Vie et tourisme à Tétouan

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Archive for the ‘Architecture’

Les biens habous – une situation patrimoniale catastrophique…

juin 12, 2010 By: Dar Rehla Category: Architecture, Coutumes

“Habous” est un terme essentiellement utilisé dans le Magrheb et qui désigne en droit musulman un type de législation relative à la propriété foncière.  Les biens habous peuvent être classifiés en trois types : publics, privés ou mixtes.(Wikipédia)

On estime à près de 50.000 le nombre de biens immobiliers et à quelques 85.000 hectares de terres agricoles, le patrimoine marocain régi par ce droit et dont la gestion est confiée au “Ministère des Habous et des Affaires Islamiques”.

Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie à la lecture de l’article “La fortune des Habous” de Aniss Maghri publié en 2005.

Bien que datant maintenant, cet article met en évidence certaines situations encore bien réelles qui pénalisent la “rentabilité” de ce patrimoine : certains locaux peuvent ainsi être loués à 1 dirham le mois et si au départ le bien est destiné à des familles pauvres aux ressources limitées, les passe-droits semblent encore fréquents et les pas-de-porte et sous-locations font légion… Ces biens habous peuvent ainsi devenir des niches imprenables, à l’usufruit sans limites.

Une des caractéristiques principales de ces biens est leur inaliénabilité et la procédure éventuelle d’acquisition “qui est toujours une dérogation du ministre, est compliquée et longue. L’acheteur doit présenter une demande au “nader”, sorte d’intendant représentant du département des Habous au niveau régional, qui la transmet au ministère. Ce dernier réunit une commission ad hoc (oulémas, architectes, juristes) qui statue sur l’opportunité ou non de cette cession et informe le ministre de sa décision. Après approbation ministérielle, le Roi, en sa qualité d’autorité de tutelle des Habous, est sollicité pour la promulgation d’un dahir. «Le Souverain suit de façon périodique les réalisations et insiste sur le respect de la sacralité de ce patrimoine»” selon le directeur des Habous.

Ces différents facteurs entraînent que de nombreux biens “habous” sont devenus de véritables taudis quand ils sont encore habités et bien souvent menacent d’écroulement quand ils restent inoccupés et sans aucun entretien.

Voici l’exemple d’un tel bien que nous avons été visité début de semaine ! Les photos parlent d’elles-mêmes…  Cette vaste maison a été pillée par les anciens locataires de toutes ses boiseries et aucuns travaux n’ont plus été engagés.  L’étanchéité de la terrasse est inexistante, entraînant la détérioration des plafonds de l’étage et le risque d’effondrement.   Pourtant cette demeure est le témoin d’un riche passé : il suffit de regarder le détail des zelliges, des arches, des bois peints qui ont été préservés du saccage.

“Mieux connaître Tétouan” Une visite de Tétouan organisée par un groupe Facebook

mai 31, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Culture, Histoire

Sur Facebook, il existe un certain nombre de groupes et de pages dédiées à Tétouan.  Ce dernier week end, l’une d’entre elles organisait une visite guidée de la vieille médina sous le thème “Mieux connaitre sa ville”.  Encadrée par plusieurs docteurs, chercheurs et professeurs spécialisés dans le domaine de l’histoire et de la gestion du patrimoine culturel, cette première initiative  était un rendez-vous auquel je me “devais” de participer. La médina est très vaste et j’espérais découvrir lors de cette promenade des lieux et des espaces encore inconnus de Tétouan mais surtout récolter des informations sur l’histoire et l’origine de certains de ses bâtiments et maisons.
Le rendez-vous était fixé à 9h30 devant l’école des Arts et Métiers “Dar Sanaa” située près de Bab El-Okla. Bab El-Okla
Le groupe se constitue assez rapidement et la visite débutera par le Musée Ethnographique. Créé en 1928, il occupe une forteresse historique ou “borj” construite sur ordre du Sultan alaouite Moulay Abderrahmane vers 1830. Il fait l’objet de travaux de rénovation. Le borj abritant le musée ethnographique de Tétouan
L’entrée du musée se fait  par la médina.
L'entrée du musée ethnographique de Tétouan La plaque signalétique du musée ethnographique de Tétouan
A travers ses expositions, le Musée présente l’artisanat tétouanais des siècles passés mais expose aussi les aspects culturels et ethnographiques de la ville et de sa région selon deux thématiques essentielles : vie publique et vie privée. Je vous propose quelques photos prises de quelques pièces exposées.
Poterie rifaine Mosaïque maurisques
Le palanquin de la mariée tétouanaise Porte en bois peint
Coffre peint tétouanais
Ce n’est qu’une part minime des collections présentées et si il est un musée à Tétouan qu’il faut visiter c’est certainement celui-ci.  Mais pour cela, il vous faudra venir en semaine car comme tous les autres musées de la ville, il est fermé les samedi et dimanche !!!

Dans la cour située à l’arrière du bâtiment, M. Bouabid Bouzaid historien de la ville donnera un certain nombre d’explications au groupe.   M. Bouzaid donnant des explications
Certaines porteront sur la fontaine qui s’y trouve. Fontaine du musée ethnographique de Tétouan
Malheureusement toutes ces informations qui seront apportées au cours de la promenade le seront en arabe et aucune traduction ni en espagnol ni en français ne fut-ce que minime ne sera faite pour les quelques participants étrangers du groupe.

Le musée dispose normalement d’un espace cafétéria dont la terrasse extérieure fait encore l’objet de travaux. Rénovation du pavement de la cafétéria du musée ethnographique de Tétouan
Une fois cette restauration terminée, l’endroit sera certainement agréable. La cour du musée d'ethnographie de Tétouan

La visite se poursuivra dans les dédales de la médina,
Devant le Musée d'ethnographie de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Dans les rues de la vieille médina de Tétouan
Ruelle de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Grâce à une dame du groupe je retirerai quand même quelques renseignements. J’apprendrai ainsi que, à l’origine, les portes étaient plus petites et plus basses afin d’obliger le visiteur à se baisser en signe de respect pour ses hôtes. Porte d'une vieille maison tétouanaise

Les portes étaient également “doubles” composées d’une porte d’usage courant qui s’inscrit dans une porte plus grande laquelle n’était utilisée qu’à deux occasions : les mariages et les funérailles. La décoration des frontons et certains éléments de ferrure ornant les portes permettraient de connaître l’origine de la famille habitant la maison. Fronton d'une vieille porte tétouanaise
Ensuite nous nous sommes dirigés vers la grande Mosquée où nous avons fait une petite halte, le temps de d’admirer quelques compositions de zelliges qui ornent l’entrée principale.
La cour de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan
L’un des moments particulièrement intéressants de la promenade fut la visite d’une grande maison tétouanaise de ce quartier essentiellement résidentiel construit à l’emplacement de l’ancien mellah. Rares sont ces occasions. Patio d'une maison tétouanaise Fontaine murale d'une maison tétouanaise
Galerie d'une maison tétouanaise Décor tétouanais

Plus loin, on s’est arrêtés au dessus de l’entrée des mazmorras dont on voit ici le seul témoin extérieur. L'entrée des mazmorras de Tétouan
Cette grande cavité souterraine dont je reparlerai ultérieurement servit jusqu’au XVIII ème siècle comme prison. Y furent enfermés principalement des chrétiens faits prisonniers lors des nombreuses expéditions de pirates auxquels Tétouan servait de base. Ces actes de piraterie forcèrent d’ailleurs l’Espagne en 1565 à bloquer l’embouchure de l’oued Martil en y coulant des bateaux chargés de pierre. L’activité de piraterie reprendra cependant moins de 10 ans plus tard pour ne cesser définitivement qu’au début du XVIIIème siècle.

L’étape suivante eut lieu dans l’atelier de notre ami Abdelghani où nous avons fait réaliser quelques couvertures (voir notre article : à la poursuite du tapis vert dans le blog traitant de la rénovation de Dar Rehla, notre maison d’hôtes). Abdelghani, un monsieur toujours souriant !
Abdelghani dans son atelier

Nous remonterons ensuite du côté de Gherza El-Kebira et de la médersa Loukach devant laquelle nous nous arrêterons quelque temps.   La Médersa Loukach
La médersa dont la rénovation touche à son terme abritera bientôt un musée et sera accessible au public. Nous traverserons ensuite la médina en passant par Zankat M’kadem, Souk El-Fokki Souk El-Fokki
Trancat. Trancat
Un peu plus loin, nous croisons “7alliii!” 7alliii
avant d’arriver au musée d’archéologie où s’achèvera la visite. L’occasion de prendre encore quelques clichés dans la cour du musée Dans les jardins du musée archéologique de Tétouan Amphores romaines - musée archéologique de Tétouan Mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Détail d'une mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
A l’intérieur je m’arrêterai plus particulièrement devant une vitrine proposant d’anciens “azulejos” portugais
Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan
et celle présentant la maquette du cromlech de M’zora Maquette du Cromlech de M'Zora
un site mégalithique qui se trouve sur la route de Asilah que j’aimerais aller visiter.  J’avais déjà voulu m’y rendre au mois de février mais suite aux pluies abondantes qui avaient arrosé le Maroc à cette époque, la route était impraticable.

Il est près de 13 heures, je quitte le groupe car plus tard dans l’après-midi nous sommes invités à une fête traditionnelle locale : la “Shedda”.

Ce fut donc une promenade agréable qui m’a permis de découvrir encore quelques coins méconnus de la médina. Mon seul regret est que beaucoup d’informations qui ont été données me sont restées inaccessibles et j’espère que les organisateurs proposeront prochainement d’autres visites similaires mais en prenant soin de penser à une traduction en français et/ou en espagnol. Choukran.

L’ancienne église de Martil et José Maria Lerchundi

avril 18, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Histoire

La publication sur Facebook d’une ancienne photo de l’église de Martil L'église de Martil par nos amis Claire et Christian m’a donné envie d’en connaître un peu plus sur l’histoire de ce beau bâtiment.  C’est dans le petit guide “TangerPocket”, que vous trouverez gratuitement dans de nombreux établissements touristiques de la région et qui dispose aussi d’une version web, que j’ai démarré mon investigation.  Par la suite, j’ai dû constater qu’il existe très peu d’informations sur l’église elle-même.
Peut-être que des futurs lecteurs pourront apporter des précisions et d’autres photos.  Je les en remercie d’avance.
Le fronton de l'ancienne église de Martil
Bâtie à la fin des années 40 sous le Protectorat espagnol, l’église de Martil, vu sa taille donne une idée de l’importance de la présence espagnole et du culte catholique à cette époque dans la région.
L'église de Martil
L’édifice restera dédié au culte catholique jusque dans les années 70 pour être ensuite abandonné.   En 1996, le bâtiment est restauré par la Junta de Andalucia et sera reconverti en un espace culturel.
L'ancienne église de Martil de nos jours Le parvis de l'ancienne église de Martil
Vue latérale de l'église de Martil Fresques sur la façade latérale de l'ancienne église de Martil

On lui donnera le nom d’un père franciscain qui oeuvra au XIX ème siècle dans le Nord du Maroc “José Maria Lerchundi”.
A ce jour cependant, le centre semble plus connu sous le patronyme de centre culturel “Al Andalous”…

Le père Lerchundi Né en 1836, le père José Maria Lerchundi rejoint l’ordre franciscain en 1856 et sera ordonné en 1859.  En 1862, il rejoint la Mission catholique du Maroc dont il deviendra le Préfet apostolique de 1877 jusqu’à sa mort en 1896.  Il est enterré dans la crypte de la cathédrale de Tanger.

Il résidera de 1862 à 1877 à Tétouan et entretiendra des liens forts avec différents acteurs de la vie tétouanaise lui permettant d’acquérir une connaissance approfondie de la langue arabe.  A cette époque Tétouan est la capitale diplomatique du Maroc et il sera l’interprète officiel entre les rois d’Espagne et le sultan Hassan I du Maroc.

Cette connaissance de la langue parlée aboutira à la rédaction de plusieurs livres qui font encore référence et qu’il serait intéressant de me procurer :

  • “Rudimentos del arabe vulgar que se habla en el imperio de Marruecos” (1872) ;
  • “Crestomatía Árabe” (1881) ;
  • “Vocabulario español-arábico del dialecto de Marruecos” (1893).

Parmi ses nombreuses autres réalisations on peut citer :

  • la création à Tanger de la première imprimerie hispano-arabe du Maroc ;
  • la création et la rénovation de nombreuses écoles paroissiales et un centre de formation professionnelle ;
  • la création d’un complexe d’habitations pour sans-abris ;
  • l’ouverture à Tétouan d’une école pour l’espagnol et l’arabe.

Par ailleurs, il a contribué  à plusieurs initiatives visant à moderniser Tanger dans des domaines très variés : l’électricité, les horloges publiques,  les chambres de commerce, les compagnies maritimes, les postes de traite, etc.

Si l’histoire de ce père vous intéresse, vous pourrez trouvez plus d’infos en suivant ce lien sur ce site dédié à l’ordre des franciscains

La place Hassan II ou place du Feddan

février 19, 2010 By: Dar Rehla Category: Architecture, Histoire

Avant de visiter la vieille médina en empruntant l’un des trois circuits proposés dans un article précédent, un arrêt sur la place Hassan II,  encore largement connue sous son appellation initiale de “El Feddan”  nous semble indispensable.

La place Hassan II ou El Feddan de Tétouan

La place Hassan II ou El Feddan de Tétouan

Le feddan, c’est en arabe une mesure de superficie et par abstraction, ce terme pourrait désigner une zone d’exploitation agricole : ce qui expliquerait cette dénomination appropriée car au début c’est  l’usage qui est fait de cet espace situé à la limite extérieure de la médina.  C’est alors la famille andalouse Loukach qui l’exploite.  Cette famille dirigea la ville au XVIII ème siècle et a laissé à la ville quelques monuments importants dont une médersa dont la restauration est toujours en cours.

Plus tard et jusqu’au début du XXème siècle,  la place aura fonction d’aire de battage pour le blé, de souk, de marché au bétail et même d’abattoir ;  trois fois par semaine Tétouan y accueillait un marché qui attirait les paysans des campagnes proches et où se pratiquaient encore le troc.

Le Feddan au début du XX ème siècle

Le Feddan au début du XX ème siècle

Mais déjà à partir de la première occupation espagnole de 1860 elle deviendra place d’Espagne :  le vainqueur débaptise alors de nombreux lieux tels que les portes et les noms choisis sont emblématiques et provocateurs.   Plus tard, sous le Protectorat, la zone sera bâtie et abritera alors la résidence du haut Commissaire  et le palais du calife Moulay El-Mehdi.  Entre 1927 et 1930, la place sera réaménagée en respect du plan général d’urbanisation, structurée selon le modèle des jardins hispano-mauresques : on y installe en son centre une espèce de pavillon ouvert et le revêtement existant est remplacé par un pavement similaire à celui qui se trouve dans le parc Maria Luisa de Séville.  Viennent également compléter l’ouvrage de nombreux parterres et des plantations de palmiers sur les abords qui apportent ombrage.

La place du Feddan des années 20 à 80

La place du Feddan des années 20 à 80

Avec la construction de l’Ensanche, cet espace va changer définitivement de fonction.  Ce qui était au départ une zone d’échange entre la ville et la campagne extérieure va devenir alors la pièce principale autour de laquelle vont s’articuler les relations entre la vieille ville et la nouvelle cité, et ce jusqu’à ce jour encore.

Après l’Indépendance, la place abritera jusqu’en 1988 le Consulat espagnol dans le bâtiment situé à l’extrême droite de l’actuel Palais royal.  C’est à cette époque qu’elle subira de nouvelles transformations importantes qui aboutiront à la place dans sa physionomie actuelle.  A l’époque toute circulation y est alors  interdite et elle prend désormais le nom de place Hassan II.   Ce n’est que dix ans plus tard, qu’une partie de la place retrouve sa vocation de lieu d’échange, de rencontre et de réunion au plus grand bonheur de la population tétouanaise.

La porte d'accès du Palais royal de Tétouan

La porte d'accès du Palais royal de Tétouan

Actuellement la grand porte majestueuse d’accès au Palais royal constitue la référence visuelle des visiteurs.  Sur sa gauche se trouvent les dépendances royales et à leur extrémité débouche la rue du Mechouar qui constituait une zone très importante de la vie administrative et politique car y étaient regroupées les anciennes dépendances du Makhzem.  Cette rue est interdite d’accès.

L’espace public accessible est en effet limité et dorénavant réduit aux limites extérieures de la Place. Sur sa gauche, se trouve une zone très calme avec quelques terrasses desquelles l’on surplombe légèrement la place.

Terrasses extérieures en bordure du Feddan

Terrasses extérieures en bordure du Feddan

De ce côté se retrouvent deux anciennes Zaouia, celle de Sidi Ben Aissa

La zaouia Sidi Ben Aissa

La zaouia Sidi Ben Aissa

et celle de Sidi Abdallah el Hadj

Le minaret de la zaouia Sidi Abdallah el Hadj

Le minaret de la zaouia Sidi Abdallah el Hadj

entre lesquelles la rue Caïd Ahmed permet un accès direct au quartier Trancat.  Cette rue héberge un certain nombre de pensions.  Sous l’occupation espagnole ces deux édifices religieux abritèrent respectivement le bureau des postes et télégraphe et une église catholique…

L’espace situé du côté droit de la place est nettement moins paisible, occupé par un nombre important de marchands ambulants attirés par le flux continu et incessant des passants.  Un peu de patience est indispensable pour se frayer un passage au travers de leurs étals et de la foule.

Mais au terme de ce parcours, vous accèderez à Bab Ruah, l’une des sept portes d’accès à la vieille ville.   Sur la droite, s’étale le mellah, l’ancien quartier juif.

Le Ryad Al Ouchak ou Jardin des Amoureux

février 14, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Sports et loisirs

Parmi les endroits charmants  de Tétouan, il en est un qu’en ce jour de Saint Valentin il était opportun de vous présenter  et auxquels de nombreux tétouanais sont attachés : le ryad Al Ouchak ou jardin des amoureux…  Situé en contrebas de la vieille médina, le jardin s’étend sur deux hectares environ.

Le Jardin des Amoureux de Tétouan

Le Jardin des Amoureux de Tétouan

Créé en 1929 et initialement baptisé “Jardin du consul Cajigas” sous le protectorat espagnol il a fait l’objet d’une restauration poussée en 1997.  Initialement entouré de murs, le jardin est maintenant dégagé et offre à la vue de tous,  ses parterres multicolores, ses arbres majestueux et ses nombreux bassins et fontaines aquatiques.   La récente réhabilitation a su garder l’aspect arabo-andalous que lui avait donné les espagnols qui souhaitaient faire de cet endroit une réplique des célèbres jardins du palais de l’Alhambra de Grenade.

Bassins du Jardin des Amoureux

Bassins d'eau et le kiosque du Jardin des Amoureux

Pour les tétouanais, le jardin fait partie intégrante du patrimoine de la ville et la plupart d’entre eux ont l’habitude de venir y passer en fin de journée de beaux moments pendant la période estivale.  Le nom qu’on lui connait actuellement “Ryad Al Ouchak” s’est imposé très rapidement après sa création ; compte tenu de son aspect romantique, le jardin était vite devenu le lieu de rencontre de prédilection de nombreux jeunes couples désirant passer ensembles quelques moments…

Le Jardin des Amoureux

Le Jardin des Amoureux

On appréciera particulièrement le grand bassin circulaire avec sa fontaine autour duquel des bancs vous attendent et vous permettront de bénéficier de la beauté des lieux sous le couvert de superbes arbres.

Le grand bassin du Jardin des Amoureux

Le grand bassin du Jardin des Amoureux

Et non loin de là, si le coeur vous en dit,  un petit établissement bien sympathique vous permettra de prendre un thé à la menthe savoureux…

Où prendre un thé dans le Jardin des Amoureux

Où prendre un thé dans le Jardin des Amoureux

Après,  vous aurez l’embarras du choix :

  • remonter dans la vieille médina par Bab Remuz et le  Mellah ;
  • aller faire un tour au centre d’artisanat qui se trouve non loin ;
  • aller visiter l’Ecole des Arts et Métiers  ou le Musée ethnographique tous deux situés près de Bab El Okla, en remontant, vers l’Est, l’avenue Hassan II qui longe les jardins ;
  • remonter vers l’Ensanche en remontant les jardins vers l’Ouest.

D’ici peu,  vous aurez peut-être l’occasion également de visiter le musée d’Art moderne qui occupera l’ancienne gare du train qui reliait Tétouan à Ceuta dont le bâtiment a été récemment rénové.

L'ancienne gare ferroviaire de Tétouan

L'ancienne gare ferroviaire de Tétouan

En attendant de découvrir ce lieu par vous-même, je vous emmène virtuellement à sa découverte.

Une nouveau livre dans la bibliothèque de Dar Rehla.

décembre 05, 2009 By: Dar Rehla Category: Architecture, Histoire, Non classé

Ce matin en nous promenant dans l’Ensanche, nous avons trouvé et acheté un livre sur Tétouan qui laissait supposer être une source d’informations intéressantes sur la ville, son architecture et ses spécificités.

Son titre “La medina de Tetuan – Guia de arquitectura”   ISBN 84-8095-324-1. La medina de Tetuan - Guia de arquitectura

Toutefois, ne le cherchez pas dans les rayons, la dernière édition de 2002 serait épuisée et l’exemplaire acheté ce matin un des derniers sur le marché… dixit le vendeur…

Le livre est le fruit d’une collaboration entre le “Conseil Municipal Sidi Mandri de la ville de Tétouan” et  la “Junta de Andalucia”.

Il est écrit en espagnol et en arabe et même si ces deux langues ne sont pas des langues que je parle correctement (lol),  ma connaissance du portugais me permet de comprendre l’essentiel des écrits rédigés en espagnol.   J’ai donc déjà survolé quelques chapitres et l’ouvrage regorge vraiment d’informations très intéressantes sur Tétouan, accompagnées souvent de photographies anciennes des lieux présentés.

Mes futurs déplacements dans la ville bénéficieront de ce nouvel éclairage que je tâcherai de vous transmettre dans de futurs articles.

Ce livre sera naturellement à la disposition des futurs hôtes de notre maison d’hôtes “Dar Rehla”.

Perdu au fond d’une ruelle : un foundouk

octobre 29, 2009 By: Dar Rehla Category: Architecture, Coutumes, Economie, Transports et moyens de déplacement

En parcourant les rues à proximité de la place du Feddan à la limite de la médina et non loin du Mellah, nous avons découvert caché au fond d’une ruelle une façade fleurie qui nous a incité à détourner notre chemin. dsc_6056 .  La petite ruelle débouche alors sur un vaste immeuble qui devait être à l’origine un foundouk.   Ces bâtiments étaient destinés aux visiteurs et commerçants de passage dans la ville.  Ils y trouvaient gîte et zones de stockage pour leur marchandise le temps de leur visite.

Rien n’indique que ce bâtiment était destiné à cet usage mais sa structure le laisse penser : une cour intérieure à laquelle on accède par une grande porte donnant vers l’extérieur de la médina.  Cette cour est d’ailleurs encore utilisée comme aire de “stationnement” par les commerçants ou agriculteurs venus des villages avoisinants à dos d’âne. dsc_6057 Autour de cette cour sont disposées au rez de chaussée de nombreuses logettes qui servent encore actuellement de zone de stockage mais fixes, le foundouk ayant perdu quelque peu sa raison d’être initiale.

A l’étage, la galerie couverte dsc_6059 donne accès aux anciennes chambres de passage actuellement utilisées comme habitation par des familles. dsc_6058