, Coutumes, Economie, Transports et moyens de déplacement

En parcourant les rues à proximité de la place du Feddan à la limite de la médina et non loin du Mellah, nous avons découvert caché au fond d’une ruelle une façade fleurie qui nous a incité à détourner notre chemin. dsc_6056 .  La petite ruelle débouche alors sur un vaste immeuble qui devait être à l’origine un foundouk.   Ces bâtiments étaient destinés aux visiteurs et commerçants de passage dans la ville.  Ils y trouvaient gîte et zones de stockage pour leur marchandise le temps de leur visite.

Rien n’indique que ce bâtiment était destiné à cet usage mais sa structure le laisse penser : une cour intérieure à laquelle on accède par une grande porte donnant vers l’extérieur de la médina.  Cette cour est d’ailleurs encore utilisée comme aire de « stationnement » par les commerçants ou agriculteurs venus des villages avoisinants à dos d’âne. dsc_6057 Autour de cette cour sont disposées au rez de chaussée de nombreuses logettes qui servent encore actuellement de zone de stockage mais fixes, le foundouk ayant perdu quelque peu sa raison d’être initiale.

A l’étage, la galerie couverte dsc_6059 donne accès aux anciennes chambres de passage actuellement utilisées comme habitation par des familles. dsc_6058

Be the first to like.

Contrastes

octobre 24, 2009 By: Frederico Paula Category: Coutumes, Gastronomie

“A imagem de Marrocos nos relatos de viagens dos Portugueses (1870-1996)” é uma compilação de textos de viajantes portugueses a este país do Norte de África, da autoria de Abdelmouneim Bounou, publicada pela Universidade Sidi Mohammed Bem-Abdellah de Fés em 1998.

Neste textos é patente o fascínio que Marrocos exerce nos viajantes portugueses, os sentimentos que neles desperta, o mistério que encerra.

O texto que se segue é um extracto das “Viagens a Marrocos” de Rui da Câmara publicado originalmente em 1876 pela Livraria Internacional no Porto:

CONTRASTES ENTRE EUROPEUS E MOUROS

Conserva esta raça, apesar de separada do continente por um estreito braço de mar, os costumes, os trajes, os traços da sua fisionomia como nos primeiros tempos: por aqui se verá quão diferente é em tudo dos nossos hábitos:

O europeu monta pela esquerda e com estribos compridos; o mouro pela direita e com estribos muito curtos.

O europeu ferra os seus cavalos com ferraduras abertas; o mouro com ferraduras fechadas, afectando a forma de boca de cântaro.

O europeu monta em selim raso e leve; o mouro em seiras pesadas.

O europeu leva as ilhas dos seus cavalos apertadas; o mouro completamente largas.

O europeu leva os alforges á garupa e divididos em dois; o mouro leva-os ao pescoço do cavalo e a um lado.

O europeu, se monta um burro, aguilhoa-o atrás na garupa; o mouro adiante, entre as espáduas.

O europeu usa armas curtas e de alcance; o mouro armas compridas e de pouco alcance.

O europeu prefere a pólvora de grão miúdo; o mouro prefere a pólvora de grão grosso.

O europeu veste o fato justo e de cores escuras; o mouro veste-o largo e de cores claras.

O europeu traz os pés bem abrigados e a cabeça pouco coberta; o mouro trá-los completamente ao ar e a cabeça bem coberta.

O europeu lava em primeiro lugar as mãos; o mouro os pés.

O europeu rapa a barba e corta o cabelo; o mouro rapa o cabelo e corta a barba.

O europeu senta-se em cadeiras e dorme em camas altas; o mouro senta-se no chão e em camas baixas de ordinário. (…)

O europeu tem as suas casas com janelas, em geral grandes; o mouro nas suas casas não tem janelas, ou se as tem são pequenas frestas somente para deixar entrar o ar.

A porta maior da casa do europeu é a da entrada; na do mouro esta é geralmente a mais pequena de todas, sendo algumas vezes apenas da altura de um homem.

O europeu recebe as visitas no interior da casa; o mouro recebe as suas fora, num banco que tem á porta. (…)

O europeu gosta da sociedade e da conversação; o mouro gosta da solidão, e quando está acompanhado passa horas inteiras sem dizer uma palavra.

A mulher do europeu toma parte nas suas reuniões; as mulheres dos mouros reúnem-se entre si e jamais aparecem onde há homens.

O europeu come com a sua família; o mouro come só.

O europeu se tem convidados manda-os servir primeiro do que ele; o mouro se tem algum convidado ou hospede, come de tudo antes dele. (…)

O europeu gosta da variedade na comida; o mouro não. (…)

O europeu bebe durante a comida a pequenos goles e sem fazer ruído; o mouro bebe depois da comida e de uma só vez, imitando o ruído da agua caindo num sorvedouro.

O europeu tem o arroto por uma falta de educação; o mouro comete uma grande falta para com o seu amfitrião, dando-se este por muito ofendido se o seu hospede não lhe dá os agradecimentos com um arroto de reconhecimento, de ordinário recebido com palmas. (…)

O europeu mostra o seu respeito tirando o chapéu, beijando a mão alheia e passando por detrás; o mouro tirando as babuchas ou chinelas, beijando a sua própria mão e passando par diante.

O lugar de distinção do europeu é á direita; o do mouro á esquerda. (…)

O europeu, se chama alguém com a mão, volta os dedos para baixo; o mouro volta os dedos para cima.

O idioma do europeu é geralmente formado nos beiços; o do mouro na garganta.

O europeu escreve da esquerda para a direita; o mouro da direita para a esquerda.

O europeu escreve as vogais e marca os períodos; o mouro escreve só as consoantes e não separa os períodos nem usa sinais de pontuação, e unicamente um sinal equivalente ao nosso ponto é que se encontra algumas vezes nos seus escritos. (…)

O europeu usa adiante dos regimentos as bandas de musica; o mouro sempre atrás.

O europeu tem só uma mulher e esta, muitas vezes, sobra-Ihe; o mouro tem geralmente mais do que uma e não pode dizer-se que lhe sobram, visto que não lhes dá lugar a que isso suceda.

O europeu recebe dinheiro como dote da família ou da sua própria mulher; o mouro entrega á família da mulher como dote uma quantidade de dinheiro ou valores estipulados.

Há entre o europeu, que muitas vezes busca a mulher porque lhe deseja o dinheiro, e o árabe que entrega parte ou todos os seus bens, porque deseja a mulher, alguma diferença. (…)

O europeu traz a sua mulher com a cara descoberta e o resto do corpo tapado; o mouro traz a mulher com a cara coberta e o resto do corpo bastante nu.

Ao europeu a lei e os costumes não lhe permitem castigar a sua mulher; ao mouro a lei e os costumes autorizam-no a isso terminantemente.

O europeu quando quer separar-se da sua mulher, tem alguma dificuldade, dá escândalo, gasta dinheiro se o quiser fazer legalmente; o mouro desfaz-se da mulher com a maior facilidade. (…)

Na Europa as mulheres constituem a maioria dos fieis nas igrejas; nas mesquitas dos mouros não podem entrar as mulheres, e se por acaso entram algumas colocam-se nos cantos mais obscuros, e procuram até conter a respiração para que a sua presença não possa perturbar o fervor e recolhimento em que se supõe deverem estar os seus donos e senhores. (…)

Na Europa as lojas são espaçosas, os compradores entram dentro delas e geralmente sentam-se em quanto que o vendedor mostra os artigos em pé; em Marrocos as lojas são muito pequenas, os compradores não se sentam nunca, porque ficam na rua, e os vendedores estão sempre sentados.

Tal é este originalíssimo pais. Tal é esta originalíssima civilização!

Be the first to like.

L’école des Arts et Métiers

septembre 01, 2009 By: Dar Rehla Category: Art et artisanat, Coutumes

Tétouan, c’est aussi une école des Arts et Métiers réputée où l’on enseigne différentes disciplines artistiques telles que le tissage, le travail du bois, sa sculpture, sa peinture, le travail des zelliges ainsi que le travail du métal et du cuir.   De nombreuses réalisations exécutées par les élèves sont mises en valeur dans les pièces centrales du bâtiment. Réalisations artisanales

Le bâtiment en lui-même est remarquable et on pourra y admirer la coupole du hall d’entrée, un véritable chef d’oeuvre de marquetterie La coupole de l'entrée de l'école des Arts et Métiers de Tétouan

A l’arrière du bâtiment, un jardin arboré Jardin de l'école des Arts et Métiers de Tétouan Jardin de l'école des Arts et Métiers de Tétouan plein de fraicheur est délimité par les ailes du bâtiment regroupant les classes L'école des Arts et Métiers de Tétouan

Des bassins et des fontaines en zelliges agrémentent l’espace. Bassin de fontaine Fontaine en zelliges

L’école peut être visitée toute la journée mais il est recommandé de le faire en matinée quand les élèves sont encore à l’oeuvre.

Be the first to like.

Le thé à la menthe

juillet 18, 2009 By: Dar Rehla Category: Coutumes, Gastronomie

D’origine assez récente (XIX ème siècle), le thé à la menthe est devenu aujourd’hui la boisson caractéristique des pays du Maghreb et symbolise l’hospitalité de leurs populations.  On le boit à toute heure de la journée que ce soit : pour précéder, accompagner ou terminer un repas ; pour marquer une pause ; pour se réchauffer en hiver ou se désaltérer en été ; pour honorer un visiteur ou tout simplement pour le plaisir de boire un verre avec un ami.

Préparé traditionnellement par le chef de famille, il ne se refuse pas.

Pour la préparation du thé, il est quelques ustensiles indispensables : le brasero, la théière, la bouilloire et les verres.  Plateaux, boîte à sucre, boîte à thé et marteau (pour casser le sucre) ne sont que des accessoires pour agrémenter le cérémonial.  Toutefois, souvent réalisées en cuivre et/ou métal argenté et finement ciselées, ces pièces ne manquent pas de rehausser le charme de ce rite. Service à thé dsc_4198
La préparation du thé peut varier d’une région à l’autre mais il est toujours obtenu par l’infusion de feuilles de thé vert et de menthe verte ainsi que d’une grande quantité de sucre.  Dans certaines régions, on peut encore trouver les pains de sucre mais actuellement on utilise plus fréquemment du sucre cristallisé voire des morceaux spécialement calibré pour cet usage. Sucre lingot A raison de cinq cuillerées de sucre par cuillère de thé, c’est une boisson très énergétique !

Le cérémonial du thé est réglé et peut se décomposer comme suit :

  1. on ébouillante la théière ;
  2. on rince le thé au moyen d’une petite quantité d’eau bouillante que l’on jette après une minute environ ;
  3. on ajoute ensuite l’eau nécessaire et le sucre concassé ou en poudre ;
  4. on laisse infuser le mélange sur le feu pendant quelques minutes, le temps que le sucre fonde et se mélange ;
  5. ensuite, pour que ce dernier se mélange bien, on verse à plusieurs reprises l’infusion obtenue dans un verre que l’on reverse ensuite dans la théière ;
  6. on surveille ensuite attentivement la cuisson qui sera déterminante pour l’obtention d’un thé bien équilibré ;
  7. à plusieurs reprises, le maître de cérémonie « caïd siniya » testera le breuvage et y apportera quelques corrections si nécessaire ;
  8. lorsque l’infusion est  prête,  elle est versée dans les verres en levant la théière bien haut.  Cette technique a l’avantage de favoriser l’obtention en surface de l’écume signe de réussite  !

Souvent servi avec de la menthe, le thé peut également être parfumé à la fleur d’oranger, à l’absinthe, à la gomme-mastic voire au moyen de différentes plantes aromatiques selon les régions.

Alors qu’au Maroc, dans le Nord en tout cas que je connais, le thé est assez léger, plus au Sud et aux confins du Sahara, le thé est servi trois fois à partir de la même dose de thé.  Il en résulte une modification de la saveur et de la couleur du breuvage obtenu à chacun des services, illustrée par  un adage bien connu.

« Le premier verre est aussi amer que la vie,
Le deuxième est aussi fort que l’amour,
Le troisième est aussi doux que la mort. »

Au Mali, on dit même que le troisième est réservé aux femmes…. Seraient-ils machistes ?

Be the first to like.


WordPress SEO fine-tune by Meta SEO Pack from Poradnik Webmastera