Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

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Archive for the ‘Architecture’

Le guide architectural de la médina de Tétouan – 9ème édition

décembre 20, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Non classé

Si il est un ouvrage de référence sur la médina de Tétouan que je peux vous conseiller, c’est certainement le
« Guía de Arquitectura de la Medina de Tetuán », un ouvrage bien documenté sur l’histoire, l’évolution de la cité et  illustré de belles photos de maisons, mosquées, hammams et autres bâtiments faisant partie du cadre bâti de la vieille médina.  Autant d’espaces souvent inaccessibles que vous n’aurez pas l’occasion de visiter et donc de photographier et qui témoignent de la richesse culturelle arabo-andalouse de la ville.
De cet ouvrage publié par la Junta d’Andalucia, nous avions fait l’acquisition d’un exemplaire très tôt lors de notre arrivée à Tétouan.  Comme je l’ai dit plus haut, il s’agit d’un ouvrage de référence qui m’a d’ailleurs servi pour la rédaction de plusieurs articles du blog et que je consulte régulièrement.  C’est également ce livre  que nous aimons ouvrir et présenter à nos hôtes lorsqu’ils manifestent un intérêt plus poussé pour la médina lors de leur séjour à Dar Rehla, notre riad maison d’hôtes.
Ce livre qui était malheureusement devenu impossible à trouver à Tétouan a été réédité et sera disponible à l’Institut Cervantes pour le prix de 400 dirhams.

Guide d'architecture de la médina de Tétouan

Je profite de cet article pour donner un lien vers le portail de la Junta d’Andalucia et sur lequel vous pouvez trouver une source considérable de publications diverses grâce à l’outil de recherche présent sur cette page-ci.
Certaines sont gratuites et téléchargeables sous format pdf, d’autres sont payantes mais toutes sont en espagnol…

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Semaine de l’Architecture

avril 30, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Architecture, Histoire

Même si l’école nationale d’Architecture de Tétouan n’a programmé aucun évènement dans le cadre de la journée internationale des Monuments et Sites de l’UNESCO, elle n’en a pas moins organisé une autre manifestation qui aurait pu s’inscrire dans le contexte : il s’agit de la première édition de la   »Semaine de l’Architecture« .

Celle-ci se déroulera du 2 au 6 mai 2011, dans les tout nouveaux locaux de l’antenne tétouanaise de cette école nationale dont l’école mère est sise à Rabat.  L’antenne de Tétouan est ouverte depuis 2009 et, cette année, elle inaugure enfin ses nouvelles installations situées sur l’avenue Mohamed Daoud dans le quartier Soukna wa Taamir à proximité de la Délégation Provinciale de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace de Tétouan.
Les nouveaux bâtiments de l'ENA de Tétouan

Cette inauguration se fera le jeudi 5 mai et constituera un des moments importants de cette Semaine de l’Architecture.

Le programme auquel on pourra assister est le suivant :

Lundi 2 mai à 19h30 : « Tétouan et le défi de la modernité.  La question du logement de 1912 – 1956″

La présentation sous forme de table ronde d’une « étude relative à l’évaluation de l’action de développement urbain et de la production de logement dit de la promotion officielle, réalisée dans les villes au Nord du Royaume du Maroc, lors de la colonisation espagnole – L’histoire particulière de deux villes : Tétouan et Larache ». Les interventions traiteront plus particulièrement de :

  • Villes et gestion urbaine dans la zone du protectorat espagnol au Maroc.
    par M. Mimoun AZIZA.
  • Larache et Tétouan coloniales : de la modernité architecturale et de la construction du territoire.
    par M. Mohamed BEN ATTOU
  • D’une cité a l’autre, ou les mécanismes régissant l’évolution du système spatial des villes du nord marocain.
    par M. Taha BOUHASSOUN
  • Le logement pour marocains en période coloniale. Etude comparative.
    par M. Hakim CHERKAOUI
  • La construction communautaire de la périphérie urbaine au XXe siècle. Une expérimentation au Maroc en face d’une expérience en occident.
    par M. Plácido GONZÁLEZ MARTÍNEZ
  • Tétouan et le défi de la modernité. La question du logement.
    par M. Alejandro MUCHADA SUÁREZ

Mardi 3 mai à 19h00 :   »Urbanisme et colonisation : le cas du Maghreb »

Une conférence par M. Mimoun AZIZA dont voici un abstract

L’étude des liens entre urbanisme et colonisation au Maghreb s’avère intéressante. Surtout qu’elle permettra de comprendre l’impact de  la colonisation en matière de l’organisation de l’espace urbain.  Les villes du Maghreb découlent d’une tradition citadine ancienne. Elles ont connu durant la période coloniale, des bouleversements spectaculaires et rapides. Certaines villes  ont été transformées dans leur structure initiale, d’autres sont dédoublées et ont vu leur partie ancienne s’altérer.  Ce qui fait la colonisation a provoqué la crise des médinas : au modèle de la médina s’oppose alors le modèle de la ville européenne. Des familles riches quittent leur demeure en médina pour habiter la ville nouvelle.  En même temps la promotion des quartiers « européens » comme pôle économique des villes, porte un coup dur aux activités commerciales et artisanales de ces vieux noyaux. C’est la difficulté d’accessibilité, alors que la motorisation devient nécessaire avec l’extension démesurée des villes, qui a certainement le plus contribué à la marginalisation des médinas par abandon de celles-ci par les familles aisées qui y garantissaient ordre et entretien.

Mercredi 4 mai
à 17h00 :   »Corps et histoire de l’Art »

Une conférence par M. Saïd BOUTFASS dont voici un abstract

De la préhistoire au XXème siècle, le corps n’a pas cessé de nous étonner et de nous déstabiliser. Il se réinvente son statut continuellement. A travers la production artistique il est le reflet de l’histoire de l’humanité.

L’omniprésence du corps en histoire de l’art est incontestable. Nous suivrons, à travers l’histoire de l‘art, les métamorphoses du corps humain  tout en dévoilant la pensée des civilisations.

à 19h00 : « Spécificité et authenticité du patrimoine de la vielle de Tétouan »

Une conférence par M. Mohamed BENABOUD

Jeud 5 mai
à 13h00 : « L’enseignement de l’architecture »

Une table ronde animée par M. Daniel Pinson, Pierre Colboc, Chaoui Mohamed, Adil Edfouf, Hakim Cherkaoui.

à 16h00 : « Présentation d’un projet de chapiteau en matériaux recyclabes »

par Carlos Pérez Marin

Vendredi 6 mai à 16h00 : « L’urbanisme et l’architecture espagnole dans le Nord du Maroc »

par Antonio Bravo

Pas mal de sujets sont intéressants et les intervenants de qualité.   J’ai en particulier épinglé :

M. Pierre Colboc : un des architectes ayant participé à l’aménagement de l’ancienne gare d’Orsay en l’actuel Musée d’Orsay.  Il a également travaillé sur la réhabilitation des anciens ateliers des frères Lumière. C’est un ardent défenseur du patrimoine, y compris industriel.   En février 2010, il avait donné à l’Institut Français une conférence fort intéressante sur le « patrimoine durable : un concept basé sur le dialogue qui doit s’établir entre existant et nouveaux usages ».

M. Daniel Pinson, professeur à Aix en Provence : il a été le coordinateur d’un atelier de design urbain qui s’est déroulé en avril à Tétouan associant les universités d’Aix-Marseille, de Gênes, de Lisbonne et de Séville Projet EURMED.
Il faut d’ailleurs que je traite encore toutes les informations que j’ai eu la possibilité de recueillir lors de la présentation finale de cet atelier…. Pas mal de choses intéressantes et d’idées y avaient été émises…

M. Mohamed Benaboud : au sein de l’association TétouanAsmir, il a contribué en tant qu’historien à la reconnaissance de la médina sur la liste de l’UNESCO.  Il a publié par ailleurs de nombreux ouvrages sur les spécificités de la ville de Tétouan.

M. Hakim Cherkaoui : il est, entre autres, le Directeur de l’ENA de Tétouan.

Les autres intervenants m’excuseront mais j’ai eu la paresse de ne pas chercher leurs références…

Comme certains intervenants sont d’origine espagnole, j’espère cependant que les publications se feront plutôt en français… ceci, afin d’en tirer toute la substantifique moelle… que je pourrai vous transmettre si vous choisissez de passer par Tétouan, visiter son Ensanche, sa vieille médina et ses alentours tout en séjournant à Dar Rehla, notre maison d’hôtes.

 

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La propreté de la médina : un défi de tous les jours

avril 29, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Culture, Environnement, travaux

Voici un article que j’aurais préféré ne pas devoir écrire… C’est un coup de gueule par rapport à une situation que nous vivons tous les jours au sein de la médina. LE PROBLEME DE LA PROPRETE DES RUES.  Non pas que le problème se situe uniquement dans l’enceinte de la vieille ville, il suffit de voir l’état des rues de la ville moderne et des campagnes avoisinantes… mais dans la médina, on atteint le summum.  La situation donne l’impression, enfin non, MONTRE le désengagement des autorités locales « responsables ».

Après plus d’un an passé dans la médina, notre expérience est fondée sur des constats réels… La première chose que nous pouvons dire est que tous les quartiers de la médina ne sont pas égaux et que le problème se situe plus particulièrement dans les quartiers plus pauvres, plus populaires et autour des axes principaux où viennent s’établir des « commerçants » dont une grande majorité le sont de manière informelle.  Sur certains de ces axes et Nyiarin en particulier, ce sont les vendeurs de « puces », dont les « stocks » proviennent pour certains de l’Europe via Ceuta et pour d’autres, de produits récupérés dans les poubelles des quartiers plus nantis, qui occupent l’espace public et rendent par ailleurs la circulation compliquée… En fin de journée, comme bon nombre d’entre eux n’habitent même pas les lieux, ces vendeurs abandonnent sur place leurs « stocks » sans même prendre la peine de les mettre dans les (trop rares) containers…

A certaines entrées de la vieille ville, telles que Bab El-Okla, Bab Nouader, Bab Tout, passages obligés et où l’affluence est grande,  ce sont les vendeurs de fruits et légumes, de poissons et autres femmes djiblia qui viennent écouler les produits de leurs exploitations.  Mais ici aussi les déchets vont rester tard dans la nuit jusqu’à ce que les ouvriers de TECMED, la société chargée de la collecte et gestion des déchets, passent.  Nous avons eu l’occasion de les voir à l’oeuvre et je leur tire mon chapeau car cela ne doit pas être une sinécure : les déchets jonchent le sol et les poubelles des maisons sont déposées simplement au centre des ruelles, souvent éventrées…. Pourtant, après leur passage, les rues ont repris un aspect civilisé et tôt le matin voilà l’aspect qu’elles peuvent avoir.
Nyiarin en début de journée
Et il ne faudrait donc pas beaucoup pour qu’elles gardent cet aspect si tout le monde avait un minimum de civisme… sans parler du respect des préceptes du Coran dans lequel de nombreux versets incitent au respect de l’environnement…

L’Islam a ordonné de se préoccuper de la propreté des rues et de les préserver de tout ce qui les nuit. Mieux, il a établi cela comme une branche de la foi.
Le Compagnon Abou Houreïra a rapporté que le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a dit : « La foi comporte un peu plus de soixante dix ou de soixante branches. Le plus élevée est la proclamation qu’il n’y a de dieu que Dieu et la moindre est le fait d’ôter de la voie publique ce qui peut nuire aux passants. »
rapporté par Boukhari et Muslim.

Pour le dépôt des déchets , il existe pourtant des containers mais la majorité de ceux-ci sont dissimulés dans des cours intérieures ou dans les ruelles voisines, parfois difficilement accessibles durant la journée.  Ils ne sortiront en général dans les rues que vers 22h00 alors que les « commerçants » ont déjà quitté les lieux depuis longtemps.  Il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des containers à moitié vides alors que les abords sont jonchés de déchets… Des fois aussi, c’est la fainéantise des gens qui ne prennent même pas la peine de lever le couvercle…

Dans la médina je vous mets également au défi de trouver des poubelles pour les petits déchets, où l’on pourrait y mettre ne fut-ce que les papiers, emballages , paquets de cigarettes, canettes… qui dès lors se retrouvent au sol.

Un autre aspect du problème est celui des travaux entrepris par les habitants.  Ceux-ci se font souvent la nuit et de manière illégale… et le matin par-ci par-là des tas de gravats ont fait leur apparition.
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina
Au départ, ces tas sont constitués de sacs de déchets inertes et donc relativement propres… Très rapidement pourtant, ils vont se dégrader et constituer des tas immondes où se mélangeront les déchets domestiques.
Ces tas vont parfois ainsi perdurer près d’un mois avant qu’ils ne disparaissent totalement !  Récemment j’ai fait le test et pris, pendant plusieurs jours les photos de tas proches de la maison…
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Quand je prends la première photo, le tas est déjà là depuis plus d’une semaine…  Comme on peut le voir, le tas évolue.  Je pense que TECMED fait relativement bien son boulot en ramassant, le cas échéant, les sacs de déchets domestiques qui s’y trouvent, mais les sacs de gravats vont rester… Il faudra quand même près de trois semaines avant que le tas ne disparaisse mais rapidement un autre prendra sa place.

Et les inscriptions sur le mur de ce derb récemment chaulé par ses habitants ne sont même pas dissuasifs…
Tas de saletés dans la médina Tas de saletés dans la médina

Mais il y aurait peut-être une lueur d’espoir !

Il y a quelques jours, nous avons trouvé le matin dans la rue un tas énorme de déchets que le propriétaire du « foundouk »  voisin avait sorti de je ne sais où…
Tas de saletés dans la médina
Notre voisin Abdelslam, à qui nous devons le chaulage et l’entretien du derb, s’est alors rendu rapidement auprès du caïd pour l’informer.  Celui-ci, accompagné du mokadem de notre quartier est venu sur place et a exigé l’évacuation du tas.
Et ce matin, nous avons croisé plusieurs ouvriers de TECMED en train de nettoyer et évacuer des tas proches de la maison.
Ouvriers en train de nettoyer Nyiarin
Seraient-ce les signes précurseurs d’une prise de conscience ?  On veut y croire mais afin de maintenir la pression, nous pensons constituer un dossier-rapport photo que nous transmettrons ultérieurement à qui de droit si la situation ne s’améliore pas et en attendant, je compte publier régulièrement sur les différents groupes et pages à ma disposition les témoignages de cette situation.  Et de la matière, il y en a !!!

N’oubliez pas Messieurs les élus que la vieille médina est la vitrine de la ville de Tétouan.   Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997,  sachez qu’elle est considérée par les spécialistes comme l’une des plus belles du monde et les touristes que nous avons eu déjà le plaisir de recevoir à Dar Rehla, notre maison d’hôtes, nous ont confirmé ce constat.

Honte à vous alors de la laissez se dégrader ainsi de jour en jour…

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La Journée du Patrimoine 2011 à l’ENSA de Tétouan

avril 28, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Art et artisanat, Culture

Avant toute chose, il faut que j’avoue avoir fait une énorme méprise dans mon précédent article concernant cet évènement… Et nous en avons fait les frais… J’explique.

Pour moi le Patrimoine, c’est principalement l’architecture et le cadre bâti même si je l’accorde, il existe la notion du patrimoine immatériel. Quoiqu’il en soit, lorsque j’ai vu la publication sur Facebook de l’évènement, j’ai fait le raccourci et attribué à l’ENA (Ecole Nationale d’Architecture) l’organisation de la journée, cela me paraissait aller de soi et évident…

C’est donc vers les locaux de cet établissement que nous nous sommes dirigés en début d’après-midi… Et là, surprise lorsque nous arrivons dans ce qui aurait du être l’espace de la journée : il n’y avait rien… nous pensons alors que la journée a été annulée et nous préparons à rentrer à la maison…  Sur ces entrefaites, le gardien de l’école arrive et nous indique une porte derrière laquelle nous entendons du bruit.  Mais rien à voir avec une journée du patrimoine car c’est une classe animée par le Directeur de l’Ecole, M. Hakim Cherkaoui que j’ai déjà eu le plaisir de rencontrer dans le cadre de l’atelier d’urbanisme EURMED qui s’est tenu le mois passé à Tétouan.   Il s’étonne de me voir là et me demande le pourquoi de notre visite.  Je lui explique que je suis là pour la Journée du Patrimoine.  Il est surpris et nous essayons de comprendre : rapidement et grâce à internet on trouve la source de l’erreur.  La Journée est organisée par l’ENSA (Ecole Supérieure des Sciences Appliquées) et non l’ENA… Je lui fais tout de même part de mon étonnement à ce que l’école d’architecture n’ait rien organisé pour l’occasion et là, il m’informe que, du 2 au 6 mai 2011, se tiendra la « Semaine de l’Architecture ».  J’en parlerai plus en détails dans un prochain article…
On ne sera donc pas venus pour rien, mais il nous faut maintenant rejoindre les locaux de l’ENSA qui sont assez distants…  On prendra donc un petit taxi, mais ce ne sera pas simple de lui faire comprendre où nous voulons aller… que ce soit en français ou en espagnol…

Finalement, nous arrivons à l’école dont les locaux sont tout neufs.
L'ENSA de Tétouan
Comme nous somme désormais en retard, pensons-nous, nous ne nous attardons pas au rez-de-chaussée où se tient une exposition de pièces artisanales et grimpons directement au premier pour rejoindre la salle où doivent se donner les communications.

Heureusement, la séance n’est pas encore ouverte… et les intervenants attendent.

Mme Amel Nejjari C’est Mme Amel Nejjari qui ouvrira la séance, fera les présentations et expliquera la genèse de la journée.  L’ENSA de Tétouan accueille chaque année des étudiants venant de diverses régions du Maroc et aussi d’autres pays d’Afrique ou du Moyen-Orient pour lesquels la culture de Tétouan reste souvent un mystère et méconnue.




Certains de ces étudiants, et deux en particulier, ont voulu en savoir plus et sont partis à la recherche de cette identité spécifique : ce sont M. Youssef Berriga et Ayoub Hassou
M. Youssef Berriga M. Ayoub Hassou

L’idée leur est ensuite venue de partager leurs découvertes.

M. Mehdi Zouak La première intervention sera faite par M. Mehdi ZOUAK, Directeur régional de la Culture qui nous parlera de « La politique culturelle et régionnalisation, exemple de réhabilitation des monuments historiques ».   Nous aurons droit à une présentation de la politique ministérielle et on apprendra ainsi que 2006 représente une année clé, décisive, pour le Ministère de la Culture,  et en particulier pour la Direction régionale de Tanger-Tétouan car la gestion des dossiers se voit à partir de cette date décentralisée.  Chaque région se doit dorénavant de présenter et défendre ses projets.  Et sur les nombreux projets présentés au niveau national, cinq ont été retenus et parmi ceux-ci quatre pour la seule région Tanger-Tétouan.  Ce sont les sites de Lixus, du cromlech de M’Zora, de Kasr El-Ghebir et de Tamuda.  S’en suivra une courte présentation des différents projets.  Parmi les informations que j’ai retenues, celles de la prochaine édition d’un guide sur Tamuda, le site archéologique tout proche de Tétouan (5 Kilomètres).  Il faudra que je me le procure pour nos hôtes.
La prochaine publication sur Tamuda

Après son exposé M. Zouak répondra à certaines questions posées par le public, lesquelles seront axées plus particulièrement sur le problème de la vieille médina de Tétouan.  Nous apprendrons ainsi qu’un projet est actuellement orienté sur le système du « skundo », ce réseau de distribution d’eau particulier à Tétouan dont les origines remontent au XVIème siècle et constitué d’un ensemble ingénieux d’éléments dispersés dans certaines maisons ou institutions publiques de la médina qui permettait d’alimenter les différentes fontaines, mosquées, hammans et autres maisons de la vieille ville.   Par ailleurs, un des anciens foundouks de Zankat M’kadem devrait être restauré et aménagé en un centre d’interprétation sur le thème de l’eau.
Sachant que récemment un atelier d’urbanisme Eurmed a travaillé sur le problème de la médina et que ce projet n’a jamais été mentionné, j’ai soulevé le problème évident du manque de coordination et de communication et donc de vision stratégique globale qu’il existe entre les différentes instances concernées : chacune y va de son étude sans tenir compte des projets des autres… Quand on parle d’efficience, il y a sûrement mieux à faire avec les moyens engagés.  Même si ceux alloués à la région se sont vus multipliés par 100 depuis 2006, il représentent moins de 3% du budget et restent certainement insuffisants face aux défis que représentent la conservation et la restauration des monuments et sites.

M. Bouabib Bouzaid L’intervention suivante a été faite par M. Bouabid Bouzaid et a traité des « zellijs de Tétouan ».  Quand je pense que c’est principalement pour cet exposé que nous venions,  nous avons été déçus quand M. Bouzaid nous a informés qu’il le ferait en arabe.  On s’est donc contentés des diapositives présentées… et parmi celles-ci j’ai eu le plaisir d’en voir certaines prises par votre serviteur et issues de cet album : « Céramiques espagnoles de l’Ensanche ».

A la fin de son intervention, j’ai quand même interrogé M. Bouzaid sur l’époque et les raisons de la disparition de la technique tétouanaise de fabrication des zellijs qui est tout à fait différente de la technique fassi.  D’après ses dires, c’est dans les années vingt, sous le Protectorat espagnol que les ateliers, installés du côté de Bab Nouader,  disparaissent par faute de commandes.  Les « élites » tétouanaises (dixit M. Bouzaid) préfèrent alors intégrer dans leur maisons les « azulejos » espagnols plus aisés de pose et donc moins onéreux…

Mme Meftaha Senhaji La dernière communication, nous la devrons à Mme Meftaha Senhaji et portera sur les  » Femmes de Tétouan: entre ici et ailleurs « .  Mme Senhaji nous présentera les résultats d’une enquête qu’elle a réalisée auprès de « pures » femmes tétouanaises » sur le thème des valeurs liées au mariage et au choix des achats et aux choix vestimentaires ».  Elle a cherché par cette étude à comprendre la spécificité culturelle de la femme tétouanaise à laquelle elle a été elle-même confrontée par son mariage avec un tétouanais d’origine, elle qui vient de Tanger avec des origines soussi de Casablanca.  Certains chiffres, même si ils sont discutables, confortent le constat d’une différence notoire avec les femmes marocaines en général. Certains interventions et témoignages du public viendront également appuyer certains de ces constats et on aurait pu, je pense, dialoguer encore longtemps sur le sujet…

Mais il se faisait tard et la séance fut clôturée par Mme Amel Nejjari qui nous a fixé rendez-vous pour la prochaine édition en 2012.

Comme je l’ai signalé au début, en marge de ces présentations, se tenaient également une exposition photographique et une présentation d’objets d’artisanat.  Parmi ceux-ci des pièces sorties d’un atelier de céramique dont j’ignorais l’existence et que j’irai voir prochainement.
Céramique d'un atelier tétouanais

Il faudra également que je revienne à l’ENSA car c’est ici, dans un des ateliers de l’école, que se dessine et se développe le projet CHUNGO, le prototype d’une voiture destinée à participer à l’éco marathon SHELL et dont voici la première « sortie » dans les couloirs de l’école.

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Première édition de la Journée du Patrimoine à Tétouan ce 27 avril 2011

avril 26, 2011 By: Dar Rehla Category: Agenda, Architecture, Culture, Histoire

Il y a peu, je m’étais étonné, dans cet article, que Tétouan dont la Médina est inscrite depuis 1997 sur la liste de Patrimoine mondial de l’UNESCO n’organise aucune activité ou visite dans le cadre de la journée internationale des sites et monuments de l’UNESCO qui se déroule le 18 avril.

Or, ce dimanche j’ai vu parmi mes notifications sur Facebook, que l’antenne tétouanaise de l’Ecole Nationale d’Architecture organisait ce mercredi 27 avril 2011,  la première édition d’une Journée du Patrimoine de la ville, présentée comme suit :

A l’occasion de la Journée Mondiale du patrimoine, l’ENSA de Tétouan organise la 1ère édition de la Journée du patrimoine le Mercredi 27 Avril 2011, sous le thème:   »Tétouan: Des pierres et des Hommes »

Le 27 Avril 2011, l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Tétouan ouvre ses portes au patrimoine de la ville de Tétouan. Aux quatre coins du monde, une journée est entièrement dédiée au patrimoine; journée qui impose de profondes réflexions sur le devenir de l’héritage légué à l’humanité.

L’ENSA de Tétouan acceuille chaque année des promotions des élèves ingénieurs venant de différentes régions du royaume. Pour certains, la découverte de la ville de Tétouan est inédite. Pour d’autres, les côtes et plages de sable fin semblent être l’unique symbole de la Colombe Blanche.

Soucieux de faire découvrir tout un pan du patrimoine de Tétouan, enseignants et élèves ingénieurs se sont solidarisés pour célébrer la Journée du patrimoine, faire découvrir un bijou architectural et culturel qu’est l’ancienne médina de Tétouan classée en 1997 « patrimoine mondial de l’Humanité ».
L'affiche de la première édition de la journée du patrimoine de Tétouan

Le programme

De 14h30-18h30, auront lieu trois présentations de :

  1. M. Bouabid BOUZAID,
     » Zellij de Tétouan « 
  2. M. Mehdi ZOUAK,
     » La politique culturelle et régionalisation, exemple de réhabilitation des monuments historiques « 
  3. Mme Meftaha SENHAJI,
     » Femmes de Tétouan : entre ici et ailleurs « 

Simultanément se tiendra dans les locaux de l’école une exposition de photos et de produits artisanaux de Tétouan.

Le programme prévoit également trois circuits « découverte »

  • - Ancienne médina
  • - Musée
  • - Maison de l’artisanat

Cette première édition est organisée par Amel NEJJARI, enseignante à l’ENSA de Tétouan et coordinatrice assistée d’un comité composé de :

  • Otman AGHZOUT (enseignant-chercheur)
  • Mohammed CHERKAOUI (enseignant-chercheur)
  • Abderrahim TAHIRI (enseignant-chercheur)
  • Youssef BERRIGA (élève ingénieur GSTR)
  • Bouchaib EL-GHOREFY (élève ingénieur GSTR)
  • Lahcen KACI (élève ingénieur GSTR)
  • Abderrazzak AIT ZIAD (élève ingénieur GSTR)
  • Ayoub HASSOU (élève ingénieur Génie Informatique)
  • Yassine SAID (élève ingénieur Génie Informatique)
  • Ghita KHATTABI (cycle préparatoire)
  • Oualae LAGRAIOUI (cycle préparatoire)
  • Rajae BELABBAS (cycle préparatoire)

Il va sans dire que je me réjouis de cette première organisation. Toutefois, je me pose quelques questions quant à la préparation et l’organisation d’un tel évènement :

Premièrement : le choix de la date et du jour.  La journée internationale est le 18 avril depuis 1987.  Je peux admettre que la journée ne puisse être organisée à cette date fixe, et en général on lui préférera un jour non oeuvré.   Jusqu’ici d’accord, mais alors, si on a le choix,  pourquoi la faire un mercredi ?  Il y a fort à parier que beaucoup de personnes susceptibles d’y participer ne pourront le faire pour des raisons professionnelles.

Deuxièmement : l’annonce de l’évènement : à ma connaissance, l’information n’a été publiée que :

  • le dimanche 24 avril via Facebook au travers d’une page modeste… avec peu de contenu et où l’information principale quant au programme n’est pas facilement accessible :  l’avez-vous trouvée ?
  • le lundi 25 avril sur le site de l’école

Cela me parait d’une part très court comme délai pour donner à une telle journée des chances de réussite et l’affluence de visiteurs qu’on peut lui souhaiter et d’autre part la visibilité est plus que réduite…

Or voilà un évènement qui pourrait intéresser également des touristes de passage, et en attirer d’autres, pour lesquels la découverte de Tétouan aurait pu avoir un attrait particulier dans ce contexte.

Puissent ces remarques servir pour l’organisation de la prochaine édition en 2012 ! Inch Allah.

 

 

 

 

 

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Journée Internationale des Monuments et des sites de l’Unesco à Tétouan : « walou »

avril 13, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Culture, Histoire

Depuis 1987, le 18 avril est reconnu comme la Journée Internationale des Monuments et  Sites de L’UNESCO. Par la mise en place de cette journée, l’UNESCO offre une occasion de sensibiliser le public à la diversité du patrimoine dans le monde et aux efforts que requièrent sa protection et sa conservation ainsi que de permettre d’attirer l’attention sur sa vulnérabilité.

Au Maroc ce sont huit sites historiques qui sont inscrits sur cette liste :

  1. La médina de Fès (1981)
  2. La médina de Marrakech (1983)
  3. Le Ksar d’Aït-Ben-Haddou (1987)
  4. La ville historique de Meknès (1996)
  5. Le site archéologique de Volubilis (1997)
  6. La médina de Tétouan (1997)
  7. La médina d’Essaouira (2001)
  8. La ville portugaise de Mazagan (El Jadida) (2004).

La place Jama El-Fna de Marrakech (2001) et le moussen de Tan-Tan (2005) sont également reconnus par l’UNESCO mais dans la catégorie Patrimoine oral et immatériel.

Ainsi depuis 1997, la médina de Tétouan fait partie de cette liste prestigieuse. A voir la situation dégradée qui prévaut dans l’ensemble des quartiers qui la constituent, on peut s’étonner du peu de cas que les autorités compétentes font de celle-ci pour la valoriser…  Au contraire, et d’après ce que l’on peut constater sur des photos d’archive, un certain laxisme a certainement permis des modifications du cadre bâti incompatibles avec son statut de « site historique ».  Non pas qu’il faille fixer les choses dans le temps, la ville doit bien évoluer mais des normes architecturales sur les façades, les portes, les fenêtres, matériaux, etc… devraient être imposées pour les travaux d’aménagement ou de rénovation.  La réglementation semble pourtant exister comme le montre cette photo.

rem : cette image a été présentée récemment suite à un travail réalisé par des étudiants dans le cadre d’un atelier EURMED portant sur l’aménagement de la médina.  J’en reparlerai dans un autre article car des analyses intéressantes ont été faites et des idées originales proposées même si certaines d’entre-elles auraient peu de chances de se réaliser dans le contexte culturel qui prévaut à Tétouan.

Mais alors, si la réglementation existe, comment peut-on expliquer les violations nombreuses et persistantes de ces règles ?

Tétouan dispose d’un atout touristique évident en sa médina mais il est indispensable que des aménagements y soient apportés et surtout que son entretien soit suivi !

En 2002, le journal L’économiste titrait  « TÉTOUAN: LA RÉHABILITATION DE LA MÉDINA SUR LE TAPIS. » et on pouvait lire

La médina de Tétouan a souffert depuis longtemps d’une anarchie au niveau des interventions, ce qui a partiellement dénaturé le caractère historique de cette ville. D’autant que la forte pression démographique, ajoutée au manque d’entretien, a entraîné une dégradation visible de cette médina.

Le constat était déjà là mais 10 ans plus tard, où en est-on ?  Allez je ne vais pas être chien… il y a quand même eu des réalisations, jugez-en :

-  des travaux d’assainissement (égouttage) ont été entrepris (+/- 2008) du côté de Bab Saida mais à ce jour le revêtement se limite toujours à une dalle de béton mal finie d’où les bouches d’égout dépassent et constituent des entraves à la circulation…
- du côté de Souk-El-Fokki, la situation est identique et par temps de pluie il vaut mieux avoir des bottes car les écoulements et évacuations ne se font pas : Souk-el-Fokki devient alors une grande mare…
- dans certaines rues du quartier des artisans, on a ravalé les façades et refait les « marquises ».  Normalement, ces aménagements auraient dû se poursuivre tout le long de la rue Niyarin et de l’Ayun mais ils se sont arrêtés il y a quelque temps déjà…
- depuis peu, on a de nouvelles plaques signalétiques pour le nom des rues
Plaque signalétique
- et encore plus récemment, des plaques signalétiques sur les bâtiments intéressants et historiques ont fait leur apparition.
Plaque signalétique
Par ailleurs et c’est à mon sens le chantier le plus significatif ou du moins le plus abouti, plusieurs maisons historiques et prestigieuses telles celles de l’Adarve Chorffa Uazzani ont fait l’objet,dans les années 90, d’une restauration complète dans le cadre d’un programme de coopération avec la Junta d’Andalucia.  Cependant ces bâtiments ne sont pas ouverts au public et restent inaccessibles ?   A ma connaissance certains d’entre eux sont encore occupés et habités… et l’un a même été revendu depuis !  L’argent de la coopération servirait-il donc aux propriétaires à réaliser des plus-values immobilières ?  J’aimerais que l’on m’explique d’autant que ces maisons sont souvent la propriété de riches familles bourgeoises reconnues qui ne sont pas démunies de moyens financiers, croyez-moi…

On peut citer également la rénovation de la médersa Loukach qui devrait abriter un musée… Depuis que l’on est arrivés à Tétouan, on nous en parle mais à ce jour on reste dans l’attente impatiente car l’architecture du site est exceptionnelle, comme en témoigne cette photo tirée d’un livre que vous pourriez consulter à Dar Rehla, notre petit riad maison d’hôtes si vous nous faites le plaisir de nous choisir pour votre hébergement.
La médersa Loukach

Des sites intéressants au sein de la médina, il en existe bien d’autres :  mosquées,  zaouias, hammams, foundouks, fours collectifs, etc… Certains sont dans un état de ruine avancé et menacent d’effondrement.  En ce qui concerne la situation des mosquées et zaouias, suite à l’effondrement en février 2010 du minaret de la mosquée  Berdieyinne de  Meknès qui avait provoqué 41 morts, un état des lieux avait été demandé par le souverain aux services concernés et un vaste programme de restauration s’en est suivi.  A Tétouan, plusieurs mosquées ont déjà été restaurées et actuellement c’est la grande mosquée (1808) qui fait l’objet de travaux : pourtant elle ne semblait pas vraiment menacée.
dsc_3349 La grande mosquée
Le patrimoine de Tétouan est inestimable et se révèle même dans des maisons plus modestes comme celle que j’ai eu le plaisir de visiter et que je vous dévoile dans cet album.  Un véritable bijou, plein de détails architecturaux mais qui menace comme bien d’autres maisons dont certaines ont déjà même été pillées de leurs zelliges et boiseries et même vandalisées…

Alors si l’organisation d’une Journée Internationale des Monuments et  Sites vise la sensibilisation du public à la diversité de son patrimoine et aux efforts que requièrent sa protection et sa conservation mais aussi à mettre le point sur sa vulnérabilité, on peut regretter qu’aucune initiative n’ait été prise par une association telle que Tétouan-Asmir à qui l’on doit les efforts de classement de la ville sur la liste de l’UNESCO mais aussi par l’antenne tétouanaise de l’Ecole Nationale d’Architecture qui devrait être le garant de la sauvegarde de ce patrimoine.

Alors, à quand l’organisation d’un programme tel que celui proposé par l’association Casamémoire de Casablanca qui profite de la médiatisation de la journée pour faire Les Journées du Patrimoine (Casa ne fait pas partie de la liste UNESCO) au cours des quelles elle lancera un guide architectural de la ville et organisera des visites dans une vingtaine de bâtiments dont vous pouvez  télécharger le programme complet.
Les Journées du Patrimoine de Casablanca

En attendant une prochaine édition et la concrétisation d’un programme pour Tétouan, je vous invite à découvrir dans le slideshow ci-dessous quelques intérieurs de maisons tétouanaises.

 

 

 

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Du nouveau du côté de l’hôtel Dersa.

janvier 10, 2011 By: Dar Rehla Category: Architecture, Environnement

Situé dans une rue parallèle à l’Avenue Mohamed V, non loin de Bab Tout, l’hôtel Dersa fut pendant de nombreuses années l’un des fleurons de l’hôtellerie locale.
L'hôtel Dersa
Construit dans les années 50 cet hôtel accueillit des personnalités majeures dans ses salons mais cessa de fonctionner dans les années 80.  Je n’ai pas réussi à trouver beaucoup d’informations ni de photos d’époque. A peine une copie d’affiche.
sticker_dersa

Depuis le bâtiment est à l’abandon, dans un état de décrépitude lamentable indigne et est régulièrement squatté.  A l’entrée s’accumulaient souvent des ordures et des déchets de tous genres, dégageant parfois des odeurs particulièrement désagréables…
L'entrée de l'hôtel Dersa

Il y a quelques mois, en septembre 2010, le terrain vague jouxtant l’immeuble principal a été clôturé par des barrières et, depuis la semaine passée, on y dénote la présence d’une équipe d’ouvriers et une activité de démolition et nettoyage. Hier j’ai sollicité le chef d’équipe afin qu’il me laisse pénétrer dans l’immeuble et, partir à la découverte de cet ancien palace dans lequel j’espérais trouver quelques vestiges de sa magnificence passée… Mais très rapidement, je vais déchanter car l’endroit a été vandalisé quoique quelques détails permettent encore de se faire une idée… Appréciez !

Une fois passé le portail de la clôture, j’ai accédé au terrain qui borde l’immeuble principal.
Travaux de démolition
C’est à ce niveau que les ouvriers s’activent pour l’instant et d’après les explications recueillies, le sol devrait être creusé sur une profondeur de plus ou moins quatre mètres !  On me parle d’une discothèque !  Quoiqu’il en soit, j’espère pour eux que pour réaliser cela, ils disposeront d’engins… car pour le moment toute la démolition se fait au burin, à la pioche et le dégagement des déblais à la pelle et à la brouette ! Courage les amis…

Une fois entré dans le bâtiment, on accède à l’ancienne réception dont on voit encore les restes de la vieille porte d’entrée.
L'ancienne porte d'entrée de l'hôtel Dersa
De là on accède à une pièce immense légèrement en surplomb, parsemée de quelques colonnes de soutien.
L'ancien salon de l'hôtel Dersa
L’espace était aux dires de mon « guide », un salon et malgré la pénombre qui baigne l’endroit on peut remarquer que les plafonds étaient tout travaillés.

Vu le manque de clarté du rez-de chaussée, il m’est difficile de poursuivre ma visite à ce niveau.  Je noterai quand même que sur un côté il y a un escalier qui doit mener vers un sous-sol mais celui-ci est encombré et s’y engager serait risqué… L’odeur qui s’en dégage n’est pas non plus très avenante.

Pour accéder aux étages supérieurs, l’hôtel disposait d’un ascenseur…
La cage d'ascenseur de l'hôtel Dersa
mais j’utiliserai les escaliers…

Au premier étage, paradoxalement certaines chambres sont encore en « bon état »…
Une des chambres de l'hôtel Dersa Une petite chambre Une petite chambre
Ok, tout est relatif mais quand vous verrez les photos des parties supérieures, vous comprendrez… On remarquera quand même le travail des moulures et dans certaines chambres, il reste encore quelques traces de la déco.
Un ancien décor de l'hôtel Dersa Détail de la décoration

Les couloirs sont immenses et desservent les nombreuses chambres que comptait chaque étage et plus on monte, plus l’état de dégradation est important.
Un couloir de l'hôtel Dersa Un des couloirs de l'hôtel Dersa

Chaque chambre semblait disposer de son placard et de sa salle de bain, mais plus rien ne subsiste : tout a été vandalisé et probablement brûlé comme le laissent supposer les traces noircies dans certaines pièces des niveaux supérieurs
Cuisine, salle de bain ?
D’ailleurs, parmi les restes calcinés, on peut encore trouver quelques archives de l’hôtel :
Un vieux ticket de caisse de l'hôtel Dersa Une ancienne fiche

Et c’est amusant, les fiches hôtel n’ont pas changé par rapport à celles que nous devons toujours remplir à Dar Rehla lorsque nous accueillons de nouveaux hôtes.

Seuls quelques meubles ont échappé au désastre…
Une vieux fauteuil de l'hôtel Dersa Une ancienne chaise de l'hôtel Dersa Une vieille table de l'hôtel Dersa

Allez, encore quelques marches et on accède à la terrasse !
La terrasse de l'hôtel Dersa

D’ici, tout comme des terrasses de Dar Rehla, notre maison d’hôtes, on a une vue exceptionnelle sur Tétouan.
La vieille médina vue de l'hôtel Dersa
Vue sur l'Ensanche La vieille médina vue de l'hôtel Dersa La vieille médina vue de l'hôtel Dersa

Maintenant, en ce qui concerne de loger à Tétouan, je pense que d’ici que la rénovation de l’hôtel Dersa soit achevée, vous admettrez que Dar Rehla est probablement l’un des meilleurs choix.  Et pour vous en convaincre je vous suggère de lire les avis que nos clients ont déjà laissé sur Tripadvisor

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Une journée à Cherafat dans le rif

décembre 28, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture

Alors que le samedi, nous nous sommes rendus à Aïn Zarka en compagnie de quelques amis, notre dimanche a été une nouvelle journée de découverte.  En effet, Reda, un jeune ami tétouanais dont nous avons fait la connaissance il y a quelque temps nous a proposé de l’accompagner dans le village de sa famille. L’endroit dénommé Cherafat se situe au-delà de Chefchaouen, dans les montagnes rifaines, sur la route qui mène à Al-Hoceima.  La famille de Reda y possède des terres plantées presque exclusivement d’oliviers.

Reda qui est revenu au Maroc après avoir passé quelques années d’étude en Espagne a démarré une activité de commercialisation et de montage d’équipements professionnels et domestiques relatifs au confort. Dinamo Group est le nom de sa société et il doit justement se rendre à Cherafat pour l’installation dans la maison familiale de deux unités de climatisation. Pas évident de démarrer une activité commerciale et les coups de pouce de la famille sont toujours les bienvenus. C’est donc en compagnie de son technicien Bilhal que nous prendrons la route vers 11h00.

La météo s’annonce belle et dès que nous quittons Tétouan le ciel bleu fait son apparition au travers des nuages, la température est toutefois encore fraîche.
Entre Tétouan et Chefchaouen
A la sortie de Tétouan, nous longeons l’emplacement du souk où se déroule chaque dimanche un grand marché au bétail.  A cette heure, il est déjà tard, l’activité est réduite et les transporteurs sont affairés au chargement de leur véhicule.
Transport de paille
En période « pré-Aïd », l’endroit est une vraie fourmilière et le bétail se compte par milliers…

La route est peu chargée et nous pouvons profiter des paysages.
Entre Tétouan et Chefchaouen
Tant qu’à faire nous nous arrêterons à un établissement situé sur la route pour y prendre un thé.  Sa terrasse surplombe le barrage et le panorama est étendu.  On peut constater que le barrage est bien rempli à cette période.
Le barrage
Nous nous remettons en route et après une trentaine de kilomètres nous laissons Chefchaouen sur le côté.
Chaouen dans la montagne
Encore quelques kilomètres dans la vallée où coule un oued bien  chargé à cette période avant que ne la route monte dans la montagne.

Un peu plus loin, nous traverserons Bab Taza, une localité qui, aux dires de Reda, était encore très peu étendue il y a quelques années.
Bab Taza
L’essor de la ville serait dû aux bénéfices procurés par la culture d’une plante fort appréciée dans la région, le cannabis…et qui s’y cultive encore beaucoup même si des actions seraient officiellement menées pour la destruction des champs. De toute manière, à cette période de l’année, nous n’en verrons pas car la culture se fait de février à juillet-août…

Nous montons encore un peu en altitude et le brouillard enveloppe les crêtes.
Brumes
Un peu plus loin, au détour d’un virage, nous serons confrontés à la triste réalité de la dangerosité des routes marocaines.  Un corps sans vie et couvert est allongé sur le bord de la route et un attroupement de curieux rend le passage encore plus dangereux.

Enfin après quelques kilomètres dans les lacets, nous arrivons à destination.  La maison est à l’entrée du village et au bord de la chaussée.
Maison de Cherafat

La construction du corps de bâtiment initial remonte aux années 40-50.  Elle s’est faite à flanc de la colline et comprend trois niveaux : le niveau supérieur est au niveau de la chaussée et vue de celle-ci la maison est trompeuse et ne donne pas une idée de sa grandeur.  Du côté de la chaussée, peu d’ouvertures, hormis une porte alors que du côté de la vallée, chaque niveau possède une galerie ouverte offrant un panorama exceptionnel sur la vallée et les montagnes qui font face. De nouveaux corps de bâtiment sont venus s’ajouter depuis, construits perpendiculairement à la construction initiale et Reda en a refait la peinture.  Le résultat est probant.
Façade   Façade

De nouvelles terrasses agrémentent chacune des nouvelles ailes ajoutées et on s’imagine volontiers y prendre le thé et profiter de la vue sur les terres en contre-bas. Terrasse avec vue sur la vallée

Ici, de nombreux éléments nous rappellent que récemment encore de nombreuses tâches étaient faites à la maison tels la présence de cette meule.
Meule à grain

Nous avons eu le privilège de pénétrer dans les différentes pièces qui composent la maison.  Force est de constater que les  « anciens » avaient une autre maîtrise de la construction.  En ce temps on construisait au mortier, les murs étaient épais et les toitures en pente sur une charpente en bois.  Certaines toitures étaient alors faites en tuile et d’autres, celles des maisons plus modestes, en paille.  Actuellement la paille a été souvent remplacée par la tôle, moins chère et plus facile d’entretien comme sur ces autres bâtisses du village. Construction traditionnelle rifaine
Quoiqu’il en soit ces toits en pente constituent un net avantage pour la pérennité des bâtiments dans ces régions où il pleut quand même beaucoup, par rapport aux toits plats que l’on construit généralement maintenant et dont l’étanchéité est toujours un gros problème.

Je n’en veux que pour preuve l’état de la charpente et des peintures qui ornent encore les poutres du toit du corps de bâtiment original ! Elles remontent à plus de 60 ans et sont toujours dans un état impeccable !
Plafond peint Plafond peint

Ces maisons sont également souvent pleines de détails architecturaux qui en font leur spécificité et originalité.  Pas besoin de beaucoup de chose pour faire de la décoration.
Détail architectural

L’oncle de Reda nous offrira un excellent thé non pas à la menthe – à cette époque elle est moins parfumée – mais infusé avec des feuilles de citron « beldi » cueillies plus bas dans le jardin et nous partagerons avec lui quelques olives savoureuses.

Pendant ce temps Bilhal a bien avancé dans le placement des supports du premier appareil et Reda lui donne un coup de main pour la fixation de celui-ci.
Reda aide Bihlal à la pose du climatiseur

Le temps que Bilhal prépare l’installation du deuxième appareil, Reda et son oncle nous proposent de visiter la mosquée toute proche. La mosquée de Cherafat

Aux dires de l’oncle, la mosquée est l’une des plus anciennes voire la plus ancienne du Maroc, et sa construction serait antérieure à celle de la mosquée Karaouiyne de Fès, laquelle a été fondée en 859 par Fatima el Fihri.  L’implantation initiale reviendrait à Tariq ibn Ziyad,général musulman omeyyade, qui conquit la péninsule ibérique en 711. Depuis ces temps, l’implantation de la mosquée n’a pas changé même si quelques nouvelles constructions y ont été attachées et son minaret (re)construit récemment. Le minaret de la mosquée Cherafat

Reda et son oncle nous montrent les tombes de leurs ancêtres qui reposent au pied de celui-ci.

Le site abrite également une medersa reconnue encore fort fréquentée et au sein de laquelle l’oncle de Reda a suivi une partie de son enseignement.
L'entrée de la medarsa de Cherafat
Une des écoles de Cherafat Toiture de Cherafat
A ses abords se trouve le cimetière dans lequel les tombes disparaissent sous une abondante végétation.  Seul submerge ce mausolée qui aurait même abrité un trésor récupéré quelques années auparavant par les héritiers en possession d’une carte en indiquant l’emplacement exact…
Mausolée dans le cimetière de Cherafat
Plus réel est le rocher que l’on peut voir à l’entrée du site, tombé de la montagne qui fait face.
dsc_1911

Il n’y a pas si longtemps, de nouveaux morceaux s’en sont détachés et ont roulé encore jusque ici…Pas de victimes, ni de dégâts heureusement…
dsc_1921

Cherafat est situé sur un axe routier fort fréquenté et de nombreux commerces se sont développés ainsi aux bords de la route.
Restaurants de Cherafat

Le nombre de restaurants et grillades est important : ils se sont installés de part et d’autre de la cascade qui alimente gratuitement toute la zone de son eau.
La cascade de Cherafat

La cascade alimentait auparavant un moulin hydraulique dont les vestiges se trouvent toujours dans ce bâtiment abandonné. Peut-être qu’un jour on aura l’occasion de le remettre en valeur ?
Sous ce toit, un ancien moulin hydraulique

L’odeur des grillades est apétissante et nous irons tester l’un des établissements.
La terrasse d'un restaurant de Cherafat

De sa terrasse, la vue y est splendide mais nous préférons rester à l’intérieur car le froid est sec…
Vue sur la vallée Vue sur la vallée

Très bonne viande, bissara excellente et un pain cuit au bois savoureux avec un thé bien chaud constitueront notre repas avant de reprendre la route vers Tétouan.

Merci Reda pour cette journée.  Des moments tels que ceux-ci, on en redemande ! Et c’est sûr que l’on reviendra car il y a encore bien des choses à visiter et à faire par ici… Et qui sait, peut-être avec vous si vous passez par Dar Rehla, notre maison d’hôtes riad à Tétouan.

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Les biens habous – une situation patrimoniale catastrophique…

juin 12, 2010 By: Dar Rehla Category: Architecture, Coutumes

« Habous » est un terme essentiellement utilisé dans le Magrheb et qui désigne en droit musulman un type de législation relative à la propriété foncière.  Les biens habous peuvent être classifiés en trois types : publics, privés ou mixtes.(Wikipédia)

On estime à près de 50.000 le nombre de biens immobiliers et à quelques 85.000 hectares de terres agricoles, le patrimoine marocain régi par ce droit et dont la gestion est confiée au « Ministère des Habous et des Affaires Islamiques ».

Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous renvoie à la lecture de l’article « La fortune des Habous » de Aniss Maghri publié en 2005.

Bien que datant maintenant, cet article met en évidence certaines situations encore bien réelles qui pénalisent la « rentabilité » de ce patrimoine : certains locaux peuvent ainsi être loués à 1 dirham le mois et si au départ le bien est destiné à des familles pauvres aux ressources limitées, les passe-droits semblent encore fréquents et les pas-de-porte et sous-locations font légion… Ces biens habous peuvent ainsi devenir des niches imprenables, à l’usufruit sans limites.

Une des caractéristiques principales de ces biens est leur inaliénabilité et la procédure éventuelle d’acquisition « qui est toujours une dérogation du ministre, est compliquée et longue. L’acheteur doit présenter une demande au « nader », sorte d’intendant représentant du département des Habous au niveau régional, qui la transmet au ministère. Ce dernier réunit une commission ad hoc (oulémas, architectes, juristes) qui statue sur l’opportunité ou non de cette cession et informe le ministre de sa décision. Après approbation ministérielle, le Roi, en sa qualité d’autorité de tutelle des Habous, est sollicité pour la promulgation d’un dahir. «Le Souverain suit de façon périodique les réalisations et insiste sur le respect de la sacralité de ce patrimoine» » selon le directeur des Habous.

Ces différents facteurs entraînent que de nombreux biens « habous » sont devenus de véritables taudis quand ils sont encore habités et bien souvent menacent d’écroulement quand ils restent inoccupés et sans aucun entretien.

Voici l’exemple d’un tel bien que nous avons été visité début de semaine ! Les photos parlent d’elles-mêmes…  Cette vaste maison a été pillée par les anciens locataires de toutes ses boiseries et aucuns travaux n’ont plus été engagés.  L’étanchéité de la terrasse est inexistante, entraînant la détérioration des plafonds de l’étage et le risque d’effondrement.   Pourtant cette demeure est le témoin d’un riche passé : il suffit de regarder le détail des zelliges, des arches, des bois peints qui ont été préservés du saccage.

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« Mieux connaître Tétouan » Une visite de Tétouan organisée par un groupe Facebook

mai 31, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Culture, Histoire

Sur Facebook, il existe un certain nombre de groupes et de pages dédiées à Tétouan.  Ce dernier week end, l’une d’entre elles organisait une visite guidée de la vieille médina sous le thème « Mieux connaitre sa ville ».  Encadrée par plusieurs docteurs, chercheurs et professeurs spécialisés dans le domaine de l’histoire et de la gestion du patrimoine culturel, cette première initiative  était un rendez-vous auquel je me « devais » de participer. La médina est très vaste et j’espérais découvrir lors de cette promenade des lieux et des espaces encore inconnus de Tétouan mais surtout récolter des informations sur l’histoire et l’origine de certains de ses bâtiments et maisons.
Le rendez-vous était fixé à 9h30 devant l’école des Arts et Métiers « Dar Sanaa » située près de Bab El-Okla. Bab El-Okla
Le groupe se constitue assez rapidement et la visite débutera par le Musée Ethnographique. Créé en 1928, il occupe une forteresse historique ou « borj » construite sur ordre du Sultan alaouite Moulay Abderrahmane vers 1830. Il fait l’objet de travaux de rénovation. Le borj abritant le musée ethnographique de Tétouan
L’entrée du musée se fait  par la médina.
L'entrée du musée ethnographique de Tétouan La plaque signalétique du musée ethnographique de Tétouan
A travers ses expositions, le Musée présente l’artisanat tétouanais des siècles passés mais expose aussi les aspects culturels et ethnographiques de la ville et de sa région selon deux thématiques essentielles : vie publique et vie privée. Je vous propose quelques photos prises de quelques pièces exposées.
Poterie rifaine Mosaïque maurisques
Le palanquin de la mariée tétouanaise Porte en bois peint
Coffre peint tétouanais
Ce n’est qu’une part minime des collections présentées et si il est un musée à Tétouan qu’il faut visiter c’est certainement celui-ci.  Mais pour cela, il vous faudra venir en semaine car comme tous les autres musées de la ville, il est fermé les samedi et dimanche !!!

Dans la cour située à l’arrière du bâtiment, M. Bouabid Bouzaid historien de la ville donnera un certain nombre d’explications au groupe.   M. Bouzaid donnant des explications
Certaines porteront sur la fontaine qui s’y trouve. Fontaine du musée ethnographique de Tétouan
Malheureusement toutes ces informations qui seront apportées au cours de la promenade le seront en arabe et aucune traduction ni en espagnol ni en français ne fut-ce que minime ne sera faite pour les quelques participants étrangers du groupe.

Le musée dispose normalement d’un espace cafétéria dont la terrasse extérieure fait encore l’objet de travaux. Rénovation du pavement de la cafétéria du musée ethnographique de Tétouan
Une fois cette restauration terminée, l’endroit sera certainement agréable. La cour du musée d'ethnographie de Tétouan

La visite se poursuivra dans les dédales de la médina,
Devant le Musée d'ethnographie de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Dans les rues de la vieille médina de Tétouan
Ruelle de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Grâce à une dame du groupe je retirerai quand même quelques renseignements. J’apprendrai ainsi que, à l’origine, les portes étaient plus petites et plus basses afin d’obliger le visiteur à se baisser en signe de respect pour ses hôtes. Porte d'une vieille maison tétouanaise

Les portes étaient également « doubles » composées d’une porte d’usage courant qui s’inscrit dans une porte plus grande laquelle n’était utilisée qu’à deux occasions : les mariages et les funérailles. La décoration des frontons et certains éléments de ferrure ornant les portes permettraient de connaître l’origine de la famille habitant la maison. Fronton d'une vieille porte tétouanaise
Ensuite nous nous sommes dirigés vers la grande Mosquée où nous avons fait une petite halte, le temps de d’admirer quelques compositions de zelliges qui ornent l’entrée principale.
La cour de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan
L’un des moments particulièrement intéressants de la promenade fut la visite d’une grande maison tétouanaise de ce quartier essentiellement résidentiel construit à l’emplacement de l’ancien mellah. Rares sont ces occasions. Patio d'une maison tétouanaise Fontaine murale d'une maison tétouanaise
Galerie d'une maison tétouanaise Décor tétouanais

Plus loin, on s’est arrêtés au dessus de l’entrée des mazmorras dont on voit ici le seul témoin extérieur. L'entrée des mazmorras de Tétouan
Cette grande cavité souterraine dont je reparlerai ultérieurement servit jusqu’au XVIII ème siècle comme prison. Y furent enfermés principalement des chrétiens faits prisonniers lors des nombreuses expéditions de pirates auxquels Tétouan servait de base. Ces actes de piraterie forcèrent d’ailleurs l’Espagne en 1565 à bloquer l’embouchure de l’oued Martil en y coulant des bateaux chargés de pierre. L’activité de piraterie reprendra cependant moins de 10 ans plus tard pour ne cesser définitivement qu’au début du XVIIIème siècle.

L’étape suivante eut lieu dans l’atelier de notre ami Abdelghani où nous avons fait réaliser quelques couvertures (voir notre article : à la poursuite du tapis vert dans le blog traitant de la rénovation de Dar Rehla, notre maison d’hôtes). Abdelghani, un monsieur toujours souriant !
Abdelghani dans son atelier

Nous remonterons ensuite du côté de Gherza El-Kebira et de la médersa Loukach devant laquelle nous nous arrêterons quelque temps.   La Médersa Loukach
La médersa dont la rénovation touche à son terme abritera bientôt un musée et sera accessible au public. Nous traverserons ensuite la médina en passant par Zankat M’kadem, Souk El-Fokki Souk El-Fokki
Trancat. Trancat
Un peu plus loin, nous croisons « 7alliii! » 7alliii
avant d’arriver au musée d’archéologie où s’achèvera la visite. L’occasion de prendre encore quelques clichés dans la cour du musée Dans les jardins du musée archéologique de Tétouan Amphores romaines - musée archéologique de Tétouan Mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Détail d'une mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
A l’intérieur je m’arrêterai plus particulièrement devant une vitrine proposant d’anciens « azulejos » portugais
Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan
et celle présentant la maquette du cromlech de M’zora Maquette du Cromlech de M'Zora
un site mégalithique qui se trouve sur la route de Asilah que j’aimerais aller visiter.  J’avais déjà voulu m’y rendre au mois de février mais suite aux pluies abondantes qui avaient arrosé le Maroc à cette époque, la route était impraticable.

Il est près de 13 heures, je quitte le groupe car plus tard dans l’après-midi nous sommes invités à une fête traditionnelle locale : la « Shedda ».

Ce fut donc une promenade agréable qui m’a permis de découvrir encore quelques coins méconnus de la médina. Mon seul regret est que beaucoup d’informations qui ont été données me sont restées inaccessibles et j’espère que les organisateurs proposeront prochainement d’autres visites similaires mais en prenant soin de penser à une traduction en français et/ou en espagnol. Choukran.

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