Vie et tourisme à Tétouan

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“Mieux connaître Tétouan” Une visite de Tétouan organisée par un groupe Facebook

mai 31, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Culture, Histoire

Sur Facebook, il existe un certain nombre de groupes et de pages dédiées à Tétouan.  Ce dernier week end, l’une d’entre elles organisait une visite guidée de la vieille médina sous le thème “Mieux connaitre sa ville”.  Encadrée par plusieurs docteurs, chercheurs et professeurs spécialisés dans le domaine de l’histoire et de la gestion du patrimoine culturel, cette première initiative  était un rendez-vous auquel je me “devais” de participer. La médina est très vaste et j’espérais découvrir lors de cette promenade des lieux et des espaces encore inconnus de Tétouan mais surtout récolter des informations sur l’histoire et l’origine de certains de ses bâtiments et maisons.
Le rendez-vous était fixé à 9h30 devant l’école des Arts et Métiers “Dar Sanaa” située près de Bab El-Okla. Bab El-Okla
Le groupe se constitue assez rapidement et la visite débutera par le Musée Ethnographique. Créé en 1928, il occupe une forteresse historique ou “borj” construite sur ordre du Sultan alaouite Moulay Abderrahmane vers 1830. Il fait l’objet de travaux de rénovation. Le borj abritant le musée ethnographique de Tétouan
L’entrée du musée se fait  par la médina.
L'entrée du musée ethnographique de Tétouan La plaque signalétique du musée ethnographique de Tétouan
A travers ses expositions, le Musée présente l’artisanat tétouanais des siècles passés mais expose aussi les aspects culturels et ethnographiques de la ville et de sa région selon deux thématiques essentielles : vie publique et vie privée. Je vous propose quelques photos prises de quelques pièces exposées.
Poterie rifaine Mosaïque maurisques
Le palanquin de la mariée tétouanaise Porte en bois peint
Coffre peint tétouanais
Ce n’est qu’une part minime des collections présentées et si il est un musée à Tétouan qu’il faut visiter c’est certainement celui-ci.  Mais pour cela, il vous faudra venir en semaine car comme tous les autres musées de la ville, il est fermé les samedi et dimanche !!!

Dans la cour située à l’arrière du bâtiment, M. Bouabid Bouzaid historien de la ville donnera un certain nombre d’explications au groupe.   M. Bouzaid donnant des explications
Certaines porteront sur la fontaine qui s’y trouve. Fontaine du musée ethnographique de Tétouan
Malheureusement toutes ces informations qui seront apportées au cours de la promenade le seront en arabe et aucune traduction ni en espagnol ni en français ne fut-ce que minime ne sera faite pour les quelques participants étrangers du groupe.

Le musée dispose normalement d’un espace cafétéria dont la terrasse extérieure fait encore l’objet de travaux. Rénovation du pavement de la cafétéria du musée ethnographique de Tétouan
Une fois cette restauration terminée, l’endroit sera certainement agréable. La cour du musée d'ethnographie de Tétouan

La visite se poursuivra dans les dédales de la médina,
Devant le Musée d'ethnographie de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Dans les rues de la vieille médina de Tétouan
Ruelle de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Arches de la médina de Tétouan Ruelle de la médina de Tétouan
Grâce à une dame du groupe je retirerai quand même quelques renseignements. J’apprendrai ainsi que, à l’origine, les portes étaient plus petites et plus basses afin d’obliger le visiteur à se baisser en signe de respect pour ses hôtes. Porte d'une vieille maison tétouanaise

Les portes étaient également “doubles” composées d’une porte d’usage courant qui s’inscrit dans une porte plus grande laquelle n’était utilisée qu’à deux occasions : les mariages et les funérailles. La décoration des frontons et certains éléments de ferrure ornant les portes permettraient de connaître l’origine de la famille habitant la maison. Fronton d'une vieille porte tétouanaise
Ensuite nous nous sommes dirigés vers la grande Mosquée où nous avons fait une petite halte, le temps de d’admirer quelques compositions de zelliges qui ornent l’entrée principale.
La cour de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan Zelliges de la grande mosquée de Tétouan
L’un des moments particulièrement intéressants de la promenade fut la visite d’une grande maison tétouanaise de ce quartier essentiellement résidentiel construit à l’emplacement de l’ancien mellah. Rares sont ces occasions. Patio d'une maison tétouanaise Fontaine murale d'une maison tétouanaise
Galerie d'une maison tétouanaise Décor tétouanais

Plus loin, on s’est arrêtés au dessus de l’entrée des mazmorras dont on voit ici le seul témoin extérieur. L'entrée des mazmorras de Tétouan
Cette grande cavité souterraine dont je reparlerai ultérieurement servit jusqu’au XVIII ème siècle comme prison. Y furent enfermés principalement des chrétiens faits prisonniers lors des nombreuses expéditions de pirates auxquels Tétouan servait de base. Ces actes de piraterie forcèrent d’ailleurs l’Espagne en 1565 à bloquer l’embouchure de l’oued Martil en y coulant des bateaux chargés de pierre. L’activité de piraterie reprendra cependant moins de 10 ans plus tard pour ne cesser définitivement qu’au début du XVIIIème siècle.

L’étape suivante eut lieu dans l’atelier de notre ami Abdelghani où nous avons fait réaliser quelques couvertures (voir notre article : à la poursuite du tapis vert dans le blog traitant de la rénovation de Dar Rehla, notre maison d’hôtes). Abdelghani, un monsieur toujours souriant !
Abdelghani dans son atelier

Nous remonterons ensuite du côté de Gherza El-Kebira et de la médersa Loukach devant laquelle nous nous arrêterons quelque temps.   La Médersa Loukach
La médersa dont la rénovation touche à son terme abritera bientôt un musée et sera accessible au public. Nous traverserons ensuite la médina en passant par Zankat M’kadem, Souk El-Fokki Souk El-Fokki
Trancat. Trancat
Un peu plus loin, nous croisons “7alliii!” 7alliii
avant d’arriver au musée d’archéologie où s’achèvera la visite. L’occasion de prendre encore quelques clichés dans la cour du musée Dans les jardins du musée archéologique de Tétouan Amphores romaines - musée archéologique de Tétouan Mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Stèle juive du musée archéologique de Tétouan Détail d'une mosaïque romaine - musée archéologique de Tétouan
A l’intérieur je m’arrêterai plus particulièrement devant une vitrine proposant d’anciens “azulejos” portugais
Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan Céramique portugaise du musée archéologique de Tétouan
et celle présentant la maquette du cromlech de M’zora Maquette du Cromlech de M'Zora
un site mégalithique qui se trouve sur la route de Asilah que j’aimerais aller visiter.  J’avais déjà voulu m’y rendre au mois de février mais suite aux pluies abondantes qui avaient arrosé le Maroc à cette époque, la route était impraticable.

Il est près de 13 heures, je quitte le groupe car plus tard dans l’après-midi nous sommes invités à une fête traditionnelle locale : la “Shedda”.

Ce fut donc une promenade agréable qui m’a permis de découvrir encore quelques coins méconnus de la médina. Mon seul regret est que beaucoup d’informations qui ont été données me sont restées inaccessibles et j’espère que les organisateurs proposeront prochainement d’autres visites similaires mais en prenant soin de penser à une traduction en français et/ou en espagnol. Choukran.

Aïn Zarka, un petit paradis à quelques kilomètres de Tétouan

mai 08, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir

Autour de Tétouan, se trouvent de nombreuses sources ou “aïn”.  Il y a peu de temps nous étions à Aïn Bouanen.  Mais depuis notre arrivée à Tétouan, nous entendons parler souvent de Aïn Zarka, une autre source qui se situe dans la montagne qui fait face à Tétouan. Toutefois c’est toujours avec une certaine nostalgie que les tétouanais parle de ce lieu où se trouvait une piscine naturelle dont on peut trouver sur le web de nombreuses photos et vidéos.  En 2009 les pluies exceptionnelles qui tombent cette année sur la région dévastent le lieu emportant dans ces flots le barrage qui délimitait la petite retenue.

Découvrir ce lieu était l’un de mes désirs et c’est maintenant chose faite.

Pour accéder à Aîn Zarka, il faut quitter Tétouan par la route qui mène à Oued Laou.  Après le pont qui enjambe l’oued Martil, on prend la route à droite sur quelques centaines de mètres.  Ce premier tronçon n’est vraiment pas très attrayant car le bord de la route est encombré par des déchets de chantiers que l’on vient déverser sauvagement.  Plus loin, il faut bifurquer sur la gauche avant l’officine d’une pharmacie et ensuite c’est tout droit ou presque car la route qui mène à la source est assez  sinueuse.  Une fois sorti de l’agglomération, on accède à des paysages très verts et arborés.
Sur la route de Aïn Zarka dsc_0944
Plus haut sur la route, au détour d’un virage, on peut admirer Tétouan dans le lointain. Tétouan vue de la route qui mène à Aïn Zarka

Il nous faudra une vingtaine de minutes pour accéder au but de notre excursion du jour. Le village près de Aïn Zarka
La route se termine à la source ou plutôt à la petite cascade qui vient des hauteurs de la montagne Aïn Zarka
Autour de celle-ci se trouvent quelques établissements et leurs terrasses Un des cafés de Aïn Zarka Un des cafés de Aïn Zarka
où l’on peut manger un excellent tagine de sardines aux dires de Mohamed B.  notre guide du jour et il faudra tester cela à l’occasion

En attendant un bon thé fera l’affaire Verre de thé à Aïn Zarka
et nous profitons de la beauté du paysage.
La falaise de Aïn Zarka

On peut s’imaginer le lieu avant sa dégradation… Heureusement, le site doit être remis en valeur dans un avenir très proche.  Les budgets sont alloués mais il faudra encore attendre quelques mois avant que les travaux de reconstruction ne soient achevés.  Une nouvelle route d’accès devrait également être refaite dans le cadre de ce chantier. Aïn Zarka devrait alors redevenir le lieu chéri des Tétouanais et peut-être un lieu touristique attrayant.  Cela impliquera toutefois un nettoyage et un entretien des abords qui sont à l’heure actuelle dégradés par de nombreux déchets en tous genres. Une parcelle

Dans les alentours tout proches se dresse un petit village [SinglePic not found]
sur le chemin duquel on peut voir un four traditionnel Four traditionnel près de Aïn Zarka
et plus loin sa mosquée de construction récente.   La mosquée près de Aïn Zarka
En contrebas du village, les terres sont occupées par des parcelles agricoles bénéficiant d’un système d’irrigation ancestral relativement dégradé où se cultivent quelques légumes.  L’occupation de la terre semble toutefois très extensive… certaines parcelles n’étant occupées que par de la menthe… dsc_0982

Le Cap Malabata et le tunnel sous le détroit de Gibraltar :

avril 24, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Transports et moyens de déplacement

Malabata : un nom qui vous est encore peut-être inconnu mais qui pourrait dans un avenir proche atteindre la célébrité. C’est en effet dans cette région de la côte marocaine que devrait aboutir le tunnel qui reliera les continents européen et africain. Un projet dont on parle déjà depuis quelques années, mais dont on attend toujours l’ouverture du chantier.

C’est quelque part ici que devrait alors passer le tunnel.
Près du cap Malabata
On est au Nord-Est de Tanger et le Cap Malabata limite une des extrémités de sa baie. La baie de Tanger vue du Cap Malabata
Tout comme le cap Spartel, il est dominé par un phare dont la construction semble plus récente. Le Phare du cap Malabata
Le phare ne se visite pas et le site est occupé par des militaires qui surveillent le trafic maritime abondant entre l’Espagne et le Maroc. Mais plus pour longtemps car désormais l’essentiel des liaisons maritimes aboutiront au nouveau complexe portuaire de Tanger-Med situé plus à l’Ouest en direction de l’enclave de Ceuta à proximité de la petite ville de Ksar-el-Sghir.

En front de mer, la végétation est rare et les quelques arbres qui ont réussi à pousser ici témoignent de la force du vent…
Au cap Malabata
Pour les connaisseurs, nous sommes ici face à Tarifa, un des spots mythiques du windsurf et l’Espagne semble toute proche.
Les côtes espagnoles vues du Cap Malabata
Au départ de Tanger, on accède au cap Malabata par la route de la corniche qui longe la plage et vous fera passer devant la “Villa Harris”, ancienne villégiature du célèbre journaliste américain qui fut enlevé au début du XXème siècle par le non moins célèbre Raïssouni. L'entrée de la Villa Harris

Occupée successivement par un casino puis plus récemment par le Club Med, la propriété est désormais à l’abandon et on peut se demander ce qu’il advient des bâtiments et des somptueux jardins qui étaient plantés d’espèces rares et en manque d’entretien maintenant…
Un peu plus loin, l’urbanisation avance à grands pas L'urbanisation près du cap Malabata Nouvelles constructions près du cap Malabata
et Tanger ne cesse de s’étendre.  
Pour combien de temps alors pourrons-nous encore profiter de tels paysages dégagés et aérés à moins de 10 minutes du centre de la ville !
Paysage près du cap Malabata

Merci à Miguel Gonzales et à son blog : Tamuda Bay sur lequel j’ai trouvé la première vidéo consacrée au tunnel et qui m’a donné l’opportunité d’étoffer cet article sur le cap Malabata où je me suis rendu dernièrement.

L’ancienne église de Martil et José Maria Lerchundi

avril 18, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Histoire

La publication sur Facebook d’une ancienne photo de l’église de Martil L'église de Martil par nos amis Claire et Christian m’a donné envie d’en connaître un peu plus sur l’histoire de ce beau bâtiment.  C’est dans le petit guide “TangerPocket”, que vous trouverez gratuitement dans de nombreux établissements touristiques de la région et qui dispose aussi d’une version web, que j’ai démarré mon investigation.  Par la suite, j’ai dû constater qu’il existe très peu d’informations sur l’église elle-même.
Peut-être que des futurs lecteurs pourront apporter des précisions et d’autres photos.  Je les en remercie d’avance.
Le fronton de l'ancienne église de Martil
Bâtie à la fin des années 40 sous le Protectorat espagnol, l’église de Martil, vu sa taille donne une idée de l’importance de la présence espagnole et du culte catholique à cette époque dans la région.
L'église de Martil
L’édifice restera dédié au culte catholique jusque dans les années 70 pour être ensuite abandonné.   En 1996, le bâtiment est restauré par la Junta de Andalucia et sera reconverti en un espace culturel.
L'ancienne église de Martil de nos jours Le parvis de l'ancienne église de Martil
Vue latérale de l'église de Martil Fresques sur la façade latérale de l'ancienne église de Martil

On lui donnera le nom d’un père franciscain qui oeuvra au XIX ème siècle dans le Nord du Maroc “José Maria Lerchundi”.
A ce jour cependant, le centre semble plus connu sous le patronyme de centre culturel “Al Andalous”…

Le père Lerchundi Né en 1836, le père José Maria Lerchundi rejoint l’ordre franciscain en 1856 et sera ordonné en 1859.  En 1862, il rejoint la Mission catholique du Maroc dont il deviendra le Préfet apostolique de 1877 jusqu’à sa mort en 1896.  Il est enterré dans la crypte de la cathédrale de Tanger.

Il résidera de 1862 à 1877 à Tétouan et entretiendra des liens forts avec différents acteurs de la vie tétouanaise lui permettant d’acquérir une connaissance approfondie de la langue arabe.  A cette époque Tétouan est la capitale diplomatique du Maroc et il sera l’interprète officiel entre les rois d’Espagne et le sultan Hassan I du Maroc.

Cette connaissance de la langue parlée aboutira à la rédaction de plusieurs livres qui font encore référence et qu’il serait intéressant de me procurer :

  • “Rudimentos del arabe vulgar que se habla en el imperio de Marruecos” (1872) ;
  • “Crestomatía Árabe” (1881) ;
  • “Vocabulario español-arábico del dialecto de Marruecos” (1893).

Parmi ses nombreuses autres réalisations on peut citer :

  • la création à Tanger de la première imprimerie hispano-arabe du Maroc ;
  • la création et la rénovation de nombreuses écoles paroissiales et un centre de formation professionnelle ;
  • la création d’un complexe d’habitations pour sans-abris ;
  • l’ouverture à Tétouan d’une école pour l’espagnol et l’arabe.

Par ailleurs, il a contribué  à plusieurs initiatives visant à moderniser Tanger dans des domaines très variés : l’électricité, les horloges publiques,  les chambres de commerce, les compagnies maritimes, les postes de traite, etc.

Si l’histoire de ce père vous intéresse, vous pourrez trouvez plus d’infos en suivant ce lien sur ce site dédié à l’ordre des franciscains

Le café Hafa

avril 16, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir

Entre deux avions, celui qui emmenait mon fils vers la Belgique et celui qui amenait la maman de ma compagne pour une semaine de vacances à Dar Rehla, j’avais quelques heures à tuer.

Après avoir confié Robby aux soins du steward qui allait l’accompagner jusqu’à l’embarquement,  Mohamed, le chauffeur avec lequel nous avons pris l’habitude de faire nos déplacements tant pour ses qualités humaines que sa conduite sécurisante, m’a proposé de remonter jusqu’à Tanger par la côte atlantique  que je ne connais pas encore.   C’est ainsi que nous sommes passés tout d’abord aux grottes d’Hercule hercule
puis par le cap Spartel avant de rejoindre Tanger Le Phare du cap Spartel
par une zone côtière couverte de pinèdes et de cytises, encore sauvage et relativement peu construite où de nombreux tangérois viennent s’oxygéner les week-end.

En arrivant près de Tanger, la route que nous empruntons longe quelques propriétés imposantes dont celle qu’occupe le Roi lors de ses séjours dans la ville ainsi que celles de princes saoudiens et autres puissants de ce monde.

J’ai eu l’occasion de visiter Tanger précédemment mais ces visites souvent courtes se sont généralement limitées au centre de la ville et à la vieille médina.  Or parmi les endroits qu’il faut certainement visiter, il y a le café Hafa.   C’est un endroit mythique fondé en 1921 par un certain Ba M’hamed et qui a vu depuis passer de nombreuses personnalités du monde des Arts et de la Culture.  ”De Paul Bowles à Mohamed Choukri, de Jean Genet aux Beatles, aux Rolling Stones, Jimi Hendrix, Sean Connery, William Burroughs et bien d’autres, tous les amoureux de l’âme tangéroise sont venus ici bavarder, écrire, peindre, boire le thé à la menthe ou fumer la chicha”.

Avant de nous y rendre nous garons le taxi à proximité et accédons via une allée aux allures romaines Accès à la falaise près du café Hafa
à une esplanade naturelle rocheuse d’où l’on découvre déjà un panorama superbe sur le port et une nouvelle rocade récemment achevée.
Vue sur le port de Tanger Vue sur le détroit

L’endroit semble avoir résisté à la pression urbanistique qui caractérise Tanger et on peut y voir encore des immeubles d’une autre époque. Maison en bord de falaise Immeuble du début du siècle

Le café se trouve un peu plus loin et nous y accédons par une petite ruelle. Vers le café Hafa La porte d'accès du café Hafa

Quand nous y arrivons, il encore tôt et les terrasses sont encore vides.   L'entrée du café Hafa Les escaliers du café Hafa
Terrasse du café Hafa Le café Hafa hafa14
Nous pourrons néanmoins y prendre un verre de thé à la menthe en admirant le paysage qui s’offre à nous. Thé au café Hafa
En recherchant sur le net quelques informations sur le site, je suis tombé sur article publié en 2005 que je vous invite à lire… et dont voici juste un extrait,

Souhaitons qu’on ne doive pas un jour en parler à l’imparfait (le café Hafa) : une étoile française de deuxième grandeur, comédienne et chanteuse, icône de la bien-pensance et porte-drapeau du politiquement correct, n’a pas hésité à faire élever un mur en béton pour préserver des regards sa maison, mitoyenne du café.

La suite dans l’article…

La suggestion faite par l’auteur est intéressante et cocasse. Pour ma part, j’hésite à illustrer ce propos par l’une ou l’autre de mes photos. Tant  sur la droite que sur la gauche, il y a des maisons et des murs mitoyens qui limitent l’angle de vue.  L’un d’entre eux semble toutefois avoir été érigé plus récemment et descend plus bas.  Son effet néfaste sur le panorama est incontestable principalement pour les terrasses des niveaux moyens du café. Le mur de la honte..

Quoiqu’il en soit, un sol mot résume bien la situation : “CHOUMA” !

Le Cap Spartel.

avril 15, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Histoire

Tout près de Tanger, à une quinzaine de kilomètres sur la côté atlantique se situe le Cap Spartel.  Promontoire rocheux de 315 m d’altitude marquant l’entrée Sud du Détroit de Gibraltar le rocher est dominé par un phare dont la construction fut ordonnée au sultan Mohammed Ben ‘Abd-Er-Rahmanen en 1861 par les représentants du corps consulaire présent alors à Tanger. Le Phare du cap Spartel

A cette époque, les côtes marocaines sont fort inhospitalières et de nombreux navires sont soit capturés  soit naufragés et l’endroit est alors considéré comme un “cimetière de navires”.   Cette situation constitue un obstacle majeur au développement des rapports commerciaux avec l’étranger et à la fin de l’année 1852, les représentants des puissances européennes considèrent qu’il est urgent de joindre leurs efforts pour construire un phare pour sécuriser la côte.   En novembre 1860, le naufrage de la corvette brésilienne Dona Isabella et ses 104 victimes sera certainement un facteur déterminant dans la concrétisation du projet.

Les travaux de construction débuteront en 1861 sous la direction d’un ingénieur français, M.-L. Jacquet et se prolongeront jusqu’en 1864.  Le phare de 110 m de hauteur entrera en activité le 15 octobre de cette anné-là. Le Phare du cap Spartel

Mais l’importance stratégique du phare éveille craintes et rivalités : il devient indispensable que la neutralité du phare dont la construction a été financée par le gouvernement marocain de l’époque soit garantie par un traité de neutralité : cette convention internationale, la première sur une question marocaine,  sera signée le 31 mai 1865 par dix puissances, dont les États-Unis.  Au constat que le Maroc n’avait ni marine de guerre ni marine de commerce, cette convention dépossédait le Maroc de tout regard sur le fonctionnement du phare.  Le Makhzem (pouvoir central) en conservait néanmoins l’intégrité territoriale et la propriété…

A ce jour, le phare est toujours en activité, mais contrairement à ce que l’on peut lire dans certains guides, il ne semble pas pouvoir être visité.

Quoique il en soit, la vue que l’on a de cet endroit sur l’océan vaut à elle seule le déplacement La côte atlantique près du cap Spartel

et vous pourrez en profiter dans l’un ou l’autre des établissements qui sont situés à proximité. Etablissement près du Cap Spartel

En quittant le Cap ne manquez pas la vue sur là côte et l’arrière pays.  La plage de sable que vous pouvez voir au loin s’étend sur 40 km environ jusqu’à Asilah. La côte atlantique au Sud du cap Spartel

Tout au long de la côte, l’océan déroule ses ondes et l’endroit serait un des lieux privilégiés des surfeurs et bodyborders locaux.  On en reparlera… Rouleaux au cap Spartel

Au delà de Aïn Bouanen

avril 13, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir

Dernièrement, en compagnie de notre amis Mohammed B.  nous avions découvert le site de Aïn Bouanen, une des sources situées dans la montagne en face de Tétouan.

Nous avions été impressionnés par le site et je m’étais promis d’y revenir afin d’explorer un peu plus les alentours et de découvrir éventuellement des chemins de randonnées dans le massif.

Aujourd’hui, accompagné de mon fils, je suis à nouveau allé voir le site.  Si dans un premier temps nous avions pensé nous y rendre à pied, arrivés au niveau de la gare routière, dsc_0242

et après avoir traversé le bas de Tétouan dsc_0229
nous nous sommes finalement décidés à prendre un taxi.

Le temps de prendre quelques photos de la montagne dsc_0248 et nous montons vers la source.

Vu l’état de la route sur la fin du parcours, le taxi ne montera pas jusqu’à la source et nous laissera au niveau d’un lieu appelé Torreta.   dsc_0249

Au sommet de cette première côte dsc_0252
se trouve la station de traitement d’eau qui alimente Tétouan.   dsc_0254

Après celle-ci, il nous faudra encore parcourir quelques centaines de mètres à travers un paysage rocheux et sauvage. dsc_0263

Arrivés au site de la source, nous prendrons sur la terrasse de l’un des établissements une boisson méritée avant d’attaquer le massif. dsc_0268

Nous emprunterons alors la route qui monte à l’arrière de la source et sur laquelle se trouvent quelques terrasses rustiques. dsc_0289
Au détour d’un rocher, nous arrivons à proximité de l’endroit que j’ai envie de voir aujourd’hui : il s’agit du site  où passe une petite rivière qui descend de la montagne et qui compte, aux dires de Mohammed de nombreuses petites piscines naturelles.   Nous quittons la route et prenons alors l’un des nombreux sentiers qui sillonnent le versant.   L’ascension est relativement aisée malgré les nombreuses pierres qui encombrent le chemin mais nous ne monterons que quelques dizaines de mètres de dénivelé pour découvrir un panorama enchanteur. dsc_0308

L’endroit est superbe.
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Il justifie que de nombreuses personnes viennent y faire du pique-nique comme en témoignent les nombreuses traces de foyers.   Traces de foyers
Par contre il est regrettable que ces utilisateurs ne respectent pas mieux cet endroit en y abandonnant leurs déchets. Déchets

On pensait redescendre sur Tétouan en longeant le lit de la rivière.   dsc_0298
Après quelques centaines de mètres, nous avons dû nous rendre à l’évidence que cela ne serait pas possible.  Nous sommes tombés en effet nez à nez avec des clôtures qui nous ont empêché de prolonger notre chemin.

Finalement, nous sommes retournés vers la source et sommes rentrés à Tétouan en passant par des chemins de terre au travers de plusieurs quartiers construits sur le versant de la montagne.  Au final quatre heures de promenade fort agréable.

La prochaine fois que je reviendrai ici, je testerai un autre chemin… Il y en a de nombreux dont un qui semble accéder au sommet de la montagne, à moins que ce ne soit celui qui mène à  l’autre source naturelle de la région : Aïn Zarka.

Le Ryad Al Ouchak ou Jardin des Amoureux

février 14, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Architecture, Sports et loisirs

Parmi les endroits charmants  de Tétouan, il en est un qu’en ce jour de Saint Valentin il était opportun de vous présenter  et auxquels de nombreux tétouanais sont attachés : le ryad Al Ouchak ou jardin des amoureux…  Situé en contrebas de la vieille médina, le jardin s’étend sur deux hectares environ.

Le Jardin des Amoureux de Tétouan

Le Jardin des Amoureux de Tétouan

Créé en 1929 et initialement baptisé “Jardin du consul Cajigas” sous le protectorat espagnol il a fait l’objet d’une restauration poussée en 1997.  Initialement entouré de murs, le jardin est maintenant dégagé et offre à la vue de tous,  ses parterres multicolores, ses arbres majestueux et ses nombreux bassins et fontaines aquatiques.   La récente réhabilitation a su garder l’aspect arabo-andalous que lui avait donné les espagnols qui souhaitaient faire de cet endroit une réplique des célèbres jardins du palais de l’Alhambra de Grenade.

Bassins du Jardin des Amoureux

Bassins d'eau et le kiosque du Jardin des Amoureux

Pour les tétouanais, le jardin fait partie intégrante du patrimoine de la ville et la plupart d’entre eux ont l’habitude de venir y passer en fin de journée de beaux moments pendant la période estivale.  Le nom qu’on lui connait actuellement “Ryad Al Ouchak” s’est imposé très rapidement après sa création ; compte tenu de son aspect romantique, le jardin était vite devenu le lieu de rencontre de prédilection de nombreux jeunes couples désirant passer ensembles quelques moments…

Le Jardin des Amoureux

Le Jardin des Amoureux

On appréciera particulièrement le grand bassin circulaire avec sa fontaine autour duquel des bancs vous attendent et vous permettront de bénéficier de la beauté des lieux sous le couvert de superbes arbres.

Le grand bassin du Jardin des Amoureux

Le grand bassin du Jardin des Amoureux

Et non loin de là, si le coeur vous en dit,  un petit établissement bien sympathique vous permettra de prendre un thé à la menthe savoureux…

Où prendre un thé dans le Jardin des Amoureux

Où prendre un thé dans le Jardin des Amoureux

Après,  vous aurez l’embarras du choix :

  • remonter dans la vieille médina par Bab Remuz et le  Mellah ;
  • aller faire un tour au centre d’artisanat qui se trouve non loin ;
  • aller visiter l’Ecole des Arts et Métiers  ou le Musée ethnographique tous deux situés près de Bab El Okla, en remontant, vers l’Est, l’avenue Hassan II qui longe les jardins ;
  • remonter vers l’Ensanche en remontant les jardins vers l’Ouest.

D’ici peu,  vous aurez peut-être l’occasion également de visiter le musée d’Art moderne qui occupera l’ancienne gare du train qui reliait Tétouan à Ceuta dont le bâtiment a été récemment rénové.

L'ancienne gare ferroviaire de Tétouan

L'ancienne gare ferroviaire de Tétouan

En attendant de découvrir ce lieu par vous-même, je vous emmène virtuellement à sa découverte.

Le rif, une vaste zone de randonnées à découvrir.

février 12, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Sports et loisirs

Hier, à l’Institut français où j’assistais à la conférence de Pierre Colboc sur le Patrimoine durable,  on m’a parlé d’une association de randonneurs basée à Tétouan. C’est l’association RANDORIF.

Toutes les trois semaines, cette association dirigée par M. Mansour organise au départ de Tétouan une randonnée de +/- 6 heures de marche dans les montagnes du Rif tout proches.

Une photo des contreforts du Rif entre Oued Laou et Chefchaouen

Les contreforts du Rif

Le but est souvent d’atteindre l’un des nombreux sommets de cette chaine montagneuse fort accidentée et de découvrir des paysages fantastiques où la nature à l’état sauvage domine encore.

Paysage du Rif entre Chefchaouen et Tétouan

Montagnes du Rif entre Tétouan et Chefchaouen

Le groupe a un site internet http://randorif.multiply.com/ où sont postées avant chaque sortie des informations pratiques quant à la distance, le dénivelé, la météo prévue, etc…

Une fois par an, c’est une randonnée de deux jours qui est proposée avec un bivouac dans la montagne.

La prochaine aura lieu le 28 février et je tenterais bien l’expérience mais dans le règlement de l’association, je peux lire

5.C *J’ai bien saisi que le but de la randonnée n’est autre que profiter pleinement de la nature, donc il est hors de question que je planifie ou poursuis des projets personnels ou professionnels;

Alors, que faire ?  Loin de moi le désir de faire du business avec cette activité… Mon désir est surtout de faire découvrir les potentialités que la région offre.

Je sais par ailleurs que d’autres associations, organisations et personnes par lesquelles des randonnées pédestres dans le Rif peuvent être encadrées existent.  Je m’informe et d’ailleurs, très prochainement, je devrais en rencontrer,  de ces personnes passionnées, connaissant bien ces montagnes et prêtes aussi à vous les faire découvrir si vous passez par ici !

A suivre donc…

Les mosquées de Tétouan : la mosquée Hassan II

décembre 06, 2009 By: Dar Rehla Category: A voir, Religions et Cultes

Inaugurée en 1973, la mosquée Hassan II de Tétouan est désormais la mosquée au plus haut minaret de la ville et devance dorénavant celui de la Grande Mosquée “Jamaa El Kebir”.

La mosquée Hassan II de Tétouan

C’est au sein de cette mosquée que régulièrement le Roi Mohammed VI qui porte également le titre de « commandeur des croyants » officie quand il est présent à Tétouan.