Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
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Archive for septembre, 2010

PROTESA organise sa première journée de sensibilisation environnementale à Tétouan

septembre 28, 2010 By: Dar Rehla Category: Environnement

Voici déjà quelque temps, M. Jawad Dfouf, professeur d’histoire, tétouanais d’origine, a créé sur Facebook un groupe « Protejamos Tetuan y sus alrededores ».  Rapidement ce groupe s’est agrandi par l’adhésion de membres d’origines très diverses.  Nous avons bien entendu des Tétouanais d’origine, habitant à Tétouan mais également d’autres vivant ailleurs au Maroc mais aussi à l’étranger dont certains ne sont pas les  moins actifs.  Je pense en particulier à M. A. Loh qui fait d’ailleurs partie des administrateurs du groupe.  Ce sont joints aussi des « étrangers » résidents ou non, de nationalités diverses, mais que les charmes de Tétouan ne laissent pas insensibles.   A ce jour, nous sommes 1382 membres.

La traduction littérale de l’appellation de la page est   »Protégeons Tétouan et ses environs ».  Sous  ce slogan assez large peuvent être englobés des domaines assez variés tels que le patrimoine, l’environnement, la culture… Autant de sujets qui m’intéressent mais ceux du patrimoine et de la culture plus particulièrement, sur lesquels j’estimais devoir me pencher afin d’en connaître un maximum pour offrir aux hôtes de Dar Rehla une vision plus riche de leur séjour à Tétouan. La médina est certes exceptionnelle, de par son cadre bâti déjà, mais la vraie découverte de la ville et de sa richesse ne devrait pas se faire que sur base des tours proposés dans (par) les guides traditionnels : derrière les murs se cachent des trésors, témoins de la culture et de l’histoire, malheureusement encore inaccessibles au grand public mais souvent aussi dans un état pitoyable.

Au début de ma participation au groupe,  ce fut donc principalement au travers de publications relatives au patrimoine que je me suis impliqué car nonobstant que la médina soit inscrite au Patrimoine de L’UNESCO, on doit constater que de nombreux bâtiments et sites de la ville, tant de la vieille médina que de la partie plus moderne de l’époque espagnole ou Ensanche,  ne bénéficient pas de l’entretien et de la mise en valeur auxquels on peut s’attendre…
Façade d'une maison tétouanaise délabrée Patrimoine en danger
Détail de l'escalier des cascades de Tétouan L'ancienne maison du directeur des papeteries
Certains bâtiments historiques sont même menacés de destruction au profit de nouveaux projets immobiliers assortis souvent de constructions modernes peu esthétiques… Alors à travers ce groupe, je forgeais l’espoir d’une prise de conscience et de la possible création d’un groupe de pression qui pourrait jouer un rôle dans le développement touristique de la ville.  Il y a bien eu quelques commentaires dans ce sens mais la mobilisation n’a pas vraiment suivi… Peut-être est-ce encore trop tôt ?  Mais il ne faudrait toutefois pas attendre trop longtemps au risque de voir disparaître certaines traces du passé…

Puis, au fur et  à mesure des publications le groupe a glissé vers l’environnement et la propreté et principalement autour de la problématique des plastics dont on fait grand usage ici et qu’on n’élimine pas toujours de la meilleure manière…
Déchets plastics
Assez rapidement ce thème a réuni un consensus et on a pu passer à l’action avec l’organisation de journées de collecte de déchets et de sensibilisation.

La première action s’est déroulée à Zarka, une petite localité proche de Tétouan, suivie de près par une autre à Bouanen également peu distante du centre ville. Plus tard eut lieu l’action de Cabo Negro, qui visait la côte rocheuse mais aussi les fonds marins suivie d’une dernière à Amsa, petite plage charmante située sur la route de Oued Laou.

Vinrent ensuite les périodes des vacances et du Ramadan, peu propices à la réalisation d’actions sur le terrain mais ce ne fut pas pour autant que le groupe est resté inactif.  Il y eut tout d’abord une réunion à Samsa où fut organisée une journée pic-nic, l’occasion pour les membres du groupe présent de faire plus ample connaissance autour d’un bon tajine au feu de bois. Tajine cuite sur feu de bois à Samsa
Durant le ramadan, le groupe s’est également retrouvé à Zarka pour y partager la rupture du jeûne ou « Ftour » en compagnie des membres de l’association locale, suivie d’une soirée d’animations « environnementales » avec la population du site. Projections, jeux, chansons étaient au programme. Voici une des vidéos réalisées ce jour-là par notre cameraman favori Rachid El-Kamlichi.

Toutes ces réunions furent également l’occasion de discuter de l’avenir du groupe, sa structuration, sa raison, ses futures actions,.. et de doter le groupe d’un nouvel acronyme « PROTESA » et d’un logo, création de M. Larbi Edfouf.
Le logo de PROTESA
Sur base du souhait manifesté par certains membres, il fut décidé d’organiser une journée de « formation » aux problèmes de l’environnement.
Nous avons le plaisir de voir concrétiser ce projet qui se déroulera ce samedi 2 octobre dans les locaux de la Faculté des Sciences de l’Université Abdelmalek Esaâdi de et à Tétouan.

Le programme est le suivant :
  • 8h30 : Accueil des participants.
  • 9h00 – 9h15 : Mot de bienvenue par Mrs les Professeurs et représentants de PROTESA.
  • 9h15 – 9h45 : Conférence sur la situation de l’environnement et le principe d’un développement durable dans la région de Tétouan (Pr. Kamal Targuisti).
  • 9h45 – 10h15 : Conférence sur la législation environnementale au Maroc (Zain Abidin el Housaini).
  • 10h15 – 10h45 : Pause-café.
  • 10h45 – 12h15 : Visite de la station de traitement de déchets. hospitaliers de la Société ATHISA (Zone Industrielle de Tétouan) organisée par le Professeur Taib Agzoul.
  • 13h00 – 14h00 : Visite de la décharge municipale de Tétouan organisée par Mr. Hicham Kasimi.

Quelle sera la participation à cette journée ? Nous sommes impatients de le savoir…

Rem : L’organisation de cette journée n’a pu se faire sans le soutien et l’aide de plusieurs « sponsors » dont je n’ai malheureusement pas tous les noms.  Le cas échéant, si ils lisent cet article,  ils se reconnaîtront et au nom des autres administrateurs de PROTESA, je tiens déjà à les remercier.

En prime, afin de vous rappeler la durée de vie de certains déchets dans la nature, je joins cette affichette que j’ai récupérée sur le site de Initiatives océanes, partenaire de Surfrider foundation qui dispose dorénavant d’une antenne au Maroc présente sur facebook.
Durée de vie et recyclage des déchets

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Tétouan – Cité marocaine aux racines andalouses de Philip Abensur

septembre 09, 2010 By: Dar Rehla Category: Culture, Histoire

Il y a quelque temps déjà, j’avais fait référence à la librairie Al Anwar de Tétouan, une librairie où j’avais eu la surprise de trouver un éventail important de livres en français, fait suffisamment rare à Tétouan que pour le mentionner.  Je n’ai eu l’occasion de repasser par là qu’une fois ce qui avait abouti à l’acquisition d’un autre livre intitulé Brel au Maroc.

Depuis et à ma grande satisfaction, j’ai appris que mon premier article avait contribué à une rencontre intéressante : celle de M. Abdelaziz Sbai le propriétaire de la librairie avec M. Philip Abensur, auteur d’un livre sur Tétouan.  Je n’ai eu connaissance de cette visite qu’à posteriori au travers du commentaire que M. Abensur a laissé sur le blog et je n’ai donc pas eu le plaisir de le rencontrer lors de son passage.  Je le regrette car j’aurais certainement appris pas mal de choses sur la ville, son histoire et ses traditions.  En effet la famille de M. Abensur a vécu près de quatre siècles dans les murs de la cité ! Ses ancêtres faisaient ainsi probablement partie de ces réfugiés venant d’Andalousie, dans la période comprise entre 1492, date de la chute de Grenade et 1609, date du décret d’expulsion des morisques de Philippe II.   Et à Tétouan, c’est l’arrivée massive des réfugiés dus à ce décret qui est à l’origine de l’expansion de la ville vers l’Ouest et la création du quartier de l’Ayun dans lequel se trouve Dar Rehla, notre maison.

Ce livre (ISBN 978-2-8138-0114-2) que je me suis procuré aujourd’hui s’appelle « Tétouan, cité marocaine aux racines andalouses » et fait partie d’une collection « Mémoire en Images » aux Editions Alan Suiton.

Nous sommes, comme le nom de la collection l’indique, face à un ouvrage où le visuel prédomine et comme il existe déjà sur internet bon nombre de photographies sur Tétouan, j’avais peur d’y retrouver nombre d’entre elles.  Heureusement pour moi et pour l’auteur aussi – car j’ai ainsi acheté un des exemplaires de la librairie -, ce n’est pas le cas : les photos sont originales et appuyées, en plus, par un texte qui se lit très facilement et plein d’informations.

Toutes les photos sont en noir et blanc et datent principalement de la période du Protectorat espagnol (1913-1956).  Au travers de tous ces témoignages, on y découvre une ville nettement moins « grouillante », avec des espaces dégagés, des rues entretenues…  Pour nous qui sommes maintenant familiers des lieux, il est amusant de comparer certains endroits… et leur évolution (?) et l’on se pose des questions, enfin une surtout. Est-ce que la population intra-muros de la médina de Tétouan a augmenté à tel point que circuler en soin sein est parfois très problématique ?

L’auteur donne quelques chiffres à ce sujet. On apprend ainsi que la population était de 20.000 personnes au début du siècle et qu’elle est passée à 100.000 âmes en 1956 pour dépasser actuellement les 300.000 habitants.  La ville a donc subi une explosion démographique importante, mais l’absorption de cette population ne s’est quand même pas faite qu’au sein de l’ancienne médina, dont l’extension est limitée par les remparts Si c’était le cas,  cela pourrait  justifier cette foule que nous y connaissons maintenant,  mais il y a d’une part l’extension au travers de l’Ensanche sous le Protectorat espagnol (1913-1956) et  depuis, de nouveaux quartiers modernes périphériques ont encore vu le jour, comme du côté de Bab el-Okla.  Certaines photos sont à ce point probantes.   Toutes ces nouvelles constructions au dehors de la vieille médina doivent alors avoir quand même accueilli une part importante de ces « nouveaux » tétouanais.

Alors comment expliquer ce contraste de densité de population que l’on peut constater entre les photos présentées dans le livre et celles que l’on peut prendre actuellement ? L’heure de prise de vue ?  C’est vrai que si l’on sort dans la ville avant 10 heures (du matin) le nombre de passants est plus que réduit…

Plaisanterie à part, existe-t-il des chiffres sur la population de l’ancienne médina ?

Quant à la structure du livre, elle est également très bien organisée et chacun des chapitres aurait pu constituer un article pour ce blog…   Il y a de fortes chances que je m’en inspire…

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