Vie et tourisme à Tétouan

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Archive for mars, 2010

Visite de Tétouan : le circuit commercial

mars 18, 2010 By: Dar Rehla Category: Non classé

Dans un article précédent et sur base des informations tirées du livre “La medina de Tetuan – Guia de arquitectura”, j’avais mentionné que la visite de Tétouan pouvait se faire sous trois approches : dans cet article, nous suivrons un circuit essentiellement orienté vers le commerce.

La visite débute à la place du Feddan.   Frayons-nous un passage au travers des étals des ambulants qui occupent le peu d’espace encore disponible, laissant la place sur votre gauche afin d’atteindre Bab Ruah, “la porte du vent”.  Sur votre droite se trouve une des artères qui mène au mellah, l’ancien quartier juif reconnaissable aux étals des vendeurs de nougat qui occupent les premiers mètres.

Pénétrons via Bab Ruah, nous empruntons la rue Ahmed Torres plus connue comme El Tarrafin, occupée auparavant par des cordonniers.  Cette artère récemment restaurée est occupée par une multitude de marchands ambulants aux abords directs de la porte.  Ensuite ce sont des boutiques de bijoutiers et de tissus et mercerie qui prennent la relève.  A mi-hauteur de la rue, nous pouvons  emprunter l’une ou l’autre petite rue latérale qui donne sur d’autres espaces où l’on peut admirer dans les échoppes présentes une grande variété des caftans et djellabas.

Au bout de la rue, prenons sur la gauche et pénétrons El Kasdarin, une des artères commerciales principales de la médina.  Après quelques dizaines de mètres, la rue s’élargit et forme une petite place “Souk El Hout” limitée et dominée en partie par les anciennes murailles de la forteresse de Sidi Mandri.   La place est occupée par de nombreuses marchandes des tissus traditionnels tels que les “foutas”,  utilisés par les femmes “djbala” comme parties de leur tenue vestimentaire ou comme étoffes à usages domestiques.   Pour l’anecdote, c’est sur cette place que vous pourrez probablement rencontrer le dernier porteur d’eau dans sa tenue traditionnelle de couleur rouge…  Actuellement, le métier de porteurs d’eau existe toujours : vous les rencontrerez souvent sur votre chemin.  Mais plus question d’habit chatoyant et de coupes en métal, ces hommes transportent dorénavant l’eau des sources voisines au moyen de charrettes et de bidons en plastic….

Dépassons Souk-El-Hout, nous arrivons dans un secteur où sont regroupés quelques commerces d’horlogerie et d’appareils électroniques.  On y trouve également quelques vendeurs de CD et DVD de musique orientale à des prix sans concurrence ainsi que quelques bazars et parfumeries.  Le premier bazar situé à votre gauche juste après Souk El-Hout est celui de Mohamed, un commerçant dont les prix sont corrects, sans excès, mais nécessitant toutefois toujours une petite négociation…

Plus loin, sur votre droite, une petite ruelle donne accès à “Ghersa El-Kebira”, le marché de la fripe.

Cette place occupée d’une part par des marchands de vêtements de seconde main s’entassant sur des vieux sommiers déglingués et d’autre part par quelques “brocanteurs” pourrait prochainement se voir métamorphosée.   Elle devrait être débarrassée ainsi des nombreux ambulants qui occupent son centre au profit d’un aménagement de boutiques d’artisanats et de petits restaurants traditionnels.  Ce projet s’inscrit dans une politique de valorisation de la médina.  C’est dans un des bâtiments qui entoure cette place que se trouve, entre autres, la médersa Loukach dont la restauration arrive à terme.

Retournons sur nos pas pour poursuivre notre circuit commercial.  Au delà d’une chicane commence la “Zankat M’kadem”, rue plus calme malgré ses nombreux commerces principalement voués au commerce d’articles de confection occidentaux.   Au début de la rue, sur votre gauche, se trouve un des rares artisans travaillant encore le bronze à Tétouan ; sur votre droite se trouve l’entrée de la mosquée Loukach, l’une des plus anciennes de la médina reconnaissables à la sobriété de leur minaret.

Dans cette rue, débouchent de nombreuses ruelles résidentielles où se situent des maisons prestigieuses de l’histoire tétouanaises.  Parmi celles-ci la maison des  Naqsis, famille dont l’influence au XVII ème siècle est importante tant pour la vie économique que politique de la cité.  A ma connaissance, cette maison n’est malheureusement pas ouverte au public …

C’est également au fond d’une ruelle située sur la droite que se trouve la “boutique des plantes” de Tétouan où vous serez fort probablement invités à pénétrer par l’un ou l’autre (faux) guide qui arpente la rue…

En remontant la rue, vous passerez à côté de la plus ancienne boulangerie de la médina (on y fait un pain excellent) avant d’arriver dans la partie occupée par les marchands de produits de soins traditionnels où vous pourrez trouvez henné, ghassoul, alun et de nombreuses autres plantes et substances aromatiques utilisées pour les soins du corps.

Au bout de la rue, vous accédez à Souk El-Fokki : sur cette place sont établis de nombreux marchands offrant une variété d’articles passant des fruits et légumes, du pain, des poulets aux chaussures, électroménagers, articles de vannerie, de poterie, des cordes et des tissus.

On remarquera sur cette place deux bâtiments importants dont la construction remonte au début du XVIII ème siècle :  l’un est occupé par une mosquée et l’autre par la Zagüia de Sidi el-Hach Ali Baraca.  On remarquera la différence de la décoration de ce minaret crénelé et coloré par rapport au minaret de la mosquée Loukach mentionné plus haut.

Au pourtour, trois fontaines alimentées à l’origine par l’eau du “sekundo” rappellent l’importance de cet élément dans le culte musulman.

Souk el-Fokki est une place importante de la médina car à partir de celle-ci vous pouvez accéder rapidement aux différents secteurs la vieille ville.

Poursuivons notre chemin vers la gauche vers les quartiers de Trancat et de l’Ayun,  nous empruntons un passage étroit et couvert, “el-kaus el-hamman” dans lequel se trouve en particulier un hamman construit en 1591 par un gouverneur de la famille Naqsi.

Passé ce “couloir”, nous débouchons sur souk El-Haddadin.  On y trouve quelques forgerons, réminiscence d’un passé où l’activité de ce quartier était essentiellement axée sur la fabrication des armes.  C’est ici également que sont rassemblés quelques commerces d’outillages.

Empruntons Nyarin qui se prolonge par la rue de l’Ayun ; la limite entre les deux n’est pas nette.  Dans cette rue se trouvent différents commerces de poteries, mais aussi des marchands de pipe à kif – fort apprécié dans la région – ainsi que quelques tavernes où se retrouvent les amateurs de “parchis”, jeu similaire aux “petits chevaux”.

L’ayun est un quartier dont la construction remonte au début du XVII ème siècle, correspondant à l’arrivée massive des morisques suite au décret d’expulsion de 1609. Témoin de cette époque la mosquée M’Sendi érigée en 1611.

Dans cette artère fort populaire, sont dispersés des commerces fort variés.

Dans la première partie,  c’est le commerce de seconde main qui envahit chaque matin la rue et laisse chaque soir son lot de déchets…  Mais avec un peu de chance, vous pourrez peut-être y trouver une pièce de valeur négligée…  Christian et Claire, amis tétouanais ont l’habitude de parcourir le secteur et ont ainsi fait de chouettes découvertes !

Plus loin, quelques commerces de meubles “rustiques” et quelques barbiers sont dispersés de part et d’autre de la rue juste avant d’arriver à un point de croisement important, reconnaissable aux nombreux commerces de biscuits qui s’y trouvent localisés.  Tout droit, c’est la direction vers Bab Nuader.

Sur la gauche, empruntons la rue Uttia qui descend vers Bab Tout.  Cette rue est encore connue sous le nom de “Dar Bomba” car s’y trouvait au XVII ème siècle un important atelier de munitions.   Dans les premiers mètres de la rue sont concentrées des boucheries et triperies.  Pus bas de nombreux barbiers occupent les locaux mais aussi d’autres commerces tels que des épiceries, une librairie, un cybercafé, un restaurant. Ce dernier est facilement reconnaissable à son enseigne et je vous invite à y tester la bissara, soupe traditionnelle à base de fèves !

Un peu plus bas, sur votre droite l’entrée de la Zagüia Ben Quarrish construite en 1759 et qui était une des rares médersas que comptait la ville.

Après la chicane où se trouvent des bouchers et un marchand de fromage frais “beldi”, la rue change de nom et devient la rue Ben Azzuz.  Au fur et à mesure que l’on se rapproche de Bab Tout,  la rue est occupée sur les côtés par de nombreux paysannes qui viennent ici vendre leur maigre production agricole.

Tout en bas de la rue, sur votre gauche c’est Trancat.  Dans cette rue ce sont les commerces alimentaires qui dominent, comme partout aux abords des portes “Bab” qui facilitent l’approvisionnement de ces commerces fort actifs : marchands de fruits et légumes, d’olives, de poissons, de volailles mais aussi épiceries, marchands de fruits secs, marchands de conserves, marchands d’oeufs : ici on trouve de tout  et certains commerçants affichent même les prix !

Plus loin, en arrivant au bout de la rue qui nous ramène vers souk El-Haddadin ce sont des commerces d’ustensiles de cuisine qui dominent rappelant ainsi quelque peu les métiers du fer initialement pratiqués dans ce secteur.

En empruntant l’une des rues sur votre droite, on rejoint la place du Feddan.

Le marché des produits de coopératives

mars 09, 2010 By: Dar Rehla Category: Non classé

Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme se tient actuellement un petit marché de produits artisanaux provenant de quelques coopératives de la région.

Afin de marquer notre soutien à ce genre d’initiative, nous nous sommes rendus ce jour à l’Institut français visiter ce marché dans l’espoir d’y trouver des produits que nous pourrions utiliser dans le cadre de notre maison d’hôtes Dar Rehla.   Franchement parlé, nous avons été quelque peu déçus.

Nous nous attendions à un assortiment plus varié de produits et, quant à la présentation, elle aurait pu être plus attractive, assortie déjà, par exemple, de panneaux explicatifs sur les méthodes de productions.

Il était également dommage qu’il n’y avait pas au moins une personne de l’organisation qui puisse donner, en français, quelques explications et précisions sur les produits.   Heureusement pour nous se trouvait parmi les personnes présentes lors de notre passage, une jeune dame qui a pu nous servir d’interprète.

On a pu recueillir certaines informations et nous avons été étonnés par certains prix annoncés qui sont le double de ceux pratiqués dans le cadre du négoce local et le prix de certains produits est même supérieur à ceux pratiqués en Belgique pour des produits artisanaux similaires…

Produits du sel

Produits du sel

Miels

Miels

Produits de plantes

Produits de plantes

Couscous

Couscous

Je suis tout à fait pour le commerce équitable mais je me demande comment les prix annoncés ont été établis car vu le niveau de revenus moyens de la population,  je vois très peu de débouchés commerciaux…

Quelqu’un aurait-il une explication ?

Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme

mars 09, 2010 By: Dar Rehla Category: Economie

Hier 8 mars, était célébrée la Journée Internationale de la Femme.

A l’Institut culturel français de Tétouan, cette journée a donné l’occasion d’organiser en parallèle un certain nombre d’activités.

Ainsi, du mardi 9 mars au jeudi 11 mars, l’Institut accueille dans ses jardins un marché de produits de coopératives encadrées par l’Association Marocaine d’Appui à la Promotion de la Petite Entreprise (AMAPPE)

9 coopératives des régions de Tétouan, Chefchaouen et d’Azrou-Ifrane sont présentes :

  • INSAF : produits de l’apiculture
  • ACHIFAE : plantes aromatiques et médicinales, produits cosmétiques à base de plantes naturelles
  • AJAABOU : confitures
  • AMANA : tissage traditionnel
  • AZNAR BNI YEDDER :  plantes aromatiques et médicinales, produits cosmétiques à base de plantes naturelles
  • MESDAQUIA : couscous traditionnel
  • ALAMAL : produits de l’apiculture
  • ALWAFAE : olives et huiles d’olives traditionnelles
  • ALWIFAK : produits issus du sel naturel de montagne (produits alimentaires et cosmétiques)

Le mercredi 10 mars à 18h30, ce sera un forum des Associations de la Wilaya de Tétouan qui sera organisé dans les locaux de la médiathèque

Le forum sera précédé d’une lecture théâtralisée de textes de poétesses francophones par Hichal Chakib

Suivront  les interventions de :

  • Youssef Bouallala, responsable commercial de l’Association Marocaine d’Appui à la Promotion de la Petite Entreprise (AMAPPE) ;
  • Amina Chikhi, présidente de la section Tétouan de l’Association de Recherche Féminine pour le Développement et la Coopération (ARFEDEC) ;
  • Boucha Barki, économiste, membre du bureau, section M’Diq de Assaïda Al Horra pour la citoyenneté et l’égalité des chances ;
  • Btissan Abbas, membre du bureau du Centre Al Marhoun pour le développement des capacités féminines ;
  • Nadia Naïr, secrétaire générale de la section Tétouan de l’Union de l’Action féminine.