Quotidien et tourisme à Tétouan au Nord du Maroc

Que faire à Tétouan et dans ses environs…
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Archive for août, 2010

No Baggage Challenge de passage à Dar Rehla.

août 27, 2010 By: Dar Rehla Category: Non classé

Ce matin alors que nous préparions à sortir faire quelques achats avant le départ de mon fils Robby dont les vacances arrivent à terme, nous avons eu la surprise de voir débarquer à Dar Rehla deux guides accompagnés de deux touristes anglophones.  Ce genre de situation est assez fréquent car de nombreux guides arpentent les rues de Tétouan à la recherche des touristes qu’ils orientent ensuite vers les quelques (4) établissements qui se trouvent dans la vieille médina dans l’espoir d’une commission si une affaire se concrétise.  Nous ne sommes pas contraires au principe mais dès le début nous avons mis les limites et jusqu’à présent nous pouvons compter les affaires apportées sur les doigts d’une main…  Il semblerait que les autres maisons et/ou hôtels offrent mieux… et on est donc toujours un peu sceptiques dans ce genre de situation.

Très rapidement nous comprenons d’ailleurs qu’il y a un petit problème dans le sens où les deux personnes nous informent qu’elles ont déjà fait une réservation dans un établissement..  Nous essayons de savoir lequel pour les orienter, mais aucun des noms que nous leur proposons n’est le bon… Il y aurait-il un riad inconnu dans Tétouan ?  Finalement nous demandons de voir leur document de réservation et surprise, la maison qu’ils cherchent n’est pas à Tétouan mais à Chaouen…  Nous leur expliquons qu’ils ne sont pas dans la bonne ville et que Chaouen se trouve encore à une soixantaine de kilomètres dans les montagnes.  J’essaye de comprendre leur méprise et dans les explications j’apprends que le duo, enfin l’un des deux plus particulièrement, est en train de réaliser un challenge : le No Baggage Challenge.

No Baggage Challenge

Le logo de No Baggage Challenge

Je demande à en savoir un peu plus et j’apprends donc que nos deux visiteurs sont Rolf Potts et son cameraman Justin Glow.  Rolf et Justin sont au début de leur périple, ils ont quitté New York il y a une semaine, sont passés par Londres, Paris et Madrid avant de s’embarquer à Gibraltar pour le continent africain.

Ils ne comptaient pas visiter Tétouan et c’est par méprise qu’ils sont ici, due à une mauvaise prononciation (ou une mauvaise compréhension du chauffeur de taxi) de leur destination… Peu importe, avant de reprendre la route, ils décident de visiter la médina que je leur recommande.  Ce serait quand même dommage de passer par Tétouan et de ne pas s’attarder une heure ou deux au moins dans les rues de la vieille cité.   Mais avant de les laisser partir à la découverte de l’ambiance de la médina, je les invite à monter sur les terrasses et à profiter du paysage et de la vue sur la médina.  Ils en profiteront pour enregistrer un petit plan qui se retrouvera je l’espère sur leur site http://www.rtwblog.com où vous pouvez suivre leur aventure.

Elle durera six semaines pendant lesquelles Rolf traversera 12 pays sur 5 continents.  Ils ont également une page Facebook

Mais avant de se quitter, petite photo souvenir dans le patio de Dar Rehla.

No Baggage Challenge at Dar Rehla
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Recensement des cigognes

août 15, 2010 By: Dar Rehla Category: Non classé

Il y a quelque temps j’avais publié un article concernant une campagne de recensement des cigognes blanches en migration post-nuptiale et pour laquelle l’association ADENM faisait appel à des volontaires.  La campagne  devait se dérouler en deux phases, la deuxième se passant au Maroc entre les 1 et 15 août 2010.

Ce dimanche était donc la dernière opportunité pour participer.  Profitant d’une absence de clients à la maison, nous avons donc contacté Rachid, notre expert local, et demandé à passer la journée avec lui afin de d’en apprendre un peu plus sur le sujet.

Rendez-vous fût donné à 8 heures à Bab Tout.   Avant que Rachid n’arrive nous avons l’occasion de prendre quelques photos des fruits qui se trouvent déjà là et qui seront acheminés plus tard vers les différents marchands de la médina.
Pêches
Raisins
On a beau être en période de ramadan, les activités suivent leur cours, en horaire décalé cependant…
Une fois embarqués et avant de rejoindre la zone d’observation le long du littoral du Détroit de Gibraltar, nous repasserons par l’appartement de Rachid retrouver quelques ornithologues espagnols qui ont participé depuis le début à la campagne marocaine et qu’il héberge.  Heureusement d’ailleurs qu’ils étaient là, car aucun bénévole ne s’est manifesté durant les quinze jours du côté marocain…

Après avoir chargé les équipements nécessaires, jumelles, radios, caméras, boussoles, chaises pliantes,… nous avons pris la route de Tanger.  En effet, la météo ne dit rien qui vaille : le vent est d’est et draine pas mal de nuages rendant la visibilité limitée et il est décidé de nous rendre au Cap Malabata qui se trouve face à Tarifa mais dans plus à l’Est.  La zone de Tarifa est privilégiée par les oiseaux migrateurs car la distance qui sépare les deux rives à cet endroit n’est que de 15 kilomètres environ et la plus courte. Toutefois selon la direction du vent l’arrivée sur la côte marocaine peut se faire sur une large bande.

Arrivés au cap Malabata, le groupe va se diviser.
L'équipe d'ornithologues
Une première équipe d’observation restera au Cap Malabata alors que nous nous dirigerons un peu plus loin sur la côte jusqu’à un poste d’observation connu sous le nom du « poste des orques ».   Un nom étrange et pourtant il faut savoir que durant les campagnes de pêche du thon les orques sont bien présents dans la région comme en témoigne cet extrait d’un reportage de la BBC

Nous déchargeons notre matériel et allons nous installer en bordure de la falaise d’où nous profitons d’une vue splendide…
La côte du côté du poste des orques La côte du côté du poste des orques
Du côté espagnol qui nous distinguons à peine le dispositif d’observation se complète par des équipes avec lesquelles nous sommes en liaison radio.  On nous annonce ainsi lors de notre arrivée qu’un groupe de 2000 cigognes se prépare à traverser.  Aurions-nous de la chance ? Il faut maintenant scruter les alentours. Sachant qu’une cigogne peut voler à 55 kilomètres/heure, la traversée peut être de courte durée mais l’orientation du vent et sa force peuvent réserver des surprises… Et de fait, après de nombreuses minutes d’attente toujours rien, sauf une cigogne isolée et ensuite un groupe de huit cigognes.
Cigogne au dessus du détroit de Gibraltar
Elles sont en plus très haut et se perdent rapidement dans les nuages…
Rachid m’explique qu’au départ les cigognes se regroupent en hauteur et que les groupes ainsi formés peuvent parfois atteindre les cinq, six mille individus avant de se lancer au dessus du Détroit. Mais ce n’est pas toujours le cas et tout dépend de nouveau des conditions climatiques de la période. Si les vents sont favorables tous les jours, les groupes seront moins importants et la migration plus homogène. Par contre si la météo n’est pas favorable, les traversées ne peuvent pas se faire et plus tard quand les conditions redeviennent favorables, les groupes sont alors plus importants.
La migration peut s’observer à deux périodes ; en été dans le sens Nord-Sud et en hiver quand les cigognes remontent vers leurs zones de nidification.
D’autres espèces migratoires peuvent également être observées et nous aurons ainsi plusieurs occasions de voir des milans noirs.
Milan noir au dessus du détroit de Gibraltar
Pour tuer le temps, je décide de descendre vers la côte où se trouve un ensemble de rochers assez joli où se trouvent plusieurs pêcheurs. Structure rocheuse
La descente n’est pas aisée et se fait au milieu d’une végétation où dominent les lentisques
dsc_6208 dsc_6209
Mais arrivés en bas, on découvre une plage magnifique, sauvage… et une structure rocheuse photogénique.
Plage du côté du poste de l'orque Structure rocheuse
Après quelques photos des rochers, remontée vers le sommet où il est décidé de se déplacer plus à l’Ouest vers Ksar-el-Seghir car les conditions d’observation sont vraiment mauvaises. L’autre groupe s’est lui-même déjà déplacé et a dénombré, depuis, plus de 2000 cigognes de leur nouvel observatoire !

Sur la route on s’arrêtera sur une aire aménagée où les femmes de la région viennent vendre leurs productions.
Femmes djiblia
Le souk est le fruit d’un projet de développement de l’association SONBOLA en faveur des femmes.

Rachid nous amènera sur les collines surplombant le nouveau port de Tanger Med
Tanger-Med du côté frêt Tanger-Med du côté trafic passagers
où nous établirons notre nouveau poste d’observation
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Mais ici pas plus de chance que précédemment… nous quitterons les lieux sans avoir vu de cigognes.  L’autre équipe par contre en aura recensé plus de 6000 !

Pour cette première participation, nous n’avons même pas eu la chance des débutants… mais nous reviendrons pour les prochaines migrations et encourageons tous ceux qui le peuvent à se joindre à ce programme.

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En route vers Moulay Abdelslam et son moussem

août 01, 2010 By: Dar Rehla Category: A voir, Art et artisanat, Environnement, Religions et Cultes

Dernièrement Abdelatif, une connaissance travaillant à l’Institut français de Tétouan, est passé par la maison. Ce monsieur, randonneur confirmé avait fait la semaine précédente une sortie dans la région de Moulay Abdelslam en compagnie de quelques uns de ses collègues de l’Institut mais aussi de Mohamed, un de ses amis d’enfance originaire de l’endroit qui les a hébergés pour l’occasion.
Lors de ce séjour, Abdelatif a eu l’occasion de parler de notre maison « Dar Rehla » et Mohamed qui de son côté veut développer une activité de tourisme rural dans cette zone a manifesté son souhait de faire ma connaissance.  Comme vous aurez pu le constater, faire connaître Tétouan et sa région font partie de mes préoccupations quotidiennes et l’objet de ce blog : l’occasion était donc trop belle de découvrir cette région montagneuse toute proche et pourtant encore fort méconnue, hors des sentiers battus…  Qui plus est j’avais entendu parler de l’endroit car il s’y déroule en juillet un « moussem » et on est donc dans la période.  Un moussem est un fête annuelle régionale en l’honneur d’un saint et ici en l’occurrence c’est celui de Moulay Abdelslam Ibn Mchich considéré le père de la chadilya une des branches du soufisme. Assassiné en 1228, son mausolée se situe au somment du Djebel Alam (1362m) et l’endroit est devenu un lieu de pèlerinage où viennent se concentrer de nombreuses tribus de la région. Il semblerait que deux dates soient l’occasion de festivités : le 1er juillet et une autre date, variable, fonction des mois lunaires. A fur et à mesure des années ces dates se rapprochent et, cette année, la deuxième date se situe le 28 juillet. Ce sera cette date que nous choisirons pour notre visite.

Le village de Moulay Abdelslam se situe dans les montagnes entre Tétouan, Chechaouen et Larache, ses habitants sont les Chorfas des Beni Arous, descendants du prophète Mahomet par sa fille Fatima. Pour accéder au village qui se situe en haut du Djebel Alam il existe plusieurs routes selon la ville d’où l’on part. En partant de Tétouan, on emprunte la route vers Chefchaouen, on dépasse Zinat et on bifurque à droite pour emprunter une petite route dont les premiers kilomètres sont fort dégradés. Prochainement quand le barrage de Martil sera terminé et mis sous eau, cette route n’existera plus. Ici, la bifurcation n’est pas indiquée et il faut connaître.
A partir de là on s’engage sur une route sinueuse qui traverse des paysages parsemés de champs et de quelques récentes plantations d’oliviers.
La route vers Moulay Abdeslam Paysage du rif
On y pratique aussi l’élevage : bovins, ovins et caprins.
Bovins en pâture Ovins en quête de pâturage

La prudence s’impose sur ce type de route étroite, peu balisée et dont les bas-côtés portent bien leur nom… Certains jours et en particulier le mardi, le trafic peut être important sur ce premier tronçon car il existe un souk dans un village un peu plus haut.

Les constructions sont rares mais d’une architecture typique : murs traditionnels en pisé et toitures « modernes » en tôle qui prennent des nuances très variées en fonction de leur état d’oxydation.
Habitat traditionnel Habitat rifain
Au départ, ces toits étaient en chaume et constituaient une « sur-toiture » délimitant un espace de type grenier où l’on entreposait des denrées. Le plafond des maisons est normalement composé de cannes de roseau, de feuilles de fougères que l’on trouve en abondance dans les massifs forestiers tout proches et d’un mortier, le tout constituant un isolant efficace.
Plafond d'une habitation rifaine
Plus haut le paysage change et la forêt prend progressivement le dessus.
Le paysage change progressivement La chêneraie sur la route de Moulay Abdelslam
Ce sont principalement des chênes-liège dont l’écorce est utilisée à la fabrication de divers objets d’usage courant tels que tables et tabourets et à certains endroits sur la route,  des enfants vous les proposeront.

Sur le chemin, il se pourrait également que vous rencontriez un ou deux « cantonniers »  mais ne vous laissez pas prendre au piège de leur sollicitation et ne leur donner pas une pièce. Ils n’entretiennent nullement la route. Ils sont au même endroit depuis longtemps et se contentent de jeter quelques pelletés de terre dès qu’ils entendent le bruit d’un moteur…Enfin libre à vous.

La région est riche en eau et lors de votre ascension vous pourrez voir de nombreuses sources reconnaissables aux constructions qui les protègent.  L’eau y est d’une fraicheur et encore de qualité car il n’est fait ici aucun usage de pesticides.
Une source

Plus haut sur la route mais en contrebas de Moulay Abdelslam, à quelques centaines de mètres se trouve une autre source autour de laquelle divers établissements et constructions se sont installés.  C’est à mon sens une halte indispensable !
dsc_4672 dsc_4662
L’endroit dispose également d’une aire de prière très sobre, propre au recueillement .
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A proximité, vous ne pourrez manquer quelques constructions modernes en pierre dont l’architecture tranche avec les maisons traditionnelles que vous aurez vues sur le chemin.  Toutefois,  je les trouve réussies, s’intégrant bien au paysage.
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Mais, d’après mes informations, ces constructions sont l’objet d’un litige car construites « irrégulièrement » sur un terrain appartenant aux Chorfas, les habitants du lieu… Il faut espérer que ce litige trouve rapidement une solution et que ces constructions puissent trouver une utilisation au profit des membres de la communauté locale dont les ressources sont maigres.

Nous y avons laissé la voiture et en avons profité pour déjeuner dans un des établissements du lieu.  Reconnaissable à sa décoration, l’endroit est coloré, plein de détails qui méritent de s’y attarder.  De plus tout y est impeccable : thé, tagines, grillade, musique, accueil, propreté, authenticité

A lui seul cet établissement mérite déjà le déplacement ! En attendant d’y aller, profitez des photos !

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