Le Cap Spartel.
Tout près de Tanger, à une quinzaine de kilomètres sur la côté atlantique se situe le Cap Spartel. Promontoire rocheux de 315 m d’altitude marquant l’entrée Sud du Détroit de Gibraltar le rocher est dominé par un phare dont la construction fut ordonnée au sultan Mohammed Ben ‘Abd-Er-Rahmanen en 1861 par les représentants du corps consulaire présent alors à Tanger.
A cette époque, les côtes marocaines sont fort inhospitalières et de nombreux navires sont soit capturés soit naufragés et l’endroit est alors considéré comme un « cimetière de navires ». Cette situation constitue un obstacle majeur au développement des rapports commerciaux avec l’étranger et à la fin de l’année 1852, les représentants des puissances européennes considèrent qu’il est urgent de joindre leurs efforts pour construire un phare pour sécuriser la côte. En novembre 1860, le naufrage de la corvette brésilienne Dona Isabella et ses 104 victimes sera certainement un facteur déterminant dans la concrétisation du projet.
Les travaux de construction débuteront en 1861 sous la direction d’un ingénieur français, M.-L. Jacquet et se prolongeront jusqu’en 1864. Le phare de 110 m de hauteur entrera en activité le 15 octobre de cette anné-là.
Mais l’importance stratégique du phare éveille craintes et rivalités : il devient indispensable que la neutralité du phare dont la construction a été financée par le gouvernement marocain de l’époque soit garantie par un traité de neutralité : cette convention internationale, la première sur une question marocaine, sera signée le 31 mai 1865 par dix puissances, dont les États-Unis. Au constat que le Maroc n’avait ni marine de guerre ni marine de commerce, cette convention dépossédait le Maroc de tout regard sur le fonctionnement du phare. Le Makhzem (pouvoir central) en conservait néanmoins l’intégrité territoriale et la propriété…
A ce jour, le phare est toujours en activité, mais contrairement à ce que l’on peut lire dans certains guides, il ne semble pas pouvoir être visité.
Quoique il en soit, la vue que l’on a de cet endroit sur l’océan vaut à elle seule le déplacement
et vous pourrez en profiter dans l’un ou l’autre des établissements qui sont situés à proximité.
En quittant le Cap ne manquez pas la vue sur là côte et l’arrière pays. La plage de sable que vous pouvez voir au loin s’étend sur 40 km environ jusqu’à Asilah.
Tout au long de la côte, l’océan déroule ses ondes et l’endroit serait un des lieux privilégiés des surfeurs et bodyborders locaux. On en reparlera…


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