Les biens habous – une situation patrimoniale catastrophique…
“Habous” est un terme essentiellement utilisé dans le Magrheb et qui désigne en droit musulman un type de législation relative à la propriété foncière. Les biens habous peuvent être classifiés en trois types : publics, privés ou mixtes.(Wikipédia)
On estime à près de 50.000 le nombre de biens immobiliers et à quelques 85.000 hectares de terres agricoles, le patrimoine marocain régi par ce droit et dont la gestion est confiée au “Ministère des Habous et des Affaires Islamiques”.
Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie à la lecture de l’article “La fortune des Habous” de Aniss Maghri publié en 2005.
Bien que datant maintenant, cet article met en évidence certaines situations encore bien réelles qui pénalisent la “rentabilité” de ce patrimoine : certains locaux peuvent ainsi être loués à 1 dirham le mois et si au départ le bien est destiné à des familles pauvres aux ressources limitées, les passe-droits semblent encore fréquents et les pas-de-porte et sous-locations font légion… Ces biens habous peuvent ainsi devenir des niches imprenables, à l’usufruit sans limites.
Une des caractéristiques principales de ces biens est leur inaliénabilité et la procédure éventuelle d’acquisition “qui est toujours une dérogation du ministre, est compliquée et longue. L’acheteur doit présenter une demande au “nader”, sorte d’intendant représentant du département des Habous au niveau régional, qui la transmet au ministère. Ce dernier réunit une commission ad hoc (oulémas, architectes, juristes) qui statue sur l’opportunité ou non de cette cession et informe le ministre de sa décision. Après approbation ministérielle, le Roi, en sa qualité d’autorité de tutelle des Habous, est sollicité pour la promulgation d’un dahir. «Le Souverain suit de façon périodique les réalisations et insiste sur le respect de la sacralité de ce patrimoine»” selon le directeur des Habous.
Ces différents facteurs entraînent que de nombreux biens “habous” sont devenus de véritables taudis quand ils sont encore habités et bien souvent menacent d’écroulement quand ils restent inoccupés et sans aucun entretien.
Voici l’exemple d’un tel bien que nous avons été visité début de semaine ! Les photos parlent d’elles-mêmes… Cette vaste maison a été pillée par les anciens locataires de toutes ses boiseries et aucuns travaux n’ont plus été engagés. L’étanchéité de la terrasse est inexistante, entraînant la détérioration des plafonds de l’étage et le risque d’effondrement. Pourtant cette demeure est le témoin d’un riche passé : il suffit de regarder le détail des zelliges, des arches, des bois peints qui ont été préservés du saccage.














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Dar Rehla – Guesthouse
Dar Rehla – Maison d'hôtes